mercredi 28 août 2013

La confiance en soi, la prétention, le narcissisme, l'orgueil, la fierté, la vanité et l'arrogance

Confiance en soi : croire en son potentiel et en ses capacités.

Prétention --> vanité --> orgueil : opinion trop avantageuse de soi-même, sentiment de fierté.

Fierté : se dit de quelqu'un de digne.

Narcissisme : admiration de soi-même.

Soyons d'accord, chacun de nous est persuadé que chacun de ces mots, excepté le premier dans certains cas, est un défaut. L'un d'eux est même vu comme l'un des sept péchés capitaux.
Pourquoi ?
Parce qu'éprouver un sentiment positif envers soi-même, de l'amour, de l'admiration, de la confiance, de la fierté, est quelque chose d'infiniment mal vu par l'être humain.
N'avez-vous jamais remarqué ? Moi non, en tout cas, jusqu'à vouloir connaître la définition de chacun de ces mots.
L'écrivain Nathaniel Branden faisait remarquer dans son livre Les six clés de la confiance en soi que nous avions souvent peur d'un excès de confiance en nous. Il s'ensuivait ensuite cette affirmation :
Ce n'est pas possible.
Et maintenant, c'est à moi de me permettre de vous dire que ceux qui vous affirmeront le contraire doivent certainement confondre Confiance en soi, vanité, orgueil, fierté et prétention avec arrogance.
Dame Arrogance, selon la définition, accompagne le sentiment de fierté d'une insolence méprisante.
Par exemple en s'amusant à imaginer les éventuelles réponses de ses lecteurs et en s'adressant à ceux-ci d'un ton cassant. Hi hi.

Seulement, l'arrogance est loin de se trouver près des définitions des "défauts" cités en début d'article, et pour y correspondre il faudrait avoir déjà en soi cette sorte de mépris dont sont parfois parées certaines personnes.
Ou alors s'appeler Decay ; ça marche aussi. Personnellement, Mercutio m'a reconnue dans cette définition au travers de mon blog (pas fait exprès), et ce qui me dérangera toujours, ce sera que les gens ont souvent tendance à s'arrêter sur la fierté plutôt que sur l'insolence.
La boucle est bouclée et je peux donc revenir au début de l'article.


Dans le livre cité plus haut, Branden nous apprenait bien justement qu'un grand nombre de nos actions étaient dictées par le manque de confiance en soi : complexes, régimes, insultes, viols, moqueries, rabaissement, harcèlement, peur de l'inconnu et de la différence, etc.
Tiens, ça ne vous dit rien ?
Ainsi donc, tout ce dont je me suis plainte le long de ce blog a donc été dû en plus ou moins grande partie au manque de confiance en soi ?
Toutafay.

Depuis que nous sommes nés, nous sommes éduqués au conformisme et à la perfection. Sortir du lot et se faire remarquer était mal vu, ainsi que l'échec et toute chose dégradante du quotidien.
Qui n'a jamais eu honte en découvrant qu'il redoublait?
Et qui n'a jamais utilisé de surnoms idiots tels que "tante Irma", "les ragnagnas", "la mauvaise période du mois", etc, pour nommer ses règles?
Finalement, en nous apprenant que certaines choses sont des hontes indiscutables alors que celles-ci arrivent à chacun d'entre nous, nous sommes obligatoirement confrontés à ce qui nous fait honte, et nous sommes donc voués à apprendre que nous ne sommes pas à la hauteur.
De même, depuis le plus jeune âge nous sommes confrontés à un idéal esthétique auquel il est IMPOSSIBLE d'adhérer pour tout le monde. Nous naissons avec des constitutions différentes, des métabolismes différents, des peaux et des cheveux différents, et finalement nous sommes, encore une fois, voués à nous confronter à l'échec et à penser que c'est notre faute. Et donc à avoir honte de notre corps.


Le manque de confiance en soi devient rapidement une seconde nature chez l'être humain. En ayant honte de nous, nous donnons honte aux autres. "Si je passe ma vie à acheter les vêtements les plus passe-partout possible, pourquoi aurait-elle la liberté de faire autement ?" "Si j'ai sans cesse honte d'aller à la selle, pourquoi pourrait-il en parler librement ?"
Et finalement nous tentons du mieux que nous pouvons de modeler l'autre dans le moule qui nous a formés et nous entrons dans un cercle vicieux.

Seulement, oser parler de choses taboues comme des règles, des pratiques sexuelles, etc, ou s'habiller comme on le souhaite et colorer ses cheveux comme on le souhaite, ne demande qu'une chose: de la confiance en soi.
De là, ce sentiment devient mal vu, car il est source d'émancipation, et finalement de sentiment d'injustice : "pourquoi croit-il en lui et pas moi ?"
Pire, si peu répandu soit ce sentiment, il peut même se heurter à l'ignorance: "Comment peut-on croire en soi et penser que l'on peut faire de grandes choses ? Cela ne doit pas être normal".
Et de là sont classés comme défauts tous ces sentiments relatifs à l'admiration de soi-même.

Les amis, si vous êtes persuadés que la confiance en soi et l'orgueil sont des maux, vous penserez toute votre vie que vous dévaluer vous-même est la solution vers le bonheur.
Au lieu de blâmer les gens narcissiques, puisez un peu de cet amour et prenez-le pour vous. Vous ne verrez JAMAIS trop grand, et même si vous n'atteignez pas votre but, vous aurez accompli un grand nombre de choses et quoi qu'il vous arrivera, vous serez satisfaits.
Et fiers de vous.



dimanche 25 août 2013

Je m'appelle Anaïs, je vais avoir 18 ans et je veux changer le monde

J'ai remarqué que depuis quelque temps, ma façon de rappeler certains défauts au monde avait tendance à déranger.
Mon but n'est certainement pas d'inspirer de l'hostilité à mes lecteurs, et c'est pour cela que je vous écrits cet article. A ceux qui m'ont morigénée sous forme anonyme ou non ou à ceux qui sont passé, n'ont rien dit mais n'en pensaient pas moins.

Pour commencer par le commencement (hi), je me présente à vous: je m'appelle Anaïs, j'ai un copain, Adriàn (ça se prononce Adrianne et je sais pas vous, mais j'adore ce nom) que j'appelle Mercutio sur ce blog, nous aurons 18 ans en novembre, et lorsque j'avais créé ce blog, c'était en espérant en faire un blog beauté. Comme vous pouvez le voir, je n'ai pas tenu dans la longueur et j'ai fini par parler de tout et de rien.
Puis, petit à petit, j'ai remarqué du haut de mes cheveux roses que nous vivions parmi une société assez "empoisonnée".
Peut-être est-ce un grand mot pour vous, mais à moi il semble bien maigre.
Nous vivons entourés de moqueries, de sexisme, de misandrie, de préjugés, d'harcèlement (scolaire ou non), de slutshaming (fait de rabaisser quelqu'un en utilisant le champ lexical de la sexualité d'une façon négative), de violence morale et physique, d'utilisation abusive d'adjectifs péjoratifs en parlant de quelqu'un (Inhabituel ne veut pas dire bizarre, les enfants...), de la peur du jugement d'autrui et du "qu'en dira-t-on" et du refus de nos propres goûts afin de se conformer à l'attente de l'autre.
Nous vivons dans une société où la moquerie et la médisance des occupations aussi normales que de tondre la pelouse ou beurrer sa tartine du matin.

Maintenant, peut-être trouvez-vous cela normal.
Mais moi pas.
Lorsque j'étais enfant, on m'a appris à ne pas prôner la violence et à ne jamais me moquer ou faire du mal à autrui sous quelque forme que ce soit.
Et pour tout vous dire, je suppose qu'on vous a appris la même chose.
Pourquoi abandonner cette belle idée en grandissant?
Parce que de toute manière, tout le monde fait pareil?
Conformisme venimeux, ne trouvez-vous pas?
Franchement, faites-vous TOUT ce que fait votre voisin? Mangez-vous les mêmes choses, allez-vous à la toilette à la même heure, regardez-vous les mêmes films, baisez-vous la même femme?
Non. Alors pourquoi faire pareil sur ce point-là?

De même, vous aurez envie de me dire que personne n'est tout blanc ou tout noir, qu'on ne peut être 100% gentil, etc. Certes. Je peux même le confirmer.
Mais pourquoi ne pas essayer de tendre vers ce tout blanc ou ce 100%? Tout au long de notre vie, nous évoluons. Alors pourquoi s'arrêter là où nous sommes alors que nous avons la possibilité de changer?
Il y a des choses qui sont plus fortes que nous. Elles peuvent être trop abstraites pour être ciblées, on peut ne jamais réussir à les contrôler, elles peuvent être inconscientes, etc.
Mais la moquerie, justement, est la chose la plus distincte du monde.
Vous savez que c'est mal; c'est dans la définition.
De même, médire sur quelqu'un sans que celle-ci ne l'entende est tout aussi mauvais. On s'habitue à dire du mal et finalement, on ne voit plus le soucis dans le fait de faire de ce mal une vérité.
Et croyez-moi, la personne concernée sera au courant.
Et oui, c'est mal.
Un exemple concret? J'ai une amie qu'on appellera Elena, qui a eu le malheur d'être gothique dans un collège hautement catholique et mal élevé. Deux-cent élèves chaque jour se moquaient d'elle, l'appelaient Satan et la traitaient de salope.
Ils ont fait comme vous: ils s'exprimaient, ils donnaient leur avis.
Elena a commencé à faire une dépression qui s'est mué en un trouble du comportement borderline. A présent elle n'arrive plus à sourire et elle me dit au'elle n'y tient plus.
Elle va se tuer peut-être dans l'année.
Et ce sera un meurtre, mes enfants.
Un meurtre est causé lorsque quelqu'un donne la mort à un autre. Ces ados seront tout à fait responsables de sa mort et ce sera un meurtre. Pas de couteau, juste des mots.
Mais qu'ont fait ces gosses? Ils se sont moqué, ils ont médit, ils se sont fermés à la différence d'apparence, de goûts et d'opinion religieuse, ils ont plaidé la liberté d'expression et ils ont fait ce que fait la grande majorité de notre société.

Non, vous ne serez pas 200 sur une seule et même personne. Non, vous ne lui direz peut-être pas en face.
Seulement, une seul et unique cigarette ne donne pas le cancer; mais est-ce que cela lui enlève le pétrole, l'arsenic, l'insecticide?
En d'autres termes, est-ce que, parce que tu es seul à faire le mal, tu le fais moins pour autant?
Vous allez insulter ou médire et vous allez apprendre à vos interlocuteurs qu'il est normal de rabaisser. Vous allez critiquer des filles en short sur votre blog et vous allez faire savoir à vos lecteurs que traiter une fille de pouffe est légitime. Vous allez apprendre à vos enfants que se moquer fait partie de l'apprentissage car vous le ferez devant eux.
Et lorsque vos enfants se retrouveront à l'école, avec les enfants de vos lecteurs et les enfants de tous vos interlocuteurs, et qu'un autre enfant deviendra gothique, ils n'hésiteront pas.
J'espère que vous comprenez. Personnellement, à 17 ans, j'ai compris.

Il faut arrêter de penser que vous n'êtes rien, que vous n'êtes qu'une fourmi dans un désert, que vos actes n'ont aucune importance. Il en ont énormément.
Je ne suis ni Mère Thérésa, ni le Messie, ni un gourou; je n'essaie pas de vous ramener vers le droit chemin.
J'essaie de vous faire comprendre ce qui est évident: quelque chose de mauvais n'a jamais été bon à prendre.

La différence est une richesse. Combien de personne ont tourné le dos à des pratiques sexuelles différente des leurs sans chercher à se renseigner, à poser des questions, à apprendre? Combien de personnes ont qualifié des cheveux verts de bizarre alors que ce n'est, véridiquement, qu'une teinture? Combien de personne ont singé les goûts musicaux d'un ami parce que ceux-ci étaient vieillots, kitsh, ou juste différent des siens, et ce sans même chercher à écouter cette musique?
Est-ce vraiment un monde dans lequel vous voulez vivre?

Vous voulez que les guerres s'arrêtent? Alors posez-vous la question: qu'est-ce que la guerre? De la violence.
Et pour arrêter la violence, il va falloir l'arrêter aussi dans votre vie.


Je m'appelle Anaïs, je vais avoir 18 ans en novembre, et j'essaie de ramener de la liberté dans notre monde.
Serez-vous avec moi?

jeudi 15 août 2013

La chirurgie esthétique, cette fille de Satan

Hop, petit florilège de répliques, pour se mettre dans le bain.

"Putain elle est totalement refaite."

"Ouais, ouais, elle est pas mal. Mais t'as vu ses seins comme ils sont refaits?"

"C'est vraiment se gâcher."

"On est tellement plus joli au naturel!"

Et blah. Et blah. Et blah.

Tu remarquera que t'entendras jamais un "mais ça peut être dangereux, non?" parce que c'est bien connu, on a un peu tendance à s'en foutre, de la santé de ceux qui nous entourent. Seule la façon la plus rapide et efficace de les rabaisser compte. (Je suis blasée tavu.)

On va dire que pour ce sujet, je partage le même avis que Dita: c'est une forme de makeup. C'est permanent, ça coûte cher, ça peut rater (mais qu'est-ce qui n'a aucune chance de rater dans la vie?), mais ce n'est rien d'autre que du maquillage.
Déjà, ce n'est pas parce que tu te fais opérer que t'es une complexée de la vie qui aurait mieux fait de faire une bonne thérapie. Tu ne te maquilles pas forcément parce que tu complexes (on me l'a déjà sorti), comme tu ne te fais pas forcément opérer parce que tu complexes.

"I don't understand the taboo. If you want to change something about yourself, whether it is your hair color, your makeup, or your nose, I support you. If you do not, then I support you in that. I urge you to do exactly what you want to do to make yourself feel beautiful. And I'm not talking about beauty according to magazine standards or Hollywood standards, but your standards. Cosmetic surgery is a form -albeit a dramatic one- of makeup."
Ces femmes opérées pour ressembler à des "Barbies" (pour raccourcir le plus possible la description) étaient-elles complexées? Pas forcément. Ce qu'elles sont devenues correspond à leur idéal de beauté, sans plus. Et en attendant, elles se portent très bien.

Personnellement, je compte me faire une augmentation mammaire.
Pourquoi?
Parce que je fais un 85B et que cela ne correspond pas à mon idéal, à l'image que je veux renvoyer.
Est-ce que pour autant je n'aime pas mes seins?
Non. Ils sont mignons, remplissent la main, et sont bien ronds.
Alors à quoi bon?
Tout simplement parce que cette opération est faisable, souvent pratiquée, et que si j'ai l'occasion d'améliorer mon corps...pourquoi me priver?
Mais c'est dangereux!
Le principe de la chose n'est pas d'être dangereux. Fumer, c'est dangereux. Ne pas attacher sa ceinture au volant, c'est dangereux. Mais de la chirurgie esthétique...non. Après, oui, il y a des risques. Mais sinon, je peux aussi me faire renverser par une voiture en traversant la rue.

Ce que je tiens donc à dénoncer ici, c'est cette diabolisation de la chirurgie esthétique. Non, ce n'est pas naturel..
Mais d'où vient cet amour du naturel? L'autre jour, quelqu'un m'a sorti "Mais, tu as 17 ans et tu t'habilles et te maquilles comme une femme de 25 ans! Tu ne veux pas être naturelle comme Capucine?"
Capucine aka "j'ai 13 ans, je ne me maquille pas et je ne porte que des jeans et des sweats".
Non, en fait, j'y tiens pas trop. Non, en effet, je ne suis pas née avec des cheveux noirs ni avec les lèvres écarlates, mais si tu voulais être naturel, tu arrêterais de t'habiller, de bâtir des maisons et tu brouterais de l'herbe à longueur de journée.
Non, décidément, je ne comprends pas cet amour du naturel.

Finalement, je me demande parfois si ce dédain de la chirurgie ne serait pas encore un soucis de confiance en soi. Quand j'entends une femme dire "ben oui, ils sont ronds, mais elle est refaite, hein, ça se voit!" j'entends surtout "oui les miens sont moins bien mais elle c'est du faux j'suis mieux hein dis j'suis mieux?"

En fait je ne comprends pas ce besoin de toujours souligner les défauts des autres. Mais ça, c'est une autre histoire.

Oui, elle a fait une augmentation mammaire. Mais ces seins sont toujours ses seins. Oui, elle s'est fait refaire le nez. Mais ce nez est à présent le sien. Oui, elle a changé tout son corps pour ressembler à quelque chose dont elle est fan. Mais ce corps est son corps, et il n'y aura jamais aucune raison de dire de quelqu'un qu'il se gâche.
Quelle est la logique dans le fait de dire "elle était mieux avant"? Je veux dire...pourquoi? Son corps produisait-il des paillettes par le cul? J'en doute fort. Alors si ce corps gagnait, à ses yeux, à être amélioré, pourquoi vouloir à tout pris cracher sur ce choix?

Après, tu vas peut-être te demander si on ne deviendrait pas tous des clones si tout le monde se mettait à faire de la chirurgie.
Déjà, je trouve absurde de dire des choses commençant par "si tout le monde faisait...", car j'ai remarqué que dans notre société, quand tout le monde fait la même chose, ça veut dire qu'il n'y a aucun problème.
Ensuite, ce serait penser que nous avons tous la même façon de penser, de voir les choses, les mêmes goûts, les mêmes envies, etc. Ce qui est totalement faux.
Rien que pour les seins: je veux un C, une autre voudra un F, une autre voudra passer d'un E à un B, etc...
Et c'est pareil pour chaque chose! Pourquoi voudrait-on forcément les mêmes choses que le voisin?
Et je ne parle même pas de ceux qui ne seront jamais attirés par la chirurgie.
Donc je pense que le problème n'a pas vraiment lieu d'être.

Il y a une question que je vois venir à des kilomètres.
Decay...tu prônes l'acceptation de soi, et en même temps la chirurgie esthétique? T'es illogique, ma pauvre fille!
Je vais t'apprendre un truc.
Il y a une différence entre faire de la chirurgie esthétique à cause d'un complexe, et le faire en toute neutralité, par besoin d'amélioration, tout en s'aimant déjà auparavant.
Quelle est cette différence?
Lorsque tu es dans l'optique de te détester, de laisser tes complexes là où ils sont, et lorsque tu n'as pas appris à aimer ton corps, tu n'y arriveras pas non plus une fois que ton corps sera modifié. Tout ce que tu feras, ce sera de chercher de nouveaux complexes. Ça ne s'arrêtera pas.
Lorsque tu es habituée à aimer chaque facette de toi jour après jour, une opération ne change rien à la donne. Tu t'aimeras toujours.
Mon blog ne parle pas de rester toute votre vie avec votre corps; il parle de l'aimer.

C'est pour cela que je supporte la chirurgie esthétique: c'est une forme de corps comme une autre; une forme de différence. Cracher sur une femme refaite est de la discrimination, que la femme ait choisi son opération ou non.

dimanche 11 août 2013

Signé Mercutio


Mais en fait, tu gênes les gens. Je m'explique : quand tu prônes la tolérance, tout le monde t'aime : ils n'ont pas à se remettre en question : après tout, tu ne parles pas d'eux, mais de ce qu'il est bon d'être!
Mais quand tu dénonces des choses, les gens sont gênés. Pourquoi ? Tout simplement car, même s'ils prônent la tolérance, les gens ne sont pas tolérants. Donc quand tu leur balance à la tête tous leurs vices, ça les énerve.

Je n'ai pas prôné plus de trucs que d'habitude, j'ai juste dénoncé ce qui causait le soucis...

Oui, et le soucis, tous tes lecteurs l'ont. Pourquoi ? Car l'humain est un porc. Moi, mon voisin, Tybald, tout le monde est un porc à sa manière. Alors quand quelqu'un essaie de ne plus en être un... quand quelqu'un montre ce qui ne va pas...

Je ne veux pas que les gens me voient comme une immature complètement réac'... Je trouve ça tellement déplacé par rapport à tout ce que j'essaie de faire...

Oui, mais l'argument immature, c'est justement car tu es plus mature mais plus jeune. Et réac', les gens en France en ont peur. Les bons gens de la droite ont peur du changement. Après tout, le changement a mis Hollande au pouvoir. Alors qu'avec Sarko on aurait eu une bonne dictature esclavagiste qui aurait donné encore plus d'argent aux bons gens de la droite. En même temps, un mec pas trop con a un jour dit: "la France est fondamentalement un pays de droite". Comprendre: "l'argent passe avant tout".

Et toi? Tu crois que ce que je fais est bien ?

Oui, je crois. Je pense que c'est bien, et noble. Même si un jour ça ne doit plus rien t'apporter, ça restera bien et noble.

Pourquoi ?

Parce que c'est bien, pardi.

Mais parfois, je me demande si je ne devrais pas me ranger avec les autres, tu vois. Est-ce que je n'essaie pas d'entraver leur liberté?

Tu n'entraves pas leur liberté ! Tu n'entraves rien, si ce n'est la pensée de ceux qui pensent mal. Ne te range pas avec ceux qui ont tort. 

Je suis devenue too much. Les gens doivent me voir comme une grosse hippie complètement folle qui pense qu'elle peut changer le monde. Quelle prétentieuse.

Je ne pense pas, non. Dis ce que tu penses. A défaut de pouvoir changer le monde, change les gens qui veulent changer.

Je ne veux pas évoluer dans ce monde. Je ne veux pas que Carmen évolue dans ce monde. J'aimerais que ça aille mieux pour quand il aura fait son opération.

Si tu ne peux pas changer le monde, essaie de faire ta bulle pour évoluer dedans.

Et toi ? Tu feras comment ? Quand tu te seras teint les cheveux en vert et quand tu porteras des boucles d'oreille comme tu voulais ? Quand les gens t'insulteront et te jetteront des cailloux ET QUE TOUT LE MONDE TROUVERA CA NORMAL PARCE QU'APRES TOUT ON NE PEUT PAS ÊTRE A 100% GENTIL??

Je leur montrerai ce que ça coûte d'être un con. Si ma vue leur empoisonne la vie comme leur stupidité empoisonnera la mienne, alors je resterai avec eux toute leur existence.

Est-ce que je dois continuer ? Le blog, tout ça ?

Evidemment que oui.



Crédit photos: Source et p'is autre source

vendredi 9 août 2013

Le septième péché satanique

Alors...pourquoi ce titre, me demanderez-vous.
Selon les sites nous apprenant que le satanisme est un ensemble de magie blanche, noire et de péchés, avec des petites torches tourbillonnantes dans le coin de l'écran et un fond rouge sur fond bleu marine (j'ai pas du tout la même vision de ce courant, mais bon, qui suis-je), le septième péché satanique se trouve être l'oubli du passé.
Et question d'oubli du passé, nous sommes décidément TRÈS FORTS!

N'avez-vous jamais remarqué cette tendance à toujours faire attention à la personne que nous serons plus tard? A toujours penser à d'éventuels regrets? Et surtout à ne jamais vouloir garder de rapport avec celle que nous étions avant?
Qui parmi nous relit son journal intime d'ado sans se moquer à toutes les pages?
Qui n'a jamais dit "oui mais bon ça c'était avant, j'ai changé"?
Qui n'a jamais laissé échapper la fameuse phrase "j'étais jeune et con"?

J'ai souvent l'impression que les gens préfèrent séparer distinctement chaque période de leur vie. L'enfance est l'enfance, l'adolescence est l'adolescence, l'âge adulte est l'âge adulte et la retraite n'appartient qu'à la retraite.

J'ai parfois le sentiment que beaucoup de gens ne vivent qu'à moitié de peur de décevoir celui qu'il seront plus tard. Regardons par exemple la question du tatouage.
"Quand tu seras vieux avec la peau ridée, ce sera moche."
"Ca vieillit mal, un tatouage."
"Et si dans cinq ans, tu n'as plus les mêmes goûts?"
J'ai énormément de mal à comprendre ce type de raisonnement. Personnellement, qu'est-ce que je m'en branle, de l'avis de celle que je serai plus tard? Si elle change de goûts, pourquoi devrais-je m'en formaliser maintenant?
Quelle est cette mode de toujours avoir peur d'un éventuel changement qui ne viendra peut-être jamais? D'une peau fripée qui ne recouvrira peut-être jamais notre corps? D'une vieillesse qu'un bus nous empêchera peut-être d'atteindre?

Je n'ai pas envie de vivre plus tard sans aucune trace de celle que j'étais avant. Si j'ai un tatouage avec des violettes sous les seins, qu'est-ce que cela signifiera? Qu'à dix-sept ans, j'étais en deuil de mon chat mort (les roses sont rouges, les Violettes sont crevées, remember). Si après, à 25 ans, je me fous de l'état de mes animaux, franchement, je la merde, la Moi de 25 ans.
Si la Moi de 25 ans est incapable de cohabiter avec des éléments de la Moi de 17 ans, elle sera devenue bien conne.

En fait, j'ai vraiment le sentiment que vivre sans cesse en pensant à l'éventualité que peut-être plus tard mais on est pas sûr son Soi Futur qui pourrait ne jamais exister pourrait sans doute peut-être ne pas avoir les mêmes goûts que nous, c'est vivre à moitié.
Je ne comprends pas non plus pourquoi on ne pourrait pas garder la trace de nos goûts d'avant, que ce soit gravé sur la peau ou ailleurs.
Pourquoi ne pas faire ce dont on a envie sur le moment, et de voir plus tard? Rien n'est totalement irréversible, je pense.
Et si ça l'est, une question de goût est-elle réellement si dramatique?


mardi 6 août 2013

L'insulte n'est pas un avis

Ceci est un article duquel j'avais eu l'idée il y a de cela plusieurs mois, et je vais donc éviter de retarder son écriture.

En fait, cet article paraîtra peut-être fermé, intolérant, mais je pense qu'il faut que je le dise.

Je trouve que dans la société dans laquelle nous sommes, nous nous retranchons trop souvent derrière le "chacun son avis". Je pense que dans certains cas, cette phrase peut parfaitement s'appliquer, mais pas dans d'autres.
Comme par exemple lorsque l'on dénigre une personne ou un groupe de personne sous prétexte de donner son avis.
Honnêtement, entendre "l'homosexualité n'est pas naturelle, mais c'est mon avis", ça ne vous choque pas?
Ou encore "Bah oui, elle t'a dit qu'avec tes piercings, tu ressemblais à un monstre, mais écoute, elle donnait juste son avis".
Ou bien "Bah écoute ouais je m'en branle que des animaux soient tués pour moi! Ça me fait plaisir alors j'en mange! Tu sais, chacun son avis!"

Personnellement, moi, cela me choque.
Je pense que de temps en temps, il faut arrêter de penser que tout est une question de subjectivité, d'avis, d'opinions.
Je pense qu'il faut arrêter d'insulter.
Avoir ton avis ne te donnera jamais le droit d'insulter ou de rabaisser des êtres vivants en toute légitimité.

L'homosexualité, étant donné qu'elle existe, est un fait tout à fait naturel. Ce n'est pas subjectif, c'est théorique. Et tu ne pourras jamais insulter une personne homosexuelle, parfois devant elle, juste sous prétexte qu'un jour, quelqu'un aurait avancé l'idée de la liberté d'expression.

Non, tu n'auras jamais le droit de traiter de monstre une personne que tu vois passer dans la rue. Cette personne seule à le droit de décider de ce qu'elle fait de son corps tant que cela ne lui porte pas atteinte. C'est comme ça. Si l'envie de prend de l'insulter, te moquer de cette personne et de la rabaisser alors que tu ne la connais pas, t'as pas un avis. T'es un bouffon.

Si le fait que des êtres vivants soient séquestrés, torturés, tués pour ton hypothétique plaisir ne te gêne pas outre mesure et que tu avances le fait d'avoir ton propre avis, tu te plantes. Aucun être au monde ne mérite de SUBIR ton avis. Égoïste, va.



Bref, tu m'auras comprise. Je commence à en avoir assez, d'entendre des "chacun son avis", "arrête de vouloir avoir raison", "accepte la vision des autres", etc, lorsqu'il s'agit d'autres êtres vivants.
Je trouve dégueulasse de penser que notre liberté d'expression est à ce point importante et qu'ainsi on ait le droit d'INSULTER de façon impunie.
Je suis fatiguée qu'on me réponde "chacun son opinion" lorsque j'avance le fait que ton steak était une vache, avant.
Non, pas "chacun son opinion". C'était une vache, point. Y a pas de "oui mais dans mon monde à moi la viande c'est pas des vrais animaux".
Parfois, cette volonté d'avoir un avis à tout prix devient ridicule et rend les gens ridicules.

Cette femme s'en prend plein la gueule depuis plusieurs mois sur Internet parce que les gens sont
persuadés que donner leur avis est la chose la plus importante au monde, peu importe que cela la blesse ou non.