jeudi 28 février 2013

Créativité, je te conchie

C'est un fait, je ne suis pas quelqu'un de très créatif.
Ou alors, je ne suis pas au courant.

Je me suis avérée être une énorme quiche en dessin. Je pouvais tout essayer, du plus simple au plus compliqué, je n'arrivais jamais à obtenir quoi que ce soit de potable. Même les coeurs, j'ai du mal à les réussir. Alors quand ça marche, tu penses bien que je suis contente...
Mais tout le monde s'en fout, ma pauv' Lucette!

Un jour (j'avais 12 ans), ma soeur est venue dans ma chambre et elle a dit: "on va faire un jeu".
Tu penses, j'étais enchantée d'avance. Ma soeur qui me propose un jeu, ça promettait d'être follement excitant.
"Tu vas écrire un scénario d'histoire".
Intérêt?
Je l'ai fait.
Une gosse de riche qui perd ses proches (et moins proches) petit à petit dans des meurtres anonymes, sans doute exécutés par la même personne. Elle découvre à la fin que c'était elle et qu'en fait elle est schizophrène.


Ensuite, elle m'a dit d'essayer d'écrire cette histoire. Au moins un chapitre.
Je lui ai dit qu'elle était folle.
Mais je l'ai fait. J'ai écrit une scène. Une autre, encore une autre...
Un an plus tard, je me retrouvai avec 53 pages d'une nouvelle qui ne ressemblait à rien et que mon cul même aurait mieux écrit.
Mais j'étais contente.
J'avais créé.
J'ai recommencé. J'ai refait un scénario, je l'ai commencé. J'avais 90 pages sur papier. Je l'ai retapé sur Word.
J'avais 17 pages.
J'ai vu ça comme un échec.
Ensuite, je me suis attaquée à un autre projet. J'avais la ferme intention de faire 100 pages Word pour que ce soit assez long et que j'aille le proposer à un éditeur (FULL FRONTAL PRESUMPTION) et devenir caylaaaaybre!
Quelque chose comme 2 ans plus tard, ma motivation m'avait quittée depuis de nombreux mois et j'ai laissé mes 57 pages de macabre. J'ai laissé ce projet à l'abandon, je ne l'ai pas fini et je ne le finirai jamais.
Ce n'est que maintenant que l'inspiration m'est revenue, me soufflant à l'oreille des personnages alléchants et une intrigue digne des plus grandes séries type Feux de l'Amour.
Mais j'ai mon idée, et je suis satisfaite.

J'ai aussi créé un blog. Oui, ça, tu savais. J'ai créé un blog, je l'ai tenu, et il progresse. Il ne me donne pas la même satisfaction que lorsque je finis une nouvelle (si tu écris des nouvelles, tu as sans doute déjà ressenti cet orgasme au moment d'écrire le mot "fin") mais il faut dire que ce niveau de satisfaction est inégalable.
Ce blog est source de bonheur comme il peut être source de stress, lorsque l'inspiration de ne se presse pas à ma porte et que l'angoisse de tirer ma révérence m'atteint. Mais toi, si tu blogues, tu sais aussi bien que moi que ça n'arrive pas.

Ces temps-ci, j'essaie la couture. A la main. Piquer l'aiguille dans le tissu me calme énormément, et de ce fait, j'adore cette activité.
Mais voilà le problème: je ne suis pas bien inspirée.
J'ai des idées en têtes, mais elles sont moindres, et je me demande si j'en aurai d'autres une fois celles-ci appliquées.
Je ne suis pas quelqu'un à la tête plein d'idées, qui fourmille de motivation, qui enchaîne créations sur créations.
Et pourtant, j'aimerais.
Mais je ne suis pas. Et ça me fâche.

Je suis le genre de fille qui rêve de savoir faire n'importe quoi de ses dix doigts. Ecrire admirablement, coudre, créer des vêtements sympas, des guirlandes de pompons, faire du nail art, customiser des choses, etc, etc.
Mais je ne peux pas.
Et c'est entièrement ma faute.
Parce que je me plains, vois-tu, mais sache que je n'ai encore rien essayé. Le nail art, d'accord, je sais, c'est mort.
...
En fait...non.
J'ai fait deux nail art dans ma vie. Je pense que personne n'aurait pu faire de chef d'oeuvre en deux essais.
Je n'ai pas essayé de créer de vêtements.
Ni de guirlandes de pompons.
Ni de coller des diamants sur un carnet.
Rien.
Je m'annonce perdue d'avance, et je trouve ça bien nul. Je pense que si je m'en donnais les moyens, je pourrais obtenir des trucs sympas.
Mais la créativité restera, je pense, source de stress. Je reste toujours aussi nulle en matière d'inspiration.
Est-ce que ça se travaille, l'inspiration?

samedi 23 février 2013

Tag: 11 questions...en images

Cela fait...des lustres que j'ai ce tag en attente, et comme je n'arrive plus à mettre de photos sur mon ordinateur (en fait...je n'ai plus d'ordinateur...), je me suis dit qu'il était temps que je passe outre et que je trouve un autre moyen d'avoir les photos nécessaire à ce tag-photos.
J'ai nommé: Tumblr.
How complicated.
Donc, j'ai été taguée par Un Mur Entre Nous, il y a de cela...10 mois (je me sens stupide et horrible et paresseuse et oh mon dieu flagellez-moi), et elle m'a donc posé 11 questions pour lesquelles je vais devoir répondre en me basant d'images.
C'est (enfin) parti!

1) Le boulot de tes rêves.

Dita von Teese
Comme une grande partie des blogueuses que je lis, je trouve que "performeuse burlesque" est un métier qui envoie du pâté par tous les pores de ta peau dénudée.

2) L'endroit où tu te sens bien


Mes angoisses nocturnes ont disparu récemment, et j'ai la chance de pouvoir me remettre à dormir chaque nuit (faut croire que les vacances sont les ennemies de mon sommeil. Va-t-il falloir que je me réveille vers 6:30 et que je me couche à 22:00 dans ces moments-là pour faire croire à mon cerveau qu'il y a toujours école?), et je dois avouer me sentir très bien, dans mon lit, en pyjama (constitué d'un pantalon de jogging, d'un sweat et de chaussettes hautes et moches, avec un doigt différent pour le gros orteil), avec une boisson et un gros bouquin (depuis que j'ai terminé Cinquante Nuance de Grey, ma joie n'est plus la même). Et un gsm avec du crédit.
Oui. C'est pas mal, en fait.

3) Ta boisson favorite


Tu m'as comprise.

4) Ton livre culte


Je devais avoir neuf ans quand mon père m'a offert ce livre, à Noël.
Et mon père a toujours été très fort quand il s'agissait de m'offrir des livres.
Cette saga est constituée de trois cycles, chacun constitué de trois tomes. Tu changes donc deux fois de personnages. Si je me souviens bien, on avance aussi de plusieurs siècles entre chaque cycle. Le premier se passe au Moyen-Âge, le second au 15ème siècle et le dernier au 19ème siècle.
Je n'avais pas accroché du tout au premier cycle, mais lorsque le second est sorti, j'avais quelques années de plus et avais donc bien plus apprécié. J'étais même n'amoureuse de Salviat n_n
J'ai adoré le dernier cycle, et j'ai conclu que cette saga avait recouvert plusieurs années de ma vie, dans un décor omniprésent. J'ai recommencé la saga récemment, j'accroche tout de suite plus au premier cycle (Bertoul épouse-moi déshabille-moi prends-moi toute je suis à toi) (oui, c'est du fangirling), et je pense donc que ce livre correspond bien à cette question.

5) Ton disque préféré


J'ai reçu trois CD d'Abney Park pour Noël, et je pense que les trois entrent très bien dans la catégorie de Meilleurs Albums du Monde.

6) Le film ou la série qui t'a mis une claque 


J'ai vu ce film quand j'étais amoureuse de l'Absent (qui était donc gay, je rappelle). Mes potes me l'avaient ouvertement conseillé.
J'ai pris ça comme un message lorsque je me suis rendue compte que l'héroïne était amoureuse d'un homosexuel et finissait par se suicider à la fin.
"Ne deviens pas comme elle, Anaïs", que j'en ai retenu.

7) Ton objet le plus high-tech


Un Ipod nano 5g. Qui est à mon père, en fait. Je n'ai jamais rien tenu de plus high-tech en main.

8) Ton objet le plus "vieillot"


Une montre à gousset, cadeau de ma grand-mère, de 113 ans (la montre, donc), qui, par un heureux hasard, fonctionne encore.

9) Une image pour te représenter


10) Une personne avec laquelle tu aimerais discuter/échanger.

Source
Bah oui, je triche, que veux-tu. Mais GALA DARLING (avec laquelle j'aimerais tellement discuter) ET VERONICA VARLOW (avec qui j'aimerais tellement échanger) (HUM) sur la même photo, ça ne se laisse pas passer.
11) Ton plaisir coupable le moins avouable

Alors...hem...comment vous dire...
Quelle photo prendre...
...
Ah beh oui!

En gros. Et si j'ai pris la photo de ce bouquin, c'est pas parce que je le lis.

jeudi 21 février 2013

Bonjour, je m'appelle Anaïs, et je suis une éponge

Bonjour à tous.
Je me présente.
Je m'appelle Anaïs, j'ai 17 ans, j'aime m'adonner à des causes perdues, avoir les cheveux teins, écrire des trucs, et apprendre des mots compliqués pour me donner l'air intelligent que je ne peux me payer habituellement.
Et je suis une éponge.


J'ai pas trouvé de jolie éponge, et comme je
voulais pas mettre un certain protagoniste jaune
 d'un certain dessin animé, je vous mets des petites fraises.

Pourquoi donc?
Parce que j'absorbe tout ce qu'on me dit. De façon irrémédiable.
Pour peu que ce que tu m'ais dit soit méchant, des années plus tard je pourrai te le ressortir. C'est merveilleux.
Et non seulement je vais le retenir, mais en plus, je vais y croire.
Les "tu n'es qu'une prétentieuse égoïste", les "salope", les "t'es une chieuse", les "t'es moche", les "j'en ai marre de toi", les "pourquoi t'existes?", les "t'es inutile" et les "avec la gueule que t'as, personne ne voudra jamais de toi" de ma soeur, les "t'es conne" de ma mère, les "j'aurais aimé avoir une fille normale, avec des cheveux normaux, qui sort, qui a des potes, un copain, des bonnes notes, et à la place j'ai une fille qui veut des cheveux roses" de mon père, les "c'est pour ça qu'elle a un trou dans le cerveau!" de ma cousine, et j'en passe et des meilleures.
Je les ai tous retenus. Et cru.
Et il m'arrive parfois de les croire encore.

Quand je suis entrée en secondaire, le bouc émissaire de la classe, c'était moi. Moqueries, insultes, "mais quelle conne! Quelle gamine!" et autres qualificatifs ont fait partie de ma vie.
Pendant des années, j'ai cru que j'étais retardée. Que j'avais une pathologie, quelque chose du genre, que j'étais handicapée mentale. Parce qu'à force de se faire rabaisser et traiter d'immature, on finit par se demander si on a pas un peu de retard.
C'est alors que je vous écris que je me rends compte que je n'avais pas de raison de penser ça. Que mon comportement a toujours été des plus normaux.
Mais pour combien de temps? Combien de temps me rassurerai-je?

Maintenant encore, mon petit combat, ma futile bataille vers l'acceptation des diversités me vaut parfois des remarques méprisantes. On me traite d'immature, encore, de conne, et d'autres qualificatifs.
De nouveau rabaissée.

Quand j'étais enfant, et encore maintenant, quand j'étais frappée, jamais la personne n'a été punie ou réprimandée. Quand c'était ma mère, je n'avais rien à dire, et quand c'était ma soeur, il suffisait que cette dernière explique que "j'étais chiante" pour que je devienne la fautive.
J'y ai cru. J'ai cru que je méritais ces baffes.

Je suis lasse, et ma psy est sidérée.

Si encore je n'étais pas sélective.
Je le suis.
Les "tu es parfaite" et les "tu es magnifique" de Mercutio, les "quand je dis à mes amis que j'ai de jolies filles, ils appuient toujours sur le fait qu'ils te trouvent très belle" et les "quand tu mets tes jolies robes, je n'ai jamais honte de toi, au contraire!" de mon père, et les "je te trouve géniale" des autres, je ne peux y croire.
On m'a appris autre chose.
Je ne peux pas être parfaite, je suis une chieuse, prétentieuse et égoïste.
Je ne peux pas être magnifique, ma soeur m'avait dit que j'étais moche.
Mercutio ne peut pas m'aimer, elle m'avait dit que personne ne voudrait jamais de moi.
Papa ne peut pas être fier de moi, il a dit qu'il préférait une fille normale.
Je ne peux pas être géniale, on m'a dit que je ne servais à rien.

Et toutes ces personnes ont déjà oublié. Moi pas.

mardi 19 février 2013

Ton avis, tu peux te le mettre là où je pense.

"Si tu te dis tolérante, tu devrais aussi accepter les avis de ceux qui ne pensent pas comme toi ;)"
(Ca ne m'a absolument pas été dit comme ça, sur le coup, et il y avait énormément de diplomatie (et pas UN SEUL WINK), mais ce n'est pas la première fois que je l'entends, et généralement, c'est bien comme ça que c'est formulé.)

En temps normal, j'aurais très bien pu répondre que si, bien sûr, beaucoup d'avis se valent, et moi-même j'ai quelques fois abandonné un avis premier pour me ranger vers celui d'une tierse personne qui m'aurait convaincue à grands coups d'excellents arguments.

Sauf que cette fois-ci, ce commentaire m'avait été dit dans un contexte souvent abordé sur ce blog.
Mais si, tu sais! Avec le mot commençant par T, terminant par E, avec les lettres O, L, E, R, A, N et C entre les deux!
Précisément, ceci m'avait été dit sur l'article un peu arraché "J'aime pas les gays" (ENCORE LUI! Mais ne disparaîtra-t-il donc JAMAIS?), avec cette petite liste contra-homos, noirs, Arabes, ronds, SM, cougars, geeks (ah non, pas geek, je les ai oubliés), goths, etc.
Avec le petit paragraphe de la fin, j'avais plus ou moins clairement fait comprendre que si quelqu'un se moquait, méprisait et humiliait par n'importe quel propos une personne de la liste citée plus haut à grands coups de clichés, d'idées reçues et bien sûr, vous l'attendiez-tous, elle est là pour vous ce soir, de *~fermeture d'esprit~*, je considérais cette personne comme un gros con.

Et je continue à le penser. Voyez comme je suis fermée, moi, Madame.
Parce que dénigrer une personne qui n'a rien fait de mal, mis à part de faire ce qui lui plaisait (vice, péché!), pour moi, ce n'est pas "avoir un avis", ou si peu.
C'est être un connard incapable de penser par lui-même et d'accepter que d'autres ne fassent pas comme lui.
Il n'y a pas d'argument, à part des ébauches de "c'est comme ça", "il faut mettre des limites" et autres "mais parce que je pense ce que je veux, connasse!"
Sauf que ce n'est pas un argument, ça, mon brave.
Si tu as envie de placer des limites pour le plaisir de te frustrer, fais en sorte que ça ne concerne que toi.
Tu penses ce que tu veux autant qu'Untel a le droit de faire ce qu'il veut sans avoir de remaques méprisantes, qu'elles soient dites en face ou dans son dos.
Et si tu veux vraiment savoir, "Hitler aussi pensait ce qu'il voulait". Si on suit ton raisonnement.

"Hanlala, mais battre une gothique à mort n'égale pas à faire un génocide!"
"Hanlala, mais insulter une gothique n'égale pas à la frapper avec une barre en fer!"
"Hanlala, mais se moquer d'une gothique dans son dos n'égale pas à l'insulter!"

On ne bat pas tous les gothiques à mort en se moquant de la tenue de l'un d'entre eux dans son dos, il est vrai.
Mais par exemple, si toi, tu n'aimes pas cette personne à cause de ce qu'elle fait, à ton avis, pourquoi trois jeunes gens en ont été amenés à tuer Sophie Lancaster? Pour les mêmes raisons. Parce que ses fringues ne leurs plaisaient pas.
Tout ce qui te différencie d'eux, c'est ton tempérament.

Et si tu es partisan du "c'est comme ça", je te répondrai la même chose: "Tant que quelqu'un ne nuit à personne, il fait ce qu'il veut. C'EST COMME CA."

Ton avis hautement personnel d'un point de vue individuel qui ne concerne que toi et que tu revendiques tant et dont tu n'es absolument pas responsable, tu l'annonceras toujours à un moment ou un autre. Et tu blesseras quelqu'un. Sans aucune raison valable à part celle d'avoir donné ton avis.
Et lorsque tu diras sur un forum, un blog, ou simplement dans un groupe de personne, en société, que nom de dieu, les sous-vêtements, comme leur nom l'indique, se mettent sous les vêtements (ha ha) (définis-moi un pied-de-biche), tu ne le sauras peut-être pas, mais tu blesseras quelqu'un.
Lorsque mon professeur de latin a expliqué en classe qu'il existait des gens qui aimaient bien faire semblant d'être contraints lors d'ébats sexuels, et que c'étaient vraiment des tordus, il m'a blessée. Et sans doute quelqu'un d'autre. Mais il ne le savait pas.
Lorsqu'une connaissance a annoncé, tout fier, que s'habiller comme une fille équivalait forcément à être gay, en d'autres termes, il a blessé Carmen. Et peut-être pas que Carmen. Mais il ne le savait pas.
Je pourrais te donner des milliers d'exemples, tu ne peux jamais savoir si ton avis blessera ou non quelqu'un lorsque tu le donneras fièrement. Mais crois-moi, il blessera.



Alors oui, tu as le droit de ne pas être du côté de tout le monde. De désapprouver quelque chose, c'est normal.
Sur le même article que cité plus haut, une lectrice (que je salue beaucoup beaucoup) m'a exprimé son avis concernant la consanguinité, car cet avis était franchement perplexe.
Sauf que ses arguments étaient incroyablement bons, que je n'ai strictement rien eu à redire et qu'avec tous les efforts du monde, je n'aurais pas pu la contredire. Il n'y avait aucun mépris, aucune méchanceté dans ses paroles, juste de la perplexité.
Et vous savez à quel point ça ne m'arrive pas souvent. Parce que personne, à part cette fille, n'a pris la peine de me donner des arguments réfléchis.
J'ai gardé mon avis sur la consanguinité, elle a gardé le sien, et pourtant, je ne pouvais pas me permettre de l'insulter, parce que ça n'avait pas lieu d'être: elle avait raison de son côté, j'avais raison du mien. Point barre.

Alors peut-être qu'être tolérant égale aussi à accepter l'avis des personnes intolérantes. Mais si c'est vraiment ça, je ne veux pas être tolérante. je ne veux pas être ouverte d'esprit. Je ne veux pas être passive. Dire "aaaah, tu rêves de la violer dans un coin sombre parce que sa jupe montre ses genoux à cette salope? Ah beh tant mieux pour toi" ne m'intéresse pas. Je dirais même que ça me répugne.
Non, je n'accepterai pas un avis différent du miens.
Je ne laisse rien passer, je suis une sale réac', je saute sur tout ce qui se moque et je suis immature.
D'accord.
Mais au moins, je sais et je suis sûre que ma cause est juste.




dimanche 17 février 2013

Topless, engeance de catin

Je tombe constamment sur des arguments et des avis s'insurgeant sur certaines femmes.
Mais pas n'importe quelles femmes.
Celles qui font du topless.
Les putes.
Mais pas celles qui utilisent leurs nénés comme argument lors des manifestations féministes.
Celles qui le font A LA PLAGE!
SAPERLIPOPETTE!
Tu te rends compte? Elles n'ont même pas le prétexte de se découvrir dans le but de s'attribuer des droits (en plus, elles freinent tout le monde. C'est pas en affichant son corps qu'on va réussir à faire comprendre que ce n'est pas un objet) (beh si, justement), elles le font juste POUR LE PLAISIR!
Mais what the fuck!
Depuis quand on fait ce qu'on veut pour le plaisir? Ca me dépasse.

Bon.
Voilà.
Tu m'as comprises. J'ai du mal avec les cailloux qu'on jette sur les femmes en petite tenue à la plage. Parce qu'à nouveau, ça pue la honte corporelle et le besoin urgent de propager cette honte au reste de la planète afin de diaboliser encore plus le corps humain.
Ca me dépasse.
Et comme ça me dépasse, j'ai répertorié les avis croisés et je les ai démolis allègrement.
Parce que j'aime ça.


1) Ce sont des égoïstes, elles ne pensent pas que cela peut choquer les autres.
Mon avis concernant la perception du corps humain, de nos jours, a valu un article sur ce blog, et si tu veux un rapide résumé: j'ai un mal fou à comprendre le fait qu'un corps puisse choquer. Voilà.
Ensuite, l'égoïsme, je ne sais pas trop d'où ça vient. Qu'est-ce qu'il y a d'égoïste à faire un truc permis en un endroit précis? Après tout, si tu as une chance de ne pas payer d'amende faramineuse si tu tombes la chemise, te gênes pas. Et si quelqu'un n'est pas content, je pense que la plage est assez vaste pour regarder ailleurs. C'est facile de fixer une paire de sein en s'exclamant "Elle peut pas m'imposer ça!". Les yeux sont fait pour voir, mais aussi pour se détourner, et je suppose que tu n'épies jamais tes compatriotes de plage plus de cinq secondes chacuns, donc tu devrais gérer.
De plus, si on doit chaque fois calculer chacun de nos gestes pour savoir si ça ne dérangera personne, on ne va nulle part.


2) Nous sommes sur une plage publique, pas une plage naturiste/nudiste.
Pour rendre à César ce qui est à César, le principe d'une plage nudiste/naturiste est une plage où l'on est entièrement nu. Je m'arrête là.
Alors oui, je suppose qu'un topless peut aussi avoir sa place sur une plage naturiste (mais je ne suis pas très sûre de moi), mais, mon petit Hitlerinou, on ne peut pas toujours mettre les gens à part quand ils ne nous plaisent pas!
Et qu'est-ce qui dit que Madame Topless, elle est pas aussi gênée que toi par la vue d'une mimine?

3) C'est juste pour draguer.
Ma maman m'a toujours dit de ne pas parler au slutshaming.

4) Si ce sont des adultes ou des enfants, ça ne gêne pas. Quand ce sont des ados, beaucoup plus.
Je vous avoue j'ai pas compris.
Il faut dire que cet avis avait été donné par une adolescente, du coup, je me pose des questions...aurait-on plus de mal à être face à ce qui nous ressemble?
N'est-ce pas juste un peu flippant?
Genre d'avoir peur de soi-même?
Tellement que le corps il est mal vu?
Genre t'as pas envie que ça change?

5) Ce doit rester un privilège pour l'amoureux.
T'inquiète pas, il reste tout plein de privilèges pas mal intéressants à l'amoureux. Hey hey hey.

6) C'est une atteinte à l'intimité.
L'intimité de la femme en topless, on est d'accord. Sauf qu'elle s'en fout. Ah, la tienne? Toi aussi, on s'en fout.
Par là, je veux dire que ton intimité, elle te concerne. L'intimité de la nana concerne la nana. Il n'y a pas de rapport entre ton intimité et les nichons d'une autre. Capito(n)?

7) Le soucis, c'est que ce ne sont pas toujours des nanas de 20 ans avec un beau corps.
Je vous avoue que bon hein ho bon pourquoi stop.


Tais-toi. Rentre chez toi et n'en sors plus jamais.
C'est quoi, le problème des gens avec la diversité? Qu'est-ce qu'on leur a fait quand ils étaient petits pour qu'ils deviennent aussi monomaniaques de l'Unique et Seule et Fidèle et Rigide apparence? Ils ont été élevés par Karl Lagerfeld? "J'élève un serpent dans ma villa", a dit Tibère de Caligula (Hop, références de latiniste-tu-veux-voir-ma-bite).

8) Ça ne sert à rien de vouloir habituer les gens, personne n'acceptera jamais le corps.
Et les femmes n'auront jamais le droit de vote et ne porteront jamais de pantalon et un noir ne sera jamais président et le mariage gay ne sera jamais accepté et on trouvera jamais le moyen de pas avoir un enfant en faisant du seske et...t'as compris ou je continue?

[A fait la Une Hellocoton le 18 février 2013]

mercredi 6 février 2013

Petites vexations quotidiennes

Je remarque souvent sur la blogosphère une façon de conseiller les gens qui dénigre certaines catégories de personnes.
Je m'explique: je tombe fréquemment sur des articles qui se veulent gentils et altruistes, à grand coup de "comment faire ceci, comment faire cela".
Je vais prendre un exemple concret: le périlleuse question du look Noëlique, sujet souvent revenu en décembre dernier (tu m'étonnes) sur la blogo beauté et mode et qui m'a donné des dizaines de fois envie de sang et de tripes (je suis quelqu'un d'assez agressif, you know).
Voici.
Blogueuse A écrit: "comment avoir un look de fêtes discret".
Blogueuse B tombe sur l'article, et étant abonnée à cette personne, lit cet article tout comme le reste de son tableau de bord.
Blogueuse A ne tarde pas à dire dans son article: "Par pitié, les filles, pas de paillettes, sauf si vous voulez porter concurrence au sapin de Noël!"
Blogueuse B s'insurge. Elle fait remarquer à Blogueuse A que sa formulation est vexante, que les filles adeptes de paillettes pourraient très bien lire son article et mal le prendre (de là, tu devines que Blogueuse B aime les paillettes et l'a mal pris) (et si t'es pas concon non plus, tu devines que Blogueuse B, c'est moi) (coucou!).
Blogueuse A, du haut de sa kuproklodovskite, répond sèchement que Blogueuse B a mal lu l'article (cette conne), que celui-ci aspirait à donner des conseils par un look discret et que fatalement, les paillettes, c'est le mal.

"Bonjour, je suis Blogueuse A. Et du haut de mon roche,r je te méprise."
Ah oui, j'oubliais. L'humour. Je pense, entre nous, qu'il y a d'autres moyens de faire savoir que les paillettes sont déconseillées si on ne veut pas choquer Mamie par trop de fantaisies.
Decay n'a pas d'humour.
Le Saint-Graal de la blogueuse et du blogueur.
Sauf qu'il y a d'autres manières de faire rire la galerie sans être méchante et sans recycler une vanne reprise 69 fois sur la blogo (je ne sais pas ce que vous avez avec le lien paillettes-sapin) (c'est aussi vous qui avez fait le lien septum-vache, c'est ça?) (ah oui, j'oubliais.Du haut de ta kuproklodowskite, tu ne sais peut-être pas ce qu'est un septum).

Meuh.
Ah bah oui, je suis très méchante avec toi. Mais entre nous (entre amis qu'as-tu fait de fou dans ta vie lalalala la foliiie, la foliiie, PARDON EXCUSEZ-MOI), je vois comme une nuance.
Toi, Blogueuse A, tu blâmes des filles qui mettent des paillettes.
--> Qu'est-ce qu'elles ont fait de mal?

Moi, Blogueuse B, je blâmes les bouffons qui s'amusent à descendre gratuitement d'autres personnes.
--> Qu'est-ce qu'elles ont fait de...oh...wait.
(Moi je suis mieux, nananère)

Tu vois pourquoi j'en insulte certain-e-s? Parce que ça me fait chier de devoir subir votre humour débile avec lequel vous n'êtes même pas capable de vous soucier de vexer des gens PARCE QUE C'EST DE L'HUMOUR.

Attends, je vais t'en raconter une bien bonne.
Pourquoi y a pas d'Arabes dans Star Wars?
Parce que c'est le futur.
Un Arabe et un Noir sont dans une voiture. Qui conduit?
La police.
Et puis aussi #UnBonJuif est un tas de cendre.
C'est drôle, n'est-ce pas? Mais allez, c'est de l'humour!
C'est de l'humour mais putain qu'est-ce que c'est NAZE!

Je pense que parfois, il faut savoir choisir entre l'humour et l'autrui. Toi qui es sans doute plus âgée que moi (et donc plus intelligente, plus expérimentée, plus matûûûre que moi), il serait peut-être temps que tu le comprennes, tu ne crois pas?
Comment ça, j'ai un balai dans le cul?
M'en fout. Mon balai dans le cul, il ne se moque de personne.

Après, je pourrais très bien, en lisant ce genre d'articles, "cliquer sur la petite croix en haut à droite", comme vous vous plaisez si bien à le dire. Mais je pense que lorsque l'on essaie à tout prix d'éviter la critique, blog n'a plus lieu d'être.
Tu es là pour quoi? Pour accepter que quelqu'un t'explique qu'il a mal pris ta façon de t'exprimer ou pour commencer tout de suite à désactiver les commentaires, vu que la critique a l'air de te rendre aussi hautaine que mon chat?

Un jour, une blogueuse de mon âge a commenté pour la première fois l'un de mes articles. Cet article (j'ai l'impression de me répéter, c'est horrible) se moquait de toutes catégories de personnes (gays, rondes, noirs, sadomasochistes, et j'en passe) pour terminer par un petit paragraphe pas très encombrant qui expliquait que tout l'article était un gros fake pour montrer aux gens que se moquer, c'était mal.
Cette blogueuse avait dû rester bloquée sur le gros de l'article et n'avait pas dû capter le dernier paragraphe.
Elle m'a donc admonestée  a défendu ce que j'insultais dans cet article, et j'ai vite compris que je n'avais pas été assez claire.
Je lui ai expliqué le but de l'article, lui ai précisé que j'étais naturellement de son avis, et j'ai vite corrigé le dernier paragraphe afin de le rendre plus explicite.
Je n'ai pas commencé avec des "Mais t'as pas lu l'article ou  quoi petite conne de mes deux 'azy retourne chez ta mère".

Je pense que si j'en suis capable, tu peux en faire tout autant.

[A fait la Une Hellocoton le 7 février 2012]

dimanche 3 février 2013

"Avec des femmes comme ça, on n'avancera jamais!"

Ce sujet commence à pointer réglièrement le bout de son nez sur la blogo: celui des manifestations féministes où poitrine est brandie fièrement à l'air libre.
Les avis sont divers, et cela va du "elles n'ont pas d'autres arguments que leurs seins" à "cela prône le corps parfait, que cela soit sur les affiches prônant le féminisme dans la rue ou sur les femmes qui défilent topless sans qu'aucune ne dépasse la taille 38" en passant par "cela ne va pas nous aider, au contraire".

Tout d'abord, de mon avis, quand "l'argument du sein" a fait son apparition, j'ai directement approuvé. J'ai pensé que des femmes ayant le panache de repousser l'une des plus imposantes conventions sociales devaient être très motivées.

Alors, premièrement, histoire de commenter les avis donnés en début d'article, si je le pouvais (donc si je n'avais pas 17 ans et si les slutwalk étaient un peu plus médiatisées et si j'étais donc au courant de quand elles se déroulaient), je tomberais la chemise bien volontiers (oh, attendez...je l'ai déjà fait!) (mais j'ai gardé le soutien, parce que j'avais pas envie de payer une amende) (ne vous inquiétez pas pour moi, à part ça, je bois aussi du thé le dimanche)
Parce que de mon point de vue, cela reste un message fort.

Non, en effet, cela n'a rien à voir avec le salaire égal, cliché de la volonté féminine (l'arbre qui cache la forêt, en somme). Mais cela montre que, bordel de merde, on a un corps qui existe, qui n'appartient qu'à nous (et le montrer fièrement n'entravera pas ce critère, non), et c'est quelque chose qui est trop souvent oublié, à voir le climat de honte qui tourne autour de notre bonnet.
Je ne sais pas si nous pensons toutes la même chose, mais de mon point de vue, si je laisse ma délicieuse et frétillante poitrine à la vue de tous, c'est pour une raison.
Sacré nom de Dieu, hommes, femmes, chiens, enfants, ce n'est pas parce que je montre ma poitrine (ou que je me balade en jupe ras-la-mimine avec porte-jarretelles apparent) que:

Je suis une salope.

Je fais de la provocation gratuite.

Je suis une Attention Whore.

Je suis exhibo.

Je ne dois pas m'étonner si je me fais agresser.


Juste. Ta gueule. Excuse le manque de tact, mais c'est tout ce qui me vient à l'esprit.
Jugement hâtif, slutshaming et tout ce qui va avec.
Personne n'a le droit de me juger et de juger ces femmes qui font comme moi.
Tu te dis féministe, mais la poitrine reste pour toi une honte qui doit rester cachée? Grand bien te fasse. Mais moi, j'appelle ça "contradiction".
Pour tout te dire, je trouve ça équivalent à clâmer "T'es pas féministe, t'es qu'une fake qui aime le maquillage et le nail art".
Ben oui, hein, je me bats pour les droits de la femme (et de l'homme accessoirement) et je me permets de leur en enlever d'autres. Logique.

1) Elles n'ont pas d'autres arguments que leurs seins
Je suis partisanne de la poitrine nue, mais à côté de ça, j'ai mon blog où j'expose déjà bien assez mes théories. Cela me fait donc deux arguments.

2) Cela prône le "corps parfait", que cela soit sur les affiches prônant le féminisme dans la rue ou sur les femmes qui défilent topless sans qu'aucune ne dépasse la taille 38
Si aucune fille ronde n'a envie de s'exposer le bonnet, c'est son droit.
Par contre, ce n'est pas parce qu'aucune ronde ne l'a fait que toutes les autres filles doivent renoncer à leur tour par solidarité. Tu ne vois que des tailles 38 lors des manifestations féministes? D'accord.
Mais est-ce la faute des femmes que tu vois?
Est-ce qu'elles ont enfermé les rondes dans des placards "pour ne pas salir la réputation des femmes", tu crois?
Moi, je ne crois pas. Je crois surtout que c'est la faute à pas-de-chance, qu'il est juste dommage que les rondes aient du mal à s'affirmer (ou peut-être ont-elles juste d'autres choses à foutre, aussi) (il y a un arc-en-ciel de raisons), mais je pense surtout que les féministes topless n'ont rien à voir avec ça.

3) Cela ne va pas nous aider, au contraire
Alors oui, les gens prennent cet "argument" pour de la provocation et classent ainsi le mouvement féministe dans la catégorie "folles à lier, pas sérieuses pour trois sous, perverses", etc etc.
Mais ne pensez-vous pas que du coup, remettre le T-shirt ne serait que leur donner raison?
Être poitrine nue ne vous rendra pas moins sérieuse qu'une autre, pas plus prostituée, pas plus salope, pas plus conne qu'une autre.
Alors dites leurs qu'ils ont tort, au lieu de blâmer celles qui essaient déjà.

[A fait la Une Hellocoton le 4 février 2013]