lundi 10 mars 2014

La Journée Internationale des Droits de la Femme ne sera jamais une fête

Le 8 mars, ce n'était pas la Fête de la femme.
Ce n'était pas non plus la Journée des femmes.
C'était la Journée Internationales des Droits de la Femme.
Ce n'était pas le jour où pour une fois dans l'année tu fais la vaisselle pour faire plaisir à ta donzelle.
Ce n'était pas le jour où tu tiens enfin la porte aux inconnues ou à ta collègue.
Ce n'était pas le jour où tu offres des fleurs à tes connaissances féminines.
Ce n'est pas le jour où Olivier de Benoist dit "Aujourd'hui c'est al journée de la femme. Vivement demain."
Ce n'est pas le jour où tu fais toutes les blagues sexistes de ton répertoire en une seule journée, juste pour nous remettre à notre place et nous rappeler que finalement, nous sommes toujours votre objet.
Ce n'est pas le jour où les magasins font des promotions pour notre "fête".

Le 8 mars n'est et ne sera jamais une fête, ce ne sera jamais un bon jour.
La Journée Internationale des droits de la femme, c'est ça :

 C'est ça :

C'est ça :
C'est ça :

La Journée Internationale des droits de la femme, c'est cette femme sur 10 (n'oubliez pas celle qui ne se déclarent jamais) qui sera violée au cours de sa vie.
La Journée Internationale des droits de la femme, ce sont les 91% des victimes de viols qui restent des femmes.
La Journée Internationale des droits de la femme, ce sont ces milliards de femmes et de filles qui se font traiter de putes dans la rue, qui se font harceler, draguer lourdement, mépriser.
Ce sont ces femmes qui se font battre ou violer par leur propre partenaire.
Ce sont ces filles qui se font attoucher et qui n'osent pas en parler de peur de ne pas être prises au sérieux.
C'est mon père qui me dit que je cherche les ennuis lorsque je sors en robe.
C'est cette fille que je connais qui s'est fait violer par son copain et que les gens ont traitée de pute ensuite.
C'est mon ami qui me dit que nous nous plaignons trop et qu'il n'y a pas de problème, que les femmes ne sont pas plus opprimées que les hommes et que par rapport à d'autres pays, nous n'avons rien à dire.
Nous ne sommes pas brûlées mais nous sommes humiliées.


La Journée Internationale des droits de la femme, c'est le silence qu'on nous impose par déni.
C'est les moqueries lorsque nous nous défendons.
C'est le féminisme que l'on tourne en dérision.

La Journée Internationale des droits de la femme n'est pas une fête et n'est pas un jour où on ri.

[A fait la Une Hellocoton le 11 mars 2014]

8 commentaires:

  1. Je suis tout à fait en phase avec ton article ! Est-ce que tu m'autoriserais à faire un lien vers lui depuis mon blog ? Je trouve qu'il viendrait totalement compléter le dessin que j'avais fait en rapport avec ce jour particulier. D'avance merci

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  2. Très touchant ton article. Il résume très bien le véritable sens de cette journée, et ce qu'elle n'est pas.

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  3. Merci d'exprimer si clairement tout ce que je pense :)

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  4. ... Je t'aime. Merci au nom de toutes les femmes battues, humiliée, lapidées, violées, excisées, déshumanisées, violentées, dénigrées, merci à toi.

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    1. Merci pour ton commentaire, je suis heureuse d'avoir pu écrire sur un sujet qui a l'air de te toucher.

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