vendredi 13 décembre 2013

"Once Upon a Time", un court-métrage incroyablement réaliste

Il y a plusieurs semaines (le 31 octobre plus précisément), j'ai entendu parler de la réalisatrice Anaïs Vachez. Cette jeune femme était connue sur Internet pour avoir réalisé une série de petits dessins animés mortellement creepy racontés sous forme de fables (et qui m'ont bien entendu empêché de dormir la lumière éteinte pendant plusieurs semaines (je ne dors toujours pas la lumière éteinte, en fait)). Seulement, à côté de tout cela, elle a aussi réalisé un court-métrage nommé "Once Upon a Time" racontant l'enfance d'une fillette au sein d'une société terne et morne.
L'héroïne doit donc, lors de son entrée à l'école, faire ses adieux à ses jouets et à ses dessins colorés. A partir de là, elle ne sera plus une enfant.
Seulement, tout enfant a besoin d'imaginaire et ainsi, la jeune personne essaye de continuer de dessiner quoi qu'il en coûte.


Outre la fin de l'histoire légèrement glauque (cela ne m'a pas traumatisée, cependant, malgré mon intolérance à tout ce qui a trait au morbide), ce conte laisse une jolie morale derrière lui.
Sans couleur, sans fantaisie, personne ne peut évoluer.
Nous voyons ici le destin d'une personne à l'âme créative étant forcée de vivre dans une monde monochrome, exempt de différences, ou chaque personne est forcée d'endosser le rôle de petit soldat que le gouvernement lui attribue. Pas de sentiments, pas d'imagination : le "monde des adultes" selon Anaïs Vachez, ne laisse pas de place à l'épanouissement personnel.

Je ne peux m'empêcher de penser que ce court-métrage n'est que le reflet de ce que notre monde pourrait devenir : un monde où seuls les enfants seraient autorisés à sortir du lot et à être créatifs (nous pouvons déjà remarquer maintenant qu'il y a des choses cataloguées "pour les enfants" et dont il est mal vu de s'approcher une fois l'adolescence installée), et où toute différence est bannie.
Grâce à mes cheveux, j'ai déjà pu constater que les gens n'aiment pas la couleur en général. Pas de couleur dans les cheveux, pas de couleur fantaisie sur les ongles, pas de pantalon d'une autre couleur exceptés le bleu, le noir voire le rouge, pas plus de trois couleurs différentes sur une seule tenue, etc. Dans la décoration d'intérieure, la fantaisie et la créativité sont appelées "mauvais goût" et on prône l'épuration et l'assorti.

Ce court-métrage montre une société incroyablement caricaturale, mais aussi incroyablement réaliste, et devrait servir de sonnette d'alarme à tous.

11 commentaires:

  1. Mon dieu mon dieu c'est tellement vrai ce que tu dis o_o Je vais me remettre à plus de couleur :x

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    1. Tu veux que je te refile mes pots de teintures? 8B

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  2. J'ai regardé d'autres trucs qu'elle avait fait. J'ai comme l'impression d'être une trouillarde.

    Ceci dit, c'est une très bonne dystopie.
    Et je suis d'accord, fantaisie=mauvais goût dans la tête des gens. Et c'est bien dommage.

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    1. (Non tu n'es pas une trouillarde, je pense que plein d'autres personnes ont flippé devant des contes -Mercutio le premier)

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  3. j'ai comme une boule dans la gorge après avoir passé 17 minutes devant cette vidéo,
    la fin est d'un triste, et l'ultime geste de rebellion de la mère arrive trop tard.

    ta réflexion est tout à fait juste, chacun devrait etre libre, totalement libre, de pouvoir exprimer sa créativité comme il l'entend, sans avoir a souffrir du jugement des autres et d'etre considéré comme anti conformiste ...

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  4. Wouah, je suis complètement d'accord, c'est fou !!!
    Sous des excuses de bon goût et de modes on nous interdit presque d'avoir un meuble jaune dans notre salon (car le taupe, c'est plus chic !), ou de mélanger les motifs sur ses vêtements, encore moins d'avoir les cheveux colorés. En fait, on nous forge nos goûts, quoi.
    Et quand on se réfugie dans un monde un peu plus coloré, on est mis à part, mais c'est tellement ancré dans la société que c'est fait de manière inconsciente. Tu n'imagines même pas les yeux ronds de mes potes quand ils apprennent que je joue encore à Animal Crossing oO. Ça ne m'empêche pas d'être quelqu'un d'à peu près mature et réfléchi, ça me sert juste à m'évader vers un petit monde coloré et choupi, WTF ?

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    1. A vrai dire, Animal Crossing est assez mâture, comme jeu. Il suffit de voir les thématiques abordées par les personnages dans la nouvelle version.

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    2. Personnellement, Animal Crossing est le jeu qui m'a le plus angoissé... j'avais eu toute une réflexion sur le sens caché de ce jeu...

      j'en frissonne encore.

      Amicalement, Mercutio

      P.S: Oui, ce commentaire ne sert à rien. Ce à quoi je serai tenté de répondre "comme ta mère". Toujours amicalement.

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  5. Ou comment la liberté n'est pas respecté. Chacun peut s'habiller, parler, manger, se maquiller comme il veut et quand il veut, tant qu'il ne nuit a personne. Un enfant a les mêmes droit. Je me reconnais en cette petite fille. Longtemps on m'a dit qu'il fallait s'attacher les cheveux, pas avoir de vernis sur les ongles, pas faire de frange, pas d'habit qui sont trop en couleur. Dur dur pour un enfant de comprendre ça...

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    1. C'est certain, on voit qu'il y a vraiment une volonté, selon les personnes, de mettre tout le monde à leur image.

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