jeudi 2 octobre 2014

Ecrire un roman : Comment résister à l'abandon ?

Je connais beaucoup de gens qui écrivent. Des textes, des poèmes, des nouvelles. Ils les écrivent même très bien, et ça me laisse souvent admirative.
Mais très peu osent s'attaquer à un roman entier.
Parce que ça semble être un travail trop colossal, ennuyeux sur le long terme. 
On a peur de se perdre, de ne plus trouver la motivation, de ne pas avoir assez d'inspiration, etc.
Ce sont des peurs tout à fait normales, courantes et fondées.

Je vais être honnête avec vous : en ce qui me concerne, je n'écris pas bien. Je peux certes constater une nette amélioration depuis mes 13 ans (et heureusement, vu la daube intersidérale que j'ai pondue à ce moment-là), j'ai certes appris quelques petits trucs en plus pour éviter de tomber dans les pièges classiques de l'écriture, mais je n'ai pas grand chose à vous apprendre. Je suis loin d'être un expert.

Par contre, j'ai déjà terminé des romans. Qu'ils soient bons ou mauvais, ils sont terminés. J'ai pu donc observer les mécanismes qui aident le plus pour arriver aux termes d'un travail et garder un minimum de motivation.
J'en ai déjà mentionné un ou deux, mais je pense qu'il ne sera pas excessif que je me répète sur ce coup-là.

Tout d'abord, il ne suffit pas d'aimer écrire pour terminer un roman.
Ne pensez pas que votre passion vous tiendra motivé pendant 18 mois et qu'elle vous aidera à taper vos 1000 mots par jour.
Votre passion vous aidera à avoir cruellement envie de commencer ce roman, de créer vos personnages, d'écrire cette merveilleuse première scène avec l'enthousiasme d'un travail qu'on commence à peine et qui nous promet des heures de plaisir.
Votre passion vous aidera à imager des dizaines de scènes pour vos personnages, vous aidera à les mettre ensemble, à imaginer des histoires d'amour entre votre héroïne adorable, douce et généreuse et ce garçon timide, un peu poète, qui est toujours au fond de la classe et ne parle à personne (au fait, arrêtez de faire ça).
Mais votre passion ne vous aidera pas à réfléchir et ne vous servira à rien quand vous arriverez à la page 67, quand d'autres idées de romans vous seront venues et lorsque vous n'aurez qu'une envie : ne plus jamais entendre parler de ces putain de personnage et de ce putain de scénario sur lequel vous bossez depuis 5 mois.
Je n'aime pas écrire. Ca me fatigue, ça me ruine, ça me demande trop de réflexion et d'énergie, et vous avez zéro reconnaissance. Et pourtant j'ai fini des romans.
Ce n'est pas votre amour pour l'écriture qui changera quoi que ce soit.
Bon, si vous aimez écrire, c'est un truc en plus, je ne dis pas. C'est cool pour vous.

Faites un plan.
Sans déconner, je sais que tu as eu ton idée d'histoire, que tu as des idées de personnage, que tu meurs d'envie de commencer ton roman. Et puis, ce n'est pas grave si tu as un début, une fin, et rien entre les deux. Tu aviseras plus tard !
Fais. Ce. Plan.
Parce que tu sais ce qu'il va se passer si tu ne fais pas de plan ?
"Oh mon dieu, je ne sais TELLEMENT pas où je vais !"
"J'ai écrit 109 pages, mais je n'ai plus aucune inspiration. Alors je vais faire une pause de 7 mois pour retrouver mes émotions."
"Oh, et puis, je ne sais plus quoi faire, je vais passer à un autre roman que je ne finirai jamais et qui rejoindra mon fichier contenant 46 autres romans non finis."
"Qui suis-je."
"Je suis si loin de la fin, je me sens perdu dans un océan de scènes, d'actions et de répliques, quand tout cela prendra-t-il fin ?"
Bref, prends ton mal en patience, munis-toi de ce joli petit carnet et commence à planifier.
1. Écris toutes les scènes que tu as en tête, tout ce que tu as envie d'écrire, et fais une liste.
2. Cogite un coup, trouve encore d'autres scènes, jusqu'à avoir une bonne liste de 30-40 scènes.
3. Mets le tout dans l'ordre chronologique.
4. Admire ce qui sera ton guide dans les tréfonds de l'écriture, la débauche manuscrite et le chaos artistique.
Ce que tu obtiendras ne sera pas toutes tes scènes, mais les cènes principales de ton récit. Des check-point en quelque sorte. Tu pourras ensuite, au fur et à mesure, trouver des scènes mineures à caser entre chaque scène principale pour remplumer ton récit.


Créez vos personnages.
Une fois que vous avez planifié votre récit, planifiez vos protagonistes. Ceci est un vrai conseil.
Faites une fiche pour chaque personnage. Décidez de son prénom et de son nom (attention à la nationalité. Appeler un Belge "O'Connor" ou "Smith", ça ne fait pas très crédible).
Décidez de son apparence, de sa nationalité, de sa famille, de ses goûts, de ses peurs, de sa religion, de ses opinions philosophiques, de ses traits de caractère...
Faites attention aux clichés, n'hésitez pas à laisser le hasard décider des caractéristiques de votre personnage (par exemple, allez sur Facebook, et dès que vous voyez une publication parlant d'une activité, par exemple, mettez cette activité dans les passe-temps de votre personnage). 
Faites attention aussi à leur donner des défauts. Ce n'est pas parce qu'un de vos personnages est homophobe, sexiste, ou a tué trois enfants que les gens ne vous aimeront pas.
Un mot sur les prénoms : si votre histoire se passe dans notre monde, prenez des prénoms relativement courants, ou au moins existants. Vous n'êtes pas obligé de donner du Jean et du Mathieu, mais évitez les prénoms d'elfe comme Mahewenn ou Ikaïs. A moins que les parents soient des personnes relativement excentriques à la recherche d'expériences nouvelles. Mais alors, justifiez ce choix.
Pourquoi est-ce si important ?
Parce que des personnages mal construits et laissés à l'arrache peuvent vous amener à abandonner votre histoire. Si vous vous embrouillez, ne savez plus qui est orphelin, qui aime ceci et qui aime cela, vous risquez de paniquer, de faire des incohérences et de préférer passer à un autre roman.

Soyez régulier.
Dès le début de votre roman, fixez-vous un nombre de mots à atteindre par jour. Que ce soit 500, 1000 ou 3000, respectez le.
Si vous êtes du genre à écrire une phrase par ci, une phrase par là, deux semaines sans rien écrire, puis encore un petit paragraphe ici, vous aurez du mal à considérer votre oeuvre comme un vrai travail en cours et vous serez vite démotivé.

Essayez de cultiver votre enthousiasme.
Un roman, c'est long. Vraiment long. Et même en appliquant ces conseils, votre motivation risque d'être mise à rude épreuve plus d'une fois (je suis en plein dedans).
N'hésitez pas, alors, à étoffer l'univers que vous avez créé. Imaginez un passé à vos personnages, trouvez des photos de personnes pouvant leur ressembler...vous pouvez même écrire de petites scènes mettant ces personnages en scène. Tout cela dans la but de vous rattacher à eux et de vous donner envie de travailler avec eux.

Voilà, j'espère que ces quelques conseils vous auront donné une piste pour avoir plus de courage et oser vous lancer dans cette aventure.
Bonne chance !
Canalis

Source photo : Weheartit.com

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9 commentaires:

  1. Merciiiii !! :) J'ai déjà commencé le plan mais comme j'ai d'autres projets persos en plus du roman, j'y bosse pas tant que ça mais j'essaye d'être régulière :) Une fois par semaine minimum ^^

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  2. j'aime beaucoup écrire, des nouvelles ou des fictions. Mais je n'ai jamais eu envie de créer un roman. Bizarre, non?

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    1. Non, ça dépend de chacun :)

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    2. J'ai la même. Mais moi c'est parce que je suis tombé dans une marmite de lovecraft quand j'étais petit.

      Ftaghnement, Mercutio

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  3. ha tiens, le fait que je ne suive aucun de ces conseils pourrait-il expliqué que je traîne mon roman depuis 3 ans ? hihi en fait j'écris comme je suis, de façon cyclothymique, un moment j'écrirais 5 chapitres par jour, puis je n'y toucherai plus pendant 3 mois...
    mais je l'aurai un jour, je l'aurai ^^

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    1. Personnellement, je te dirai de te forcer à écrire un tout petit peu tous les jours, même un tout petit paragraphe, dans tes périodes "sans", pour garder une certaine constance et être sûre d'avancer :)

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  4. EPOUSE MOI !
    (ouais, je suis en crise existentielle de l'écriture)(du coup, ça me remotive. Merci. Coeur.)

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