lundi 17 juin 2013

La fille et la femme

J'avais commencé à aborder le sujet dans un article récent, et j'ai désormais envie de l'approfondir un peu plus, dans une meilleure découverte de moi-même dans la joie et la bonne humeur.
La joie et la bonne humeur, c'est promis.

Je voudrais dire, avant toute chose, que cet article n'est qu'une réflexion envers moi-même. Ma vision de la femme ne concerne que moi, et je refuse de remettre en doute celle des autres. Nous avons chacune notre propre vision du fait "d'être une femme", et je pense que chaque vision sied à la personne qui la détient.


Du haut de mes 17 ans, le monde me considère comme une fille, et ainsi je fais de même. Notre majorité recule au yeux des gens et ainsi, à 25 ans, tu es toujours considéré comme un ado.
Et ainsi, du haut de mes 17 ans, je me sens honteuse de penser parfois que ça y est, je serai bientôt une adulte. Parce qu'au yeux des gens, il est tout à fait ridicule de se considérer comme adulte lorsque l'on est même pas légalement majeur. Et même après cette ligne d'arrivée franchie, notre statut social ne varie pas.

Mais le soucis, c'est que je n'aime pas le statut d'adolescent. Je n'aime pas les étiquettes qu'on lui colle, les moqueries, les mensonges qu'on lui attribue. Je n'aime pas cette image négligée et bordélique, je n'aime pas qu'on me rappelle que je grandirai et que je changerai. Je n'aime pas qu'on me dise cela parce que c'est arrivé à quelqu'un. Chaque personne est elle et je suis moi; pourquoi changerais-je parce que les autres ont changé? Et peut-être d'autres ados ont dit la même chose que ce que je vous dit maintenant. Et peut-être ont-ils changé.
Mise en abîme.


J'aimerais être un "produit fini", en fait. Qu'on arrête de me penser "en pleine construction" parce que je suis ado. J'aime les cheveux colorés, les tatouages, les robes colorées et les fleurs. C'est comme ça. Il n'y a pas de raison que ça change. Ça PEUT changer, mais pour le moment, il n'y a pas de raison qui pourrait le laisser penser. J'aimerais que lorsque je dis que je ne me place pas dans un genre sexuel défini, tout simplement parce que je m'en fous, on ne me réponde pas par "ah oui, tu te cherches, c'est de ton âge".
Non. En fait, je m'en fous vraiment.
J'aimerais que lorsque je donne un avis sur quelque chose, que ce soit sur le topless, sur les moqueries, sur l'éducation ou l'enseignement que je trouve pas toujours génial, qu'on ne me dise pas que je remets tout en question, que c'est de mon âge.


J'ai l'impression que tant que je donnerai une image d'ado, on ne me considérera pas comme une personne à part entière. Je serai un brouillon, un cliché, un chewing-gum sous la chaussure.

Et souvent, j'ai envie de passer du statut de fille à celui de femme. A quelque chose de beau et d'adulte. Quelque chose de glamour et de respecté. Je ne le veux pas juste pour les autres. Je le veux parce qu'aspirer à un genre de femme belle, apprêtée, est quelque chose qui m'a toujours procuré beaucoup d'admiration.
J'ai envie de prendre le temps de bien me maquiller d'apprendre à faire des coiffures sophistiquées, de choisir mes robes avec attention, de ne jamais oublier ma paire de bas (j'aime tellement les bas), et de toujours faire preuve d'une féminité exacerbée: MA féminité.


J'ai réellement envie de prendre soin de moi et de devenir une personne qui séduirait par sa simple vue. J'ai soif de compliments et d’œillades envieuses.
Parfois, j'angoisse et je me dis que ce sera un apprentissage, et donc que ce ne sera pas vraiment moi.
Et une autre partie de ma personne me rappelle que durant des mois et des mois, j'ai été insatisfaite du côté si peu esthétique de ma vie, de ce désordre, de ce manque de classe, de ce manque de glamour.
Et parfois, je me demande si ça ne dort pas en moi. Enfiler langoureusement une paire de bas procure en moi une joie extrême; appliquer du maquillage sur mes lèvres et une mouche d'eye liner sur ma joue m'amuse exagérément.
J'ai envie de devenir cette femme si accessible et si lointaine à la fois. J'ai envie de me sentir épanouie.
J'ai envie de devenir ce que je veux tant être.


(Toutes les illustrations de cet article sont de Konstantin Razumov.)

lundi 10 juin 2013

Est-ce une bonne idée, de suivre ses rêves?

J'espère que je ne paraîtrai pas trop ridicule en rédigeant cet article.

Je l'ai laissé sous-entendre plusieurs fois sur le blog: le burlesque m'intéresse fortement. Très fortement.
J'avais laissé tomber l'idée, et je me disais que plus tard, peut-être, je prendrais un ou deux cours.

Et récemment, j'ai repensé à cet univers, et je me suis dit "si tu ne fais rien pour devenir ce que tu as envie d'être, tu finiras à 50 ans complètement aigrie, à cracher sur tous ceux qui auront réussi à ta place". Alors j'ai cherché des astuces sur Internet. J'ai commencé à enchaîner les vidéos de show burlesque, à lire des interviews de performeuses, à regarder des reportages, à chercher des cours de burlesque à Bruxelles (dès mes 18 ans, je préviens, je saute à pieds joints dedans), à faire des exercices d'étirements, à danser dans ma chambre pour refaire connaissance avec un corps en mouvement et à coudre avec plus d'ardeur afin de m'améliorer le plus vite possible.

Sucre d'Orge
J'ai découvert des femmes et des hommes aux avis variés. Scarlett James qui ne veut plus voir des femmes se forcer à se comporter comme des hommes pour avoir leur place, Lada Redstar affirmant que la féminité doit être étudiée et ne peut pas être naturelle (j'aurais bien remplacé le mot "féminité" par "glamour", parce que la féminité est tellement subjective), une autre dont j'ai malheureusement oublié le nom qui n'aimait pas entendre parler d'acceptation du corps, parce que le corps n'est pas une tare et doit être célébré, et non accepté (tellement vrai...), etc etc.

Scarlett James
Tellement inspirée par toutes ces images de femmes ultra-lookées et fabuleuses qui me tournaient dans la tête, j'ai commencé à faire plus attention à mon look, à arrêter de me négliger, et depuis quelques jours, je commence à me sentir mieux dans mon corps (j'avais eu une bonne baisse de régime, ces derniers temps). J'étais (et peut-être le suis-je encore) persuadée que je pourrais enfin atteindre l'image de la femme glamour à laquelle j'aspirais tant.
Et ce matin...
"Tu ne peux pas devenir danseuse burlesque. Tu n'as pas le tempérament, ça ne te va pas. Tu n'en as ni les capacités physiques ni les capacités mentales."
Ma mamie, donc.
Lada Redstar
 Je me suis rappelée que j'étais toujours, aux yeux de beaucoup de gens, et spécialement de ma famille, la gamine introvertie, sans aucun charisme ni charme, que j'avais toujours été.
C'est une image qui me colle à la peau, et parfois, je me demande s'ils ne sont pas tous plus lucides que moi.
J'ai toujours cette peur sourde de m'entraîner encore et encore et de me retrouver à ce cours de burlesque...sans oser me déshabiller. Et de me rendre compte qu'en effet, ce n'est pas fait pour moi.
Pourtant, j'ai une envie folle de ça.
De pouvoir sublimer mon corps, de le montrer au public et de faire quelque chose de magnifique avec.
De faire un doigt d'honneur à cette honte constante de montrer son corps.
De faire un pieds de nez aux ennemis de l'exhibitionnisme.
De créer des numéros de la musique à la petite culotte.
De me réveiller le matin et de me dire "tu es définitivement celle que tu as voulu être. Tu voulais vivre dans le glamour, tu l'as fait. Amuse-toi bien."

Dirty Martini
Et encore une fois, Anaïs du Passé m'emmerde. J'ai presque envie de m'auto-foutre un coup de pied au cul en beuglant "tu pouvais pas t'extravertir plus tôt, que les autres aient une autre idée de toi?" mais c'est cruel envers Mini-moi qui devait déjà gérer pas mal de trucs.
En fait, si je dois en vouloir à quelqu'un, ce serait à toutes ces personnes persuadées que personne ne change ni ne grandit jamais. Persuadées que si une personne ne correspond pas à leur idée de tel ou tel métier, il n'a aucune chance.
Je devrais les blâmer mais je n'y arrive pas.
Je suis fatiguée de penser que ma famille, c'est-à-dire les personnes que je côtoie si souvent et qui devraient être fiers de moi, sont tout bonnement incapables d'émettre le moindre encouragement en ma faveur.
Je suis fatiguée de devoir toujours prouver, démontrer, me battre. Ai-je à faire ça?
Pour prouver aux personnes qui devraient être les plus proches de moi que je ne suis pas la petite merde insignifiante qu'ils ont toujours eu l'impression de voir?
Pourquoi dois-je me sentir fautive d'avoir des rêves? Des rêves autres que d'avoir des enfants et de réussir mes études.
J'aimerais avoir des rêves sans devoir les garder pour moi, ou les avouer à demi-mot comme si j'étais fautive. Je ne sais pas danser, je ne sais pas chanter, je ne sais pas bouger mon corps, je ne suis pas souple, je couds à peine, et je veux devenir danseuse burlesque.
Je pars de rien pour bâtir des montagnes, et je dois le faire seule.
J'ai été conçue, je suis née, et maintenant, je dois me débrouiller.

Julietta La Doll
Et je sais que lorsque j'aurai réussi, lorsque je serai devenue la femme que je veux être, lorsque je resplendirai, il n'y aura personne pour me dire qu'ils avaient tort. Lorsque je serai devenue performeuse, je serai juste devenue la strip-teaseuse de la famille, au mieux; la prostituée, au pire.

Je m'en suis plainte auprès de Mercutio. Je lui ai expliqué que je me sentais horriblement peu soutenue, que je me sentais seule, et que j'avais l'impression qu'il n'y avait que lui pour croire en moi.
Il m'a parlé de vous, et m'a dit de vous poser la question.
Est-ce une bonne idée, de croire en ses rêves?


[A fait la Une Hellocoton le 11 juin 2013]


dimanche 9 juin 2013

L'égale de l'homme, ou l'identique au mâle?

Je trouve que le féminisme est un sujet de discussion vraiment intéressant. On en a tous une vision plus ou moins différente de celle de notre voisin. Du coup, j'aime bien partager la mienne.

Et il a quelque chose qui m'a toujours dérangée dans l'avis de certaines personnes (beaucoup de choses me dérangent, tu le sais, tu me connais).  Je pense que cela peut partir de la même idée que ceux qui beuglent qu'une femme topless n'aidera pas le progrès des féministes.
Ce que cette phrase veut dire, et c'est ce qui est le plus grave dans l'histoire, c'est que, pour être l'égale de l'homme, la femme doit cacher le fait qu'elle est une femme.
Logique indiscutable, tu me diras.
Sauf qu'en réfléchissant ainsi, oui, la femme, en tant que personne qui imite l'homme, deviendra l'égale de l'homme. Forcément! Mais pas en tant que femme. Donc ton combat, tu l'as pas gagné du tout.
La femme, pour devenir l'égale de l'homme, se doit de se séparer définitivement de la femme d'antan, la femme au foyer, la femme sans ambition.
Parce que maintenant, si tu veux devenir l'égale de Monsieur, tu te dois de faire des tas de choses dans ta vie, de montrer que t'es trop balèze, et si ton ambition dans la vie est de te marier, d'avoir des enfants, de rester à la maison, de prendre le nom de ton époux SANS MÊME AVOIR LA DÉCENCE D'Y JUXTAPOSER LE TIENS, beh t'es une petite soumise décérébrée, tu n'aides pas le progrès, et enlève-moi ces talons de 12 espèce de sale petite victime du patriarcat.
En gros.

Pour être l'égale de l'homme, une femme devrait pouvoir choisir entre le foyer et le travail, entre la jupe et le pantalon (oui oui, on m'a déjà fait la remarque selon laquelle je faisons honte à ces grandes dames qui s'étaient battues pour que je porte un pantalon. Vais-je donc devoir faire le même combat en sens inverse pour pouvoir porter une robe en public?), entre le maquillage et le naturel, entre les cheveux courts et les cheveux longs, entre la plomberie et le show burlesque, et ce sans que l'une ou l'autre soit vue comme un être inférieur.

"L'effeuillage, le burlesque, ça ne fait pas de nous des femmes moins fortes! Ça redonne à la femme son pouvoir de femme. On a le droit de vote, maintenant, on a le droit de prendre la pilule, c'est un droit acquis, on l'enlèvera pas, donc on a plus besoin, en tant que femmes, de se comporter comme des hommes pour prouver qu'on est égales. Je ne veux plus voir des femmes devoir se comporter en hommes pour réussir dans la vie, je trouve ça complètement ridicule. Parce qu'à la fin de la journée, ça reste une femme. Autant se comporter en femmes."

Scarlett James, elle est belle, elle est grande, et elle dit des trucs pas con.

Et le porte-jarretelle de Scarlett ne la rend pas inférieure à James

Le féminisme, c'est laisser aux femmes le choix d'être qui elles veulent, de la façon qu'elles veulent, en ressemblant à ce qu'elles veulent. Moi non plus, je n'ai plus envie de voir une femme se forcer à mettre un pantalon pour se rendre au boulot, se forcer à ne jamais se montrer séductrice alors qu'elle en a envie, etc etc.

Oui, parce que la séduction est elle aussi devenue une honte. Avec tous les viols, plus personne n'a le droit de se forger une réputation de femme qui aime séduire juste pour la joie de voir que l'on plait.
Parce que si elle se fait violer, le monde dira qu'elle n'avait aucune excuse, et elle le sait.
Personnellement, j'aime séduire. J'aime bien qu'on se retourne vers moi, et j'aime recevoir des compliments sur mon physique ("eh gazelle" n'est pas un compliment, il n'y a ni sujet ni verbe ni complément tu sais rien faire avec ça, ON EST D'ACCORD), et pourtant, je refuse que l'on me touche ou que l'on me prenne comme acquise juste parce que je me suis faite belle en me levant ce matin.
Ce n'est pas parce que je me veux séductrice que j'accepte que l'on me manque de respect.
Je n'accepte pas qu'on m'insulte, qu'on parle dans mon dos, qu'on me touche les fesses, ou que l'on me prenne par derrière dans un coin sombre.
Je ne cherche rien, et je m'étonne de tout. Capito?

Je commence à en avoir marre que se comporter comme "la femme d'antan" (je rajoute "d'antan" pour ne pas juste dire "la femme", parce qu'une femme reste une femme tant qu'elle se considère comme telle et quoi qu'elle fasse) soit devenu une honte, quelque chose de mal vu, de piétiné, que ce soit par des hommes ou d'autres femmes. C'est fatiguant. 
Pour que la femme soit l'égale de l'homme, elle devrait être considérée comme son égale quel que soit son degré de féminité et quelle que soit sa notion de la féminité. 

C'est tout ce que j'avais à dire.
Merci de m'avoir lue.


[A fait la Une Hellocoton le 10 juin 2013]


samedi 8 juin 2013

Imagine Dumbledore sous la douche (comme ça, c'est fait).

Petit avant-propos avant de commencer: J'espère que cet article ne donnera pas d'impression "tout le monde aime alors c'est nul". Oui, l'effet de masse m'a inspiré cet article, parce qu'il me choque, mais si je ne le comprends pas, c'est bien parce que j'ai lu toute la saga d'Harry Potter, que je me suis fait un avis et que je ne comprends pas l'engouement. Et c'est ce que je vais tenter d'expliquer aujourd'hui:

Pourquoi je ne comprends pas l'amour mondial pour la saga de Rowling.
En plusieurs points.

Par contre, il risque d'y avoir du spoiler. J'essaierai de prévenir, mais ma notion du spoil est parfois relative, et je suis désolée si je te gâche un suspense par mégarde.

1) C'est (plutôt) mal écrit.
Boom, je te le balance comme ça, pour commencer, brut de décoffrage.
Parce que voilà, je ne trouve pas qu'Harry Potter soit écrit bien différemment que les autres livres jeunesses que je trouve en rayon aujourd'hui. Le style est simpliste, le vocabulaire peu recherché, et parfois, ça heurte un peu le cerveau.
Si elle avait été acceptée directement dans une maison d'édition, je n'aurais pas compris. Et elle a essuyé près de 15 refus. Et je n'arrive même pas à être étonnée.
Mais ce dernier point prouve une once de mauvaise foi en moi, car j'admire le courage et la persévérance de cette femme.

Par contre, ne venez pas me dire "c'est la faute au traducteur", parce que j'ai du mal à y croire. C'est quand même drôle de voir que les traducteurs pourris vont toujours vers le même type de livres, hein? Faudrait peut-être, une fois, se poser la bonne question.

2) "Ouaiiiis, c'est vraiii, mais elle a une imagination extraordinaire!"
Non.
Je ne vais pas te sortir un truc pré-mâché, genre la nana qui adore critiquer sans créer. Parce que j'écris depuis quelques années, et j'ai du coup appris quel type d'histoire était le plus facile à créer.
*Les univers sans aucune limite: La majeure difficulté, quand on écrit du fantastique, c'est le minimum de limites terrestres. Non, je ne peux pas faire traverser les murs à mon personnage parce qu'elle en a pas le pouvoir. Non, je peux pas retourner dans le temps pour faire voir un souvenir à mon personnage, il va falloir que je trouve un autre moyen pour montrer le flash-back au lecteur, etc.
Mais Rowling, du haut de sa splendeur, crée toutes les formules magiques du monde, et hop, d'un coup de baguette en poil pubien de phénix, tu peux créer un cochon qui vole.
"Oh, non! Un arbre se dresse devant notre voiture invisible!
-Formuleenlatin! *woosh*
-Oh, fichtre, une citrouille anthropophage (non, déconne pas, tu verras pas ce mot dans Harry Potter, c'est trop long et ça sied pas au teint de Draco), sauvons-nous!
-Mais non, Harry! J'ai lu dans le livre n°1875 de la bibliothèque cornubilius de Poudlard -mais si, tu sais, celle où on peut pas aller- une formule pour tuer les citrouilles et comme je suis trop intelligente je l'ai apprise par coeur n'est-ce pas un merveilleux hasard?
-Oh, Hermione, que ferions-nous sans toi."
J'ai jamais vu un seul mec galérer dans Harry Potter. J'ai jamais senti que Rowling avait galéré en l'écrivant. Parce que tout est possible. Alors oui, l'imagination, quand elle n'est freinée par aucune barrière logique, peut faire des trucs pas mal.
*Les personnages clichés: Créer la personnalité d'une personne, ce n'est pas le plus facile. Du coup, tu as l'option "clichés", ou "personnages à l'unique trait de caractère voire deux mais qui sont synonymes".
Harry, courageux et intrépide; Hermione, intelligente et maligne; Ron, froussard et peureux; Luna Lovegood, étrange et bizarre; Draco, le torturé qui sait pas s'il faut être gentil ou méchant (QUELLE DURE QUESTION!), Dumbledore, sage et érudit; Minerva MacDonald (à peu de chose près, j'ai oublié son nom), austère et sévère; et bref tu m'as comprise.
Mais je l'avoue, Rogue a la classe, niveau quotient personnalité-passé-dualité.
[SPOILER QUAND MÊME]
[JE TE LA FAIS PLUS GRANDE POUR QUE TU LISES PAS DU COIN DE L'OEIL]
[...]
[...]
*Le méchant meurt à la fin: Sans déconner. Parce que lorsque c'est le gentil qui passe l'arme à gauche, la fin est directement plus difficile à trouver.
[...]
[...]
[CA Y EST TU PEUX REVENIR]

3) Les jumeaux Weasley
Rien que pour eux je fais un point.
Nous avons ici le plus gros fantasme de notre société: les jumeaux mystiques.
Et je pense qu'ils sont la cause de toutes ces personnes qui essaient de me persuader que je ressemble très fort à ma soeur même si je ne m'en rends pas compte.
Parce que les Weasley, il se ressemblent comme deux gouttes d'eau. Soit. Monozygote tout ça.
Et ils s'habillent pareillement. Même après 10 ans. Je veux dire "même après que les parents aient arrêté leur délire sociopathe".
Et ils s'entendent à merveille. Ont le même caractère et le même humour. Et disent les mêmes phrases. En même temps.
Les gars, ce n'est pas possible. Il faut arrêter. Des jumeaux pareils, c'est de la science-fiction. Les jumeaux n'ont en commun que leurs parents (Sauf Autolycos et Philammon mais ça reste de la mythologie, SOUVENEZ-VOUS EN parce que quelqu'un m'a déjà posé la question), leur date d'anniversaire et, éventuellement, leur apparence.
Ce ne sont pas la même personne. Et ne dites pas "Oh mon dieu vous êtes DEUX? GENRE IL EN EXISTE DEUX COMME TOI?" dès que ton pote t'avoue avoir un jumeau parce que tu vas juste passer pour un con.
Les jumeaux Weasley, pour moi, c'est juste un cliché supplémentaire. Et de mauvais goût.

4) Non, le succès n'est pas une preuve de talent.
Tu veux que je te cite l'exemple du mec qui dessine un point noir sur fond blanc et le vend trois millions? Nous y sommes.
J'ai la tenace impression que maintenant, le succès d'Harry Potter est dû à sa notoriété acquise antérieurement. Si personne ne te le conseillais, tu le lirais par hasard et n'y prêterais pas plus d'attention que ça.
J'ai d'ailleurs fait une observation ces derniers temps: sur les forums, lorsque des internautes donnent leurs goûts littéraires et qu'Harry Potter en fait partie, il est généralement suivi de ses potes Twilight, Hunger Games et Journal d'un Vampire. Parce que la personne est habituée à manger ce qu'on lui fourre en bouche, et n'ira pas découvrir autre chose. J'ai rarement croisé un "Je lis Harry Potter, je trouve ça génial, et puis j'adore Camus aussi".
Ou alors, c'est suivi d'un "mais Harry Potter, putain qu'est-ce que c'est mal écrit".

5) Ça traîne en longueur.
C'est l'un des souvenirs les plus tenaces qu'il me reste de cette saga. Il y a des tomes. Horriblement. Longs.
Par "long", je veux dire "ennuyeux".

Et je pense que c'est tout et c'est déjà pas mal.
Alors non, je ne dirai pas que ce livre est une daube finie, que les gens qui lisent cette saga n'ont aucun goût, que leur fanatisme est étrange et disproportionné, parce que merde, chacun ses goûts, et le fangirling, ça arrive à tout le monde et c'est la sensation la plus jouissive qui puisse exister.
Mais pourquoi TOUT LE MONDE?
Pourquoi est-ce que cette auteure est devenue plus riche que la reine d'Angleterre alors qu'elle n'écrit pas bien? Pourquoi est-ce qu'on la proclame reine du fantasy alors qu'elle a basculé dans la facilité?
Ça me fait le même effet que le jour où on m'a dit que Twilight était la plus grande histoire d'amour de tous les temps.
Alors oui, c'est une bonne histoire d'amour.
Alors oui, Harry Potter est une saga bien sympa.
Mais pas la meilleure. Et c'est ça qui me choque. Je trouve son succès disproportionné, même s'il a raison d'être là.
Je ne comprends pas non plus pourquoi j'entends à tous les coins de rue "mais enfin, TOUT LE MONDE aime Harry Potter! Il faudrait être fou pour ne pas aimer!"
Ou juste s'habituer à d'autres genres de lectures et pas seulement à de la teen lit pour se rendre compte que leur écriture est horriblement bancâââââle.
Harry Potter est une saga sympathique, qui distrait, et c'est ce qu'on lui demande.
C'est un peu comme Cinquante Nuances de Grey. Sauf que je commence pas à avancer qu'il faudrait être timbré pour pas aimer cette trilogie et ô mon dieu c'est trop le meilleur truc de BDSM du moooonde!
Ou un peu comme Percy Jackson. J'ai été fan de Percy Jackson. Mon idée de tatouage est basée sur Percy Jackson. Mais je suis pleinement au courant que c'est une putain de grosse daube mal écrite AVEC DES PUTAINS DE VRAIS MORCEAUX DE JUMEAUX MYSTIQUES A L’INTÉRIEUR!


Voilà. Je n'aime pas Harry Potter. Comme Untel n'aime pas Marc Levy. Comme UneTelle n'aime pas le chocolat.
Et je ne suis pas en faute.