mercredi 28 août 2013

La confiance en soi, la prétention, le narcissisme, l'orgueil, la fierté, la vanité et l'arrogance

Confiance en soi : croire en son potentiel et en ses capacités.

Prétention --> vanité --> orgueil : opinion trop avantageuse de soi-même, sentiment de fierté.

Fierté : se dit de quelqu'un de digne.

Narcissisme : admiration de soi-même.

Soyons d'accord, chacun de nous est persuadé que chacun de ces mots, excepté le premier dans certains cas, est un défaut. L'un d'eux est même vu comme l'un des sept péchés capitaux.
Pourquoi ?
Parce qu'éprouver un sentiment positif envers soi-même, de l'amour, de l'admiration, de la confiance, de la fierté, est quelque chose d'infiniment mal vu par l'être humain.
N'avez-vous jamais remarqué ? Moi non, en tout cas, jusqu'à vouloir connaître la définition de chacun de ces mots.
L'écrivain Nathaniel Branden faisait remarquer dans son livre Les six clés de la confiance en soi que nous avions souvent peur d'un excès de confiance en nous. Il s'ensuivait ensuite cette affirmation :
Ce n'est pas possible.
Et maintenant, c'est à moi de me permettre de vous dire que ceux qui vous affirmeront le contraire doivent certainement confondre Confiance en soi, vanité, orgueil, fierté et prétention avec arrogance.
Dame Arrogance, selon la définition, accompagne le sentiment de fierté d'une insolence méprisante.
Par exemple en s'amusant à imaginer les éventuelles réponses de ses lecteurs et en s'adressant à ceux-ci d'un ton cassant. Hi hi.

Seulement, l'arrogance est loin de se trouver près des définitions des "défauts" cités en début d'article, et pour y correspondre il faudrait avoir déjà en soi cette sorte de mépris dont sont parfois parées certaines personnes.
Ou alors s'appeler Decay ; ça marche aussi. Personnellement, Mercutio m'a reconnue dans cette définition au travers de mon blog (pas fait exprès), et ce qui me dérangera toujours, ce sera que les gens ont souvent tendance à s'arrêter sur la fierté plutôt que sur l'insolence.
La boucle est bouclée et je peux donc revenir au début de l'article.


Dans le livre cité plus haut, Branden nous apprenait bien justement qu'un grand nombre de nos actions étaient dictées par le manque de confiance en soi : complexes, régimes, insultes, viols, moqueries, rabaissement, harcèlement, peur de l'inconnu et de la différence, etc.
Tiens, ça ne vous dit rien ?
Ainsi donc, tout ce dont je me suis plainte le long de ce blog a donc été dû en plus ou moins grande partie au manque de confiance en soi ?
Toutafay.

Depuis que nous sommes nés, nous sommes éduqués au conformisme et à la perfection. Sortir du lot et se faire remarquer était mal vu, ainsi que l'échec et toute chose dégradante du quotidien.
Qui n'a jamais eu honte en découvrant qu'il redoublait?
Et qui n'a jamais utilisé de surnoms idiots tels que "tante Irma", "les ragnagnas", "la mauvaise période du mois", etc, pour nommer ses règles?
Finalement, en nous apprenant que certaines choses sont des hontes indiscutables alors que celles-ci arrivent à chacun d'entre nous, nous sommes obligatoirement confrontés à ce qui nous fait honte, et nous sommes donc voués à apprendre que nous ne sommes pas à la hauteur.
De même, depuis le plus jeune âge nous sommes confrontés à un idéal esthétique auquel il est IMPOSSIBLE d'adhérer pour tout le monde. Nous naissons avec des constitutions différentes, des métabolismes différents, des peaux et des cheveux différents, et finalement nous sommes, encore une fois, voués à nous confronter à l'échec et à penser que c'est notre faute. Et donc à avoir honte de notre corps.


Le manque de confiance en soi devient rapidement une seconde nature chez l'être humain. En ayant honte de nous, nous donnons honte aux autres. "Si je passe ma vie à acheter les vêtements les plus passe-partout possible, pourquoi aurait-elle la liberté de faire autement ?" "Si j'ai sans cesse honte d'aller à la selle, pourquoi pourrait-il en parler librement ?"
Et finalement nous tentons du mieux que nous pouvons de modeler l'autre dans le moule qui nous a formés et nous entrons dans un cercle vicieux.

Seulement, oser parler de choses taboues comme des règles, des pratiques sexuelles, etc, ou s'habiller comme on le souhaite et colorer ses cheveux comme on le souhaite, ne demande qu'une chose: de la confiance en soi.
De là, ce sentiment devient mal vu, car il est source d'émancipation, et finalement de sentiment d'injustice : "pourquoi croit-il en lui et pas moi ?"
Pire, si peu répandu soit ce sentiment, il peut même se heurter à l'ignorance: "Comment peut-on croire en soi et penser que l'on peut faire de grandes choses ? Cela ne doit pas être normal".
Et de là sont classés comme défauts tous ces sentiments relatifs à l'admiration de soi-même.

Les amis, si vous êtes persuadés que la confiance en soi et l'orgueil sont des maux, vous penserez toute votre vie que vous dévaluer vous-même est la solution vers le bonheur.
Au lieu de blâmer les gens narcissiques, puisez un peu de cet amour et prenez-le pour vous. Vous ne verrez JAMAIS trop grand, et même si vous n'atteignez pas votre but, vous aurez accompli un grand nombre de choses et quoi qu'il vous arrivera, vous serez satisfaits.
Et fiers de vous.



13 commentaires:

  1. Le seul adjectif ici qui est correcte et acceptable est la confiance en soi.
    L'orgueil, le narcissisme, la prétention, La vanité
    , l'arrogance, la frime, etc...
    Ne sont pas contre que des mots désignant des défauts, très moches qui plus est. Car généralement ils sont utilisés par des gens qui se croivent meilleurs que d'autres. N'est ce pas l'un des nemesis de ton blog ?

    De plus avoir trop confiance en soi pousse automatiquement à rabaisser les autres à un moment ou à un autre. Si tu as par exemple le malheur de dire à quelqu'un d'orgueilleux que tu es meilleur que lui dans un domaine il n'hesitera pas à t'écraser. c'est disons la forme contraire de ce que tu expliquais qu'il se déroulait dans le cas d'un manque de confiance en soi.

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    1. Seulement, quand je suis la définition de chacun de ces mots, que puis-je en tirer de mauvais? La certitude de valoir mieux qu'un autre n'est en aucun cas inclus là-dedans...

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    2. Et puis, si je peux me permettre (tu m'excuses, hein?) dans l'exemple donné il y a "si tu fais remarquer à quelque'un d'orgueilleux que TU ES MEILLEUR QUE LUI"... Moi je dis ça!
      bref, tout ça pour dire que l'on peut facilement tomber dans des réflexions bien nazes qui consisteraient à se renvoyer la patate chaude... Bref...
      100% d'accord avec toi Decay (Anaïs?)

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  2. Il est vraiment pas bête, ton article, c'est quelque chose auquel je n'avais jamais pensé !
    Après, quand on désigne quelque chose qui peut être considéré comme tabou par un "surnom", cela peut aussi être à cause non pas d'une honte, mais d'une sorte de jeu, de nom de code marrant, mais c'est vrai que cela vient du fait qu'à la base on cherche des surnoms à ces choses car c'est un sujet plutôt tabou...
    A mon avis, toutes ces réactions que tu décris, je pense qu'elles sont inconscientes chez nous, on est tous tellement formés dans une même société qu'on en vient à avoir tous les mêmes réactions inconscientes vis à vis de la confiance en soi et tout ça.

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    1. C'est justement ce que je tiens à dénoncer: ces pensées réflexe.

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  3. Le problème avec la prétention est dans le mot : on prétend, on n'est pas.
    Le problème avec l'orgueil (ou vanité), c'est que selon la définition que j'ai trouvé, c'est avoir une "opinion TROP avantageuse de soi même". Avec comme synonyme, dédain. (Ceci dit, orgueil à bel et bien plusieurs sens dont le sens "fierté", apparemment.)
    Idem pour le narcissisme, un de ses sens est "égocentrisme", en quoi est il bon de se tourner toujours sur soi ? De plus, comme le montre l'histoire de Narcisse, le narcissisme est exagéré.
    Bon, ceci dit, c'est du total chipotage, souvent on interprète, on écarte les mots de leur définition sans même le faire exprès ou savoir quelle est leur réelle définition, et si ce n'est qu'une affaire de mots, ce n'est pas si grave.
    Sur le fond de l'article je suis néanmoins tout à fait d'accord avec toi, j'ai particulièrement apprécié le passage ou tu expliquais que beaucoup de problèmes du genre intolérance découlent du manque de confiance en soi...ça fait prendre conscience de certaines choses. Et je suis d'accord pour s'aimer tant que ce n'est pas exagéré voire malsain. :)

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    1. Mais je me pose une question: comment peut-on avoir une opinion TROP avantageuse de soi-même? Comment peut-on TROP s'aimer?

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  4. Tout est, à mon avis, une question, dans un premier temps, de mesure, et dans un second, de motivations.

    Je m'explique. La confiance en soi, tant qu'elle reste ce qu'elle est, donnera l'impression d'une personne forte, verticale... Une fois exagérée, elle peut mener à des excès tels que le mépris, le dédain... Donc, mesure. C'est là le sens communément inclus dans la locution "trop s'aimer".

    Ensuite, la motivation. Il existe trois cas bien distincts (et un peu caricaturés, tout n'est pas blanc, noir et gris à 50%) :
    1) Je n'ai aucune raison (ni objective, ni subjective) de me sentir en confiance, je suis simplement convaincu que je suis meilleur que les autres, et que ceux-ci sont tous, sans exceptions, inférieur à moi, être supérieur.
    2) J'ai au moins une raison objective de croire en moi, comme l'expérience d'une précédente action du même genre réussie, de solides connaissances... (exemple : j'ai révisé pour le contrôle de mathématiques), ce qui me donne tout le crédit nécessaire afin d'agir.
    3) J'ai au moins une raison subjective (exemple : j'ai réussi le premier contrôle de mathématiques et je pense que le suivant sera de difficulté similaire). Dans ce cas, la personne peut être critiquée (je veux dire : "c'est une éventualité", pas : "on a le droit de la critiquer"), puisque sa raison et subjective, et, par définition, change de valeur selon l'observateur qui la considère (exemple : un élève de la classe peut penser que le contrôle sera bien plus difficile que le précédent). Quoi qu'il en soit, dans ce cas, on ne dit rien, et on laisse la personne agir. Parce qu'elle est convaincue en elle-même qu'elle va réussir. On ne peut pas la critiquer pour excès de confiance en soi. En revanche, on peut la prévenir que sa raison est subjective, et que, par conséquent, elle a quelques risques d'échouer.

    Finalement, seul le premier cas est critiquable, car il est basé sur une impression de supériorité, fondée ou pas, mais dénigrante. Quiconque, en lui-même, est confiant parce que motivé, expérimenté ou que sais-je encore, quiconque est fier d'un travail effectué, quiconque même s'admire pour avoir réussi quelque chose qu'il ne pensait pas possible de lui-même, n'a pas à être blâmé.

    Pour conclure, je dirais que l'on peut sans doute s'aimer autant que l'on veut, tant que cela ne nuit ni aux autres, ni à soi-même.

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    1. Et cette dernière phrase fonctionne en toute chose, que l'on soit d'accord ^^

      Personnellement, je vois le dédain et la supériorité comme des soucis complètement indépendants de la confiance et de l'opinion qu'on a de nous. Quand on se dit mieux que les autres, ce n'est pas un excès de confiance, mais un excès de supériorité ; c'est tout.

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    2. Nous sommes bien d'accord ^^

      Hmm... Je suis d'accord. Mais comme la supériorité donne confiance, bah... Voilà quoi. Ce qui simplifie le problème : toute confiance non-née d'un sentiment de supériorité est louable. Et tant qu'elle n'est pas accompagnée de dédain. Ce qui devient alors de la supériorité, la boucle est bouclée.

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    3. Je ne sais pas si ça va servir à grand-chose, comme commentaire, mais je suis en train de lire "Lettre au père", de Kafka, et il dit à un moment (je traduis) :
      "Dans ton fauteuil, tu régissais le monde. Ton opinion était bonne, toute autre était folle, exagérée, cinglée, pas normale. Et ta confiance en toi était si grande que [...]" (la suite n'est pas primordiale c'est pourquoi je coupe)

      Je souligne l'usage du mot "confiance en soi" (et il n'y a pas d'équivoque, c'est bien "confiance en soi" dans le texte d'origine), associé, en fait, à un sentiment de supériorité et de dénigrement des autres.
      En fait, la confusion ne date pas d'hier. La lettre a été écrite en 1919... Il va donc être bien difficile de changer le point de vue des gens, alors qu'il est déjà (au moins) séculaire. Mais ça reste possible.

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  5. J'adore cet article, je l'adore vraiment! Ca t'ennuis si je poste un truc sur le même sujet???

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    1. Whaaat? Bien sûr que non, ça ne m'ennuie pas! Et si je t'ai donnée l'idée, j'en suis on ne peut plus honorée! =D

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