vendredi 30 janvier 2015

Chroniques : faut-il pointer les aspects négatifs d'une oeuvre ?

J'ai commencé à écrire des chroniques sur mon blog il y a un moment. J'essayais d'être la plus objective possible, je notais tout ce qui me dérangeait ou m'impressionnait, le bon comme le mauvais, pour pouvoir écrire la chronique la plus constructive qu'il soit.

Après, si j'y arrive...à vous de voir.

Ainsi, j'ai souvent pu entendre que faire des critiques négatives n'avait aucun intérêt, qu'il valait mieux ne montrer que le bon, être positif, que donner les mauvais côtés de l'oeuvre était de la masturbation intellectuelle, que l'esprit de la lecture (wut ?) ce n'était pas ça, etc.

Déjà, on va être honnêtes, on est entre nous : écrire une chronique, c'est de la masturbation intellectuelle. Tu lis ton livre, avec ton petit carnet à côté pour noter ce que tu en penses, puis tu écris un texte entier sur ce livre pour dire ce que tu as aimé et n'as pas aimé. Parfois tu réfléchis un peu plus, tu veux faire quelque chose de plus argumenté et profond...

Mais encore une fois, je vais être honnête : la masturbation intellectuelle, c'est cool. Faut pas en avoir honte. Personnellement, dès qu'on me dit "Mais Anaïs, ce que tu fais j'appelle ça de la masturbation intellectuelle", je sais que je suis sur la bonne voie.

Mais surtout, à quoi sert une critique si elle ne montre pas tous les aspects d'une oeuvre ? Personnellement, si je chercher la critique d'un roman sur Internet, j'aimerais le savoir, si l'histoire n'est pas originale, s'il y a trop d'incohérences où si le style est insupportable. C'est gentil, de dire "les personnages sont attachants, il y a du suspense, bref j'ai bien aimé", si on se rend compte après avoir acheté le livre qu'en réalité, il y a des tonnes de défauts.


Je sais que pour beaucoup, pointer les défauts d'une oeuvre, c'est être un gros frustré de la vie, mais pour moi c'est surtout être objectif et complet.

Je pense également que faire la chronique d'un livre qu'on a détesté n'est pas vain non plus, si on en ressent le besoin ou l'envie. Sinon, on enlève énormément de capacité de discernement à celui qui se demande s'il achètera le roman ou non.
Si 30% de personnes adorent un roman, et que 70% le détestent, si ces 70% n'écrivent aucune chronique pour, en effet, ne pas faire "troll" (bah oui, si tu as le malheur de ne pas aimer quelque chose et de le revendiquer, tu n'es qu'un troll provoquant, c'est bien connu), il reste alors 100% de critiques positives.
Il devient alors évident de constater à quel point un jugement négatif est aussi indispensable qu'un avis positif.

Bien sûr, si on n'aime pas déblatérer sur les défauts d'un livre ou d'un film, il ne faut surtout pas se forcer ! Mais blâmer les chroniqueurs qui n'ont aucun problème avec ça, c'est assez contre-productif.
Chacun son style d'écriture, de chronique ; c'est cela qui permet de trouver ce qui nous convient dans la vaste étendue d'Internet : des chroniques plus positives, et d'autres plus poussées.

Je pense que les choses sont parfaites comme ça.

Et vous ? Quel genre de chroniques préférez-vous lire ? Lesquelles écrivez-vous ?

7 commentaires:

  1. Je suis entièrement d'accord avec toi tout en essayant de m'imaginer à tout instant quelle réaction aurait l'auteur s'il lisait ma critique... et je sais que ça peut arriver parce que j'ai déjà été retweetée par les auteurs eux-mêmes après qu'ils aient lu mes chroniques.

    Je pense qu'un auteur se sentira blessé si on n'a pas aimé son livre, c'est normal après tout, en tant que blogueur c'est pareil, si quelqu'un nous disait "Je n'aime pas ton blog" on serait déçus. Mais je trouve que ça passe mieux quand on a argumenté... Je déteste les critiques qui sont méprisants.

    Je chronique même les livres que je n'ai pas aimés... en essayant de dire pourquoi et de penser aux publics qui pourraient les aimer. Par exemple, j'ai récemment parlé de "L'homme qui voulait être heureux" de Laurent Gounelle, très gros succès de librairie que je n'ai pas du tout aimé. Ma devise : "Ce n'est pas parce que ça ne ME convient pas que ça ne convient à personne". L'humilité, c'est important !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu as tout à fait raison, il vaut toujours mieux peser ses propos et argumenter :D

      Supprimer
  2. Mais c'est très bien la masturbation intellectuelle! Ça prouve que tu as un cerveau en état de marche!
    Je ne fais que pas ou peu de chronique... (faudrais que je reprenne celle sur le cinoche!) (je me mate ratatouille cet aprem! ) mais j'aime lire les aspect positif et négatif qui en ressorte pour moi qqun qui ne dit que le positif soit: c'est un gros coup de cœur, un kiff général soit c'est un gros mytho. J'adore Harry Potter et pourtant y a des trucs que je déteste dedans!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je pense que le fait qu'on confonde goût et objectivité est également responsable : si on part du principe que les gens disent que si un livre est beaucoup lu, c'est parce qu'il est de qualité, alors il devient culpabilisant pour eux de voir des défauts à un livre qu'ils ont aimé.

      Supprimer
  3. Etant en prépa lettres, la branlette intellectuelle, ça me connaît :D
    Et ayant lu quelques "vrais" critiques, notamment de poésie moderne pour mon programme d'oral, je dois t'avouer que ceux que je préfère -et que mon prof m'a recommandé- sont ceux qui tapent dans la précision... et la nuance ^^ Certes Reverdy c'est profond, il mériterait d'être plus connu, mais y'a aussi du déchet, certes untel est très bien de ce point de vue là, mais je ne suis pas d'accord avec sa vision matérialiste de la vie, etc etc, bref, pour moi une bonne critique est une critique qui prend du recul :)
    Quand j'aurais fini ma prepa et que j'aurais le temps de lire (paradoxe total...), je pense que je me lancerai un peu dans la revue de livres, ça me permettra de garder mon esprit heureux (bah oui parce que si on le fait jamais travailler il va s'endormir...)

    (Et niveau branlette, y'a pire, imagine une dissert de 6h en lettres sur le sujet "L'intérieur, c'est l'antérieur" ... mais je pense que le fait de pouvoir parler de tout en ne sachant rien de précis, de pouvoir fonder une réflexion sur tout, de s'attarder sur un détail et de l'approfondir, c'est aussi ça qui fait la subtilité d'un esprit, et donc une partie de ce qu'on appelle vulgairement "intelligence" ^^
    Après tout, pourquoi ne faire que des trucs utiles ? C'est vite chiant l'utile. )

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. En plus, je pense que la lecture devient plus intéressante si on l'analyse plus profondément. Si on prend le temps de tout bien observer, on est moins enclin à carrément oublier ce de quoi parlait le livre (ça arrive souvent à beaucoup de personnes).

      Supprimer
    2. Ca m'arrive beaucoup, surtout au niveau des bouquins que j'ai du lire pour les cours, j'ai une idée générale de ce qui se passe/de la thèse de l'auteur (les grands enjeux quoi), mais après, pas moyen d'être plus précise... C'est aussi pour ça que j'aime bien (en théorie) faire des commentaires de textes : ça permet de "rentrer" dans l'oeuvre.Mais d'un autre côté, ça a un aspect "dissection barbare", parfois, que je n'aime pas. Mais réfléchir sur un texte en particulier est sans conteste la chose que j'aime le plus faire. Parce que curieusement, il est souvent possible, si on choisit bien le texte, d'y retrouver les caractéristiques de toute l'oeuvre : style, thèmes récurrent (même en filigrane), bref, "ça sert à rien de faire ça c'est pas comme ça que tu auras un travail" mais, sacrebleu, ça m'amuse de réfléchir là-dessus! J'ai un peu l'impression, dans le choix des études également, qu'on pousse toujours à faire quelque chose d'utile et pouvant assurer notre avenir, au détriment de l’épanouissement personnel...

      Pour l'heure sur ma liste de lecture (enfin, mon tas) il y a le premier tome de Game of Thrones que je dois finir (je galère, c'est super mal traduit (et c'est un fait, pas seulement de l'arrogance, genre, ça rend vraiment la lecture fastidieuse xD) ), le Hobbit, aussi, Into the Wild (oui j'ai tout ça d'entamé en même temps...), et ensuite, Blaze de King, le Fléau, du même, Eugénie Grandet de Balzac et le Comte de Monte-Cristo de Dumas. Bref de quoi m'occuper dans les cinq prochaines vies...

      Supprimer