mardi 29 juillet 2014

Terminer un premier jet

Il y a presque un an, en août 2013, j'ai commencé un roman.
Ça s'appelait La treizième arcane et j'étais morte de peur à l'idée de ne jamais atteindre mon objectif des 100 pages Word.
Les progrès étaient lents, même si j'aimais beaucoup mon idée d'histoire. Une adolescente qui arrive dans un pensionnat où certains étudiants sont maudits et possédés par les péchés capitaux, je trouvais que ça le faisait.
Puis, en novembre s'est déroulé le NaNoWriMo. Je me suis donc lancée, j'ai écrit un plan complet de mon roman (la meilleure idée que j'aie eue dans ma vie) et j'étais partie pour écrire 2000 mots par jour.
J'ai souffert.


Non, j'ai beaucoup souffert.
Je n'avais jamais écrit autant, mes 750 mots par jour me semblaient déjà inatteignables ou presque, alors 2000 mots, vous imaginez.
Pendant un mois, je n'ai pensé qu'à ça. A l'écriture, à mon roman, au Nano.
Au 50.000ème mot, j'étais délivrée, fière de moi.
C'est quelque chose dont je me souviendrai toujours : écrire ce roman m'a apporté, à plusieurs reprises, une dose incroyable de fierté.
La dernière remonte à hier, lorsque j'ai pu écrire, le plus lentement possible, avec une police énorme et bien centré sur la page : FIN.
Sérieusement.
Après un an d'écriture.
Ça fait tellement de bien.


Ce n'est pas le premier roman que je termine. J'en avais terminé un à 13 ans, il faisait 51 pages Word et je l'ai relu récemment.
Mon dieu, les amis, je n'aurais pas dû, c'était horrible.
J'ai commencé à faire une crise d'angoisse en me demandant si j'écrivais toujours aussi mal. Parce que si c'était le cas, il vaudrait mieux que je me suicide.
Mercutio m'a dit que j'écrivais mieux.
Peut-être se trompe-t-il.


Ensuite, j'ai fini un roman, qui finalement s'est avéré être une nouvelle, à 14 ans. Ça faisait 17 pages Word et c'était déjà mieux. Ça m'avait pris autant de temps que mon premier roman, pourtant : un an. Mais j'écrivais bien moins souvent.

J'ai commencé un troisième roman à 15 ans mais je ne l'ai jamais terminé.
Et pendant 3 ans j'ai cru que je ne terminerais plus jamais rien.
Que je n'étais pas assez constante.


J'ai même fait l'erreur monumentale de croire que je n'avais pas assez d'inspiration.
Maintenant je ne supporte même plus d'entendre le mot "inspiration".
Parce que finalement, quand on est écrivain, c'est ce qu'on entend le plus :
"Et alors, l'inspiration, ça vient ?"
Non. Non, parce que je n'ai absolument pas besoin d'elle. J'écris un roman entier, qui me volera un an de ma vie. C'est du travail. Ce n'est plus un loisir pour moi, car ça demande de la discipline, de la fidélité, du courage et de la patience.
C'est dur.
Pour terminer un roman, et donc tenir dans la distance, il faut se visser le cul sur une chaise, ouvrir son traitement de texte et taper. Il ne faut pas attendre l'inspiration, il faut utiliser son cerveau et réfléchir.
L'inspiration sert à avoir une idée. Une simple idée.
Ici : Une adolescente qui arrive dans un pensionnat où des étudiants sont hantés par les péchés capitaux.
Est-ce qu'on peut écrire 200 pages avec ça ?
Non.
Il faut réfléchir, se creuser la tête, prendre des notes, faire des plans, encore réfléchir, rajouter des choses, et ce n'est pas facile.


Et finalement, quand on comprend ça, on arrive beaucoup plus facilement à terminer un roman : parce qu'on n'attend plus passivement comme je l'ai fait jusqu'à très récemment.
Et on se sent bien.
J'ai été soulagée le jour où je me suis rendue compte qu'à partir de ce moment-là, j'allais terminer mes romans. Je savais comment ça marchait, je savais ce que je devais faire, et je savais enfin que ça ne dépendait pas d'un élément abstrait sur lequel je n'avais aucun contrôle : l'inspiration.


Hier, j'ai terminé mon troisième roman. Il fait, au final, 256 pages Word. Je suis à la fois triste et heureuse.
Triste, car en un an, je me suis attachée à tous ces éléments. L'histoire, les personnages. Et c'est fini.
Heureuse, parce que je me rends compte que j'ai accomplis quelque chose de grand et d'impressionnant : j'ai entre mes mains un premier jet complet.
Qu'il faut encore réviser et corriger, qui est encore incomplet, mais qui est là.
Je me sens fière de moi.
Et j'ai hâte de recommencer l'aventure.

19 commentaires:

  1. J'ai fini mon premier..."roman" (32 000 mots seulement) il y a deux ou trois mois, peut-être moins, j'étais assez contente... j'avais déjà fini une longue nouvelle que j'ai mis une semaine à écrire tellement j'écrivais de mots par jour ^^' Quelque chose en Seconde, de pas terrible, quand j'ai eu fini je n'ai pas eu l'impression d'avoir réussi et achevé quelque chose, et autre chose en Première. J'étais contente pour le fait d'avoir fini mais pas de sentiment "d'accomplissement"... et celui que j'ai fini récemment si, j'en suis contente, pleinement satisfaite :)

    En tout cas si tu cherches un bêta-lecteur je suis là si tu veux ! :)

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    1. Oui, parfois, un écrit des choses qui ne nous font pas ressentir ce sentiment, je ne sais pourquoi :/

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  2. Bravo Anaïs! Est-ce qu'il y aura un jour moyen de lire le précieux? (:
    Et tu sais, c'est extrêmement réconfortant ce que tu écris (même si du coup, j'ai peur aussi), parce que ça me donne le sentiment que je peux arriver à quelque chose, moi aussi.
    Bonne inspiration (je plaisante, pardon); bon courage pour la suite!

    Aline

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    1. Si tu veux, tu peux m'envoyer un mail, et je te donne le premier jet complet :)

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    2. Je veux bien! Je l'envoie à l'adresse donnée sur le blog?

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    3. Alors normalement, c'est envoyé. Ready and waiting! (:

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    4. Je viens de te l'envoyer :D

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  3. On peut bêta-lire ? :D
    Bravo en tout cas. Moi j'ai échoué le camp nano de juillet parce qu'au jour 3, je n'étais pas assez satisfaite de ce que j'avais fait et je voulais tout recommencer depuis le début.

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    1. AH MAIS LE NANO N'EST PAS FAIT POUR REFLECHIR ! xD Sinon, tou es perdou.

      Si lire un premier jet rempli de "[cette phrase est moche]", "[bonjour je suis une merde qui ne connait pas le nom de ses persos]" et de "[god save the queen]" entre chaque page, on peut s'arranger :)

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  4. ce grand bonheur de savoir qu'on a terminé ... que toutes ces heures ont abouti a ça.
    Meme si oui, il faut encore corriger, relire, re corriger...
    mais cet instant T où tu écrit le dernier mot de ton histoire ... c'est irremplaçable !

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    1. Toi aussi, tu mets 3500 ans à écrire le mot "fin", juste pour savourer ?

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  5. Ouh tu me donnes envie de le lire, ce fameux premier jet, c'est possible ? ^.^

    Et ça fait plaisir de lire un article du genre, qui explique bien les coulisses du processus créatif (que ce soit dans l'écriture, le dessin ...), car NON ! l'inspiration seule ne suffit pas parfois ! Personnellement je considère l'inspiration comme un petit bonus, d'autant qu'elle arrive rarement en début d'idée (Du genre "Tiens si j'écrivais une histoire avec des zombies") mais plutôt en milieu quand parfois ça patauge un peu et qu'il faut relancer le truc (Du genre "Tiens mais si en fait les zombies accumulaient les souvenirs des victimes")(Oui, j'aime les films de zombies.)

    Au final tout dépend de nous. (Et il me semble que tu avais fait un article là-dessus, je me trompe ?)

    Des bisous de paillettes à toi, même si je passe souvent en sous-marin, je passe assez régulièrement dans l'espoir d'un nouvel article ou alors je relis inlassablement les anciens. T'es agréable à lire, même quand parfois je ne suis pas d'accord :D J'essaierais de commenter plus souvent !
    Des bisous de paillettes encore ♥

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    1. En fait, si tu veux, j'ai commencé la révision des articles. Je fais un ou deux chapitres par jour. Je trouve ça plus pertinent à donner pour d'éventuels commentaires. Tu voudrais que je te les passe régulièrement?

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    2. Han je veux bien être un tes critiques en avant-première <3 Quoi que je fais, je t'envoie un mail ?

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    3. Oui, et je t'envoie les chapitres déjà révisés :)

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  6. Chuis trop fière, trop contente, on t'a suivi depuis le début et c'est vivifiant e voir que ça n'arrive pas qu'aux autres :)

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  7. bah maintenant j'ai envie de le lire ;)

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