dimanche 19 janvier 2014

La crise d'adolescence est-elle une vérité ?

Depuis que je suis entrée dans la puberté, cette plaie hormonale qu'on attrape lorsqu'on change d'établissement scolaire pour entrer dans l'école secondaire et lorsqu'on commence à se chopper des saloperies comme des boutons ou des menstrues, j'ai remarqué que les adultes aimaient bien utiliser la même explication, entre eux, pour excuser pas mal de choses :
La crise d'adolescence.
Je pense. Que ce truc. Est la plus grosse connerie. Qu'on ait pu trouver pour minimiser les problèmes des adolescents.
Et pas que des adolescents, car j'ai remarqué maintenant que même à 18 ou à 22 ans, on continue à t'envoyer ces deux mots en pleine gueule dès que tu as le malheur de revendiquer quelque chose.

Comme j'ai pu entrer dans cette merveilleuse période il y a maintenant cinq ans, j'ai eu le temps d'en entendre beaucoup parler, de cette crise d'adolescence.
Au début, j'y croyais vraiment, et encore maintenant, j'ai encore du mal à me détacher de cette idée.
Seulement, après avoir développé mon empathie, lu des livres de psychologie, après m'être intéressée au bonheur de l'être humain, j'en ai conclu une chose :
La crise d'adolescence n'existe pas.
La crise d'adolescence n'est qu'une explication au bouleversement hormonal relatif à chaque individu à partir de sa puberté.
Ce terme n'est absolument pas légitime car à partir du moment où nous commençons à avoir des bouleversements hormonaux, nous en avons toute notre vie. Ça ne s'arrête pas quand on sort de l'école, ou quand on a des gosses, ou quand on se marie.

Non seulement ce terme n'est pas légitime, mais en plus, il a été l'outil pour bien des adultes afin de minimiser les soucis de leur progéniture, et ce jusqu'à un âge bien avancé.
Il a été l'outil pour d'autres adultes afin de minimiser les problèmes et sentiments d'autres personnes qui n'étaient même pas leurs gosses.
Il a été l'outil pour des adolescents afin de minimiser les problèmes d'autres adolescent.
Il a été la raison pour laquelle bien trop de personnes, en plus d'avoir des problèmes, culpabilisaient de réagir mal à leurs soucis en pensant que ce n'était pas légitime de leur part : après tout, ils étaient en pleine crise d'adolescence.

Que ce soit clair entre nous : la vie est une chienne galeuse. La vie est un pédophile en camionnette blanche. La vie est une araignée qui tombe dans tes cheveux quand tu passes en dessous d'un arbre. La vie est un tampon mal placé.
La vie peut être quelque chose de fantastique quand on y travaille, mais elle nous offre aussi de sacrées merdes. A tous.
Si tu es malheureux parce que tu te sens incompris par la quasi totalité de ta famille, ne commence pas à penser aux petits Éthiopiens qui meurent de faim.
La seule raison valable qui te permettrait de penser à eux est si et seulement si tu projettes de leur envoyer de la bouffe.
Si tu penses à eux pour te dire qu'il y a plus malheureux que toi, tu arrêtes, ça ne sert à rien. Ce n'est pas le genre de truc qui fait relativiser. C'est le genre de truc qui te fait culpabiliser parce que tu oses être malheureux quand d'autres ont plus de raisons de l'être.
Et la culpabilité n'arrangera rien.
Te dire que tu ne peux pas être malheureux parce qu'il y a plus malheureux que toi revient à dire que tu ne peux pas être heureux parce qu'il y a plus heureux que toi.
Connerie.
Un ami de ma classe m'a avoué qu'il ne pouvait s'empêcher de trouver ses malheurs futiles parce qu'il devait sans doute être en pleine crise d'adolescence.
En lisant l'article Mon corps m'appartient, j'ai pu voir ceci dans les commentaires :

"[...]Après concernant ta photo de profil, ça se voit que t’as un problème d’image de toi. Et puis bon, les mains entre les jambes comme si tu te masturbais, no comment… Je suis sûre que tes parents et ton employeur seront contents quand ils tomberont dessus.
Un mec qui se met torse nu sur facebook, ça fait kéké et bah une meuf a poil dans sa baignoire ça fait p***. Et c’est plutôt de prétendre le contraire qui me choque.
Vous voulez plus vous faire insulter et hypersexualiser? Bah finissez votre crise d’ado. Être féminine c’est pas forcément s’exhiber."


Je ne sais pas vous, mais j'ai trouvé ça délicieux. Seule la fin correspond au sujet que nous traitons aujourd'hui, mais je tenais à laisser le reste du commentaire, pour faire profiter à mes lecteurs des judicieuses paroles de cette jeune femme (oui, c'est une femme, je tiens à le préciser comme elle l'a précisé au début de son commentaire, histoire d'éviter les amalgames. Il est vrai qu'au vu des paroles dégradantes envers la gente féminine, on pourrait facilement se tromper). Personnellement, c'est à se demander s'il ne serait parfois par préférable de censurer les commentaires qu'on reçoit en fonction de leur taux d'insulte et de mépris.
Nous avons donc ici une accusation de crise d'adolescente, alors que l'auteur de l'article ici commenté a 19 ans.
Il faut croire que ça vous poursuit longtemps.





Personnellement, je suis quelqu'un d'hypersensible. J'ai mis ça sur le compte de ma pilule pendant des mois, mais ma psy a fini par me faire comprendre que ma pilule n'avait rien à voir avec ça.
En plus de cette hypersensibilité, j'ai la fâcheuse tendance à remettre pas mal de choses en question (comme l'existence de la crise d'adolescence, comme tu as pu le voir).
Il est donc clair qu'un grand nombre de personnes est tenté de me placer dans la case "adolescente en crise, ça va passer".
Seulement, je pense que cette manière de tout expliquer par un seul terme est une faute grave, car cela enlève la part d'humanité de beaucoup de jeunes personnes. En nous rappelant que nous sommes en crise d'adolescence, on nous fait comprendre que nos sentiments ne comptent pas, que tout ce que nous faisons n'est qu'une passade, que nous sommes un brouillon, que nos problèmes ne sont pas légitimes, que nous ne méritons pas de recevoir de l'aide.

Donc, vous qui me lisez, sachez le : quel que soit votre âge, vos problèmes existent, votre peine est réelle, vos actions sont valables, et vous méritez l'aide dont vous avez besoin.
Que vous postiez des photos de vous nu-e sur Internet, que vous désiriez porter un sweat avec des pubis multicolores dessus, que vous développiez votre esprit critique, vous faites ça parce que vous pensez que c'est le mieux pour vous. Et vous seul pouvez savoir cela.
Vous n'êtes pas en crise, vous n'êtes pas juste un adolescent, vous êtes plus que cela.
Vous êtes une personne.
Vous êtes une personne et vous méritez d'être pris-e en considération, que vous correspondiez à la norme qu'on vous impose ou que vous viviez votre vie en freestyle total. Ou que vous soyez un mélange des deux. Vous n'êtes pas juste une crise hormonale, vous avez des envies, des réactions, des humeurs, et vous n'êtes pas différent-e d'un adulte de 40 ans.

Vous êtes vous-même.
Et qui que vous soyez, je vous souhaite une journée merveilleuse.
Avec tout mon amour,
Decay

21 commentaires:

  1. Faut aussi savoir qu'une fois l'"""excuse""" de la crise d'ado passée, y en a tout plein qui te tombe dessus: crise de la 20aine, 30ène, 40aine...(fonctionne avec tout les âges) Le monde te considérera perpétuellement en crise, surtout si tu montre un mal être, des questions pertinentes ou pire...un esprit critique. Tant que tu rentre pas dans le moule , tu sera tjs en crise. La société ne veut que des gens qui vont bien tout le temps et qui gobent les infos comme les caméléons les mouches.

    Mettre le terme "crise de" c'est juste nier qualqun et lui dire que ces problèmes et ses interrogations, c'est de la merde. Ce sont des étiquettes et moi...je suis pas un pot d'épice mais un humain.

    Comme tu le dit, soyons fier(ère) d'être nous même.
    Paix, amour, joie et paillettes dans ta journée.

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    1. Tu as tout fait raison, je pense qu'on essaie toujours de nous faire croire que si on pense différemment, on doit être malade, ou quelque chose du genre...

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  2. Tu a raison. Terriblement raison. Les problèmes doivent être moins important, vu que tu es en "crise d'adolescence", ils vont passer, c'est normal. Oui, c'est normal d'avoir des problèmes, c'est comme ça la vie, on aura quasi toujours des problèmes. Mais a n'importe quel age, n'importe qu'elle type de problème est important.
    Merci pour cette article :).

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  3. Ah... les choses prennent donc un sens !
    Merci en tout cas :)

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  4. Je voulais juste te dire que c'est fou comment ton ton a changé dernièrement, ça rend tes articles tellement tellement plus agréables à lire ! Maintenant on peut ne pas être d'accord avec ce que tu dis sans avoir l'impression d'être agressé, et du coup ça donne beaucoup plus envie de se remettre en cause. ;)

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    1. Oui, je me suis remise en question après avoir commenté tous mes articles de 2013. Je me suis réellement demandé si l'agressivité pouvait vraiment donner envie aux gens de me donner raison. Et bien sûr, la réponde est non, bien que certaines personnes l'aient fait (et que Dieu les bénisse).
      Adopter ce nouveau ton doit certainement vous faire plaisir, et cela me fait aussi plaisir à moi, car il m'est plus agréable de m'occuper de mon blog quand il ne s'agit plus d'un champ de bataille. :)

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  5. Merci de rappeler que nous ne sommes pas qu'une pauvre chose pas vraiment finie. Et que nous aussi, nous sommes libres, nous savons penser, et surtout, nous sommes humains, sensibles =)

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    1. Merci à toi de m'avoir lue, surtout :)

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    2. Je te lis toujours ;) Mais de rien =)

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  6. Je suis tellement d'accord avec toi ! Et oui, comme disait Cari, ça n'est pas près de s'arrêter, et ça commence même avant, je récapitule donc : Complexe d'Oedipe entre 3 et 6 ans, crise de la personnalité chez le bambin qui s'affirme et pousse les limites de ses parents, pré-adolescence (dès 9 ans chez les filles), adolescence (la bien-aimée), crise de la vingtaine (qui reste une crise d'ado chez les hommes), puis, comme l'a dit Cari, crise de toutes les dizaines de ta vie, jusqu'à 60 ans. Donc en gros, on passe notre vie en crise, c'est assez paradoxal xD.
    Je rebondis juste sur un point : la définition de la crise de l'adolescence, je ne pense pas qu'elle se limite aux hormones en folies, je pense que c'est un mélange de crises hormonales (qui s'adouciront avec le temps, et donc sont moins fortes lorsqu'on est adulte, sauf lorsqu'on est enceinte, même si les cycles restent chez les femmes) + d'immaturité : on commence à penser par soi-même et à se détacher, donc à devenir adulte, mais tout en étant dans une période où l'on gagne en maturité, et donc où l'on n'est pas ENCORE mature. On devient presque une autre personne que celle qu'on était pré-ado. Je me considère comme radicalement différente à 18 ans que je ce j'étais à 11-12 ans, par exemple, car entre deux, j'ai eu cette crise qui m'a forgé : hormones + prise de maturité. Bien sûr, ce genre de passages se répète dans la vie, souvent liés aux hormones comme la crise de la 40/50 aine chez les homme et la ménopause chez les femmes.
    Mais je ne fais que nuancer ce que tu dis ^^. Je suis ENTIEREMENT d'accord avec le fait que tout le monde utilise ce prétexte pour minimiser absolument TOUT ! C'est chiant. Quand j'ai commencé à changer de look vers un truc plus darkinou, à 12/13 ans, on me disait, bien entendu, ce qui se révèle d'ailleurs vrai chez bcp de monde "c'est la crise d'ado". Au fond de moi-même, j'attendais de voir. J'étais sûre que je n'étais pas prête d'abandonner cette esthétique, et plus tard je suis même allée plus loin en me teignant les cheveux (rho la rebeeelle), à la période où mes parents pensaient que cette "crise" se calmerait. Pour qu'ils acceptent mieux mon look au début, je leur répétais, moitié en rigolant : "mais c'est ma crise, ça va passer !" tout en n'en pensant pas un mot, histoire qu'ils voient, plus tard, l'inutilité de ces propos. Et c'est ce qu'ils constatent aujourd'hui. Héhé.
    Ce que je pense, c'est que la vie est une perpétuelle évolution : aucune période n'est semblable aux précédentes, on appelle donc ces précédentes des "crises", alors qu'en fait ce sont juste des périodes de notre vie où on est en "entre-deux" vers la période suivante, mais nos problèmes ne restent pas moins réels et importants.

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    1. Oui, il m'est arrivé aussi d'utiliser l'échappatoire "mais c'est la criiiiise" alors que je n'en pensais pas un mot xD

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    2. Mdr, merci d'avoir eu le courage de lire jusqu'au bout, je ne me rend jamais compte que je publie des pavés avant... De les publier ^^.
      Oui, c'est tellement pratique ! Ca calme le jeu et t'es tranquille pour quelques années ^^. Après, t'es adulte, on peut plus trouver d'excuses, et on comprend plus rien mdr.

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    3. Mais j'adore les pavés o_O C'est juste que je culpabilise parce que je réponds jamais de façon aussi longue T^T

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  7. hiofeafjbovs Arrête donc de lire dans mon esprit et de ressortir mes pensées en mieux exprimées. /paaaan/
    Non sinon je suis juste totalement d'accord, tu as même rassemblé plusieurs choses que je pensais en les mettant en lien. Je m'en vais de ce pas montrer l'article à mon père. :) (Bah oui, quand j'ose m'opposer à lui, il me sort l'excuse de la crise, alors que le fait que je commence à avoir un esprit critique et une personnalité et des goûts qui me sont vraiment propres sont vraiment positifs je trouve...)

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    1. J'espère que ça le fera un petit peu changer d'avis :D

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  8. L'article serait meilleur sans ces phrases vulgaires gratuites qui n'ont rien à voir avec le sujet et qui gachent l'article,
    ceci dit j'ai toujours pensé que la crise d'ados est surtout une crise des parents plutot que des ados...

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    1. Désolée, je ne m'appelle pas Honoré de Balzac, parfois je jure, je gueule et je fais caca :)

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    2. Oui, je l'aurais compri ça, sauf qu'il faut le faire toute seule sans géner les autres,
      ne vous fatiguez pas à répondre, parce que je vais plus revenir pour lire ces aneries...

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    3. Ben, dégage, alors, connard condescendant, que veux-tu que je te dise ._.

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