vendredi 9 août 2013

Le septième péché satanique

Alors...pourquoi ce titre, me demanderez-vous.
Selon les sites nous apprenant que le satanisme est un ensemble de magie blanche, noire et de péchés, avec des petites torches tourbillonnantes dans le coin de l'écran et un fond rouge sur fond bleu marine (j'ai pas du tout la même vision de ce courant, mais bon, qui suis-je), le septième péché satanique se trouve être l'oubli du passé.
Et question d'oubli du passé, nous sommes décidément TRÈS FORTS!

N'avez-vous jamais remarqué cette tendance à toujours faire attention à la personne que nous serons plus tard? A toujours penser à d'éventuels regrets? Et surtout à ne jamais vouloir garder de rapport avec celle que nous étions avant?
Qui parmi nous relit son journal intime d'ado sans se moquer à toutes les pages?
Qui n'a jamais dit "oui mais bon ça c'était avant, j'ai changé"?
Qui n'a jamais laissé échapper la fameuse phrase "j'étais jeune et con"?

J'ai souvent l'impression que les gens préfèrent séparer distinctement chaque période de leur vie. L'enfance est l'enfance, l'adolescence est l'adolescence, l'âge adulte est l'âge adulte et la retraite n'appartient qu'à la retraite.

J'ai parfois le sentiment que beaucoup de gens ne vivent qu'à moitié de peur de décevoir celui qu'il seront plus tard. Regardons par exemple la question du tatouage.
"Quand tu seras vieux avec la peau ridée, ce sera moche."
"Ca vieillit mal, un tatouage."
"Et si dans cinq ans, tu n'as plus les mêmes goûts?"
J'ai énormément de mal à comprendre ce type de raisonnement. Personnellement, qu'est-ce que je m'en branle, de l'avis de celle que je serai plus tard? Si elle change de goûts, pourquoi devrais-je m'en formaliser maintenant?
Quelle est cette mode de toujours avoir peur d'un éventuel changement qui ne viendra peut-être jamais? D'une peau fripée qui ne recouvrira peut-être jamais notre corps? D'une vieillesse qu'un bus nous empêchera peut-être d'atteindre?

Je n'ai pas envie de vivre plus tard sans aucune trace de celle que j'étais avant. Si j'ai un tatouage avec des violettes sous les seins, qu'est-ce que cela signifiera? Qu'à dix-sept ans, j'étais en deuil de mon chat mort (les roses sont rouges, les Violettes sont crevées, remember). Si après, à 25 ans, je me fous de l'état de mes animaux, franchement, je la merde, la Moi de 25 ans.
Si la Moi de 25 ans est incapable de cohabiter avec des éléments de la Moi de 17 ans, elle sera devenue bien conne.

En fait, j'ai vraiment le sentiment que vivre sans cesse en pensant à l'éventualité que peut-être plus tard mais on est pas sûr son Soi Futur qui pourrait ne jamais exister pourrait sans doute peut-être ne pas avoir les mêmes goûts que nous, c'est vivre à moitié.
Je ne comprends pas non plus pourquoi on ne pourrait pas garder la trace de nos goûts d'avant, que ce soit gravé sur la peau ou ailleurs.
Pourquoi ne pas faire ce dont on a envie sur le moment, et de voir plus tard? Rien n'est totalement irréversible, je pense.
Et si ça l'est, une question de goût est-elle réellement si dramatique?


6 commentaires:

  1. Réussir à vivre en acceptant son passé, en profitant du présent, mais en pensant quand même au futur. Au final, ce n'est qu'une question d'équilibre, il faut savoir accepter ce qu'on a été, être nous-même. Pour le futur, je pense qu'on peux y penser pour certain détails matériel (études ou autres), ou pour des projets, mais on ne peux penser à ce qu'on va être, car ça, c'est surtout la vie et nos expériences qui le décideront.
    (Là, j'avais tapé un tas de trucs, mais au final, je vais en faire un article. Peut-être.)

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    1. *et réussir à être nous même (et c'est ainsi, je pense, qu'on peut ne jamais s'auto-décevoir)
      (oui, il en manquait un bout)

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    2. Oui, pour les études, la santé, tout cela, je pense qu'il faut penser à soi. Mais pour les goûts, je me demande si cela vaut vraiment le coup. C'est certain que traîner toute la journée dans la rue avec ses potes au lieu d'aller en cours, c'est pas la meilleure solution. On va dire que les conséquences pour la suite seront plus embarrassantes qu'un simple tatouage.

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  2. Ton article m'a fais du bien. J'avoue avoir peur de ce genre de regrets, et même pour être honnête, je suis très axée sur la peur du regret. Mais en fait, c'est toi qui a raison, complètement. En voulant tellement éviter les regrets, c'est encore là que je risque de m'en taper le plus.

    Merci pour ton article. <3

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    1. Et puis, qu'est-ce qu'on dit tout le temps? Il vaut mieux avoir des remords que des regrets ;D

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  3. Personnellement...
    Renier mon enfance me paraît ridicule, je n'ai jamais réussi à le faire. Je suis terriblement nostalgique de cette période et j'y tiens beaucoup, jeter le moindre de mes cahiers de primaire est pour moi hors de question.

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