dimanche 9 juin 2013

L'égale de l'homme, ou l'identique au mâle?

Je trouve que le féminisme est un sujet de discussion vraiment intéressant. On en a tous une vision plus ou moins différente de celle de notre voisin. Du coup, j'aime bien partager la mienne.

Et il a quelque chose qui m'a toujours dérangée dans l'avis de certaines personnes (beaucoup de choses me dérangent, tu le sais, tu me connais).  Je pense que cela peut partir de la même idée que ceux qui beuglent qu'une femme topless n'aidera pas le progrès des féministes.
Ce que cette phrase veut dire, et c'est ce qui est le plus grave dans l'histoire, c'est que, pour être l'égale de l'homme, la femme doit cacher le fait qu'elle est une femme.
Logique indiscutable, tu me diras.
Sauf qu'en réfléchissant ainsi, oui, la femme, en tant que personne qui imite l'homme, deviendra l'égale de l'homme. Forcément! Mais pas en tant que femme. Donc ton combat, tu l'as pas gagné du tout.
La femme, pour devenir l'égale de l'homme, se doit de se séparer définitivement de la femme d'antan, la femme au foyer, la femme sans ambition.
Parce que maintenant, si tu veux devenir l'égale de Monsieur, tu te dois de faire des tas de choses dans ta vie, de montrer que t'es trop balèze, et si ton ambition dans la vie est de te marier, d'avoir des enfants, de rester à la maison, de prendre le nom de ton époux SANS MÊME AVOIR LA DÉCENCE D'Y JUXTAPOSER LE TIENS, beh t'es une petite soumise décérébrée, tu n'aides pas le progrès, et enlève-moi ces talons de 12 espèce de sale petite victime du patriarcat.
En gros.

Pour être l'égale de l'homme, une femme devrait pouvoir choisir entre le foyer et le travail, entre la jupe et le pantalon (oui oui, on m'a déjà fait la remarque selon laquelle je faisons honte à ces grandes dames qui s'étaient battues pour que je porte un pantalon. Vais-je donc devoir faire le même combat en sens inverse pour pouvoir porter une robe en public?), entre le maquillage et le naturel, entre les cheveux courts et les cheveux longs, entre la plomberie et le show burlesque, et ce sans que l'une ou l'autre soit vue comme un être inférieur.

"L'effeuillage, le burlesque, ça ne fait pas de nous des femmes moins fortes! Ça redonne à la femme son pouvoir de femme. On a le droit de vote, maintenant, on a le droit de prendre la pilule, c'est un droit acquis, on l'enlèvera pas, donc on a plus besoin, en tant que femmes, de se comporter comme des hommes pour prouver qu'on est égales. Je ne veux plus voir des femmes devoir se comporter en hommes pour réussir dans la vie, je trouve ça complètement ridicule. Parce qu'à la fin de la journée, ça reste une femme. Autant se comporter en femmes."

Scarlett James, elle est belle, elle est grande, et elle dit des trucs pas con.

Et le porte-jarretelle de Scarlett ne la rend pas inférieure à James

Le féminisme, c'est laisser aux femmes le choix d'être qui elles veulent, de la façon qu'elles veulent, en ressemblant à ce qu'elles veulent. Moi non plus, je n'ai plus envie de voir une femme se forcer à mettre un pantalon pour se rendre au boulot, se forcer à ne jamais se montrer séductrice alors qu'elle en a envie, etc etc.

Oui, parce que la séduction est elle aussi devenue une honte. Avec tous les viols, plus personne n'a le droit de se forger une réputation de femme qui aime séduire juste pour la joie de voir que l'on plait.
Parce que si elle se fait violer, le monde dira qu'elle n'avait aucune excuse, et elle le sait.
Personnellement, j'aime séduire. J'aime bien qu'on se retourne vers moi, et j'aime recevoir des compliments sur mon physique ("eh gazelle" n'est pas un compliment, il n'y a ni sujet ni verbe ni complément tu sais rien faire avec ça, ON EST D'ACCORD), et pourtant, je refuse que l'on me touche ou que l'on me prenne comme acquise juste parce que je me suis faite belle en me levant ce matin.
Ce n'est pas parce que je me veux séductrice que j'accepte que l'on me manque de respect.
Je n'accepte pas qu'on m'insulte, qu'on parle dans mon dos, qu'on me touche les fesses, ou que l'on me prenne par derrière dans un coin sombre.
Je ne cherche rien, et je m'étonne de tout. Capito?

Je commence à en avoir marre que se comporter comme "la femme d'antan" (je rajoute "d'antan" pour ne pas juste dire "la femme", parce qu'une femme reste une femme tant qu'elle se considère comme telle et quoi qu'elle fasse) soit devenu une honte, quelque chose de mal vu, de piétiné, que ce soit par des hommes ou d'autres femmes. C'est fatiguant. 
Pour que la femme soit l'égale de l'homme, elle devrait être considérée comme son égale quel que soit son degré de féminité et quelle que soit sa notion de la féminité. 

C'est tout ce que j'avais à dire.
Merci de m'avoir lue.


[A fait la Une Hellocoton le 10 juin 2013]


11 commentaires:

  1. Je ne me pose plus de questions vis à vis du féminisme. Pour moi, le principal c'est que la femme puisse faire ce qu'elle veut de sa vie. Me montrer séductrice ou exhibitionniste n'est pas pour moi synonyme de dominance de l'homme ou de soumission, c'est juste me sentir bien dans mon corps, dans ma vie, et faire ce que je veux. Pour moi, c'est ma définition du féminisme. Si toutes les femmes du monde avaient autant de droit que nous en avons en France, le monde aura fait un grand pas. Si tous les milieux sociaux acceptaient que la femme soit libre de ses choix, de sa vie là aussi nous auront beaucoup avancé.

    RépondreSupprimer
  2. Je trouve que le seul vrai combat valable pour le féminisme aujourd'hui est l'égalité salariale. C'est un combat qui faut poursuivre. Après j'adhère totalement avec l'idée que le féminisme doit permettre à la femme de pouvoir vivre sa féminité comme elle l'entend, en menant les choix qu'elle décide.

    Cependant je trouve complètement idiot le fait de se vouloir à tout prix égaux sur tout les plans (si ce n'est le salaire bien sur). Chaque individu est différent de par ses origines, son histoire, son éducation, sa culture mais aussi son sexe ! C'est chacun de ces détails qui font que personnes n'est égaux mais que nous sommes tous qu'un immense panel de diversité qui ne devrait jamais s'éteindre. Une femme ne pourra jamais agir comme un homme, l'inverse est tout aussi vrai.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je pense qu'il reste trop de choses, à part le salaire, qui ne vont pas non plus. La femme qui fait tout à la maison (c'est le cas de ma tante, et quand tu vois son époux qui en branle pas une, t'as la gerbe), les pères qui obtiennent difficilement la garde du gosse en cas de divorce, et plein de choses comme ça. Pour moi, le salaire reste la partie émergée de l'iceberg.

      Supprimer
  3. j'adore ton article. j'ai l'impression qu'on a parfaitement la meme vision du féminisme. pas une recherche de supériorité aux hommes mais une recherche d'égalité de droits. avoir le même droit que les hommes, et aussi qu'ils aient les mêmes droits que nous. C'est dingue qu'on ne puisse pas encore se défaire de l'image de la féministe type forcement laide lesbienne par défaut aigrie et mal baisée qui se vange de sa frustration sur les hommes... et oui on peut être féministe et aimer se pomponner, et faire plaisir à son homme. et oui on peut aimer se sentir désirable sans vouloir pour autant être une femme objet. et oui il reste beaucoup de combat à mener, ne serai-ce que de faire prendre confiance que oui, le féminisme a encore du chemin à faire dans une société où on te dit que tu ne peux pas sortir habillée comme tu le souhaite, à l'heure que tu veux, où tu veux, et que s'il t'arrive quelque chose ce sera de ta faute. dans une société qui te dit que si tu n'as pas de désir d'enfant tu n'es pas une vraie femme. que si tu n'es pas belle tu n'es rien. que si tu es belle tu es forcement idiote et vénale. que si tu es intelligente et belle, tout ce qui compte c'est que tu sois belle. que si tu es intelligente et que tu as un physique ingrat tu n'iras nullepart parceque y a pas de place pour les femmes laides. que si tu veux avoir une carrière et des enfants tu seras une mauvaise mère. que si tu veux faire la fête et t'envoyer en l'air tu ne vaux rien etc. etc. oooh oui, on n'a du taff les filles

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je pense que si on s'y met toutes ensemble et qu'on prend notre courage à deux mains pour prouver au monde ce qu'on vaut en tant que femme, on réussira.

      Supprimer
  4. j'espère. en tout cas il ne faut pas baisser les bras

    RépondreSupprimer
  5. Bonsoir !

    Je viens un peu tard mais peut-être verrez vous ce commentaire tout de même :)
    Je suis tout à fait d'accord avec ce que vous avez dit, mais je trouve ça étrange de s'appuyer sur les propos de Scarlett James, sa phrase "Parce qu'à la fin de la journée, ça reste une femme. Autant se comporter en femme" me semble contradictoire avec votre façon de penser justement.

    Si une femme veut être féminine c'est tout à fait son droit ! Mais ce "comporter en femme" me gêne beaucoup, c'est une vision essentialiste, comme s'il n'y avait qu'une façon de se comporter, comme si c'était parfaitement naturel alors que des femmes peuvent très bien se sentir sans montrer leur féminité car elles n'en ont pas envie. Cette phrase donnent juste l'impression que les femmes qui ne montrent pas leur féminité se travestissent, jouent juste un rôle qui ne leur correspond pas "naturellement", en lisant ça je vois juste une expression de la fonction de séductrice soi-disant inhérente aux femmes, c'est ça qui me rend perplexe.

    Cordialement.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je comprends, et j'avais moi-même peur que ce soit cela qui soit compris : personnellement, ce que je veux dire en citant Scarlett James, c'est qu'aucune femme ne devrait se sentir forcée de se comporter "comme un homme". Si ses goûts l'amènent à se comporter "en femme" (dans le sens classique du terme, bien sûr quoi que nous fassions, si nous nous voyons femme, nous restons femme), autant se comporter en fonction de ses goûts au lieu de se cacher :)

      Supprimer
  6. Merci pour l'éclaircissement je trouvais ses paroles tendancieuses ^^

    RépondreSupprimer
  7. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

    RépondreSupprimer