lundi 9 décembre 2013

Anaïs Nin et moi

Je ne sais plus exactement du jour où j'ai entendu parler d'Anaïs Nin pour la première fois. Il me semble que c'était grâce à un forum. On nous demandait de citer des personnalités qui avaient le même prénom que nous, j'ai donc fait une rapide recherche et je suis tombée sur elle. J'ai été voir sur sa fiche Wikipedia et j'ai pu voir qu'elle avait été la première femme à écrire de la littérature érotique. A partir de là, sa personnalité m'a plu.
Puis je n'y ai plus pensé.
Seulement, les événements ont fait qu'il y a un an, l'illustratrice Diglee m'a rappelée à elle. En effet, Diglee parle régulièrement de l'écrivaine sur son blog (que ce soit du livre Venus Erotica qu'elle a fait tomber dans sa baignoire ou de la Correspondance Passionnée qu'elle lisait dans son lit). J'ai fini par trouver une partie de son journal (1931-1934) que mon Papy avait dans sa bibliothèque.

Ce livre, je l'ai bouffé. J'ai lu la première ligne et à partir de là, j'ai su que j'allais adorer.
Non seulement cette femme avait le même prénom que moi, mais elle avait aussi la même façon de penser, la même philosophie. Je me souviens de phrases qui m'avaient marquée par leur concordance avec mes propres pensées. En la lisant, j'avais l'impression de lire le journal intime que j'aurais pu écrire. Nous n'avons pas la même vie, et pourtant, nous avons la même façon de voir le monde et ça me trouble beaucoup.
Récemment, j'ai trouvé par hasard une interview d'elle remontant à 1974 (trois ans avant sa mort). J'ai été vraiment surprise en l'écoutant. C'était la première fois que je pouvais la voir parler, sourire, bouger, rire. Je pouvais entendre sa voix pour la première fois et j'ai pu constater à quel point celle-ci était douce...et j'ai à nouveau ressenti ce que je ressentais en lisant son journal: je me reconnaissais incroyablement dans tout ce qu'elle disait et dans sa façon de voir la vie et le monde.


Je me suis souvenue de tout ce que j'avais ressenti en lisant son journal, cette sensation de toujours se dire "oh oui, je connais ça!" ou "je vis chaque fois la même chose!" et cela m'a fait beaucoup de bien. Cela me fait du bien de voir que quelqu'un peut mettre des mots sur ce que je ressens.

Ce matin, j'ai passé une grosse commande de livres sur Internet. Tous les livres étaient d'elle, et parmi ces livres, trois ou quatre faisaient partie de ses journaux intimes.
A nouveau, je ressens cette envie de tout savoir d'elle et d'en apprendre un peu plus sur elle et par la même occasion, sur moi.

"Les symptômes de l'hibernation se reconnaissent aisément: tout d'abord l'agitation. Le deuxième symptôme (lorsque l'hibernation devient dangereuse et pourrait aboutir à la mort): absence de plaisir. C'est tout. Elle apparaît comme une maladie inoffensive. Monotonie. Ennui. Mort. Des millions vivent ainsi (ou meurent ainsi) à leur insu. Ils travaillent dans des bureaux. Ils conduisent une voiture. Ils pique-niquent en famille. Ils élèvent des enfants. Il se produit alors un traitement de choc, une personne, un livre, une chanson, et cela les éveille et les sauve de la mort. Certains ne s'éveillent jamais. Ils sont comme ces gens qui s'endorment dans la neige et ne se réveillent jamais."

"Il me plaint; il dit: "Vous avez beaucoup souffert." Mais je ne voulais pas de pitié: je voulais qu'il m'admire, qu'il me trouve une femme unique."

"Oui, parfois j'ai l'impression que les relations humaines sont un effort trop grand."

"J'ai une passion pour les gens qui créent quelque chose. j'ai toujours eu un faible pour les gens qui étaient occupés à transformer le monde ou à donner quelque chose au monde...à créer, ce que nous appelons créer."

"Lorsque je n'écrivais pas, je lisais mon journal. je regrette beaucoup aujourd'hui parce que je n'avais pas pu écrire. Il fallait que je mette quelque chose. Mais c'était une obsession, ça passait."

"Tenir un journal est quelque chose que je recommande à tout le monde parce qu'on voit sa vie, un voit un peu...c'est comme le journal d'un bateau, on voit sa direction, on voit si votre vie devient étroite, vous faites un chemin intérieur, en même temps, alors que si vous n'écrivez pas, vous ne savez pas très bien exactement ce que vous sentez, ce que vous voyez, et aussi je conserve les moments de la vie que j'ai aimés, pour les revivre."


4 commentaires:

  1. Elle est super intelligente cette dame. elle m'impressionne et m'épate.

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  2. ça me fait tout à fait pareil quand je lis du Simone de Beauvoir (dieu que j'aime cette femme). Du coup, je rajoute Anaïs Nin sur ma liste d'auteur à découvrir.

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