lundi 24 mars 2014

Journal d'une pute.

Hey Mr. Brown, 
One day I'll be you 
And although I'm only eight now, 
You need to hear my rules : 
Never stop playing, 
Never stop dreaming and,
And be careful not to 
Turn into what I hate.

Ne pas vomir ne pas vomir ne pas vomir ne pas vomir.
J'ai peur. J'ai vraiment peur de tout ça.
Je me sens de plus en plus stressée, oppressée. Je ne sais vraiment pas quoi faire et je ne trouve aucun modèle sur lequel me baser. Je suis vraiment paumée, finalement.
Je pensais que ce serait suffisamment simple pour que je sois à la hauteur, mais finalement tout est compliqué à mourir. Je me disais qu'il suffisait d'aimer, que finalement, c'était ça, les fondations d'un couple, non ?
Finalement il y a tellement d'autres facteurs qui entrent en jeu.

Am I the hero in my own daydream ?
Am I the villain, are things as they seem ?

Parfois je me dis que je suis vraiment cruelle, que je suis vraiment une égoïste, que je suis vraiment une pute. Parfois je me dis que j'ai faux sur toute la ligne. Parfois je me dis que ça ne tiendra jamais. Parfois je me dis que c'est une relation toxique, que ça nuit à tout le monde.
Suis-je heureuse ? Certainement pas. Le sont-ils ? Encore moins.
Mais je les aime, vous comprenez ?

Tell the tale of a faithless king
And how his wifes had been suffering
Each day he wed another wife
And each morning he would take another life
And loyalty, could not be find ?
Until the day he met Scheherazade

Chaque fois, les mêmes paroles reviennent.
Ça me rend triste, je le hais, je pense pas pouvoir tenir longtemps, quel bel ange opportuniste, tous mes rêves s'effondrent, j'aurais aimé qu'on soit seuls, j'ai sans cesse peur.
Et chaque fois je ne sais pas quoi dire. Et chaque fois je me sens oppressée.
Ceci n'est pas une relation polyamoureuse.
Personne n'est consentant.
Et je ne suis même pas sûre de l'être moi-même.

All alone in a crowd
With strangers who all know me
And I try to be friends
But there's no one here who chose me
Should I run ?
Should I hide ?
Should I change my life completely ?
Should I hold me inside ?
Or keep my anger hid discreetly ?

Je ne sais même pas comment m'exprimer, je suis complètement paumée. J'attends qu'ils prennent des décisions à ma place mais je ne suis même pas sûre de le vouloir. Je ne sais pas quoi demander et je ne sais pas quoi faire.
J'ai demandé à Mercutio de ne pas me parler cette semaine. Je veux rester seule et ne plus penser à rien. Mais je ne sais même pas si ça va arranger quoi que ce soit, finalement. Je ne sais pas quoi faire, en fait. Je voudrais être sourde et aveugle, comme ça je n'entendrais la voix et ne verrais le visage de personne.
J'ai encore son odeur sur moi. Merde.



Crédit paroles et citation:
*Abney Park - Letter between a little boy and himself as an adult
*Abney Park - My Life
*Abney Park - Scheherazade
*Abney Park - Blowing off steam
*Anaïs Nin - Journal

mercredi 19 mars 2014

"Ça, c'est un artiste."

Il y a quelque chose qui m'a toujours dérangée dans la façon que l'on avait de nommer les choses : avec mérite.
Depuis des dizaines et des dizaines d'années, dans les milieux culturels, les mêmes débats reviennent toujours :
Ça, c'est un écrivain.
Lui au moins, c'était un vrai chanteur.
Et ça se prétend écrivain.
Moi au moins, j'écoute de la vraie musique.
Je suis désolé mais pour moi, ça, c'est pas de la peinture.
Etc, etc.

Je ne sais pas vous, mais je commence doucement à en avoir ma claque. Alors qu'auparavant, j'avais les mêmes débats avec mes amis.
Il a fallu que je commence à être concernée pour me rendre compte de la connerie de pareilles conversations.
Depuis plusieurs mois, j'écris tous les jours. Parfois, il y a des exceptions, mais généralement, j'essaie d'être la plus productive possible de ce côté-là. Je lis des conseils pour améliorer mon écriture, je fais des listes d'idées pour mes prochains articles ou romans, je ne pense presque qu'à ça.
Alors la question est : suis-je écrivain ?
Beaucoup de gens se diraient que tant que je n'ai pas été publiée, je ne serai pas écrivain.

Mais moi, je vais vous dire le contraire : écrivain, je le suis depuis que j'ai 12 ans.
Toute mon adolescence, je suis restée amateur dans le genre : un petit projet par ci, un petit projet par là. Rien de bien transcendant.
Depuis mes 17 ans, je me sens véritablement écrivain, et je sais que j'ai raison là-dessus.
Parce que prétendre le contraire, prétendre que je ne suis pas ce que je prétends être serait cracher sur des heures de travail hebdomadaires,  voire quotidiennes. Ce serait cracher sur des projets, sur du temps donné, sur du talent, sur le mal que je me donne.

Commencer à décider de façon arbitraire qui mérite son "grade" d'écrivain, de chanteur, de peintre, etc, c'est cracher sur tous les efforts et le travail que ces personnes auront fait.

Je sais, ça fait vraiment mal de l'entendre : Stephanie Meyer est aussi écrivain qu'Oscar Wilde. Stromae est aussi chanteur que Jacques Brel. Lindsey Stirling est aussi musicienne que Bach.
Ce n'est certainement pas le même style, mais s'il faut chaque fois donner des titres à ceux qui font le même travail, le monde perdrait une grande partie de sa variation.
Oui, Bella rougit beaucoup dans Twilight et a un tempérament légèrement insipide.
Oui, Stromae est légèrement autotuné.
Est-ce que cela enlève le mérite de l'oeuvre ?
Quand je pense au temps que cela a dû prendre à Meyer pour écrire les quatre (volumineux) tomes de Twilight, je suis sidérée de voir toutes les critiques injustifiées que la saga se prend : même ceux qui ne l'ont pas lue se permettent de piétiner toutes ces heures de travail et d'effort.

Il faut arrêter de se montrer élitiste. De croire que nos goûts font d'un artiste ce qu'il est ou ce qu'il n'est pas. Il ne faut pas oublier la subjectivité de l'art et de la culture. Aucun de nous n'a le monopole du bon goût.
Si un jour, vous êtes pris d'une envie de doute sur la légitimité du statut d'artiste de quelqu'un, posez-vous une question :
Pendant que cette personne créait son oeuvre, que faisiez-vous ?
Voilà ce qui différencie un artiste de quelqu'un qui ne l'est pas.


lundi 17 mars 2014

Deux ans

Il y a un an, j'ai passé ma première année en couple avec Mercutio sans écrire le moindre article pour l'occasion.
Un an plus tard, je répare ma bêtise pour les...deux ans.
J'ai l'impression que cela fait dix ans que je sors avec Mercutio, tout mon entourage a à peu prêt la même impression mais...non. 730 petits jours ridicules se sont déroulés depuis cette merveilleuse chose.


"AAAAAH OH MON DIEU MEEEEERDEUH C'EST HORRIIIIIBLE *je respire plus je respire plus je respire plus* HIIIII MA SOEUR VA ME TUEEEER QUE FAIRE MON DIEU POURQUOI MOI POURQUOI J'AI DEMANDEEEEE ??? AAAAH IIIH AAAAH IIIH !!"

A peu de choses prêt. Je ne suis absolument pas excessive.
Si tu veux connaître toute l'histoire, tu peux cliquer ici.

C'est drôle, je commence à écrire cet article sans la moindre idée de ce que je vais y mettre, et je dois partir à la danse dans 7 minutes.
Je ne sais pas si je peux qualifier cette seconde année idyllique. Il y a eu des moments cools, et des moments moins cools. Des moments chouettes et des moments moins chouettes.
J'ai passé un neuvième de ma vie avec cette homme merveilleux et pour être honnête, je me sens prête à passer encore un bon paquet de dizaines d'années avec lui.
Lors de cette seconde année, nous avons passé nos premières vacances ensemble (c'était à la mer, en famille. Y avait une piscine, un sauna et la vie était belle (malgré les quelques quatre insupportables mioches qui nous accompagnaient (non, pas Lisa. Toi je t'aime Lisa))). Nous nous sommes fiancés. Nous avons vécu quelques périodes de crise mais finalement, nous sommes prêts à continuer.

Même si ces derniers temps, j'ai eu l'impression (ou en tout cas, on m'a donné l'impression) de démolir mon couple, je me rends de plus en plus compte que ses fondations sont solides comme tout et qu'il n'est pas prêt de se déchirer.

Je suis partante pour la suite de cette aventure.

Mercutio, Mahal kitta.

dimanche 16 mars 2014

Vous êtes responsable de votre vie.

J'ai toujours été entourée par ce phénomène, et je ne remarque son existence qu'aujourd'hui :
on vit dans un monde de déresponsabilisation (pouet).
J'imagine qu'au cours de votre vie, vous avez déjà entendu mille "bonne chance" (ou sa version moins classieuse mais si rebelle "bonne merde") avant un examen ou un autre truc du même genre. Ou "tu as écrit 150 pages ! T'as de la chance de trouver autant d'inspiration" ou d'autres merdes du même style.
Qu'on remette les pendules à l'heure.
Pour réussir un examen, il faut travailler. Il faut étudier, passer quelques heures les fesses vissées sur une chaise et s'ancrer des théories idiotes (ou moins idiotes) dans le crâne.
Il ne faut pas "avoir de la chance".
Pour écrire beaucoup, il faut à nouveau s'asseoir, se creuser la cervelle comme on peut et passer de longues minutes, voire de longues heures devant son ordinateur, son carnet ou sa tablette de marbre pour sortir des mots qui se transformeront en phrases qui à leur tour se transformeront en scènes qui se transformeront en un merveilleux bouquin.
Il ne faut pas "avoir de la chance".
Si tu veux avoir une vie de rêve, une vie branchée et cool comme une blogueuse influente (merdes inévitables de la vie quotidienne non comprises), il faut te lever tôt le matin pour te préparer ou faire des trucs rigolos comme la méditation, il faut ranger les choses tous les jours, il faut prendre le temps de couper cette putain de pomme en jolies petites tranches sur une jolie petite assiette au lieu de la manger toute ronde comme un barbare.
Il ne faut pas "avoir de la chance".

Personnellement, je comprends qu'on regarde la télévision, qu'on mange des chips, qu'on aille au fast food, qu'on traîne sur l'ordinateur, qu'on préfère glander plutôt que de travailler, j'adore ça  aussi. Seulement, j'ai de plus en plus l'impression que l'on nie les effets (et non-effets) de nos actions.
J'entends des gens dirent que le végétarisme est mauvais pour la santé.
Que se muscler beaucoup n'est pas bon pour le corps.
Qu'une chambre en désordre n'a aucune influence sur notre moral.

Je vois des milliers de gens qui ont des rêves et qui ne font rien pour les réaliser ou les mettre en pratique. Des gens qui veulent être écrivains et qui écrivent une fois par semaine, des gens qui veulent chanter mais ne travaillent pas, des gens qui veulent être athlètes mais dont le seul sport hebdomadaire consiste à suivre les cours à l'école.
Je vois des gens qui ne se contentent pas de tout remettre à plus tard, mais qui pensent carrément qu'un jour, ça va leur tomber dessus, comme par magie.

Je vais vous dire une chose.
Parfois, en effet, il faut un brin de chance pour réussir : pour passer un entretien d'embauche, pour que le livre sur lequel vous aurez travaillé dur soit publié, pour réussir des castings.
Mais cette "chance" n'ira jamais seule.
Si vous ne faites rien, vous n'aurez jamais rien. Ça paraît évident, mais je pense que beaucoup de gens ont encore du mal à comprendre cela. Je ne le comprenais pas quand j'étais adolescente : je passais mes journées devant l'ordinateur, je ne faisais pas de sport, je ne prenais pas soin de moi, je mangeais mal et je n'entretenais pas mes talents. Et je ne savais pas pourquoi il ne m'arrivait rien.
Tellement de choses me prouve qu'une notion aussi basique n'est toujours pas acquise : les fumeurs, les alcooliques (dès que vous ne pouvez pas vous passer d'alcool, vous êtes considéré comme tel. N'imaginez pas que le terme "alcoolique" est réservé à ceux qui passent leurs soirées bourrés, appuyés contre la table, une bouteille à la main), les accros à la malbouffe, etc.
Bien sûr, il s'agit souvent d'addictions, mais combien de fumeurs sont en train, en ce moment-même, d'arrêter la clope ? Très peu.
Je pense qu'il est difficile pour l'homme de réfléchir aux conséquences de ses actes. On ne pense souvent qu'au moment présent, ce qui est souvent quelque chose de bien, mais ou oublie que parfois, il faut penser à l'avenir. On minimise également les effets négatifs des choses.

On pense aussi que l'on peut toujours remettre la faute sur quelque chose d'autre.
Je ne fais pas de sport parce que je n'ai pas l'énergie. Même si faire du sport m'apporterait justement plus d'énergie.
Je ne suis pas végétarien parce que je suis anémique. Alors j'évite de me renseigner pour trouver un régime végétarien adapté à mon problème.
Je fais des fautes d'orthographe à chaque mot parce que je suis dyslexique. Du coup, je ne lis et n'écris jamais, comme ça, mon écriture devient encore plus exécrable, mais je continuerai à accuser ma dyslexie (mon petit cousin m'a demandé si "enthousiaste" (à l'oral) se disait. Il a 14 ans. Mais il est dyslexique alors il n'y a pas de problème).
"Je n'ai pas envie" serait peut-être plus honnête, tout simplement.

Je ne sais même plus si cet article parle de déresponsabilisation ou juste des excuses que l'on se trouve. Je pense qu'il tient des deux.
En l'écrivant, je voudrais pousser les gens à améliorer leur qualité de vie, à se poser des questions sur leurs habitudes, à réfléchir sur la manière avec laquelle ils pourraient progresser dans les domaines de leur choix.
J'ai l'impression de donner des leçons de morale mais en même temps, je sentais qu'il était nécessaire de parler de tout ça.

L'Homme est capable de très grandes choses, mais il ne se donne pas assez de moyens, alors que cela vaut la peine. Je le constate chaque jour.
Tout ce que vous faites vous reviendra un jour : si vous faites de bonnes choses, vous obtiendrez de bonnes choses. Si vous faites des choses négatives, vous obtiendrez de mauvaises choses.
La chance joue parfois de drôles de tours, alors autant limiter les dégâts.

"La vie est comme une tasse de thé...
Tout dépend de la façon à laquelle tu t'y prends..."

Je vous souhaite une semaine productive et satisfaisante.
Merci de m'avoir lue.
Decay

[A fait la Une Hellocoton le 17 mars 2014]

mardi 11 mars 2014

Vomi.

Ces temps-ci, je me sens assez noyée. Lorsque 2014 venait de commencer je voyais partout fleurir cette phrase sur Internet : Ceci est la première page d'un livre de 365 pages. Aujourd'hui, je suis à la page 70 et en effet, je suis en plein bouquin. En plein roman. Et je ne sais même pas si ça me plait.
En fait, je pense que ça m'aurait plu si les autres me disaient "j'aime beaucoup ton livre !"
Finalement ce n'est pas le cas.
Finalement j'ai eu des remarques sur mes cheveux roses. J'ai eu des remarques sur Mercutio. J'ai eu des remarques sur le végétarisme. J'ai eu des remarques sur tout.
Mais jamais autant que sur cette relation entre moi et Thomas, et moi et Mercutio. Jamais.
Avant, on pouvait me dire que mes cheveux roses étaient moches, on pouvait me dire que je faisais n'importe quoi, lorsque je venais ici, sur ce blog, je trouvais le soutien nécessaire. Je trouvais des gens qui étaient là pour me remonter le moral et me donner leur amitié dans les insultes et dans le rejet.
Maintenant je remarque qu'il n'y a personne. J'ai l'impression de me heurter à un mur partout.
J'ai entendu que je devais faire une pause, que je devais choisir, que j'étais égoïste, que je rendrais les gens malheureux, que j'étais la seule bien placée, que ça allait pas durer, que si, que ça...
Et oui, oui je suis déçue. Et en colère. Et triste, et stressée.
Du coup je voulais en parler et vomir enfin ce que j'avais dans la tête parce que c'est ce que j'ai toujours fait en cas de soucis, et si quelqu'un trouve que c'est trop intime, je vais le dire honnêtement, pour une fois, si ça lui plait pas il peut dégager.
Je voudrais dire que votre vie n'est pas la vérité. Ni la mienne, ni la vôtre, ni celle de personne. Vous n'êtes jamais tombé-e amoureux-se de deux personnes ou vous n'en seriez jamais capables. C'est vraiment cool pour vous, vraiment.
Sauf que moi, ça m'arrive, que cela plaise ou pas. Je ne me trompe pas, je ne me voile pas la face. C'est comme ça. Faut se mettre en tête que les choses ne se passent pas toujours comme chez soi. Ce n'est pas parce qu'on est hétéro que les homosexuels n'existent pas, on est d'accord là-dessus ?

Je ne sais pas si ça vous est déjà arrivé, finalement, d'aimer deux personnes à la fois, une fois dans votre vie. Votre coeur n'est pas un réservoir à amour partagé entre ces deux personnes : vous vous mettez à aimer bien plus, à ressentir plus d'amour, et finalement vous n'arrêtez jamais d'y penser. Jour et nuit.

Je voudrais aussi vous avouer quelque chose : je ne suis pas égoïste. Je ne pense pas qu'à moi. Je ne suis pas une espèce de salope misandre voulant conquérir un harem, je ne me lève pas le matin en me disant "tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, j'ai deux fois plus de pénis !" alors libérez-vous de ce fantasme, s'il vous plait. Je ne suis pas bien positionnée, et personne dans l'histoire ne l'est. Mercutio n'est pas la personne la plus malheureuse de l'histoire. Nous avons chacun notre façon de réagir à tout ça, et ce n'est pas parce que nous ne pleurons pas, ne nous mutilons pas, ne hurlons pas que nous sommes heureux et satisfaits. Je commence à en avoir assez, de cette hiérarchie du malheur. Mercutio doit voir sa copine avec quelqu'un d'autre (non, en fait, pour ça aussi il va falloir arrêter de fantasmer : on ne se roule pas de pelles devant lui), Thomas doit supporter la culpabilisation et la sensation d'être mille fois de trop et moi, je dois gérer deux relations, le stress de ne pas être à la hauteur et aussi, bien sûr, le jugement qui plane autour de moi : égoïste.
Personne n'est bien placé.
On tente tant que nous pouvons d'améliorer les choses, on discute, on fait des efforts, mais finalement tout le monde s'en fout : tant que ce n'est pas parfait, nous faisons le mauvais choix aux yeux du monde.

Ah oui, peut-être faudrait-il que je mette une chose au clair : je ne choisirai pas. Genre pas du tout. Genre jamais. Ma psychologue m'avait dit une chose: "si tu ne pouvais choisir qu'entre Thomas et Adriàn, il n'y aurait pas de choix. Tu as le choix entre mille possibilités. Choisir entre renoncer à Thomas, renoncer à Adriàn, renoncer aux deux, renoncer à personne. Là, fais un choix."

Je ne ressens pas la même chose pour eux deux. Avec Adriàn, j'ai bâti quelque chose de profond, je suis fiancée, je n'ai plus peur de ne pas être à la hauteur ou de ce qu'il pourrait penser de moi. Si on me foutait un couteau sous la gorge, et si je devais être honnête, je serais obligée de rester avec Adriàn quoi qu'il arrive et les gens ont l'air de bien le savoir.
Aïeuh, tout était fluide pour moi et là, d'un coup, je bloque.
Je ne sais pas à quand remonte la fois où vous êtes tombé amoureux. Je ne sais pas si vous vous souvenez de ce qu'on ressent. Surtout quand on est aimé en retour.
Les gens osent penser que je n'aime pas Thomas, que je me trompe, et finalement je reste sidérée par autant d'erreur : je ressens tellement de chose que finalement, je me dis qu'en effet, si je choisissais Thomas, je ferais une erreur. Mais si je choisissais Mercutio j'aurais le coeur brisé.
Donc honnêtement, allez vous faire foutre, vous et vos choix stupides.
J'aimerais pouvoir vivre ma vie amoureuse comme avant, en pouvant raconter des anecdotes à la "eeeeh, il m'a dit çaaaa!" sans me prendre dans la gueule en retour "je pense tout de même que tu devras faire un choix." Non c'est pas du tout de quoi on parle mais trop de bonheur en toi je pouvais pas laisser faire.

Il n'y a rien de facile dans une relation amoureuse et il n'y a rien de facile dans une relation avec deux personnes. J'ai 18 ans et j'ai besoin d'aide et de conseils. Vous ne me donneriez jamais de conseil pour rompre avec Mercutio, pour couper les ponts, tout ça. Je ne vous demande pas d'aide pour foutre mes couples en l'air, je vous demande de m'aider pour avoir des bases. C'est ce qui me rend en colère, c'est que ces temps-ci on a surtout voulu notre malheur à tous les trois. Parce que personne ne sera heureux si ça se finit. Ni Thomas, ni moi, ni Mercutio. Personne ne peut être heureux en voyant les autres s'éteindre.

Peut-être aurez-vous l'impression que je vous crache soudainement dessus mais finalement ce sont les seuls sentiments que j'ai eus ces temps-ci. Je ne me suis jamais fait autant juger en deux semaines et j'en ai marre, alors je voulais mettre les choses à plat.
Il n'y a plus de "tu devrais choisir", il n'y a plus de "je veux que tu restes avec Mercutio" (on n'est pas dans une série, il n'y a pas de Thomanaïs et d'Anadriàn, ok?), il n'y a plus de "ce que tu fais est égoïste". Si vous voulez qu'on arrête de parler de Thomas et de Mercutio sur le blog parce que ça vous convient pas, on peut faire ça (parce qu'à première vue le sujet vous gêne). Mais je ne fais pas l'un ou l'autre.
Je ne choisis pas et je ne considère pas cette histoire comme "une mauvaise passe" dans mon couple avec Mercutio.
Parce que ce n'est plus "Mercutio et moi". C'est "Mercutio, Thomas et moi".
Lecteurs, famille, école, internautes, faites avec.

Je regrette déjà cet article.



lundi 10 mars 2014

La Journée Internationale des Droits de la Femme ne sera jamais une fête

Le 8 mars, ce n'était pas la Fête de la femme.
Ce n'était pas non plus la Journée des femmes.
C'était la Journée Internationales des Droits de la Femme.
Ce n'était pas le jour où pour une fois dans l'année tu fais la vaisselle pour faire plaisir à ta donzelle.
Ce n'était pas le jour où tu tiens enfin la porte aux inconnues ou à ta collègue.
Ce n'était pas le jour où tu offres des fleurs à tes connaissances féminines.
Ce n'est pas le jour où Olivier de Benoist dit "Aujourd'hui c'est al journée de la femme. Vivement demain."
Ce n'est pas le jour où tu fais toutes les blagues sexistes de ton répertoire en une seule journée, juste pour nous remettre à notre place et nous rappeler que finalement, nous sommes toujours votre objet.
Ce n'est pas le jour où les magasins font des promotions pour notre "fête".

Le 8 mars n'est et ne sera jamais une fête, ce ne sera jamais un bon jour.
La Journée Internationale des droits de la femme, c'est ça :

 C'est ça :

C'est ça :
C'est ça :

La Journée Internationale des droits de la femme, c'est cette femme sur 10 (n'oubliez pas celle qui ne se déclarent jamais) qui sera violée au cours de sa vie.
La Journée Internationale des droits de la femme, ce sont les 91% des victimes de viols qui restent des femmes.
La Journée Internationale des droits de la femme, ce sont ces milliards de femmes et de filles qui se font traiter de putes dans la rue, qui se font harceler, draguer lourdement, mépriser.
Ce sont ces femmes qui se font battre ou violer par leur propre partenaire.
Ce sont ces filles qui se font attoucher et qui n'osent pas en parler de peur de ne pas être prises au sérieux.
C'est mon père qui me dit que je cherche les ennuis lorsque je sors en robe.
C'est cette fille que je connais qui s'est fait violer par son copain et que les gens ont traitée de pute ensuite.
C'est mon ami qui me dit que nous nous plaignons trop et qu'il n'y a pas de problème, que les femmes ne sont pas plus opprimées que les hommes et que par rapport à d'autres pays, nous n'avons rien à dire.
Nous ne sommes pas brûlées mais nous sommes humiliées.


La Journée Internationale des droits de la femme, c'est le silence qu'on nous impose par déni.
C'est les moqueries lorsque nous nous défendons.
C'est le féminisme que l'on tourne en dérision.

La Journée Internationale des droits de la femme n'est pas une fête et n'est pas un jour où on ri.

[A fait la Une Hellocoton le 11 mars 2014]

mercredi 5 mars 2014

Plein la vue ~10

Mon dernier article de photos remonte au premier novembre dernier. C'est loin. Très loin. Du coup, je me suis dit que je pouvais me permettre de faire une pause dans mes longs pavés pour vous montrer quelques jolies images, comme au bon vieux temps.
Mais je préfère le dire tout de suite : le nombre de femmes nues a considérablement augmenté. Donc si vous êtes du genre à avoir qualifié mon blog de pornographique déjà avant (si, si, c'est arrivé), je vous dirais de laisser tomber cet article pour l'instant.
Sinon, à la bonne heure !

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Audrey Kitching
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Stephanie van der Strumpf
Burlesque dancer from Prague, Czech republic
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Cyd Charisse in “Silk Stockings”, 1957
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mardi 4 mars 2014

Oui, je fais du sport. Non, je ne veux pas "brûler les calories".

Depuis début janvier, je me suis mise à faire du sport tous les jours. J'ai développé une véritable addiction au sport et ça me convient très bien. J'aime aller à la salle courir une bonne demi-heure avec mon petit programme vitesse-inclinaison en poche, soulever des poids et voir le nombre de kilos augmenter au fur et à mesure des jours qui passent (je me dis qu'un jour, si quelqu'un m'agresse dans la rue, il regrettera son idée). Je regarde la barre des 90 kilos qui se rapproche, se rapproche...je vois les progrès que je fais, je note minutieusement la vitesse à laquelle j'ai couru, les poids que j'ai soulevés, combien de fois, je compte tout et je regarde ma progression avec une joie non feinte. Quand je ne suis pas à la salle, je cours à l'extérieur (avec ma petite application MapMyRun que j'ai téléchargée tout récemment et qui me rend joie et qui finira par me rendre orthorexique un jour avec sa fonction "note tout ce que tu manges, je te dirai quel nombre de calories tu peux encore engloutir". Mais bon, vu mon taux d'activité sportive, j'ai droit à 2500 calories par jour et même en le voulant très fort, je peux pas atteindre ce palier) et quand je ne cours pas à l'extérieur, je suis dans ma chambre à faire des squats, des abdos, du gainage, des pompes, de la chaise, et les dizaines de variantes existantes.



"Pense de façon positive, va sur les réseaux intelligemment,
fais du sport quotidiennement, mange de façon équilibrée,
travaille dur, reste fort, construis ta foi, inquiète-toi moins,
lis plus, sois heureux, sois bénévole, relaxe-toi souvent,
aime toujours, vis à jamais."
Depuis, on me demande pourquoi je tiens tant à maigrir, pourquoi je suis autant complexée.
Il ne viendrait même pas à l'idée de certaines personnes de se demander si je ne faisais par mon sport dans un autre but.
Faisons donc la liste de tout ce que le sport m'apporte :
1) Cela me met de bonne humeur très vite. Par exemple, je vois un peu la salle de sport comme une antre protectrice : quand j'y suis, je peux oublier toutes les personnes qui m'entourent et que je veux éviter, je peux oublier tous mes soucis du quotidiens, les dernières disputes, la déprime. Je ne suis plus là que pour m'éclater et atteindre mes buts.
2) Cela aide ma confiance en moi à grandir. Je me rends compte que je suis capable d'accomplir de grandes choses et que je ne cesse jamais de dépasser mes limites, je me rends compte que je suis tout sauf bonne à rien et je vois des progrès chaque jour.
3) Le sport agit sur moi comme un antidépresseur naturel. Depuis que je vais à la salle, je ne prends plus mes antidépresseurs (sans l'accord de mon médecin sinon ce ne serait pas drôle (même si je le voulais, je n'arriverais pas à les prendre : je suis que dalle régulière)) et je n'ai plus eu d'épisodes de déprime. Je ne rentre plus chez moi en pleurant, je me sens mieux, pleine de motivation et d'énergie.
4) Le sport, couplé au végétarisme, a aidé mon système immunitaire. De tout l'hiver je n'ai eu qu'un rhume qui ne m'a même pas handicapée (mais si, tu sais, ces rhumes où ton nez coule tour le temps, où tu ne sais plus respirer et où tu sens toute ta gorge encombrée. Voilà, j'ai pas eu ça).
5) Depuis que je fais du sport, je dors mieux. Beaucoup mieux. Genre la lumière éteinte, tu vois.
6) Je peux voir mon corps évoluer et devenir, non pas plus mince, mais bien plus fort. Genre j'ai des petits biceps mignons qui commencent à apparaître.
7) Le sport me donne envie d'être productive, il me redonne du courage. Dès que j'ai fini ma séance et mangé un peu, j'ai envie de continuer sur ma lancée et d'accomplir plein de choses.
8) J'ai de plus en plus l'impression de former un duo de l'enfer avec mon corps. Je m'efforce d'en prendre soin et il me le rend bien.
9) Depuis que je fais du sport, je mange mieux. Je suis plus consciente de ma santé et j'essaie de manger plus de fruits pour être sûre d'avoir assez de vitamines et de nutriments. Par exemple, l'autre jour, je me suis fait une jolie assiette de pommes, de mandarines et de fruits secs. Ceci n'aurait jamais pu arriver auparavant.
10) Le sport augmente ma volonté. J'ai maintenant plus tendance à me dire "je suis capable de faire tout ça" et j'accomplis plus de choses.
11) Ma qualité de vie s'améliore de jour en jour. Je mange mieux, je dors mieux, je suis plus organisée, plus ordonnée, plus assidue. J'ai plus de motivation pour que ma vie ressemble vraiment à ce comment je la vois.
J'ai pu aussi apprendre que le sport garde le cerveau et le corps sains, réduit le stress, a des effets anti-âge (ça pourra toujours servir plus tard), améliore la qualité de la peau, réduit l'anxiété, les risques de certains cancers et les risques de diabète, améliore la mémoire, la posture, l'appétit, le niveau de cholestérol, l'oxygénation des cellules, l'équilibre, la coordination, la résistance à la douleur, l'énergie, l'endurance et la longévité et aide à contrôler les addictions.
Donc la perte de poids, pour ce que j'en dis...




Mais même dans les communautés parlant de sport, la mentalité est séparée en deux parties.
Ceux qui font du sport pour être minces et qui tiennent donc souvent un discours culpabilisant envers les personnes ne faisant pas de sport (et restant donc "grosses"). C'est la réflexion de la mentalité Britney Spears: "If you want a sex body, if you want to be hot in a bikini, you better work bitch".

"Quand je fais de l'exercice, je m'habille entièrement en noir.
C'est comme un enterrement pour ma graisse."
"Tu veux ce corps ? Bouge-toi. Personne ne le fera pour toi."
"Les raisons pour lesquelles je m'entraîne :
-Vivre plus longtemps
-Rester en bonne santé
X Être canon nu"




Et ceux qui font du sport pour des raisons de santé, de volonté et de challenge.

"Entraîne-toi car ainsi tu pourras te sentir bien, dormir mieux, avoir
plus de confiance en toi, te réveiller, économiser de l'argent,
être en bonne santé et vivre plus longtemps...
...et non juste parce que tu pourras ressembler aux mannequins de magazine."
"S'ils te disent que tu ne peux pas, alors tu devrais."
"J'étais triste, puis j'ai décidé de m'entraîner."

Mieux : dans les deux catégories, il y a toujours cette dérive appelée "l'absence totale de compassion ou de sympathie". Pour faire du sport, pour tenir dans la longueur, il faut se traiter soi-même comme la dernière merde existante :

"Ferme ta gueule et fais tes squats !"
"Est-ce tout ce que tu peux faire ?"
"Les perdants voient la douleur.
Les gagnants voient le gain."

Il faut vraiment apprendre à faire le tri pour ne pas tomber dans cette politique de la minceur, du complexe et de la culpabilisation. Personnellement, j'adore traîner sur les tags #workout et #workout_motivation sur tumblr, mais je dois sans cesse me dire "cette image reflète-t-elle ma vision des choses où peut-elle me tirer vers le bas ?" Il faut faire attention à ne prendre que ce qui nous motive réellement, ce qui nous donne confiance en nous. Sinon, oui, notre relation au sport peut devenir vraiment toxique.
Je ne vois pas mon sport quotidien comme une sorte d'autoflagellation, quelque chose que je dois faire au risque d'être la dernière des merdes si j'oublie. Mon sport est un petit moment avec moi-même durant lequel je prends soin de moi. Si un jour je n'ai vraiment pas envie (ce jour-là n'est pas encore arrivé), je ne le fais pas, point.

Lorsque j'avais 14 ans, je complexais énormément sur mon poids. Je m'étais inscrite à la même salle de sport et je détestais y aller. Je faisais uniquement de la cardio et je ne m'arrêtais pas avant d'avoir perdu 500 calories. C'est énorme. Je finissais crevée, toujours aussi complexée et honteuse qu'en arrivant. J'avais sans cesse peur que les autres personnes me jugent, me critiquent dans mon dos, car ils étaient tous si minces et sportifs !
Voilà pourquoi je ne vois pas le "faire du sport pour maigrir" d'un très bon oeil. Parce que finalement, la source de motivation n'amène pas l'amour du sport. On voit le but à atteindre, mais pas le moyen de l'atteindre.
C'est pourquoi je n'aime pas qu'on me pose des questions comme si j'étais au même stade qu'auparavant : le stade où je me forçais à aller à la salle deux fois par semaine et où c'étaient les pires heures de ma semaine.
Ma vision du sport n'a plus rien à voir avec celle que j'avais maintenant. Ma vision du sport est à présent saine et motivante.

"Nous ne faisons pas de régime, nous mangeons mieux.
Nous ne faillissions pas, nous faisons de notre mieux.
Nous ne haïssons point, nous formons une équipe.
Noius n'abandonnons pas, nous sommes réguliers.
Nous n'arrêtons pas jusqu'à ce que nous entendions l'alarme."


[A fait la Une Hellocoton le 5 mars 2014]

lundi 3 mars 2014

Le livre ouvert

Je pense qu'il est temps que j'écrive un article pour mettre tout cela au point. Je ne sais pas si vous l'avez remarqué, mais j'ai tendance à me livrer beaucoup sur mon blog. Peut-être trop.
Je sais qu'il y a des blogueuses qui restent anonymes toute leur vie, ne laissant jamais rien paraître de leur identité. Je sais qu'il y en a d'autres qui laissent voir qui elles sont et n'ont pas peur qu'on connaisse l'existence de leur blog.
Puis il y a moi : non seulement vous savez qui je suis, mais mon nom de famille a également déjà été dit dans certains articles et des photos de moi décorent quelques textes. Malgré cela, je n'ai pas peur de dire les choses les plus intimes de mon existence, parce que cela fait partie de moi.
Pour moi, il est normal qu'une personne garde privé ce qu'elle veut garder privé. Chacun décide de ce qu'il veut dire aux gens et c'est bien normal.
Par contre, je ne comprends pas qu'on puisse dire à quelqu'un ce qu'il devrait garder privé ou non. Parce que pour moi, penser que quelqu'un devrait garder quelque chose privé revient à penser que quelqu'un devrait avoir honte de cette chose.
Non, bien sûr, éviter de parler de quelque chose ne veut pas dire qu'on en a honte. Mais vouloir que quelqu'un d'autre évite d'en parler, c'est clairement vouloir que cette personne en ait honte et je serais surprise du contraire. Ou en tout, cas, il faudra m'expliquer alors quel est le but de ces requêtes.

Lorsque ma mère a appris que j'avais mis des photos de moi nue sur Internet, elle savait que l'idée qu'un éventuel patron puisse tomber dessus ne me gênerait pas (d'autant plus que mes projets ne demandent pas de patron), et elle savait que l'idée que des gens de l'école puissent les voir ne me faisait ni chaud ni froid. Mais elle a insisté : il valait mieux que je garde ce genre de choses privé.
Je lui ai dit qu'elle me conseillait ça car pour elle, je devais avoir honte d'avoir été prise en photo dans pareille tenue.
Elle a fait "Mais non, c'est pas ça ! Mais..."
Puis elle s'est arrêtée. Il n'y avait pas de "mais", je devais avoir honte.

Cela fait deux ans que je parle de choses privées sur ce blog. On ne me l'a jamais reproché. Jusqu'à ce que je prenne des photos de moi nue et que je parle de ma relation polyamoureuse.
Là, toute suite, c'est moins passé.
J'ai énormément parlé de ma relation avec Mercutio. De notre relation, de notre sexualité, de toute sorte de choses le concernant.
Maintenant, quand je parle de Thomas-Pomme (il a pas l'air d'aimer son pseudo alors -hop- on change. Je suis trop bonne), ça hurle à l'étalement de vie privée.
Je vais poser une question : quel est le problème avec Thomas, que Mercutio n'a pas ?
Le problème est qu'il est le deuxième, nous sommes d'accord. En soi c'est un problème. Mais pourquoi ne pourrais-je pas en parler ? J'ai parlé de tout sur ce blog : de ma relation avec mes parents, avec ma soeur, de mes soucis d'hygiène, de ci, de ça, mais Thomas, ça ne passe pas.
Parce qu'on confond le polyamour avec la tromperie, parce que la tromperie c'est mal vu (et c'est bien normal) et parce que du coup, je devrais avoir honte de ma relation avec lui.
Finalement, c'est ça, le message, non ?

Donc pourquoi tiens-je à parler de ma vie privé ici ?
Parce que je pense que nous avons tous des choses qui nous arrivent, et que nous gardons privées par gêne, par réelle honte. Parce que nous pensons que nous sommes les seuls à faire cela, parce que nous pensons que ce sont des choses honteuses desquelles il ne faut surtout pas parler (aka les règles), parce que, parce que, parce que...

Récemment, j'ai reçu le mail d'une amie qui a vécu la même chose que moi : une relation polyamoureuse. Elle m'a partagé son expérience et cela m'a fait du bien, de savoir que je n'étais pas la seule, que ce n'était pas si peu courant que ça. Je me suis rendue compte que cela pouvait arriver à des gens proches de moi. A n'importe qui. C'est pour ça qu'il faut en parler. Pour que les gens arrêtent de croire qu'on ne peut pas tomber amoureux de deux personnes, pour que les gens arrêtent de croire qu'il faut d'office faire un choix, et pour que les gens arrêtent de croire que "si tu hésites entre deux personnes, pars avec la deuxième car si tu étais réellement amoureuse de la première, tu n'aurais pas remarqué l'autre" (bullshit). J'aimerais qu'on arrête, putain, de penser que nous sommes dans l'illégalité dès que nous voulons sortir avec deux personnes en même temps, parce que la relation monogame est de mise dans notre société (alors qu'elles ne fonctionnent pas forcément mieux que les relations polyamoureuses, que ce soit dit).

 Parler de ma vie ici m'aide à me dire avant d'aller me coucher "ils savent qui je suis vraiment, ils n'ont pas une vision faussée de moi". Cela me fait du bien de ne pas être un "anonyme" sur le net, ou quelqu'un dont un connait juste le pseudo. Je suis "Anaïs, la nana de 18 ans amoureuse de deux personnes qui pose nue, veut faire du burlesque et écrire, a prévu de régler son problème d'hygiène, fait du sport tous les jours, est végétarienne, a des problèmes à l'école, est pyrophobe-arachnophobe-ablutophobe, et toutes ces petites choses qui font que les gens savent à qui ils parlent.
Je pense que si j'avais gardé trop de choses secrètes, les gens ne viendraient pas m'envoyer des mails pour me parler de leur vie et de ce qu'ils traversent. Ils le font parce que je l'ai fait.
J'ai une relation de confiance avec mes lecteurs et je le sais.

J'ai besoin de parler de ma vie privée parce qu'elle est importante et qu'il est donc important pour moi d'en parler. Pour l'instant ça m'a énormément apporté, alors je ne compte pas changer.

Finalement, après avoir posé les photos de nu, je n'ai reçu que des compliments. Personne ne m'a traitée de pute, personne ne m'a dit que j'étais conne. Finalement, après avoir parlé de ma relation avec Thomas et Adriàn, on m'a dit que j'étais une salope sur ce blog, oui (il y a des cons partout, il faut parfois se le dire (et étrangement il y a toujours plus de cons anonymes)), mais on m'a aussi donné des conseils, on m'a aussi encouragée. Pour beaucoup, je resterai "la personne bien placée dans l'histoire qui est heureuse et qui rend deux hommes malheureux parce qu'elle est indécise et égoïste, la personne qu'il ne faut pas plaindre dans l'histoire parce que tout est facile pour elle". Pour d'autres, je serai "Decay, la personne qu'il faut aider parce que toute personne a toujours besoin d'aide".
Et en effet, j'ai besoin d'aide.
C'est pour ça que je parle et que je communique.
Pour inviter les gens dans mon monde, ma vie, et pour obtenir de l'aide et pouvoir en donner en retour.

Voilà pourquoi je me livre trop.
Vous pouvez ne pas le faire de votre côté, mais à présent comprenez pourquoi moi, je le fais.

dimanche 2 mars 2014

Mars, viens vite !

Mon mois de février a été plutôt...catastrophique. Et ça s'est ressenti dans mes résolutions. Lorsque je regarde mon tableau de résolutions, je me dis qu'il faut à tout prix que je me réorganise pour mars, parce que si je continue avec ce rythme-là, cette année risque d'être un échec productif.
Qu'est-ce qui a été la cause de cette perte de régime : quelques problèmes personnels, beaucoup d'angoisses, et un grand manque de temps dû à ma réinscription à la salle de sport (cette résolution-là va très bien).
J'ai bien envie de faire un classement de mes résolutions en fonction de leur degré de réussite. Et quand ce sera fait, vous aurez le droit de me jeter des tomates teintées de mépris.

1) Boire deux litres d'eau (ou de non-soda) par jour.
Aaah, la déshydratation, ma grande amie de toujours...
Mon père m'a refilé une gourde de 500 millilitres, ce qui est d'une grande aide pour savoir quelle quantité de liquide je bois par jour, mais je n'ai pas encore pris l'habitude de boire, boire, boire à longueur de journée. Il faut aussi savoir qu'il est interdit de boire pendant les cours (certains profs acceptent cependant si la boisson est bue dans le but de réhydrater son corps. Donc pas de sodas) et que beaucoup d'enseignants n'apprécient pas qu'on doive aller aux toilettes pendant les heures de cours. Donc, dans ma tête, c'est "soit je bois et je peux pas aller aux toilettes, soit je bois pas et je n'aurai pas ce soucis". Du coup, le calcul est vite fait.
Oui, dans mon école, on nous prend pour des robots, oui.
J'ai donc atteint les deux litres fatidiques 3 jours sur 28. Ce qui est fort minable me direz-vous. Mon corps est tout sec. Cette résolution est donc en baisse par rapport aux 6 jours sur 31 du mois passé (je suis vraiment toute sèche).

2) Méditer tous les jours.
Oui, c'est le truc duquel j'ai eu le plus besoin ce mois-ci. Et c'est l'un des trucs que j'ai le moins fait. La logique.
J'ai donc médité 4 jours sur 28, ce qui est, encore une fois, un pur échec. Ce sera dans mes priorités dans le mois prochain, car je connais les vertus de la méditation et je sais à quel point elle peut m'être bénéfique. Surtout après un bain et avant d'aller me coucher, oh oui.
Cette résolution est également en baisse par rapport aux 11 jours sur 31 de janvier.

3) Lire 50 pages par jour.
Je l'ai fait 5 jours sur 28, et je n'ai terminé aucun livre. Je suis en plein milieux des 120 journées de Sodome du Marquis de Sade et franchement...les amis...ne lisez pas ce livre. Moi qui croyais que j'allais apprécier cette lecture grâce à mon goût pour les récits érotiques, je me suis bien trompée.
Ce n'est pas érotique. Ce n'est même pas du porno qui tâche. C'est une espèce d'abomination scatophile qui, même avec les plus belles tournures de phrases (Sade a le don d'écrire les choses les plus dégueulasse de la façon la plus jolie possible : "Elle commence à branler comme un ange"), m'a très vite écœurée. Du coup, j'ai du mal à le rouvrir car je me suis vite lassée de tout ça. Je crois qu'en mars, je vais vite me l'envoyer avant de me jeter sur un album Martine.

4) Ecrire 750 mots par jour.
Parce que oui, j'ai revu mes espérances à la baisse. Alors que mon objectif était de passer à 1500 mots en février, j'ai carrément dû redescendre à 750 mots.
Mais ça, c'est pas le pire.
Le pire, c'est que je l'ai fait 6 jours sur 28. Voilà. Contre 20 jours sur 31 en janvier pour 1000 mots. Voilà.
Mon roman a avancé de deux pages et j'ai dû écrire quatre articles sur le blog. Voilà.
Mourir.

5) Ecrire dans mon journal tous les jours.
J'ai écris dans ce précieux carnet 6 jours sur 28. J'ai l'impression que toute une partie de ma vie est passée par la trappe par distraction. Je me hais.

6) Me brosser les dents deux fois par jour.
Ce mois-ci, je l'ai fait 7 jours sur 28, ce qui est une toute petite mignonne hausse par rapport au mois passé, mais c'est encore trèèèès loin de mes espérances. Cependant, les jours où je ne me suis pas brossé les dents du tout (week end où j'oublie ou matins où je me lève en retard) ont été rarissimes. Je me suis aussi acheté du bicarbonate de soude pour faire la chasse à la plaque dentaire une fois par semaine et je vois une légère amélioration. Je ne perds pas espoir quant à ma volonté, je sais que je peux réussir à avoir une hygiène dentaire irréprochable si je me donne un bon coup de pied au cul.

7) Me doucher au moins tous les deux jours.
Le score est ici de 16 jours sur 28 (on remonte doucement, hi hi hi, on passe à la zone orange et j'ai toujours envie de me pendre) et je pense que je peux également réellement me prendre en main en mars pour faire un score impeccable.

8) Faire de l'exercice tous les jours.
Les gars, sans déconner. Je crois que j'ai développé une addiction. Mon score est de 21 jours sur 28 et les sept petits jours manquants sont dus à la semaine où j'ai eu mon "accident" et où j'ai vécu en état larvaire durant quelques jours. Je me suis réinscrite à la salle de sport il y a deux semaines et je pense à elle tout le temps. C'est ma nouvelle amante.

9) Rester végétarienne.
Je vous le dis tout de suite j'ai eu un craquage. Mais genre un craquage débile. Genre un craquage appelé cuberdon que j'ai mangé pour voir, qui était même pas bon et duquel je me suis rappelée trop tard de la composition. Hu hu.
Sinon, rien à signaler, je me suis gavée de légumineuses 27 jours sur 28 et je suis fière de moi.

Comme vous pouvez le constater, ce mois-ci a été très, très mauvais. Mais un nouveau mois arrive et avec lui de nouvelles motivations (et des vacances pour bien repartir du bon pied, avec plein de temps pour faire plein de trucs et tout et tout !)
Sinon, j'ai ouvert un compte Instagram et eu le réflexe de poster quelques bouts de ma vie quotidienne dessus (ouh, zut, ma vie privée...). Du coup, je vous laisse les photos ci-dessous :D


Une adorable peluche alpaga De nouvelles chaussures et une jupe achetée il y a deux ans dans laquelle j'arrive enfin à entrer  Inna de Caroline Fourest et une nouvelle fournée de culottes en coton (j'aime les culottes en coton)  Des pantoufles à mourir d'amour  mes scores au tapis de course  les poids que j'ai pu soulever  Des oeufs, du riz et du chili "quorn" carne  Une pomme, une mandarine et une poignée de fruits secs  Thomas en charmante compagnie de Catherine l'Alpaga