vendredi 13 mars 2015

Je suis un écrivain raté

J'ai un assez mauvais rapport à l'écriture.

j'ai commencé à écrire quand j'avais 12 ans et au début j'aimais beaucoup ça. J'ai écrit mon premier roman (nul à chier) (mais 50 pages Word quand même), je passais mes journées à écrire. Je me rappelle précisément de mes séances d'écriture, de mon cahier bleu que je traînais partout avec moi, de mes vacances au Club Med de St-Pepper à écrire toute la journée, même en marchant.

Quand j'ai commencé ce blog, je ressentais un grand plaisir à rédiger mes articles. Je pense d'ailleurs que j'ai écrit mes meilleurs post durant la première année du blog.

Puis petit à petit, l'envie a diminué.
Mais je n'ai jamais arrêté d'écrire.

J'ai un drôle de rapport à l'écriture, vraiment. Je vois ça comme une corvée, j'éprouve souvent une énorme flemme à l'idée de me mettre au travail (oui, "travail"), et pourtant, il est hors de question que je m'arrête.
Et pourtant, j'y ai souvent pensé.
Je me suis souvent dit "mais si ça ne te plait pas, tu ne penses pas que c'est vain de continuer ? C'est un peu une perte de temps. Ne serais-tu pas plus heureuse sans l'écriture ?".
Sans doute, c'est vain.
Sans doute, je perds un peu mon temps.
Sans doute, je serais plus tranquille sans tout ça.

Et pourtant, je bloque. Complètement.
J'ai l'impression que je manquerais quelque chose si je m'arrêtais d'écrire.
J'ai l'impression d'être née pour ça, comme la prolongation d'une vie antérieure, et pourtant...je n'aime pas ça, et je progresse peu.
C'est très conflictuel.



J'ai aussi souvent l'impression que mon manque de passion se reflète dans mes progrès. Après 7 ans d'écriture, mes romans font encore très amateur, j'avance à la vitesse d'un escargot écrasé, et après 3 ans et demi de blogging, j'ai toujours l'impression que mon blog progresse très lentement. Il avance, certes, mais à une vitesse parfois décourageante quand je me compare à d'autres qui vont beaucoup plus vite.
C'est parfois décourageant.

Je passe 40% de mes journées à dormir, 5% à manger, 10% à faire du sport, et 45% à me dire "mais pourquoi tu écris ?"

Je me sens parfois comme un imposteur.
L'autre jour, mon père m'a dit que je devrais faire des études de journalisme, comme j'aimais écrire.
(Ça m'a semblé aussi impromptu que le jour où ma mère m'a proposé de faire Science-Po)
Je lui ai répondu que je me voyais mal écrire toute la journée, que ça ne me plaisait pas.
Du coup, il m'a demandé pourquoi je faisais des trucs comme le NaNoWriMo.
Heu.
Ben.
Heu.
Bonne question.

Voilà, je suis un écrivain raté.

5 commentaires:

  1. "J'avance à la vitesse d'un escargot écrasé" : je te comprends, moi j'ai l'impression de pédaler inlassablement dans la semoule ! :D J'ai le même ressenti surtout en ce moment par rapport à l'écriture. Du genre l'impression d'être face à une immensité sans contours, de constater le décalage énorme entre le chemin parcouru en écriture (lent, laborieux) et le niveau à atteindre.. Peut-être que c'est ce qui se passe quand on prend l'écriture très (trop ?) au sérieux. Savoir qu'on ne peut pas Vivre sans écrire, ça fout quand même un peu la pression au final quand vient le moment de poser les mots...Si ça peut te rassurer, il y a un certain nombre d'écrivains connus (et pas ratés ;)) qui parlent également de cette souffrance à écrire.

    Peut-être faut-il recontacter la petite fille, la jeune fille qui écrivait ses histoires sans se poser de questions, dans la spontanéité du geste ? Faire comme si on avait 12 ans, quoi...
    Et puis l'avantage quand même avec l'écriture (comparé au sport par exemple), c'est qu'on peut toujours avoir le déclic et se faire publier à 80 ans (ou même à titre posthume au pire) :).
    Donc "écrivain raté" : non, tu ne l'es pas !

    Écrivain raté je pense que ce serait davantage laisser tomber l'écriture définitivement alors que l'on a toujours aimé écrire, que ça a toujours fait partie de soi...

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  2. Hola hola! Pas de quoi se qualifier de "raté" à 18 ans (19? pardon ^^) et des poussières! Je dois dire que de mon côté, l'écriture me plaît beaucoup, mais je ne m'y adonne pas vraiment, hormis des articles pour le journal du collège. Mais tes publications sur ce blog concernant l'écriture, tes idées suite au NaNoWriMo, tes témoignages m'ont toujours marquée comme de vrais conseils à garder en mémoire si jamais je m'y mettais sérieusement!
    Que tu aies de la peine à écrire, c'est possible. Mais si tu continues, même sans pouvoir l'expliquer, c'est qu'il y a bien quelque part quelque chose qui t'y pousse, et ce n'est pas du masochisme. Je te fais confiance pour savoir t'arrêter si ça devient vraiment nocif pour toi.
    Peut-être que tu pourrais essayer de nouvelles formes d'écriture? C'est une formule un peu floue, surtout que je ne sais pas exactement comment tu t'y prends d'habitude, mais tente de ne pas te contraindre, quitte à reprendre mille fois derrière, ou à laisser des passages de côté. Tu peux toujours essayer le journalisme, la poésie, l'absurde, l'écriture automatique, tout ce que tu veux, à titre amateur. Personne ne te demande d'être une professionnelle de l'écriture (d'ailleurs, est-ce que ça existe vraiment?) en tout point de ta "carrière".
    En tous les cas, je trouve tes articles bien construits et ton style sympathique, et je t'encourage à ne pas laisser tomber! (:

    Aline

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  3. J'adore écrire mais parfois je boude mon blog pendant 15 jours et mes fics pendants un mois. Mais si je m'y remet, on m'arrête plus. Parfois, je me dit, "Pourquoi j'me fais chier à écrire, ?" et puis je relis un truc que j'ai pas fini et je me dit "Mais je veux écrire cette suite" Où, "il faut vraiment que je tape cette suite!" (j'écris d'abord dans un cahier le 1er jet et je remet au propre direct sur mon ordi. Le cahier me sert de (grosse) base en sommes)

    Je pense sincèrement que si toi et moi on continue a écrire... c'est qu'on à ça dans les tripes. (Même inconsciemment )La preuve, tu publie sur ton blog ^^ Et puis écrire peut rester une passion, si je devais en faire un travail, j'en serai dégoutée.

    Et non tu n'est pas une écrivain ratée, pour moi être "raté" c'est baissé les bras définitivement. Et tu ne le fais pas, donc tu n'es pas ratée ^^

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  4. Je comprends tellement... J'ai maintenant 7 ans de RP derrière moi, dont quatre qui ont vraiment été des années de "vraie" écriture et recherche de style. J'adorerais écrire quelque chose. Mais je suis beaucoup trop exigeante (autant du point de vue du fond que de la forme) et surtout, je vomis ce que j'écris quelques secondes après avoir essayé... On est donc pas rendu! Même si j'aime beaucoup écrire.. malgré la déception face au résultat. J'ai ce même rapport au dessin, et pourtant je progresse à une vitesse de fou, et tout le monde me dit que ce que je fais est super... Mais je sais pas, la flemme de me lancer à commencer un dessin. Rapport ambigu à la création en général, donc...
    Et j'approuve Cari, si tu/on continues d'écrire, c'est que finalement, y'a une raison... Le progrès est continu, et ça on s'en rend compte en regardant de vieux trucs ^^

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    1. Je pense qu'il faut se rassurer en se disant qu'il est normal de trouver notre travail moche, mais qu'on est pas nécessairement objectif.

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