dimanche 20 octobre 2013

Société psychopathe

Pour commencer cet article, je pense qu'il est bon de donner la définition d'un psychopathe.
La psychopathie se traduit par un manque d'empathie, le fait de nuire à autrui sans ressentir de honte, de culpabilité.
Je trouve que nous sommes très, très fort pour ça.
(Non mon coco, je n'utilise pas le mot "psychopathe" au premier degré, seul un psy peut diagnostiquer un truc pareil. Je le cite ici dans le but d'ébranler les cervelles, ne va pas me faire dire ce que je n'ai pas dit.)

Il y a une chose pour laquelle nous avons énormément de chance : nous pouvons donner notre avis sans crainte (liberté d'expression) et nous avons le droit au choix. Choisir notre travail, notre rythme de vie, choisir de fonder une famille, d'avoir des enfants (votre famille vous fera chier toute votre vie si vous n'en voulez pas mais je vous promets que personne ne viendra vous arrêter).
Seulement, nous avons été si heureux d'avoir ces droits (ce qui est tout à fait légitime!) que nous en abusons, et nous oublions autrui.
Et même si nous faisons du mal, même si nous blessons, personne ne pourra jamais rien nous reprocher.
A cause de la liberté d'expression et le droit de choisir ce que nous faisons.

Ma cousine fumait lorsqu'elle était enceinte et fume encore à présent. C'était son choix, après tout.
L'autre jour encore, j'ai pu lire d'une internaute "je me fiche de blesser les gens, je dis ce que je pense un point c'est tout." Après tout, pourquoi pas? Donner son avis, c'est important.
Nous mangeons de la viande en criant haut et fort que c'est notre choix, oublions effrontément le choix d'un individu dans l'histoire.
Lorsque ma soeur est sortie avec un mec déjà en couple, elle était parfaitement au courant mais a refusé d'arrêter de voir le type, même si ça pouvait blesser la copine si elle l'apprenait. Ma soeur était amoureuse, elle était donc dans son bon droit.

Sérieusement, ça ne gêne personne? N'y a-t-il pas un moment où il faut mettre ses petites envies personnelles de côté et penser un peu à la souffrance de l'Autre? Nous sommes libres, il est vrai. Pourquoi remettre cette liberté en doute?
Je pense que c'est cela qui vous dresse souvent contre mes propos : de quel droit puis-je vous enlever votre liberté.?
Je ne veux pas vous l'enlever, je cherche surtout à vous faire prendre conscience d'un truc : vous n'êtes pas seuls sur Terre.
Les autres n'ont pas à vous subir, à subir vos propos méchants, à devoir respecter votre choix de les rabaisser.

On m'a souvent répondu "si je ne peux pas parler des autres comme ça, je ne peux plus parler de rien", ou "si on arrête de se moquer dans l'humour, on ne peut plus faire d'humour du tout."
A entendre ce genre de chose, je croirais presque que nos vies, nos conversations et nos rires sont uniquement fondés sur le rabaissement des autres.
Les vies de ces personnes doivent être très tristes pour ne plus savoir quoi faire dès qu'on parle d'arrêter de se moquer.
(Si tu vois du mépris dans ce paragraphe, c'est normal.)

Quand j'écrit ce genre d'article, je reçois aussi plein de commentaires pas contents, me disant que j'ai tort.
Si j'étais plus influençable je croirais presque que la gentillesse est la chose la plus absurde qui soit et que la médisance et l'insulte est le pilier de l'humanité.

Au fait, on en parle de la liberté d'expression?
On la trouve où, la liberté d'expression? Dans les Droits de l'Homme.
Droit de l'Homme que bien des gens n'ont pas lu, sinon, noyés qu'ils sont dans les moqueries qu'ils lancent aux autres, ils connaîtraient aussi l'article 12 des mêmes Droit de l'Homme derrière lesquels ils se cachent comme derrière les jupes de Maman.
Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation.
Trop dommage.

En fait, je me sens un peu sidérée. Je ne comprends pas pourquoi l'idée de se rapprocher de la gentillesse dégoûte tant de personnes. Pourquoi nous ne pensons qu'à nous. Je ne veux pas parler de s'oublier complètement ; arrêter d'écraser autrui ne va RIEN changer à votre vie. Je le sais, puisque je l'ai fait. Ma vie est la même, mais en bien mieux : lorsque vous ne jugez plus, ne vous moquez plus, ne rabaissez plus...vous n'avez plus peur qu'il vous arrive la même chose car enfin, vous reconnaissez la bêtise extrême dont fait preuve celui qui vous rabaisse. Vous comprenez enfin qu'il est en tort, que ce n'est pas vous le fautif.
Et vous vivez mieux, finalement.
Et lorsque vous arrêtez de médire, vous vous rendez compte que vous avez plus de temps, plus de pensée libre, pour vous focaliser sur vous, sur vos besoins.
Votre égoïsme malsain devient un égoïsme positif : un égoïsme qui vous ressource sans pénaliser les autres.
Et c'est cool, en fait.
Donc non, je ne comprends pas pourquoi les gens refusent de passer ce cap. Refuser de s'en prendre à quelqu'un d'autre.

Après, si vous trouvez ça vraiment trop bénéfique de faire chier votre voisin, je vous invite à me donner des raisons censées. En fait, je vous invite à me dire que "faire du mal, c'est quelque chose de bien".
Oui, c'est un défi.
Ouvrez les yeux, bordel. L'Homme n'est pas FAIT pour faire du mal! NON, vous ne vous ferez pas écraser si vous êtes quelqu'un de gentil et de serviable! NON, personne ne vous regardera avec un air de pitié s'il s'avère que vous êtes plus serviable ou juste moins médisant que la normale.
Ce n'est pas une honte d'être gentil, ni un défaut, ni une tare. C'est quelque chose de foncièrement bien et de réellement libérateur.

Il n'y a pas d'équilibre entre le Mal et le Bien. C'est un mensonge. N'ayez pas l'impression de faire partie d'un équilibre parfait lorsque vous blessez quelqu'un : rien de ce que vous faites n'est équilibré.


  

15 commentaires:

  1. Super article!
    Peut-être qu'après avoir "passé ce cap", nous nous apercevrons sans grande difficulté que c'est clairement agréable et bénéfique pour nous aussi de ne plus faire de mal, de prendre l'autre en compte, d'être agréable...
    On se sent bien mieux dans ses pompes, le monde nous paraît moins sombre et accessoirement, on nous aime bien, bref que du bonheur...

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    1. Personnellement, le monde ne m'a pas paru moins sombre, bien au contraire, car j'ai enfin vu le problème dans nos rapports. Pour moi, avant, se moquer, c'était normal. Maintenant, je me rends compte à quel point c'est malsain mais pourtant profondément encré dans nos conversations, et ça me fout plus les boules qu'autre chose.

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  2. Très bel article!
    Je pense sincèrement que c'est la société actuelle qui a véritablement fait exploser ce sentiment d'égoïsme, de "les autres sont moins bien que moi". Il suffit de regarder autour de nous : on ne sort de chez nous que pour bosser, sinon on est enfermé chez nous avec notre PC, nos réseaux sociaux et, au final, on a plus vraiment de contact avec les autres. Ce qui fait qu'on ne développe plus cette capacité à communiquer avec autrui. "Je le dis bien sur Facebook, pourquoi pas le dire en vrai? ça change quoi?" ça change que sur FB, c'est "virtuel". La personne peut effacer ton com. Pas en vrai.
    Alors un peu de respect, ça fait jamais de mal (mais j'avoue que, des fois, quand je tombe sur des vrais blaireaux (pardon aux blaireaux qui sont des animaux indignent d'être traiter ainsi), je peux pas m'empêcher de médire).

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    1. Quand quelqu'un est méchant, ou complètement con, je médis aussi, je l'avoue (je passe ma vie à le faire sur le blog, d'ailleurs). J'essaie de réfléchir pour savoir si ça, c'est vraiment mauvais (pour des gens "bêtes", c'est sans doute mauvais).

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  3. En ce moment, à ma formation, je dois supporter le comportement de quelques filles qui passent leur temps à se moquer de ceux et celles qui ne sont pas comme eux. Pour elles, il est invraisemblable, par exemple, qu'une personne soit réservée, plutôt calme, ect. Cette personne là doit avoir une case ou deux en moins. Et je me souviens d'une journée entière de moqueries sur une nouvelle (qui n'est pas revenue après sa première journée, les moqueries ont eu lieu après son départ), juste parce que c'était une fille de la campagne, très réservée, et apparemment elle avait une démarche un peu bizarre. Une journée entière, que dis je, une journée et demi voire deux, à se foutre de sa gueule, en impliquant deux mecs de la formation "Ah bah alors Julien, tu l'as demandée en mariage et elle s'est enfuie?!!!" "Oh Régis, tu l'as épuisée la pauvre chérie". C'était gerbant au possible. Autant je ne suis pas du tout pour dire qu'il faut apprécier tout le monde, aimer son prochain, dans le sens où c'est de toutes façons impossible, et qu'il me semble quasi impossible de ne pas émettre de jugement sur quelqu'un (c'est comme ça qu'on choisi nos proches et intimes), autant j'estime que si on n'aime pas quelqu'un (dans le sens aucune affinité), on se contente de limiter les interactions et point barre. Y'a pas besoin de rabaisser, de se moquer, ect. T'aimes pas, t'ignores, t'as autre chose à foutre dans la vie que de te focaliser sur ceux que tu n'apprécies pas je pense. Ceci dit, faut pas se leurrer, nous ne sommes pas des saints, il y a des sentiments de répulsion que nous ne pouvons pas contrôler. Par contre, on peut contrôler nos réactions et nos comportements.

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    1. Oh non, je ne parle pas d'aimer tout le monde! Mais au moins laisser tranquille ^^ On ne peut pas se forcer à aimer, mais on peut se forcer à être aimable. Oui, tu as raison, moi aussi, il y a des choses que j'aime moins, qui me dégoûtent, même dans des vêtements, mais je me force toujours de tout garder pour moi, car je pense que des impression personnelles n'ont pas à être imposées à l'autre.

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  4. Pando à tout dit à ma place ^^. Pour ma part, je n'ai jamais envisagé le fait d'être méchant dans le dos de quelqu'un qui ne m'a rien fait ou dont le caractère ou le look ne me convient pas (j'ai pu ne pas en penser moins, mais je tente d'éviter de critiquer, car souvent ce sont des ressentis personnels, et les partager avec d'autres ne mènent à rien. On aime bien quelqu'un ou non, point). J'ai pu médire dans le dos de quelqu'un ou le critiquer dans son dos, ça oui, mais c'était toujours sur une personne qui m'a fait du mal, de quelque façon que ce soit. Evidemment des débordements ont existé et existeront toujours, personne n'est parfait, mais il n'empêche qu'un petit effort pour se retenir d'être méchant dans le dos de quelqu'un qui ne nous a rien fait vaut mieux que des heures d'introspection et de culpabilité à retardement... Et que de faire du mal, tout simplement!

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  5. L'humain est par nature mauvais,possessif, égoïste, égocentrique, jaloux et envieux. On me dit que non mais je soutiens mordicus le contraire. si on était tous des bisounours empathique et compatissant, les problèmes disparaitrait comme par enchantement. Et d'ailleurs ça se saurait.
    Je ne met pas tout le monde dans le même panier: il existe de gens, gentil, empathique, altruiste qui savent fermer leur gueule et ne pas se foutre et juger des autres à tout bout de champs. L'humain se rapproche plus du démon que du saint. sur ce, je rejoint entièrement Pando... Ses paroles font écho en moi, ex bouc émissaire. Ah et si en plus d'éradiquer le mal, on pourrait éradiquer les normes...ce serai bien.

    La société a toujours mis les gens en compétition (je suis de celle qui déteste marcher sur les autres pour progresser, mes semblables ne sont pas des escaliers vivants!) mais, boudiou...je crois que c'est l'apogée en ce moment!!! il me semblent qu'ils y a eu pas mal de séchage massif lors de la distribution des cerveaux!

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    1. Je t'aurais bien répondu avec un long message, mais Betta le dit mieux que moi : http://highwaytosomewhere.blogspot.fr/2013/10/il-ny-rien-de-bon-dans-lhomme-mais-en.html Voilà qui est en accord parfait avec ma pensée ^^ Je pense que ce que tu décris n'est pas dans l'essence de l'homme, ce n'est qu'un "accident", je veux dire, quelque chose de supprimable...

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  6. Ton article a réveillé mon esprit de contradiction. Il se trouve que je suis absolument d'accord avec toi et avec les commentaires que j'ai pu lire ci-dessus. Sauf que : je trouve ça tellement simple, comme façon de voir. Comment est on censé réagir quand, quoi que l'on fasse, on fera du mal ? Comment est on censé réagir quand, si on fait quelque chose, on fera du mal à autrui, mais si on ne la fait pas, on se fera du mal à nous même ? Pourquoi un autre mériterait plus que nous de ne pas avoir mal ? Parfois, on doit faire certains choix, ils peuvent être bien subjectivement et mal objectivement, ou inversement, en ce cas, que faire ? Bref, je pourrais continuer à dérouler les questions sans fin, dit comme ça ce n'est sans doute pas parlant (je doute même que tu aies compris ce que je voulais dire, mais je pense à certains exemples et c'est plus facile). Donc, arrêter de médire et de faire des choses qui nuisent à autrui, je suis totalement d'accord et c'est bien beau mais ce n'est souvent pas aussi simple. Surtout que tout le monde réagit de manière différente par rapport à ce que l'on fait/dit. Bref je m'arrête là, c'est un sujet bien trop vaste et complexe et relatif. Pour finir : bel article !

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    1. Je comprends tout à fait ce que tu veux dire! Je pense, personnellement, que l'important est d'agir dans l'optique de vouloir "faire le bien". Si on ne peut pas, on ne peut pas, c'est normal! Mais si on peut, il le faut. Tant que ça ne nous nuit pas à nous-même, effectivement!

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    2. Déjà, quoi que l'on fasse, on ne fait pas forcément de mal. Oui, je chipote, mais c'est important. Il y a toute une série d'actions qui ne font de mal à personne. Après, lorsque le mal est inévitable, plusieurs solutions :
      -Le réduire le plus possible. Genre acheter commerce équitable, tout ça.
      -Travailler à le réduire en général, en changeant la société, etc.
      -(ma solution à moi) Prendre sur soi.
      J'entends bien ton argument : "Pourquoi un autre mériterait plus que nous de ne pas avoir mal ?", mais voilà le mien : quand tu as à choisir entre faire mal à quelqu'un et te faire mal à toi, non seulement tu ne sais pas combien cela fera mal à l'autre, mais en plus, en te faisant mal à toi, tu l'as plus ou moins choisi, ce qui en allège un peu le poids. Bref à mon sens, souffrir pour les autres (coucou Jésus...) est une solution viable. Plus que faire souffrir les autres, en tous cas.
      Mais j'entends bien tes arguments. Et on ne trouvera sans doute jamais de réponse universelle, seulement des réponses individuelles ^^

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    3. J'aime beaucoup ta façon de voir les choses! Seulement, je pense que les gens ne sont pas """prêts""" à faire ça. Arrêter déjà de faire du mal quand leur bonheur n'est même pas en jeu, ça a déjà l'air de les dépasser, alors souffrir eux-même pour ne pas faire souffrir l'autre, tu penses...

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  7. Bon, chère Decay, j'ai enfin fini de rédiger ma réponse. Cette fois, pas de quadruple commentaire, juste un lien x)
    http://lecosmogoneetladiane.blogspot.fr/2013/10/la-liberte.html
    En gros, je suis d'accord avec toi. ^_^

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