samedi 23 août 2014

Tricks for happiness 12 ~ Comment gérer son temps ? La technique de la pierre, des cailloux, du sable et de l'eau

Imaginez que je vous donne trois grosses pierres, une dizaine de cailloux, un paquet de sable et une tasse remplie d'eau.
Je vous donne ensuite un seau, et je vous demande de réussir à y mettre tout ce que je vous ai donné sans que cela ne dépasse.
Comment vous y prenez-vous ?

Si vous commencez par le sable et l'eau, puis par les cailloux, et la pierre, les petites choses risquent de mal s'agencer, de prendre plus de place, et donc, vous risquez de galérer pour placer les pierres de manière parfaite, n'est-ce pas ?



Mais si vous commencez par placer les pierres, vous obtiendrez des trous entre chaque excroissance, bosse, renfoncement. Vous pourrez donc y mettre les cailloux, sans que cela ne prenne plus de place dans le seau. Et entre ces cailloux, il vous restera encore quelques petits trous. Vous allez y mettre le sable qui s'agencera parfaitement de manière à combler le reste des trous, qui étaient à la base une perte de place. En attendant, le niveau de remplissage du seau n'a toujours pas augmenté.
Il vous suffit après de rajouter l'eau qui se contentera d'humidifier les pierres, les cailloux et le sable, et votre seau sera rempli sans que rien ne dépasse.

C'est pareil avec votre temps.
Dans votre liste de choses à faire, il y a sans doute des choses plus importantes et urgentes que d'autres. Par exemple, dans ma to do list quotidienne, vous trouverez ceci :
-Réviser mon roman
-Lire 14 pages des Journaux de Jeunesse d'Anaïs Nin
-Lire 9 pages du Coran
-Lire 30 minutes
-Faire du sport (courir, par exemple)
-Coudre quelque chose
-Ecrire dans mon journal
-Méditer
-Faire du yoga


Au début, j'arrivais à tout faire en une journée. mais je terminais tard le soir et je délaissais mes copains. Du coup, j'ai dû remettre ma manière de procéder en question : il fallait que quoi que j'aie décidé de faire, je doive tout arrêter à partir du moment où l'un de mes copains venait à la maison.
Là est tout l'intérêt de cette technique, car finalement, si tu ne mets que des pierres et des cailloux dans ton seau, mais que tu ne trouves pas le temps de rajouter le sable et l'eau, ton seau sera tout de même riche et rempli.

Comme pierre, j'ai donc sélectionner ce que je ne pouvais tout simplement pas oublier. Par exemple, je tiens à terminer de lire les Journaux de jeunesse d'Anaïs Nin ainsi que le Coran avant une certaine date. J'ai calculé le nombre de pages à lire par jour pour les terminer à temps, mais si je rate un jour, je prends du retard. Réviser mon roman rentre aussi dans cette catégorie car c'est un projet qui me tient à coeur. Je termine avec la lecture qui est un loisir que j'adore (de plus, quand tu vois le nombre de livres à lire dans le monde, il vaut mieux se dépêcher, hé hé).

Comme cailloux, je place la méditation, qui est tout de même importante même s'il m'arrive de l'oublier. Je rajoute mon journal intime et le sport, car mes oublis me servent de jours de repos.

Comme sable, je mets la couture et mes petits défis comme le Daily Challenge, les Instagram challenge, etc. J'y mets aussi l'entretien de mon blog, l'écriture des articles, etc.

Et pour finir, comme eau, je mets mes projets mineurs comme traduire un livre de Dita, réécrire mon journal intime sur l'ordinateur, traîner sur les réseaux sociaux, lire encore, etc.


Ainsi, à la fin de la journée, je peux être sûre d'avoir accompli les tâches les plus importantes. Si j'ai réussi à rajouter le sable et l'eau, c'est parfait. Mais si je n'ai pas trouvé le temps, ma journée en sera toujours productive.

Voilà, c'est un petit truc que je connaissais depuis quelques temps et devoir le mettre en oeuvre m'a donné envie de vous en parler, en espérant que cela puisse vous aider.

Passez un bon samedi,
Canalis

Vous pouvez retrouver les autres Tricks for Happiness sur ce blog-même, sur celui de Bettasplendens, celui d'Amaranth Lemuria et celui de Remucer.

vendredi 22 août 2014

[Lecture] "Le fantôme de Canterville" d'Oscar Wilde

L'autre jour, dans un magazin de livres d'occasion de Belgique, je suis tombée sur ce tout petit livre, édition collège, arborant un titre dont je n'avais pas encore entendu parler malgré mon amour pour l'auteur. Je l'ai donc pris avec moi et...déception.


Editeur : Hachette
Année d'édition : 2001
Nombre de pages : 118 pages
Prix : 3.00 €


Mr. et Mrs. Otis, de riches Américains, s'installent en Angleterre avec leurs quatre enfants dans un manoir dont les anciens propriétaires prétendent qu'il est hanté. Les Américains n'en croient pas un mot et prennent possession des lieux sans se soucier de ce fantôme.

Pourtant, ce dernier est bien décidé à les terroriser. Mais que va faire le spectre face à cette famille incrédule ? Parviendra-t-il à effrayer des jumeaux de onze ans qui n'ont peur de rien et ne cessent de lui jouer des mauvais tours ?
Découvrez ce récit plein d'humour et de surprises dans lequel se mêlent le fantastique, la caricature, le mystère et l'émotion.


Cette édition offre donc, en plus du conte d'Oscar Wilde, un questionnaire à la fin de chaque chapitre (qui m'a rappelé qu'en France, on a l'air de se creuser beaucoup plus la tête en cours de français qu'en Belgique), quelques photos à travers le texte, un texte sur la vie d'Oscar Wilde (my baby), et un dossier sur le thème du fantôme dans la littérature.

Je pense que le livre en lui-même est très bien conçu, même si les définitions données pour certains mots compliqués au fil de l'histoire m'ont agacée. Qu'on définisse "recteur", pourquoi pas. Qu'on définisse "exhiber" ou "hormis", j'ai plus de mal à comprendre. Au collège, on a tout de même 12-14 ans, non ?
De plus, d'autres mots plus compliqués et moins fréquents n'étaient pas définis, donc j'ai eu beaucoup de mal à comprendre la logique derrière tout ça.

Au sujet du récit en lui-même...je n'ai pas aimé. Après Le portrait de Dorian Gray et Teleny, du même auteur, qui font partie de mes livres préférés (sincèrement), j'ai trouvé cette histoire très pauvre et beaucoup trop enfantine. De la part de l'homme qui écrit du porno homosexuel, j'ai été surprise.
Le personnage principal, le fantôme donc, est ennuyeux, victimisé, pathétique. Les jumeaux sont agaçants, Victoria est une Mary-Sue parmi tant d'autres...je n'ai pas eu l'impression que cette histoire m'apportait quoi que ce soit, et j'ai même été heureuse que ce livre fut si court.

Je ne sais pas exactement à qui pourrait plaire ce livre. Sans doute à un public plus jeune, ou à des amateurs de contes. Je pense qu'auprès de ce public-là, Le fantôme de Canterville trouvera une chance.

Note : 13/20

jeudi 21 août 2014

Représentation dans la culture : pourquoi est-ce important ?

Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, en lisant un livre, en regardant des films ou des séries, etc, mais tous ces domaines culturels ont un point commun :
La majorité des personnages est blanche, hétérosexuelle, athée et, très souvent, de sexe masculin.

Seulement, la majorité de ces histoires se passent dans notre monde, à notre époque. Il ne s'agit donc pas d'un endroit imaginaire, à une époque imaginaire, où il pourrait donc être logique de n'y avoir que des blancs, que des athées, que des hommes... (Parce que bon, voilà, imaginaire de l'auteur, personnalisation, besoin égocentrique de créer un monde où 100% des protagoniste a un taux de mélanine ridiculement bas, tout ça.)
Toutes ces séries, tous ces livres, ne montrent qu'une réalité déformée et nous communiquent un message toxique :
"Nous ne voulons voir que des hommes blancs cis-hétéro dans notre monde."


Lorsque je dénonce le problème, on me dit souvent la même chose :
"Mais à quoi ça servirait de montrer plus de noirs ou plus d'homosexuels ? On s'en fout, non ?"
D'abord, ce sont toujours les mêmes qui sont déconcertés par l'idée de la représentation : les blancs hétéros. Quelle folle coïncidence.
Et rien que cette simple réplique devrait vous montrer le problème : pourquoi se préoccuper des minorités ? On est si bien, entre privilégiés !

Je vais vous avouer un truc.
Dans notre monde, il y a des blancs, des noirs, des métisses, des Asiatiques, des athées, des catholiques, des musulmans, des paiens, des bouddhistes, des femmes, des hommes, des hermaphrodite, des transexuels, des transgenres, des hétéros, des homos, des bisexuels, des asexuels, des pansexuels, des polysexuels, des infirmes, des sportifs, des gros, des minces, des musclés...
Combien sont représentés ?
N'est-ce pas un peu triste ?


Vous aurez peut-être envie de me dire "mais il y a un transexuel dans The rocky horror picture show ! Will Smith il est noir et il tient le rôle principal de ses films ! La vie en rose parle d'un enfant transgenre."
Si on joue à ça, je peux aussi vous faire la liste de tous les films contenant des blancs, des athées, des minces, et on verra que la liste s'allonge considérablement.
Si je vous montre la portion de minorités par rapport à la portion de privilégiés représentés dans la culture, vous verrez également un fossé abherrant.

Vous savez ce que m'a dit Carmen l'autre jour ?
"Je n'aime pas ce que je suis. Il n'y a pas de héros travestis ou qui aiment les hommes."
Gros malaise, non ?
Ce qu'on apprend, quand on lit un livre, c'est que si on est un tant soit peu différent, on ne peut pas être des héros. On ne peut pas être le personnage principal. On ne vaut pas le coup.
Lorsque j'entends des gens dire que la représentation n'est pas importante, j'entends que les minorités ne sont pas importantes, qu'on n'a pas besoin d'eux, qu'on ne veut pas les voir.

J'ai analysé mon roman, récemment.
Sur 19 personnages :
-Une Asiatique (et un noir, mais comme ce n'est dit à aucun moment de l'histoire et que ce n'est connu que de moi --> pas de noirs)
-Pas d'homosexualité
-Pas de religion (ou à nouveau, non mentionnées, ce qui revient au même -mes fiches personnages ne sont pas le roman)
C'est minable. C'est complètement minable. J'ai représenté une adolescente aux cheveux lilas qui fait de la divination et médite tous les soirs, qui utilise des tarots et des runes, mais je n'ai même pas été capable de représenter des minorités.

Mettre trois noirs, deux asiatiques et un homo dans une école complète, ce n'est pas non plus représenter des minorités. Pour ceux qui seraient tentés de me dire "mais regarde, dans Harry Potter il y a Cho Chang et les soeurs Patil, c'est fantastique ! Et Dumbledore est gay, même si ce n'est dit à aucun moment du livre et que Rowling l'a juste avoué à la dérobée dans une interview" ou "Dans Glee, Mercedes est noire, Tina est coréenne et Kurt est gay, l'honneur est sauf !"
Vous êtes bons princes. Vous tolérez trois pelés et un tondu.

Autre exemple :
Depuis que je suis ado, je lis parfois des livres jeunesse. Avec une héroïne (blanche et hétéro) tombant amoureuse de deux garçons (blancs et hétéros) en même temps.
Que se passe-t-il à la fin ? Elle choisit. Every. Fucking. Time.
Et après on va encore venir me dire qu'on ne peut pas sortir avec deux personnes en même temps. Tu m'étonnes, avec le beau message que la culture nous donne.

Si vous écrivez, dessinez, voulez faire partie de la culture. S'il vous plait. Représentez.
Ne faites pas croire aux gens qu'ils ne sont pas les bienvenus dans votre création.
Je pense que vous rendrez service à beaucoup d'adolescents (ou de lecteurs plus vieux).
Variez, enrichissez vos histoires, ne nous faites pas croire que pour faire de grandes choses, on doit correspondre à des portraits toujours plus identiques, basiques, privilégiés.

Vous pouvez aussi lire l'article de Commande Culotte sur les représentations. Le problème est très bien expliqué ; ça réveille un bon coup.


mercredi 20 août 2014

[Lecture] "Venin" de Sharon Bolton

Il y a quelques semaines, j'ai repéré ce roman dans la bibliothèque de Thomas. Et comme Thomas m'aime follement (n'est-ce pas Thomas), il accepta de me le prêter, à ma plus grande joie.


Editeur : Pocket
Année d'édition : 2011
Nombre de pages : 608
Prix : 8.10€

Vétérinaire dans un petit village anglais, Clara est jeune, brillante et passionnée par son métier. Elle vit cependant comme une recluse : défigurée par un terrible accident alors qu'elle était enfant, elle préfère la compagnie des animaux à celle des hommes. Une existence solitaire bientôt troublée par la visite de la police, venue solliciter son expertise. Un homme, portant une trace de morsure de serpent, vient d'être retrouvé inanimé à son domicile. Le verdict est sans appel : la dose de venin présente dans le corps ets bien supérieure à celle que peut laisser n'importe quel reptile...

Clara Bennings est l'héroïne de ce roman. Vétérinaire overbookée, elle s'efforce de faire passer toute sa vie après son travail. Elle évite ses voisins, s'efforce de rester seule et dissimule son visage abîmés sous ses cheveux. Seulement, elle est appelée plusieurs fois dans les foyers du voisinnage pour évacuer des serpents envahissant les maisons. Des villageois sont tués, les uns après les autres, dans des morts bien trop étranges pour être naturelles. Clara décide donc de déterrer des secrets vieux de 50 ans et de remuer le passé pour trouver la clé de la chronique lecture pourvue des phrases les plus bidon de l'univers. (Pardon.)

Pour commencer, je dois dire que ce livre fut très bon. Dès le début, j'ai su que j'allais adorer (bon, après 80 notes de jaune, je me suis tout de même méfiée). L'histoire ouvre tellement de portes, on se pose tellement de questions, il y a tellement de mystères à expliquer...rien qu'attendre de pouvoir connaître l'accident ayant défiguré l'héroïne fut long et délicieux. Toutes les pièces du puzzle finissent par s'emboîter (je crois que le fait de trouver des phrases absolument clichées toutes les cinq minutes doit être une maladie chronique, ce n'est pas possible), rien n'est oublié. Aucun sentiment d'insatisfaction.

Points positifs 
-Les informations données par le narrateur sont très précises. On voit que Sharon Bolton a dû faire un travail de documentation vraiment poussé pour pouvoir nous apprendre autant de chose. On apprend d'ailleurs dans les remerciements en fin d'ouvrage que l'auteure n'a pas eu peur de lire énormément et de demander de l'aide à plusieurs personnes pour  parfaire son savoir en matière d'herpétologie, d'ecclésiarchie, de psychiatrie, de médecine, de procédure policière...j'ai été vraiment impressionnée.
-Le fait que l'héroïne soit défigurée apporte quelque chose à l'histoire. On voit ses pensées par rapport au regard des autres, son complexe...j'ai trouvé que ça enrichissait considérablement le personnage.
-La psychologie des personnages, en elle-même, est très intéressante et poussée. On observe le fonctionnement d'un mouvement de foule, des dangers de l'admiration excessive, du culte...

Points négatifs
-Le narrateur, qui est l'héroïne, s'adresse pafois directement au lecteur. C'est quelque chose qui me heurte, qui me fait directement sortir du récit, mais heureusement ce n'est arrivé que très rarement.
-Une petite interrogation reste à la fin du roman, qui n'a pas grand chose à voir avec l'enquête, le mystère, etc, mais pour laquelle je me pose encore des questions.
-Certaines actions trop rapides ne sont pas toujours décrites très clairement.

Je conseillerais ce livre à n'importe qui. J'ai vraiment beaucoup aimé ; je risque fort de lire d'autres livres de cette auteure.

Note : 16/20




vendredi 15 août 2014

[Lecture] "80 notes de jaune" de Vina Jackson

A la base, je ne comptais pas lire 80 notes de jaune. Le titre me faisait trop penser à Cinquante nuances de Grey et j'avais peur qu'il ne s'agisse que d'une pâle copie de la trilogie.
Puis, en faisant la file pour passer à la caisse de ma librairie, je l'ai vu en poche sur une étagère.
Et je n'ai pas pu résister.


Editeur : Le livre de poche
Année d'édition : 2014
Nombre de pages : 408 pages
Prix : 7.10€

Prisonnière d'une relation en demi-teinte, Summer, violoniste passionnée, trouve refuge dans la musique. Elle passe ses après-midi à jouer Vivaldi dans le métro londonien. Un jour, son instrument est détruit et elle reçoit un message d'un admirateur secret. Dominik, séduisant professeur d'université, se propose de lui offrir un violon en échange d'un concert...très privé. Dominik et Summer se jettent alors à corps perdu dans une liaison sulfureuse aussi imprévisible qu'excitante. la jolie violoniste laisse libre cours à ses pulsions interdites et s'abandonne enfin à la passion. Elle va bientôt découvrir qu'il n'y a pas de plaisir sans souffrance...
Grisante, charnelle et audacieuse, une histoire d'amour qui vous laisse le souffle court.

A nouveau, je trouve cette amorce très peu fidèle à l'histoire elle-même. C'est à se demander parfois si les personnes s'occupant de les écrire ont vraiment lu le livre duquel ils sont chargés...
L'héroïne de ce roman est donc Summer, une jeune violoniste aux tendances exhibitionnistes et en couple avec un homme frigide, froid, maniaque, et un peu chiant. Un jour, alors qu'elle jouait du violon dans le métro, elle est prise dans une altercation et son violon est cassé.
Quelques jours après, elle reçoit un message d'un admirateur, Dominik, qui lui demande de jouer nue pour lui en échange d'un nouveau violon.
Summer va en même temps découvrir un nouveau genre de sexualité en fréquentant des donjons, des soirées échangistes, mais va également être la proie de manipulateurs et se perdre dans ce nouvel univers qui la grise tant.
(Et putain de bon sang, non, ce n'est pas uns histoire d'amour, il y a genre 0 grammes d'amour dans ce roman. Il paraît que ça s'arrange dans les autres tomes, mais pas dans celui-ci, donc.)

C'est un livre qui m'a laissée vraiment mitigée. J'ai adoré la première partie, je me suis même dit que ce livre allait finir dans mes préférés, mais petit à petit, il est devenu de plus en plus malsain, de plus en plus sombre, et je l'ai reposé avec un sentiment de malaise.

La première partie était excellente, avec un style très poétique, une belle écriture, le contexte de la musique était vraiment intéressant et original et les personnages étaient bien construits. De plus, le BDSM dans les soirées était bien mieux présenté que dans Cinquante nuances, même si le milieu excentrique où il était pratiqué donnait une impression d'être réservé à des marginaux, mais en soit, tout s'annonçait bien.
Puis, au fur et à mesure que Summer tombe entre les mains de Viktor, tout devient plus malsain, nauséabond, cliché, gênant, parfois même sectaire. J'ai trouvé la seconde partie désagréable à lire, j'hésite même à acheter la suite. Mais il paraît qu'elle est très différente, donc j'achèterai sans doute le deuxième tome pour voir si ça s'arrange.

Points positifs
-Joli style d'écriture, beaucoup de poésie.
-Contexte de la musique intéressant.
-Personnages originaux.
-Couverture magnifique.
-Psychologie des personnages très intéressante sur leur rapport au sexe.
-Changement de narrateur intéressant, on passe de la première personne pour Summer à la troisième personne pour le point de vue de Dominik, j'ai trouvé que ça donnait un bon rythme.

Points négatifs
-J'ai pu voir de grosses lacunes dans le travail de documentation des auteurs, avec des fautes graves. Par exemple, dans une scène, une femme met de la crème glacée dans le vagin d'une autre, et tout cela semble érotique, attirant, on aurait presque envie de faire pareil chez soi. Sauf que mettre quelque chose de sucré dans un vagin, c'est la mycose assurée. Mais ça, on ne le dit pas.
-L'héroïne dit parfois des choses qui n'ont pas de sens. Dire que manger des palourdes vivantes est cruel alors qu'on est en train de manger des huîtres, c'est stupide. Dire qu'on s'inquiète de tomber enceinte parce qu'on a couché avec un mec sans capote, alors que le mec a dû avoir 666 partenaires au cours de sa vie et pourrait bien se traîner une MST, c'est encore plus stupide.
-Les scènes de sexe étaient souvent trop cliché et too much. J'ai même pu voir un viol traîner quelque part. Mais bien sûr, rien dans le livre ne laisse penser qu'il s'agissait d'un abus sexuel. Comme un arrière goût de Cinquante nuances.

Extrait
"Dominik avait toujour eu la capacité de dissimuler ses émotions, en public comme en privé. Il avait assisté à la performance dans un état de dévotion silencieuse, impassible, attentif aux moindres nuances de la musique. Il n'avait pas perdu une miette des mouvements des musiciens, tout de noir et blanc vêtus. Et de Summer. Nue.
Il avait eu l'impression d'assister à un rituel.Une symphonie de contrastes entre les vêtements de soirée sombres et l'audacieuse nudité du corps de la violoniste qui se colletait littéralement avec son instrument pour en extraire chaque note, chaque fragment de mélodie, la domptant, la dirigeant. Il avait même vu une minuscule goutte de sueur tomber de son nez, glisser sur son téton dressé et finir sa trajectoire sur le sol en pierre de la crypte, à quelques centimètres des talons hauts qu'il lui avait ordonné de garder.
Peut-être aurait-ce été plus excitant s'il lui avait demandé de porter des bas noirs. Peut-être pas.
Il avait éprouvé tout du long un mélange de désir brûlant et de retenue. Il s'était fait l'effet d'être un inquisiteur assistant à une orgie : n'importe quel témoin l'aurait trouvé suprêmement indifférent alors qu'il était fiévreusement impliqué, le cerveau en ébullition, ses pensées suivant une course folle et incohérente, vagabondant, examinant, interrogeant, sondant. Le tout sur ces mélodies immortelles que ce quatuor improvisé avait magistralement interprétées, faisant naître des images et des mots comme seule la musique sait le faire.
La forme de ses seins, leur petitesse, la tendre vallée qui les séparait, le croissant obscur qui promettait bien des secrets sous chacun d'eux, le minuscule creux de son nombril, qui pointait comme une flèche en direction de son sexe.
Il avait apprécié de découvrir que, contrairement à tant de jeunes femmes de sa génération, elle n'était pas intégralement épilée. Les courtes boucles auburn formaient comme une barrière voilant la partie la plus privée de son corps. Il avait alors décidé de la raser lui-même, un jour. Il en ferait une occasion spéciale. Une célébration. Un rituel. Le passage du Styx, au-delà duquel elle serait à jamais nue pour lui. Offerte. Sienne.
La solidité de ses cuisses, la longueur de ses mollets, les minuscules cicatrices sur l'un de ses genoux -souvenir d'un jeu d'enfant-, la surprenant étroitesse de sa taille, comme si elle avait été moulée dans un corset victorien."

Pour résumer, à qui conseillerais-je ce livre ? A quelqu'un qui a déjà lu des romans érotiques. Beaucoup. Habitué à beaucoup de choses. Ce livre ne fait pas dans la dentelle, sait être très cru, je ne pense pas que ça plaira à tout le monde.

Note : 11/20

mardi 12 août 2014

Bilan des résolutions pour 2014

Chaque début d'année, je mets en place une liste de résolutions à tenir. Je m'y tiens de façon parfois relative, il arrive également qu'elle perde de son actualité, mais je me tiens toujours à cette tradition. Pour moi, faire un vœu pour la nouvel année, c'est mignon, mais ça n'aide pas à atteindre ses objectifs. Même si on ne tient jamais ses résolutions, je trouve qu'il est toujours crédible d'essayer, même si on abandonne assez vite.
Donc, avec un peu de retard, je vais vous parler de mes progrès dans plusieurs domaines où je m'étais promis de m'améliorer.

1. Ecrire 1000 mots par jour
Je n'écris pas 1000 mots par jour. Soyons honnête. Mais j'écris tous les jours. Ce qui m'a permis de terminer le premier jet de mon roman et de me motiver à continuer à écrire.
Objectifs suivants : terminer la révision de mon roman et faire le plan du prochain afin de pouvoir le commencer en novembre, pour le Nanowrimo.
Donc, de ce côté-ci, tout va bien.

2. Lire au moins 50 pages par jour
On va être honnêtes : durant les 7 premiers mois de l'année, mon rythme de lecture a été plutôt minable. Mais depuis que j'ai redécouvert Livraddict, j'ai été remotivée pour lire et à présent, je me mange parfois deux livres par semaine. J'espère donc le meilleur jusqu'à la fin de l'année.

3. Faire un peu d'exercice tous les jours
Si cette résolution n'a pas été tout à fait respectée, elle n'en est pas loin. J'ai pu découvrir le sport sous un nouveau jour, passer par une phase d'amour intense pour le renforcement musculaire avant de me dédier majoritairement à la course. J'ai pu ainsi me fixer des objectifs de plus en plus grand jusqu'à atteindre les 10 km le mois dernier. Mes projets suivants sont d'atteindre doucement les 20 km pour participer aux 20 km de Bruxelles en mai 2015 et, bien sûr, n'oublions pas les petits 6 km du Race for the Cure qui sera certainement ma toute première course (so excited !)

4. Méditer tous les jours
Là, je n'y suis pas du tout. La méditation est un peu le dernier truc auquel je me dédie dans ma journée, donc il arrive la majorité du temps que, trop exténuée pour méditer, j'aille me coucher en zappant cette étape. Mais la méditation reste quelque chose de capital pour moi et j'aimerais faire quelques efforts pour pouvoir profiter de ses bienfaits.

5. Me brosser les dents deux fois par jour
Ha ha, le sujet qui fâche. Mais de ce côté-là, ça va beaucoup mieux ! J'ai beaucoup de mal à supporter mes oublis et à rester avec les dents non brossées, donc ça se rapproche de l'impeccable et je suis très contente. Encore un petit effort et je n'aurai plus aucun problème de ce côté-là.

6. Ecrire dans mon journal tous les jours
C'est loin d'être parfait de ce côté-là, j'oublie trop souvent d'écrire. Je dois vraiment faire plus d'efforts car garder le plus de souvenirs possible est vraiment très important pour moi.

7. Boire six verres d'eau par jour
Ne parlons pas de ça, voulez-vous.

8. Prendre ma douche au moins tous les deux jours
Je la prends quotidiennement ! Et parfois plusieurs fois par jour si nécessaire. Les oublis sont très rares, c'est une réussite qui me rassure beaucoup. Je suis vraiment contente de ce côté.

9. Devenir végétarienne
Je crois que c'est solidement ancré en moi, à présent. A part un accident survenu il y a deux semaines (mon père m'a fait des raviolis au bœuf en pensant qu'il s'agissait de tomates séchées. Comme il n'y avait rien d'autre, je les ai mangés, et j'ai constaté que finalement, la viande, c'est dégueu. Et ça met le système digestif à l'envers, aussi). Sinon, je suis en transition pour devenir végétalienne, donc ici, c'est plus que réussi :)

Voilà, je suis assez contente de la façon dont 2014 se présente, et j'espère pouvoir encore m'améliorer d'avantage et réaliser plein de choses d'ici 2015. Et vous, comment cela se porte-t-il ?

lundi 11 août 2014

Race for the Cure : une course en faveur du cancer du sein

Lors de ma visite chez la gynéco cet après-midi, mon regard a été attiré par une pile de flyers et une affiche rose magenta accrochée au mur :


J'ai tout de suite été soumise à un dilemme : le même jour a lieu le color run de Bruxelles.
Sauf que le color run :
-Est long de 5 km, et pas de 6.
-N'a pas de score, pas de gagnant, aucun challenge, rien (enfin, pour le Race for the cure, je n'en sais rien non plus) (je suis quelqu'un de très sérieux).
-Ne soutient pas le cancer du sein.
-Coûte 35 euros.

Cette course a donc lieu le 7 septembre prochain, au Bois de la Cambre ( Carrefour des attelages – Bois de la Cambre 1000 Bruxelles ). L'inscription coûte 12 euros (en prévente et 15 euros sur place) et les bénéfices serviront un projet de la clinique du sein des Hôpitaux Iris Sud.
Si vous vous inscrivez en groupe, cela coûte 10 euros par personne et le plus grand groupe sera récompensé. L'inscription est gratuite pour les moins de 10 ans.
Les inscriptions se terminent le 3 septembre à midi et le 1er septembre pour les groupes.

Vous avez également le choix entre la course de 6 km et la marche de 3 km (qui fait tout de suite moins peur).
Et vous recevez un T-shirt. Un beau T-shirt.


Avec ce motif-là
Tu peux aussi trouver plein d'informations ici.

J'y serai certainement (ma première course hi hi) avec Thomas et Mercutio que je dois encore enrôler de force.
Allez, viens, on pourra se voir, on sera bien !

Et si Bruxelles ne te dit rien, il y aura encore une course à Antwerpen le 28 septembre.



Viens !

samedi 9 août 2014

[Lecture] "Vampire Academy tome 1 : Soeurs de sang" de Richelle Mead

De mes 12 à mes 18 ans, j'étais inscrite sur un forum pour filles et adolescentes que j'ai beaucoup aimé. Puis, ayant dépassé l'âge limite, j'ai dû quitter le forum comme le règlement le demandait. Seulement, avant de partir, j'ai eu le temps de participer à un concours d'écriture organisé par le forum. J'étais dans dans les 15 ans et plus, et j'ai été finaliste. Et comme ils avaient décidé de faire gagner tous les finalistes (ce qui était, genre, trop sympa), j'ai pu recevoir un colis avec deux romans jeunesse et un manga. Vampire Academy en faisait partie.
Est-ce que je l'aurais acheté de moi-même ? Non.
Mais sans être incroyable, la lecture de ce livre a tout de même été agréable, malgré...de nombreux défauts.


Editeur : Castelmore
Année d'édition : 2014
Nombre de pages : 314
Prix : 14.90€

Seule votre meilleure amie peut vous protéger de vos ennemis...
Saint-Vladimir est un lycée privé hors du commun : à l'abri des regards indiscrets, de jeunes vampires y apprennent la magie. Rose Hathaway est une dhampir et elle doit assurer la protection de sa meilleure amie Lissa, princesse moroï.
Menacées au sein même de l'Academy, Lissa et Rose ont fugué ensemble, mais ont été ramenées de force derrière les hautes portes de Saint-Vladimir. Entre intrigues machiavéliques, rituels nocturnes inavouables et amours interdites, elles doivent rester sur leurs gardes : les Strigoï, vampires immortels et ennemis jurés des Moroï, pourraient bien faire de Lissa l'une d'entre eux pour l'éternité...

Déjà, cette amorce ne ressemble à rien.
Donc, nous avons nos deux héroïnes, Lissa et Rose, ayant fui leur lycée (où les Moroï apprennent la magie et les dhampirs apprennent le combats, car ces derniers sont censés protéger le moroï qui leur est attitré) mais se voyant vite ramenées dans celui-ci malgré elles.
Elles qui étaient auparavant les déesses de l'Academy, ultra-populaires, elle se retrouvent reléguées au rang de bêtes curieuses et doivent tenter de retrouver une vie normale dans cet établissement qui ne leur convient pas du tout.
Seulement, des cadavres d'animaux sont déposés régulièrement dans la chambre de Lissa qui doit en même temps jongler avec des pouvoirs étranges, une tendance à l'auto-destruction et sa réputation  menacée par Mia, une autre moroï bien décidée à la reléguer au rang de paria du lycée.

En gros.
Après, le roman offre d'autres éléments sur lesquels se pencher, des problèmes en plus, mais je ne vais pas non plus tout vous dévoiler, sinon votre lecture n'aurait plus aucun intérêt.

Points positifs
L'histoire est facile à lire et suffisamment distrayante, ce qui était ce que je recherchais lorsque je l'ai pioché dans ma pile à lire. C'est ce qui fera remonter la piteuse note de ce roman en fin de chronique.
Mais entre nous...c'est le seul point positif.

Points négatifs
Les personnages sont agaçants. Tous. L'héroïne, Rose, passe sa vie à lancer des répliques qui se veulent cinglantes mais finissent juste par être ridicules, Lissa est juste faible et incapable de se débrouiller seule, Mia a tout du chihuahua surexcité qui aboie plus qu'il ne mord, et tous les mecs ne pensent qu'au cul.
Certains systèmes, comme la naissance d'un dhampir, la transformation pour devenir strigoï, les catins rouges, etc, ne sont pas expliqués assez clairement, et je me suis retrouvée plusieurs fois à me demander si je n'avais pas loupé un truc, car tout se mélangeait dans ma tête.
L'auteure a l'air de voir le sexe comme quelque chose de négatif, surtout pratiqué à grande échelle. Rose passant sa vie à y penser, on rappelle assez souvent tout au long de l'histoire à quel point elle est peut-être une salope, peut-être une fille facile, peut-être une débauchée glissant sur la mauvaise pente. A un moment, j'avais presque envie de dire "mais bordel, laissez la se faire entuber comme elle veut, merde !" Et j'ai cru voir une once de lesbophobie dévoilant ainsi la façon de penser de l'auteure qui a achevé de m'agacer.
Et, de plus, le style d'écriture était très mauvais. Mais cette fois-ci, je pense que l'on peut mettre ça sur la traduction, car il s'agissait souvent de fautes de français.

Ce n'est pas un livre que je conseillerais et je n'achèterai pas la suite. Après, par curiosité, si un jour je croise la suite à la bibliothèque ou que sais-je, il est toujours possible que je la prenne, car ce n'était pas non plus un navet. Mais je lui fous tout de même une note ridicule parce que nom de dieu, trop de défauts et style bien trop pauvre.

Note : 7/20


jeudi 7 août 2014

Être nue sur Internet : une excuse pour nous manquer de respect ?

En octobre dernier, j'ai posé nue. C'était une séance entre potes, j'étais photographiée par un ami, et l'ambiance était plutôt "à la cool".
Comme j'avais beaucoup aimé cette expérience, j'ai laissé quelques photos ici, sur le blog.
Et donc, aux yeux de beaucoup de personnes, je suis devenue "une meuf qui va rater sa vie et qui ne se respecte pas".
Rien que ça, oui.

Mais ainsi, ayant des photos de moi nue sur Internet, j'ai commencé à faire d'autant plus attention aux statuts Facebook sur la nudité, aux discussions sur le sujet, etc.
Et j'ai donc commencé à prendre les choses personnellement.
Vu qu'il était clair que je faisais partie de celles de qui il était question.

Sommaire du problème :
-Si on montre notre corps, c'est uniquement pour attirer les mecs.
-Si on montre notre corps, notre patron va certainement tomber sur nos photos et on ne trouvera jamais de travail. Notre vie sera foutue et on passera le restant de nos jours sous un pont.
-Si on montre notre corps, il est tout à fait normal de se faire violer ensuite.
-Si on montre notre corps, nous ne sommes pas respectables. Nous sommes des salopes, des femmes faciles, des moins que rien. Notre parole ne vaut plus rien, comme a pu l'observer Une jeune idiote.

Après tout, on le cherche, n'est-ce pas ?

Je me rappelle encore des raisons qui m'ont poussée à faire cette séance. Et des raisons qui me poussent encore à recommencer.
J'aime mon corps.
Je sais que c'est une tare impardonnable dans la société dans laquelle on vit. S'aimer, avoir confiance en soi ! Immonde faute impardonnable ! Crions donc au narcissisme et jetons-la au feu.
Donc, j'aime mon corps. Je le trouve joli, et comme j'aime prendre des selfies quand je me trouve bien maquillée pour les balancer sur Instagram, j'aime organiser des séances photos lorsque je trouve mon corps sympa pour les laisser sur mon blog ensuite.
Rien de plus.

Alors, pourquoi est-ce que cela me rendrait-il moins respectable ?
Est-ce qu'avoir un corps me rendrait-il moins respectable ?
Ou...attendez...
Peut-être le fait même d'être une femme et de le montrer me rendrait-il moins respectable.


Parce que mon corps, je l'ai toujours avec moi. Dans la rue, à l'école, aux dîners de familles. Sous le T-shirt, il y a des seins, et sous la jupe, il y a un con (tavu je parle comme Henry Miller ça y est je me sens plus).
Et lorsque je le montre, en photo, sur Internet, tout d'un coup, c'est le drame.
Sérieusement, pourquoi ?
Pour rien.
Parce que vous êtes juste incapables de laisser les gens s'aimer et vivre tranquillement.
C'est tout.

De même, oui, si un jour, je me fais violer, je m'en étonnerai. Et je m'en fâcherai. Et je ferai tout pour que cette personne se fasse arrêter. Et je continuerai de me battre contre le viol.
Et si toi, violeur, tu fais partie de mes connaissances comme dans 75% des viols.
Je te louperai pas.
Je me fiche de savoir qu'il y ait des photos de moi le cul à l'air sur Internet. Que ma robe soit courte. Qu'il fasse nuit.
Je te gâcherai la vie et je ne me retiendrai pas.
Donc non, le fait que je pose nue n'excuse rien.
Le viol est un crime. L'agression sexuelle est un crime.
Poser nue, ce n'est pas un crime.
Alors, toi, petite personne dégueulasse qui ose penser que le fait que je pose nue te donne le droit de me faire du mal. Meurs. Cordialement.

Et si la seule chose qui vous ennuie, c'est la perspective qu'un éventuel patron tombe sur ces photos me vire, sachez que ces photos étant souvent faites dans un cadre personnel, elles ne sont pas une raison valable pour être licencié.
--> procès.
Et sachez, ensuite, qu'on a pas tous envie d'avoir un patron, plus tard. Qu'on a pas tous envie de vivre dans la peur d'en éventuel licenciement qui n'arrivera sans doute jamais.
Je ne vais pas me retenir de me teindre les cheveux, de me tatouer, d'apparaître à poil sur Internet, de vivre, parce qu'il se peut que je sois virée plus tard.
Parce que c'est absurde.

Je suis nue sur Internet. Et j'aime être nue sur Internet. C'est comme ça.
Et personne n'a le droit de me faire le moindre reproche.
Parce que mon corps m'appartient.

Pouet pouet camembert


lundi 4 août 2014

[Lecture] "Correspondance passionnée" d'Anaïs Nin et Henry Miller

Je vous ai déjà parlé de ma fascination pour Anaïs Nin. C'est une auteure de laquelle je me sens très proche, avec laquelle j'ai beaucoup de points communs (outre nos prénoms) et que j'admire à un point inimaginable.
J'ai, du coup, tendance à vouloir tout lire qui soit en rapport avec elle. C'est pour cela que j'ai tenu à lire sa Correspondance passionnée avec Henry Miller.


Éditeur : Stock
Année de parution : 2007
Nombre de pages : 620
Prix : 22.40€

Anaïs Nin et Henry Miller ont entretenu pendant vingt ans une correspondance passionnée. Commencée en 1932, celle-ci s'achève vingt ans après, en Californie, alors qu'ils sont tous les deux devenus célèbres. Récit d'un amour fou, qui fait place peu à peu à la tendresse, ces lettres retracent également l'évolution de leurs œuvres
Resté inédit jusqu'à la mort du mari d'Anaïs, ce texte suscite une réflexion intemporelle sur la complexité du sentiment amoureux. L'estime qui n'a cessé d'animer leur relation, et ce même quand ils connaîtront d'autres amours, force l'admiration. Au-delà des malentendus ou trahisons apparentes, ils n'ont cessé de défier ensemble les conventions tout en interrogeant de façon permanente leur conception respective de l'écriture. "Même après, disait Miller, ils parlaient métier".
Cette correspondance permet de pénétrer une époque captivante et d'approcher deux personnages exceptionnels, unis dans une fidélité essentielle, physique, matérielle et littéraire.

Points positifs
Moi qui avais, en premier lieu, découvert Henry Miller grâce à son roman autobiographique Jours tranquilles à Clichy ainsi que le début de Tropique du capricorne, j'en avais vu un homme très froid, cynique, méprisant, misogyne que je n'avais pas beaucoup aimé. Ici, j'ai pu découvrir un Henry amoureux, passionné, qui m'a laissé rêveuse.
C'est donc un livre plein de romantisme, qui donne envie de commencer à envoyer des lettres à son (ou ses, ha ha) amoureux et d'en recevoir en retour. Qui donne envie d'écrire des tonnes de missives, de les remplir du lyrisme le plus pompeux et de les parfumer avant de les glisser dans l'enveloppe.
Comme j'avais déjà lu, auparavant, certains journaux d'Anaïs Nin et d'autres œuvres des deux auteurs, je trouvais que cette correspondance complétait très bien leur bibliographie. On obtient des détails, des ressentis en plus, et parfois-même, certaines choses sont corrigées (j'ai par exemple appris qu'Anaïs Nin n'avait pas été visiter un bordel avec Henry Miller, comme dit dans son Journal (1931-1934) mais avec son mari Hugo Guiller qui a demandé à ce que cela reste secret. Evidemment, à sa mort, il a bien fallu remettre l'église au milieu du village).

Points négatifs
J'ai bien peur que ce livre ne présente pas un grand intérêt pour ceux qui ne connaîtraient aucun des deux auteurs. En lui-même, il est très insatisfaisant : les lettres ne se suivent pas, n'ont pas souvent de rapport entre elles (les deux protagonistes n'attendant pas de réponse de leur correspondant pour écrire une autre lettre) et ne sont parfois pas compréhensibles, parlant de choses dont le lecteur n'a jamais entendu parler, etc.
De plus, j'ai été assez agacée par les notes biographiques laissées en fin de livre, et auxquelles il fallait sans cesse se référer dès qu'un nouveau personnage était mentionné. Je pense que quelques notes en bas de page aurait été plus faciles.
De plus, j'ai été surprise par le racisme d'Anaïs et Henry. En soi, je n'ai pas eu de soucis à excuser Anaïs car son racisme ressemble d'avantage à un "racisme d'artiste". Elle a tendance a voir énormément de poésie dans "l'exotisme" et à en être fascinée. Elle tombe souvent dans le piège du cliché, mais on n'a aucune peine à voir qu'il n'y a aucune mauvaise intention dans ce qu'elle dit, qu'il y a surtout de l'admiration pour ce qui est étranger, ce qui, pour l'époque, n'est déjà pas mal par rapport à la discrimination dont les gens pouvaient faire preuve. Par contre, je suis incapable de défendre Miller sur ce point et je n'en ai juste pas envie. Il est empli de mépris, comme d'habitude, et l'a montré encore une fois envers l'étranger. Ça m'a beaucoup déçue et ennuyée.

Extraits

"[Villa Seurat]
29 décembre [1934]

[Anaïs]

[...] J'ai tellement envie de toi, je suis tellement impatient de te prouver que ce que je dis et ce que j'écris n'est pas du baratin, un mensonge, une blague, que je serais prêt à tuer, tuer, tu comprends ? C'est un enragé qui va débarquer. J'abomine New York, j'abomine l'Amérique. Je reviens pour te tirer de ce terrible pétrin, pour te laver entièrement, pour te purifier, pour t'aimer comme jamais un homme n'a aimé une femme. Je me dépêche pour arriver là-bas avant Hugo. Je ne le laisserai pas te toucher. Où étais-je, qui étais-je, pour avoir jamais permis ça ? Je me mets à genoux et te prie de me pardonner. J'ai été un rêveur fou. J'ai été tout ce que tu dis, et peut-être pire. Attends-moi seulement, Anaïs. Ne te laisse pas distraire. Si possible, trouve une chambre où nous puissions être ensemble quelques jours, sans être dérangés. Offre-moi quelques jours de paix dans tes bras -j'en ai terriblement besoin. Je suis en loques, épuisé, vidé. Après ça, je pourrai affronter le monde entier. [...]
Henry."

"[30, quai de Passy, Paris]
[Mars 1937]

[...] Quand j'entre chez moi, je me retrouve en face du plus inexpressif des visages, des gestes les plus vagues et les plus négatifs, un parfait fantôme. Il ne suffit pas de mettre une femme dans son lit, tu sais. On a donné à l'homme d'autres modes d'expression. J'exprime ce que je ressens, toi, tu sors de ta voie pour renier, pour brouiller et effacer toutes manifestations d'un attachement quelconque. Tu ne parles que du "collectif", de l'amitié plutôt que d'un ami, du "bordel" généralisé. J'ai jeté un œil sur ce que tu écrivais dans Capricorne, et je l'ai trouvé, ce grand bordel anonyme, dépersonnalisé. Au lieu de donner à chaque femme un visage différent, tu prends plaisir à les réduire à une ouverture, à une identité biologique. Ce n'est pas très intéressant, je trouve, ni très enrichissant. C'est une maladie. L'homme qui commence à voir le monde entier comme un sexe est malade. Il est comme un chien en chaleur. Les hommes ont leurs périodes de rut, c'est admis, et c'est très bien. Mais l'homme ne vit pas dans un état de rut permanent. Ta dépersonnalisation te conduit si loin, tu te désintègres à un tel point que tout devient sexe, et le sexe est un trou, et après lui c'est la mort.[...]
[Anaïs.]


12/20

[Cinéma] Mr. Nobody de Jaco van Dormael

On va poser le décor dès le début : je n'aime pas beaucoup les films. J'en regarde rarement et je les aime d'autant plus rarement. Je trouve qu'ils manquent souvent d'originalité, de richesse et de vie. J'ai souvent l'impression qu'au cinéma, tout a déjà été fait et que les réalisateurs passent leur temps à se copier entre eux. Et c'est un peu fatiguant, au final.

J'ai vu Mr. Nobody quand j'avais 14 ans. A la base, je le regardais pour Jared Leto (ahiiiii), donc je n'ai pas vraiment prêté attention au reste.
Mais comme le film m'avait laissé une bonne impression, j'ai fini par le choisir chez le loueur, avec Mercutio.

Mr.Nobody est donc un film du réalisateur belge Jaco van Dormael, également auteur du Huitième jour qui a marqué pas mal d'esprits. Il s'agit d'un film belge, français, canadien et britannique sorti en 2009 et racontant l'histoire du frère de Thomas (non je ne peux pas dire ça) (si je peux) (ha ha) de Mr. Nobody, âgé de 118 ans et dernier être mortel sur Terre, dans un monde où le secret de l'immortalité a été révélé. Alors qu'il compte ses derniers jours, un jeune journaliste va l'interroger, et Nemo Nobody va donc décider de lui raconter sa vie.
Ou plutôt, ses vies.


Car à 9 ans, Nemo a dû faire le choix le plus important de sa vie. De là est née une interrogation sans fin sur les multiples choix qu'un humain est amené à faire au cours de sa vie, et les conséquences qui en découlent.
Et si on ne choisissait pas ? Tout resterait-il alors possible ?



 Je crois, honnêtement, que ce film tient du génie. En tout cas, je n'avais jamais vu une histoire similaire auparavant, et c'est ce qui m'a ravie.
Jared Leto joue bien. Jared Leto joue très bien. Je veux faire l'amour à Jared Leto.
C'est un film assez long, d'environ trois heures, si je me rappelle bien. Mais qui en valent la peine.
C'est un film troublant, compliqué. On reste concentré du début à la fin, nous interrogeant sur les métaphores, les images, les symboles, pour une seule question:

Quelle est la signification de tout ceci ? Pourquoi ?

On reste dans l'angoisse de savoir si, à la fin, nous aurons les réponses à nos questions, et nous sommes récompensés. car si nous sommes assez attentifs, Mr. Nobody nous dévoile ses secrets, ses vérités, ses révélations.
Et c'est magique.

Si je ne devais conseiller qu'un seul film, ce serait celui-là. Il est unique, incroyable, captivant.
Du génie.