jeudi 21 février 2013

Bonjour, je m'appelle Anaïs, et je suis une éponge

Bonjour à tous.
Je me présente.
Je m'appelle Anaïs, j'ai 17 ans, j'aime m'adonner à des causes perdues, avoir les cheveux teins, écrire des trucs, et apprendre des mots compliqués pour me donner l'air intelligent que je ne peux me payer habituellement.
Et je suis une éponge.


J'ai pas trouvé de jolie éponge, et comme je
voulais pas mettre un certain protagoniste jaune
 d'un certain dessin animé, je vous mets des petites fraises.

Pourquoi donc?
Parce que j'absorbe tout ce qu'on me dit. De façon irrémédiable.
Pour peu que ce que tu m'ais dit soit méchant, des années plus tard je pourrai te le ressortir. C'est merveilleux.
Et non seulement je vais le retenir, mais en plus, je vais y croire.
Les "tu n'es qu'une prétentieuse égoïste", les "salope", les "t'es une chieuse", les "t'es moche", les "j'en ai marre de toi", les "pourquoi t'existes?", les "t'es inutile" et les "avec la gueule que t'as, personne ne voudra jamais de toi" de ma soeur, les "t'es conne" de ma mère, les "j'aurais aimé avoir une fille normale, avec des cheveux normaux, qui sort, qui a des potes, un copain, des bonnes notes, et à la place j'ai une fille qui veut des cheveux roses" de mon père, les "c'est pour ça qu'elle a un trou dans le cerveau!" de ma cousine, et j'en passe et des meilleures.
Je les ai tous retenus. Et cru.
Et il m'arrive parfois de les croire encore.

Quand je suis entrée en secondaire, le bouc émissaire de la classe, c'était moi. Moqueries, insultes, "mais quelle conne! Quelle gamine!" et autres qualificatifs ont fait partie de ma vie.
Pendant des années, j'ai cru que j'étais retardée. Que j'avais une pathologie, quelque chose du genre, que j'étais handicapée mentale. Parce qu'à force de se faire rabaisser et traiter d'immature, on finit par se demander si on a pas un peu de retard.
C'est alors que je vous écris que je me rends compte que je n'avais pas de raison de penser ça. Que mon comportement a toujours été des plus normaux.
Mais pour combien de temps? Combien de temps me rassurerai-je?

Maintenant encore, mon petit combat, ma futile bataille vers l'acceptation des diversités me vaut parfois des remarques méprisantes. On me traite d'immature, encore, de conne, et d'autres qualificatifs.
De nouveau rabaissée.

Quand j'étais enfant, et encore maintenant, quand j'étais frappée, jamais la personne n'a été punie ou réprimandée. Quand c'était ma mère, je n'avais rien à dire, et quand c'était ma soeur, il suffisait que cette dernière explique que "j'étais chiante" pour que je devienne la fautive.
J'y ai cru. J'ai cru que je méritais ces baffes.

Je suis lasse, et ma psy est sidérée.

Si encore je n'étais pas sélective.
Je le suis.
Les "tu es parfaite" et les "tu es magnifique" de Mercutio, les "quand je dis à mes amis que j'ai de jolies filles, ils appuient toujours sur le fait qu'ils te trouvent très belle" et les "quand tu mets tes jolies robes, je n'ai jamais honte de toi, au contraire!" de mon père, et les "je te trouve géniale" des autres, je ne peux y croire.
On m'a appris autre chose.
Je ne peux pas être parfaite, je suis une chieuse, prétentieuse et égoïste.
Je ne peux pas être magnifique, ma soeur m'avait dit que j'étais moche.
Mercutio ne peut pas m'aimer, elle m'avait dit que personne ne voudrait jamais de moi.
Papa ne peut pas être fier de moi, il a dit qu'il préférait une fille normale.
Je ne peux pas être géniale, on m'a dit que je ne servais à rien.

Et toutes ces personnes ont déjà oublié. Moi pas.

19 commentaires:

  1. Tu es bouleversante Anaïs.. qu'elle maturité.

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    1. Pas si sûre, finalement. J'ai le regret de le dire.

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  2. Je comprends tellement mais alors tellement. Combien de fois je me ressasse toutes les fois où je me suis faite tabassée à la maison tout ça parce que mon frère m'avait désignée comme coupable alors que soit c'était lui soit il n'en savait rien mais c'était plus drôle de dire que c'était moi. Et maintenant les gens ne comprennent pas, ni même ma famille pourquoi parfois je leur en veux, parfois je les déteste et pourquoi je ne veux pas aider mon frère. Eux ils ont oublié, pas moi :/

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    1. C'est ça qui m'agace: les personnes qui t'agressent oublient quelques jours plus tard ce qu'ils ont fait ou dit. Pour eux, c'était un geste ou une parole comme une autre. Et finalement, t'es la seule à t'en rappeler.

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  3. Ton.texte.est.trop.génial. Est-ce que tu me crois ? Depuis le tout début que je te lis, je ne pense que du bien de toi, tout le temps, tu es genre mon idole dans la façon de faire, tu es en mode je m'en foutiste de ce que tu penses. Alors quand tu dévoiles ce que tu penses vraiment je me dis : hé !!!! Je ne suis pas la seule à toujours repenser à ce qu'on me dit ! Quand mon père m'a dit (j'avais 7ans!!) que si mes parents divorçaient c'était à cause moi, parce que j'étais insupportable et que je foutais trop la merde avec tout le monde, je m'en souviens encore. Maintenant quand on me dit : de toute façon tu n'es qu'une fouteuse de merde, je me dis, ben oui et j'ai foutu le mariage de mes parents en l'air ! Quand on me dit que je suis trop gentille avec les gens, que je suis une fille adorable je me dis aussi que c'est impossible, parce qu'on m'a dit tant de fois que j'étais nulle, chiante, débile, totalement inutile, que j'étais trop méchante et vraiment blessante, j'ai du mal à croire aussi que je puisse être si gentille... Y'a des mots qu'on garde vraiment à vie. Il te suffit d'un moment de faiblesse, pour que tu te pètes le moral à tout jamais à cause d'un mot, d'une phrase ou d'un simple mensonge pour te blesser.

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    1. Je trouve ça vraiment naze, que ton père t'ait dit ça o_O Déjà que je ne pense pas qu'une personne puisse avoir quelque chose à voir dans le divorce de ses parents, c'était vraiment te mettre la faute dessus sans raison °>_<°

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  4. Qu'est-ce que je te comprends... Le pire, c'est qu'on s'en rend compte, qu'on absorbe que le mauvais... Mais on continue. On fait pas exprès. On se dit que s'ils le disent, c'est que c'est vrai. Sinon, bah, ils le diraient pas, ça sort bien de quelque part.
    Je sais que ça ne servira à rien de te dire que tu es belle, talentueuse, mature, que chacun de tes articles me met le sourire aux lèvres ou tout simplement que je m'y reconnais et que je n'aurais pas su dire mieux... Je suppose que toutes les gentilles choses que je te dirais seront inutiles, vu qu'effectivement, quand on a grandi avec ce genre de remarques, on n'entend plus le positif. Les "t'es belle" et "tu es merveilleuse", on n'y croit pas, on se dit que les gens se forcent et qu'au pire, s'ils y croient, ils arrêteront d'y croire un jour, car ils ont tort. C'est ce qui m'arrive en ce moment. Benoît m'a tellement rabaissée, dévalorisée, que lorsque mon nouveau petit ami me dit des choses merveilleuses, je n'arrive pas à le croire. Je me dis "mais qui peut penser ça de moi ? Je ne peux pas avoir autant d'importance, je ne suis qu'un gros ventre, une mocheté, une personne sans intérêt, sans discussion...". Je te parle pas des dégâts qu'a fait mon père, avec toutes ses réflexions... Bref, je parle je parle, je t'en tartine trois tonnes, tout ça pour te dire : je te comprends. C'est simple, pour eux, de lâcher des réflexions de ce genre, mais ils ne se rendent pas compte de quels impacts peuvent avoir leurs mots. On s'en souviendra sans doute longtemps mais j'espère pour toi qu'un jour, tu absorberas aussi le meilleur et qu'il prendra le pas sur le reste ! Je te fais pleins de bisous :)
    (et parce que ça peut servir, la minute lèche-fesse : Mais Anaïs, t'es fabuleuse, et Mercutio n'est pas le seul à le penser ;))

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    1. Oh my, j'avais toujours eu la logique du "s'il ne pensait pas un minimum ce qu'il m'a dit, il n'aurait même pas songé à me le balancer", aussi. Est-ce que c'est nous qui avons la réflexion torturée ou les autres qui ne réfléchissent pas avant de parler?

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  5. N'empêche que vous manifestez une ouverture d'esprit que beaucoup devraient vous envier.
    Si oisillon me demandait le meilleur endroit pour choir du nid avant de savoir voler (je sais, ce serait tordu, mais les oisillons ont parfois des velléités surprenantes) je lui conseillerais de le faire sur votre trajet quotidien ; j'ai le sentiment que vous ne le laisseriez pas crever sur le trottoir.

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    1. Oisillon peut avoir confiance, si oisillon est gentil avec moi (et avec mes cheveux), je ferai de mon mieux.

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  7. Anaïs, ma chère, j'ai tellement l'impression de me revoir moi, il y a des années. Je comprend totalement ce que tu ressens, je pense aussi qu'il est grand temps que je te livre le fond de ma pensée.

    Je ne sais pas si tu va bien prendre ce que je vais te dire mais je vais rester moi même, être honnête et franche.

    Il ne faut pas que tu te décourage, c'est très important. Mais je vais te dire qu'à un moment donné il faut éviter d'en remettre une couche et passé au dessus de cela. A une époque je ne m'acceptait pas et je n'entendais que le mal que l'on pouvais dire de moi. (Ne fusse que hier ou j'ai encore subie une nième vexation de mon padrès.) Et un jour j'en ai simplement eu assez de mes laisser dévaloriser par des gens qui n'en valais pas la peine. J'accepte les compliments, j'accepte certains conseils, j'accepte ce qui peut être constructifs. et le reste: BASTA !

    Mais malheureusement, je vais te dire quelque choses qui ne va pas te plaire: tu as les cheveux vert et rose et avec le monde du travail, cette foutue norme de merde; tu sera et restera le bouc émissaire de la société. Un style vestimentaire, une teinte de cheveux, ça passe pas "dans le monde des adultes". Ton style vestimentaires est très correcte et me semble assez cool , original et bien sans choquer les gens. Les cheveux eux, ne passerons JAMAIS. J'en ai été une preuve flagrante.

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  8. (beuh...trop long!)

    Moi aussi j'aimerai comme Sandrine, vivre en goth tout les jours. Mais a moins de trouver le super employeur hyper ouvert d'esprit, cela ne se fera pas. Surtout quand tu travaille dans un métier ou tu es amené à rencontrer et interagir avec d'autres personnes.

    La différence est une richesse que la norme ne tolère, ne supporte et n'accepte pas. Il faut être un minimum (le minimum syndical quoi!) comme les autres pour survivre dans ce monde de requins. Si je me réduis à porter une petite frange rouge, un pull et un pantalon noir par dessus mon sacro saint tablier blanc, c'est pas par plaisir, c'est pas nécessité.

    Je regrette de te dire ça mais dans le "monde des adultes", les bisounours, les licornes, nyan cat et les paillettes n'existent plus.

    Profite bien de tes années lycées ou tout te sera permis mais une fois dehors tu verra que c'est encore différents: les gens sont toujours aussi cons mais ne laissent plus rien passer.

    Prenons un exemple bête: tu sera devenue bibliothécaire et tu souhaite avoir un job. Imaginons que je sois ton employeuse: quand je verra entrer quelqu'un avec des cheveux bicolores aussi flash, je me poserai des questions. Cela ne regarde que moi mais je me dis que l'apparence ne fait pas la compétence, tu pourrais être une perle rare, un diamant, une superwoman des biblio.
    Maintenant, combien pense comme cela? L'employeuse lambda aurait direct un jugement pour tes cheveux, et te dira surement que non, tu ne conviendrais pas pour ce poste. Elle ne te posera peut être même pas de questions.

    La société a des normes et avant qu'elle n'accepte l'originalité, toi et moi ne seront totalement décomposées dans nos cercueil depuis des lustres.

    Je ne dis pas cela pour te décourager, ni pour te blessé. Tu es une ami vraiment précieuse à mes yeux et je souhaite t'épargner bien des écueils. Et puis le vrai ami se doit d'être véritable.

    Comme dirai ma belle mère: la vie est un grand plat de merde et on en mange un peu tout les jours.

    tu es quelqu'un de formidable avec un énorme potentiel, mais les gens ne verront pas ça, il verront d'abord tes cheveux bicolores.

    De notre part à Luc et à moi, ne te décourage pas un jour tu trouvera ta voie.

    Je suis une grande fan de ton style et de la personne que tu es. Tu es chaleureuse, gaie , drôle, merveilleuse, compétente, créatrice, originale. Tu es vraiment quelqu'un de bien. Et sur le nombre incalculable de personne que j'ai fréquentée, tu es la troisième à qui je dis ça.

    J'espère vraiment que tu ne prendra pas mal ce que je t'écris et que tu comprendra que c'est pas du tout de la méchanceté ou autre. J'ai pour politique d'être sincère et franche avec beaucoup mais encore et surtout avec mes amis.

    je t'embrasse bien fort et t'envoie une flopée de paillettes.

    (ps: niveau école de transition , prend bien celle de "qualification" parce que la technique de "transition" est assimilée à du général, donc pas d'accès au monde du travail après.)

    ps2 : désolée pour le pavé et toutes les fautes laissées là en cours de route.

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  9. (De la part à Luc aussi?)

    Je n'ai pas pris mal du tout ce que tu as dit, je me suis petit à petit fait à l'idée que j'ai grand intérêt à profiter de mes cheveux bicolore tant que je serai étudiante. Je me suis dit qu'il ne sera pas très grave si je dois les reteindre après, histoire d'être un peu plus conforme aux attentes du monde. Je me dis qu'au pire, on verra si un jour, le sort me permet de reprendre mes cheveux de licorne. Mais pour le reste, les cheveux bicolores ne font pas le bonheur, et le bonheur n'a pas besoin de cheveux bicolores pour être.

    Pour ce qui est de ton premier point, tu as bien raison: j'ai tendance à me saboter. Je suis quelqu'un d'assez mou et pessimiste, j'en suis consciente, et j'essaie petit à petit de palier à ce problème afin d'avancer un peu plus. J'ai l'impression d'être bloquée au même palier depuis des lustres et ça me frustre beaucoup. Et si je ne change rien, je risque fort de passer à côté de beaucoup de jolies choses, et je n'en ai aucune envie.
    J'ai l'impression d'être engluée dans une espèce de maladie, j'essaie petit à petit de changer ma façon de voir les choses pour aller mieux. Pas facile. Mais faisable.

    En tout cas, merci beaucoup.

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    1. oui de la part de Luc aussi parce qu'il passe son temps à lire tes articles par dessus mon épaule :) je suis soulagée que tu l'ai bien pris t'imagine même pas *grand sourire*

      t'racasse pas avant y avait pas plus "éponge" que moi ;)

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    2. Haaaaa, je savais pas! o_O (beh évidemment, cruche, comment tu voulais savoir, aussi..)

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  10. Je comprends complètement ton raisonnement "s'il a dit ça, c'est que c'est vrai" parce que avant, quand ma mère m'engueuler, je prenais à coeur vraiment TOUT ce qu'elle disait, alors que maintenant je me rends compte que finalement, y'avait pas mal de choses où sous le coup de la colère, elle avait exagéré, et c'est humain je crois. Mais quand quelqu'un te dis quelque chose de positif, c'est aussi parce qu'il le pense, et je pense que les jugements positifs peuvent avoir beaucoup plus de valeur, parce qu'en général ils sont dits de façon plus réféléchis (et puis aussi parce que la plupart des personnes -dont moi, shame on me- à tendance à avoir le critique bien plus facile que le compliment ! ;)

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  11. aaaah cette fichue mémoire selective qui fonctionne à l'envers... j'en suis presque sortie. mais ce qui a été enregistré est toujours là. ces petites phrases assassines, c'est injustices qui n'ont jamais aboutit aux escuses bien meritées... elles sont là et elles me bouffent encore un peu parfois. cette putain d'impression de ne pas meriter d'escuse, d'etre différente des autres, de la norme, mais en mal, que jamais, jamais, jamais, on ne pourra totalement m'aimer pour ce que je suis (à part lui mon sauveur, mon médicament, mon début de redemption...) j'espère avoir la force un jour de me libérer de tout ça par écrit. je t'admire de tenir ce blog. tu n'es pas seule. continue <3 (ouais ouais jte mets un coeur, ça ressemble à de la familiarité déplacée, mais c'est juste du bisounoursisme (si ça existe comme mot (j't'assure) ) )

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