jeudi 18 septembre 2014

[Lecture] "Journaux de jeunesse" d'Anaïs Nin

C'est sur Amazon que j'ai commandé cet énorme pavé, car je voulais strictement tout connaître de l'auteure. Je me suis donc mis en tête d'acheter tous ses journaux, et ceux écrits dans son jeune âge ne faisaient pas exception.
J'ai finalement mis plus de 8 mois pour le lire.




Editeur : Stock
Année d'édition : 2010
Genre : Journal
Nombre de pages : 1392
Prix : 39,60 €


"Cette édition comprend la partie inédite qui va de 1927 à 1931, pour marquer enfin la continuité de l’enfance à la rencontre avec Henry Miller. 

On y découvre une enfant naïve, avide de compliments et d’amour, qui cherche l’attention et la reconnaissance. Puis une jeune fille ravissante et intelligente qui fait la douloureuse expérience de la perte des illusions et de l’amour. Une jeune fille tiraillée entre son individualité et ce que sa famille et la société attendent d’elle. Sa mère, Joaquinito et Thorvald, ses frères, son père, éternelle figure de l’absent, côtoient ainsi dans ses journaux des personnages puissants et évocateurs, peintres et écrivains : D. H. Lawrence, Sinclair Lewis, Botticelli… Réalité et fantasme, quotidien et exceptionnel se croisent et se mélangent, dépeignant pour nous une époque passionnante que constituent les années 1917 à 1931. 

Les anecdotes croustillantes, témoignages d’un autre temps, se mêlent aux questions existentielles d’une jeune fille éprise de liberté dans un siècle qui étouffe la femme. Poèmes, chansons et petites pièces de théâtre viennent parfois se glisser entre ses confessions qui forment un récit foisonnant et éclectique. Lire ou relire les journaux de jeunesse d’Anaïs Nin, c’est comprendre l’écrivain qu’elle est devenue et découvrir avec elle la liberté d’être ce que l’on désire, sans fard et sans regrets."

Pour être honnête, c'est un livre long. Très long. Et pas toujours passionnant. J'ai fait plusieurs pauses durant ma lecture, et vers les dernières centaines de pages, j'ai réparti ma lecture en deux mois, à raison de 14 pages par jour. Parce que je saturais.
Est-ce que ça en fait un mauvais livre ?
Certainement pas.
C'est un livre qui m'a bouleversée à plusieurs reprises, qui m'a impressionnée par la quantité d'encre utilisée quotidiennement par l'auteure, qui m'a fait me sentir proche d'elle (comme si ce n'était pas déjà assez le cas auparavant). Je pense réellement que c'est un livre à posséder.

Points positifs
-Ce livre est terriblement émouvant. On plonge au cœur des sentiments d'Anaïs, on la comprend, et personnellement je me suis surprise à pleurer plusieurs fois.
-Anaïs Nin a une remarquable faculté d'introspection et de réflexion, noircissant des pages et des pages tous les jours pour parler d'elle, de son entourage, de ses pensées, de ses sentiments. J'envie cette faculté.
-Sa modestie et sa dévotion sont attendrissantes. Même si cela s'amenuit avec l'âge, où elle prend peu à peu confiance en elle, j'ai été touchée par ses doutes.

Points négatifs
-C'est une lecture très longue et très dense. Difficile de ne pas l'entrecouper après un certain temps.
-Son format est conséquent : hauteur de 20 cm et 1400 pages. Presque impossible à transporter dans un sac à main.
-Ce livre est une intégrale de plusieurs journaux, certaines notes en bas de page reviennent donc parfois. Il aurait peut-être mieux valu les supprimer.

Extrait
"7 septembre 1927
  Sensation de maîtrise, de puissance, de bien-être. Je fredonne dans la rue. Je sens que je vais pouvoir me mettre au travail, parce que j'ai confiance et que j'ai tant à dire. Curieusement, je parle maintenant de "travail" quand je pense à l'écriture, après avoir passé toute une année à effacer le mot "écrire" de ma conscience. Après tout, écrire, c'est bien plus que danser, bien  plus que dessiner. Mais je ne dois pas me laisser distraire (en français dans le texte) - ne plus parler que d'écrire, bien huiler ma machine, oui, et plonger dans les journaux des autres qui, je le jure, m'intéressent plus que le mien. J'ai une heure devant moi avant l'arrivée de Gilbert qui m'apporte son journal.
  "Elle possédait un véritable don de critique, c'est-à-dire qu'elle était capable d'ouvrir sans cesse son esprit, de se faire toujours plus réceptive, et de démanteler ses préjugés à la base et, en conséquence, d'être toujours prête à comprendre." Voilà ce que dit George Brandes à propos de Mme de Staël dans son livre Immigrant Literature. Un idéal à atteindre ! Mais je ne suis pas un bon critique, même en littérature, domaine où je déploie toute mon intelligence, je suis trop émotive, trop subjective -c'est-à-dire que je ne peux pas lire sans ressentir : si c'est trop sexuel, je suis dégoûtée ; si c'est vulgaire, impossible de poursuivre ma lecture ; et si c'est bien, je m'enflamme ; si c'est faible, je méprise ; si c'est fort, je m'enthousiasme et deviens inconditionnelle -autant de jugements personnels, et non littéraires.
Je me rends compte que je suis trop subjective -que tout ce que j'écris surgit de moi. Dès que j'écris avec objectivité, dès que je parle à la troisième personne, mes phrases se congèlent. Ma "troisième personne" est toujours ridicule. C'est un épouvantail que je fabrique avec mes idées et mes émotions. Ce n'est jamais complètement quelqu'un d'autre, parce que je ne connais personne aussi intimement que moi-même. En outre, pourquoi creuser dans d'autres cerveaux alors que le mien est plein ? Pourquoi me tenir à l'écart et faire avancer une ombre, alors que ma propre vie est si réelle et si intense ? Dans le domaine de la critique, je ne sais pas mettre une oeuvre en perspective avec un grand tout -j'ai une philosophie avec laquelle j'évalue et des émotions avec lesquelles je juge. Le contraire de ce qu'il faut -je sais."

Pour résumer, je pense que Journaux de jeunesse est une Bible pour tous les amoureux d'Anaïs Nin. Personne ne peut la connaître assez bien et en profondeur tant qu'on n'a pas lu ce livre. Même si la lecture est longue, je pense qu'elle en vaut largement la peine.


Note : 14/20


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