mardi 23 septembre 2014

[Lecture] "La nuit des enfants rois" de Bernard Lenteric

C'est en faisant mes petites fouilles dans la bibliothèque de Mercutio que j'ai empoché ce roman. Ce dernier m'en avait déjà touché un mot et l'histoire me semblait intéressante (j'aime bien la thématique des surdoués). Du coup, même si je n'aime pas particulièrement la SF, ni une ni deux, je l'ai pris avec moi;


Editeur : Le livre de poche
Année d'édition : 2011
Genre : sciences-fiction
Nombre de pages : 281
Prix : 6,10 €

Résumé de la quatrième de couverture
"Cela se passe, une nuit, dans Central Park, à New York : sept adolescents sont sauvagement agressés, battus, certains violés. Mais ces sept-là ne sont pas comme les autres : ce sont des enfants-génies. De l'horreur, ils vont tirer contre le monde une haine froide, mathématique, éternelle. Avec leur intelligence, ils volent, ils accumulent les crimes parfaits. Car ces sept-là ne sont pas sept : ils sont un. Ils sont un seul esprit, une seule volonté. Celui qui l'a compris, Jimbo Farrar, lutte contre eux de toutes ses forces. A moins qu'il ne soit de leur côté... Alors, s'ils étaient huit, le monde serait à eux et ce serait la nuit, la longue nuit, La Nuit des enfants rois."

Mon résumé
L'entreprise Killian décide de sélectionner 30 génies parmi tous les enfants du monde entier afin de les scolariser dans un institut spécialisé dans le but de développer leurs performances à leur maximum.
Seulement, durant les tests, Jimbo Farrar en remarque sept. Sept enfants âgés de 5 ans à peine mais qui montrent déjà un potentiel remarquable. Il va alors leur rendre visite tous les ans et se rend compte que leur intelligence va bien au delà de ce qu'on peut imaginer. Analyse, observation, réflexion, curiosité, ces enfants réunissent ces qualités avec une acuité presque inquiétante. 
Le soir de la cérémonie organisée par l'entreprise Killian où tous les enfants sont enfin réunis, les Sept se reconnaissent enfin. Fous de joie, ils décident de se retrouver en pleine nuit pour approfondir leur relation.
Seulement, ils se font violemment agresser et deux d'entre eux sont violés.
Après cela, ils développent une haine implaccable pour le genre humain, et les crimes commencent à s'accumuler.

Mon avis
Honnêtement, je dois dire que l'idée de base tient du génie (c'est le mot). Tout laisse croire que ce roman sera une perle, une merveille de suspense...
Si seulement quelqu'un d'autre l'avait écrit, finalement. Car ce roman cumule les défauts, et ne contient au final que très peu de qualités (si, si, j'ai pu en trouver). 
L'idée de base est, je l'ai dit, excellente. Et c'est cette idée de base qui m'a empêchée de reposer le livre sur mon étagère avec un soupir de déception. Malgré tout, j'avais envie de connaître la fin (ben franchement, pour une fin pareille, j'aurais dû m'abstenir), de savoir comment tout allait se terminer...
Mais rien, finalement. Ce bouquin me laisse avec un sentiment de vide et de potentiel gâché.

Points positifs
- Les dialogues sont vivants, j'ai beaucoup aimé la répartie que les personnages avaient (enfin, à partir d'un moment, je me suis tout de même demandée où vivaient donc tous ces petits personnages qui parlaient tous si bien).
- La scène de l'agression qui fait basculer toute l'intrigue est plutôt bien écrite et m'a laissée coite plusieurs minutes.
- L'histoire reste, finalement, intéressante. On ne décroche pas.

Points négatifs
- Le style est laid, parfois vraiment dérangeant (il m'arrivait de relire certaines phrases plusieurs fois pour les comprendre).
- Il n'y a aucune concordance des temps. Merci, mais non.
- Aucune clarté.
- J'ai pu observer un bon nombre d'incohérences qui m'ont parfois fait lever les yeux au ciel. Quand un gamin devant toi vient d'écrire trois mots distincts, et que tu lui demandes dans la même minute "je te dirais d'appeler les colonnes A, B et C, à moins que tu ne saches pas encore faire tes lettres ?"...il faut être soit stupide, soit complètement aveugle, pour ne pas voir le problème.
- Les personnages ne sont pas très riches, pas très originaux, pas très intéressantes. En clair, ils ne sont "pas très".
- Zéro documentation. J'ai l'impression que l'auteur n'a pas ouvert un seul livre sur les enfants surdoués avant d'écrire son roman.
- J'ai pu voir du racisme dans la narration (narrateur extérieur externe, donc aucun point de vue d'un personnage. Juste l'auteur). C'est le genre de truc qui me refroidit.
- Les personnages, en plus d'être affreusement plats, n'ont, à aucun moment du roman, une seule réaction humaine ou logique. C'est à s'en taper la tête contre un mur.
- J'ai trouvé la fin assez mauvais, sans beaucoup de logique, un peu plate, décevante...

Vous m'aurez comprise, ce n'est pas un livre que je conseillerais. Beaucoup de potentiel, pour finalement très peu de qualité. Une grosse déception pour moi, voire même une perte de temps.

Note : 4/20

10 commentaires:

  1. Oh mon dieu, je suis tellement pas d'accord avec toi! O.O
    Effectivement le style est hyper épuré, je comprends qu'on puisse ne pas aimer, c'est une question de goût, mais je pense que c'est recherché et je trouve que ça sert vraiment l'intrigue et la plupart des personnages qui sont extrêmement froids et durs.
    Les incohérences, je n'en ai pas souvenir, mais celle dont tu parles ressemble clairement à de l'ironie pour moi.
    Pour les personnages, j'imagine que c'est une question de goût aussi, mais je trouve que c'est cohérent avec l'histoire racontée. Les enfants sont des génies qui se croient seuls, forcément qu'ils sont imbuvables et qu'ils méprisent les autres, et forcément qu'ils tournent comme ils tournent après ce qui leur arrive. Par contre j'avais trouvé le personnage principal et sa copine vraiment géniaux et doux. Pour ce qui est d'avoir une réaction humaine, hormis la copine du héros, ils sont tous présentés comme asociaux et avec une logique différente, forcément leurs réactions ne sont pas celles de monsieur tout le monde.
    Pour ce qui est de la documentation, je pense que le livre n'a pas du tout une visée réaliste, les enfants dont il est question sont bien loin du "surdoué" qu'on connait, tout simplement parce qu'ils sont censés être encore plus géniaux. C'est le principe du bouquin, c'est de la science-fiction, pour moi ça se tient.
    La fin c'est aussi une question de goût donc je ne discuterais pas et le racisme je ne m'en souviens pas donc je te fais confiance. Enfin voilà, j'entends bien que tu n'aies pas aimé, mais pour moi la plupart des défauts que tu soulignes ne sont pas des défauts mais quelque chose de recherché et de cohérent avec l'histoire (qu'on apprécie ou pas).

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    1. Je n'ai justement pas trouvé le style épuré. Je l'ai trouvé alambiqué, les phrases mal tournées...rien n'était clair.
      Pour les personnnages, je ne parle pas que des enfants. Encore, pourquoi pas, ce sont des psychopaths en puissance, mais aucun des autres personnages n'a de réactions logiques. Le beau-père de Jimbo qui se laisse assassiner comme ça, clac ; Ann qui ne pense pas un seul instant à, je ne sais pas, quitter Jimbo qui la traite comme une merde depuis le début du roman, etc.
      Je veux bien entendre que les gosses sont plus intelligents que le surdoué de base, mais je trouve que ça n'excuse pas grand chose. Je ne pense pas que le moindre QI puisse amener un enfant de 5 ans (pas 10, pas 12) à réfléchir comme un scientifique adulte. J'ai trouvé ça trop invraisemblable.

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    2. Hum pour les personnages je me souviens pas assez bien pour argumenter plus que ça donc soit ^^
      Par contre pour les enfants, ben, pour moi c'est juste que ça fait partie du contrat de lecture que d'accepter leur façon de réfléchir, ce que tu dis là c'est un peu comme dire "ah mais non Harry Potter c'est trop invraisemblable, la nana elle a jamais ouvert un bouquin de physique ou quoi" : on sait dès le début que ce n'est pas vraisemblable, parce que ça ne cherchait pas à l'être!

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    3. Oui, je comprends ce que tu veux dire ^^

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  2. Je l'avais lu quad j'étais jeune, et la seule chose dont je me souviens c'est la scène de l'agression dans le parc, qui m'avait traumatisée !

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  3. Je passe juste en coup de vent pour signaler que ce n'est pas parce que le narrateur et la focalisation sont externes qu'il y a correspondance narrateur/auteur.
    Tu dis avoir vu du racisme (ça peut être le cas : les représentations de l'auteur peuvent transparaître dans le récit) mais même si il n'est pas un personnage de l'histoire à proprement parler, le narrateur est une entité à part entière àqui peut avoir une vision du monde distincte de celle de l'auteur.
    Pour ma part, n'ayant pas lu le livre dont tu parles, je ne saurais me prononcer.
    Source : ma licence de lettres modernes :).



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    1. Donc, il est possible que le narrateur soit une voix qui n'est ni un personnage, ni l'auteur ?

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    2. Tout à fait.
      Le narrateur n'est pas systématiquement l'auteur, sauf dans l'autobiographie et l’épistolaire.

      Extrait d'un cours sur la voix narrative.
      "La voix narrative n'est pas la voix de l'auteur. Elle est créée par l'auteur, au même titre que l'intrigue. Elle peut se borner à énoncer les phrases du récit. Elle peut aussi commenter, juger, ou déléguer sa fonction à un acteur de la diégèse. Toujours, elle est repérable grâce aux expressions déictiques [note de manthyne ; les éléments qui se rapportent à la situation d'énonciation, genre "aujourd'hui", "ici", etc...] ou aux marques de la subjectivité."

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    3. Ooooh, d'accord, je comprends mieux ! Merciiii n_n

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