jeudi 31 mai 2012

Amie des bêtes? Moi? Laisse-moi rire grassement.

Ça fait un moment que je reporte encore et encore cet article à plus tard. Faut dire que cette partie de moi, je n'en suis pas fière.
Mais alors là, pas du tout.

Quand je vois tous les articles des blogueuses parlant de leurs animaux, y a pas à dire, je suis émue. Vraiment émue. je les aime systématiquement, je les lis jusqu'au bout (alors que souvent, ils sont très longs), et je me surprends à vouloir donner n'importe quoi pour n'avoir ne serait-ce que le quart de l'attention de ces jeunes femmes avec leurs petites bêtes.
J'aime les animaux, il n'y a pas à dire. Les chats ont tendance à moins m'apprécier, mais généralement, c'est surtout avec les chevaux que j'ai un bon feeling.
Mais voilà, j'ai été une sale pute avec eux.
Quand j'étais petite, j'ai eu trois hamsters. Chacun remplaçant le précédent à sa mort. Il y a eu Chatouilli (et je me demande encore comment j'arrive à me rappeler son prénom). On l'a retrouvé pendu dans le petit tunnel en barreaux qui servait à monter au second étage de la cage. Mon père nous a expliqué que durant la nuit, il avait dû glisser lorsqu'il montait, passer entre deux barreaux, et sa tête avait dû rester coincée.
Et je peux vous jurer que quand j'y repense, je frissonne. Et quand je vois des photos de cages pour rongeur avec un tunnel en barreaux, je ne peux m'empêcher de me dire "faudrait interdire ces trucs".
Ensuite, il y a eu Lilo. Deuxième hamster, je devais alors avoir 6 ans. Je n'ai pas beaucoup de souvenirs de cette période de ma vie (et encore moins de celle passée avec Chatouilli, vous en conviendrez), mais encore une fois, je n'ai jamais pris cet hamster dans mes bras. Evidemment, elle a mordu très vite, et il n'était plus question de l'éduquer.
Lorsqu'elle est morte, j'étais un peu sonnée. Et ce n'est que plusieurs années plus tard que je me suis rappelée d'elle et que je me suis mise à pleurer. Et personne n'a compris pourquoi, j'ai dû avoir l'air bien conne.
Le troisième, ce fut Aramis. Cette fois-ci, pas question de me faire avoir, je l'ai tenu dans mes mains cinq bonnes minutes. Lorsqu'il m'a pincée, je l'ai lâché, par surprise, et il est tombé sur mes genoux. Je l'ai vite repris en main pour le remettre dans la cage en m'excusant. Le lendemain, je l'ai repris en main. Et le surlendemain aussi.
Bref, Aramis, il était tendre comme un agneau (un peu comme Docteur Renaud, tu vois) et c'était trop mon pote.
Mais j'avais horreur de m'occuper de lui, de changer sa cage. Changer cette cage, c'était le calvaire parmi les calvaire, c'était ma punition, c'était ma corvée, j'avais horreur de ça.
Figurez-vous que lorsqu'après 4 ans de vie, je l'ai retrouvé mort, j'ai souri.
Parce que je n'aurais plus à changer sa cage.
J'avais 11 ans, et ce jour-là, je me suis haïe. Et quand je repense, je me hais toujours. Mais qu'est-ce que c'était que cette logique? C'était Aramis, il t'aimait bien, il était cool, il avait 4 ans et il est mort. Et toi, tu ne penses qu'à sa cage que tu n'aurais plus à changer.
Bête fille.

Si seulement ça pouvait s'arrêter là.
Mais non. Figurez-vous que l'année précédente, j'avais voulu un chat.
Des semaines et des semaines, j'ai tanné ma mère, qui n'en voulait pas du tout. Mais ces animaux ont ajouté un point dans mon caractère: Persuasive. J'étais persuasive.
J'ai dressé la liste des avantages et inconvénients à avoir un chat. Pour ma mère, l'unique inconvénient était qu'un chat, ça salissait. Penses-tu bien qu'avec mon argument "Le chat est l'animal le plus propre", son argument s'est vu dégommé en quelques secondes. Non, j'avoue, j'ai dû un peu insister.
Bref, le 9 novembre 2006, on a été chercher Bess.
Bess, 3 mois, scotish fold bleu, magnifique bestiole.
Je me souviens qu'elle pleurait dans la voiture, chose hautement compréhensible, et qu'une fois à la maison, elle a couru se cacher derrière le baffle de la radio. Aussitôt, mon père a débranché celui-ci, pour éviter d'appuyer sur "play", une fois, par réflexe, et que la petite déjà suffisamment traumatisée ne meure d'une crise cardiaque. Elle a pas bougé de la soirée, faisant dépasser sa tête de temps à autre, mais rien de plus.
Le lendemain matin, elle n'avait pas bougé. Je suis partie à l'école, et on m'a expliqué que l'après-midi, je pourrais rester seule à la maison avec elle, histoire de faire un peu connaissance avant que ma soeur ne rentre de son cours de solfège et que mon père ne revienne du travail.
J'ai donc été la voir, elle est tout de suite sortie de derrière le baffle pour faire connaissance. Je me souviens ne pas l'avoir "lâchée", sauf une fois le soir arrivé. Je m'ennuyais, j'ai ouvert un bouquin, elle est tout de suite montée sur mes genoux et a commencé à mordiller les pages du livre. Sauf que ça le ravageait, et ça, je n'aimais pas. Chaque fois, je la reposais par terre, mais elle remontait sur le canapé pour continuer sa besogne.
Lassée, je me suis levée et me suis adossée au mur pour continuer ma lecture.
Elle m'a vite rejoint et s'est mise debout, posant ses deux pattes contre le mur pour se maintenir en équilibre.
J'y pense, je ne lui ai pas accordé assez d'attention ce soir-là, alors que c'était tout ce qu'elle demandait. Une amie, quoi.
Je me souviens, après quelques minutes, ne la voyant plus, je suis partie dans la cuisine voir si elle s'y trouvait. Je suis entrée juste à temps pour la voir disparaître dans un tuyau du plan de travail.
FRAYEUR ULTIME!
Je l'appelle, je me mets à genoux devant le trou de l'armoire, j'attends quelques secondes, et je fini par sortir dehors, persuadée que ce tunnel menait à l'allée menant au jardin. Si elle était sortie, elle allait se perdre, aucun doute là-dessus.
Ne la trouvant pas, je cours sonner chez le voisin pour qu'il m'aide à la chercher. J'essaie de lui expliquer par où elle s'était "enfuie", et il me demande de lui montrer. Alors qu'on entrait chez moi, elle est venue tout naturellement à notre rencontre.
Je ne vous dit pas comment j'étais soulagée! Le voisin a vite compris à quel point j'avais eu peur et ne m'en a pas voulu de l'avoir fait venir pour rien.
On a découvert plus tard que ce "tunnel" menait en fait sous le plan de travail, où il y avait un large espace d'une quinzaine de centimètres caché par une planche de bois. Ça a été sa cachette pendant une bonne année, avant qu'on ne rebouche le trou de peur qu'elle finisse coincée.

Bess, je ne me suis jamais assez occupée d'elle. C'était souvent quelqu'un d'autre qui la nourrissait, et son bac, je le changeais de plus en plus rarement.
Maintenant, elle vit chez mon père, qu'elle aime énormément, et qui s'occupe d'elle comme si sa vie en dépendait.
Heureusement qu'il était là pour rattraper mon erreur.
Sauf que maintenant, Bess est un chat complètement autiste, voire dépressif, et je n'arrive pas à me défaire de l'idée que c'est sans doute ma faute.

T'as cru que ça me suffirait pour comprendre que m'occuper d'un animal, c'était un truc dont j'étais incapable?
T'y as cru?
Ben pas moi.
Figure-toi que cela faisait plusieurs années que je faisais du cheval.

OUI, JE TE JURE, J'AI ÉTÉ JUSQUE LA!
Putain.
Voilà, Liberty, c'était le Calimero du centre équestre. Elle n'aimait personne et personne ne l'aimait.
Et bien sûr, tu sais très bien, dans tous les films c'est comme ça, moi, je la kiffais, et elle me le rendait bien.
Et maintenant, il m'arrive souvent de me demander si elle m'a pardonnée.
Placement de cadre: Liberty était donc un cheval du centre, elle avait peur de tout, elle bottait tous les chevaux qu'elle croisait à moins de 5 mètres, et en reprise, on la mettait toujours derrière (sauf si le type avait envie de garder une distance de 5 mètres, bien évidemment). Et comme c'était une grosse casse-couilles, ils ont décidé de la vendre.
J'ai pas supporté. Je faisais des crises de larme tous les soirs, et fatalement, j'ai commencé à user mes parents. De tous côtés, avec toutes les excuses et les mensonges imaginables. Enfin...le coup du "s'ils arrivent pas à la vendre, elle ira à l'abattoir" était sans doute une connerie de petite garce de 12 ans que j'ai salement cru, encore une fois (y avait beaucoup de petites garces de 12 ans dans ce centre équestre, vous savez pas à quel point). Un demi-mensonge, donc.
Bref, un mois plus tard, nous étions en vacance en France, en campagne, bref, toussa toussa. J'ai eu, nous allons dire, une énorme déception durant ces trois jours (oserais-je vous en dire l'objet? Allez, oui. Randonnée équestre annulée 5 minutes avant le départ-même) (j'ai la larme ultra-facile), et pour me consoler, mes parents ont eu l'idée du siècle que même maintenant, j'ai encore envie de les frapper avec les écouteurs de mon Ipod trempés dans de l'eau bouillante.
Nous étions au bowling, et je vois ma mère s'éloigner et passer un bien long coup de fil. Qui a duré toute la partie, en fait.
Le soir-même, au resto...
"Anaïs, nous...nous avons décidé, en te voyant si triste cet après-midi [JE M'EN SERAIS REMISE, JE T'ASSURE], de...te faire...un gros cadeau, nous allons dire.
-...?
-Ta mère a téléphoné à Horse Paradise pendant que nous faisions du Bowling et...on a acheté Liberty".
PARDON?
PARDON PARDON PARDON?
[Oui, Pardon?]
Liberty restait donc en pension au centre, et j'allais la voir tous les jours pour la monter et m'occuper d'elle.
Sinon, elle était sortie au pré toute la journée et nourrie. Moi, j'étais l'exercice et le pansage (et l'Amour, ho ho ho).
Tu penses bien que mon principal trait de caractère de mothafuckin' de merde est vite revenu.
La flemme.
Yeah.
Putain.
Pardon.
Mes visites se sont espacées. Et quand j'y étais, c'était l'enfer. Comme je l'ai dit un peu plus haut, la population fréquentant ce centre équestre était intégralement constitué de petites pimbêches que j'ai envie de buter chaque fois que je pense à elle (oui, y avait des gens gentils, dans le tas, mais rien à f...).
Elles critiquaient chacun de mes gestes.
Montaient Liberty quand je n'étais pas là (oui...).
Une fois, quelqu'un avait mis une annonce à l'entrée du manège. Quelqu'un avait arraché tous les petits papiers avec le numéro de téléphone et les avaient jeté...oui, dans le box de mon cheval. Qui n'était pas juste à côté.
Une autre fois, ce fut une balle de tennis que je retrouvai dans un coin du box. Je me demande toujours par quelle magie.
Il est arrivé que je la découvre avec une énorme marque de cravache sur la croupe. Et je n'utilisais pas de cravache avec elle. Une marque, quoi. Presque un tatouage, si j'ose dire.
Incident mémorable, ce fut le jour où je vins la voir. J'entrai dans son box, et là, ça me sauta aux yeux.
Plus de crinière.
Coupée, la crinière.
Mon cheval n'avait plus qu'une espèce de brosse sur l'encolure.
Une des Pimbêches (je pense me souvenir qu'elle s'appelait Laura, mais rien n'est sûr) me rejoint, et tout sourire: "C'est joli, hein?
-...quoi?
-Elle est toute mignonne, comme ça! Hein ma Lily!
-C'est vous qui...?
-Orlane et moi, oui!"
Je n'ai jamais réussi à lui répondre. Je n'ai jamais réussi à les insulter. C'est mal, va-t-on me dire. Il faut prendre du recul. Mais cela fait quatre ans, et je ressens tellement le besoin de leurs dire tout ce que je pense d'elles maintenant et que je n'ai jamais réussi à penser avant.
Parce que j'étais trop faible.
Parce qu'il était si facile de me marcher sur les pieds, comme vous pouvez le voir.
Je vins de moins en moins, je commençais à me faire une réputation. la fille qui abandonnait sa ponette. Je venais plusieurs fois pour tomber sur mon cheval en train d'être monté. Et ces filles se justifiaient: "Mais tu viens jamais!"
Ouais.
Défendable.
Ben non.
Je me souviens du jour où je l'ai montée.  Je suis passée à côté d'un obstacle. Elle a paniqué, je suis tombée.
C'était minuscule, mais je n'ai plus jamais monté à cheval. Jamais.
Je venais rarement, je ne faisais que la sortir en longe.
A la fin, on l'a vendue. Ça, c'est la version officielle.
En vérité, nous avons payé pour que cette dame la prenne avec elle. Qu'elle l'éloigne, qu'elle l'emmène loin. En effet, Liberty avait le pied pourri, et je ne venais pas assez souvent pour la soigner.
Ouais.
Putain.

Le centre dans laquelle elle l'a emmenée était merveilleux. Grand, bien entretenu, et les chevaux y étaient traité avec énormément de douceur.
je vous dis pas le contraste avec Horse Paradise (changez le nom de votre centre, les gars, sérieux). J'ai su et je sais encore qu'elle doit être bien, là-bas. Mieux qu'avec moi. C'est le seul geste que j'aie jamais pu faire pour qu'elle me pardonne.
Parfois, je me demande si elle pense à moi. Si elle se rappelle. J'espère que non. J'espère qu'elle ne se souvient pas de sa propriétaire qui ne venait jamais la voir, qui n'a jamais cherché à empêcher les autres de s'approcher d'elle, de la frapper, de mettre des trucs insolites dans son box, de couper ses crins.
Parfois, Papa me propose d'aller la voir. D'organiser ça, une fois.
Ça se fera jamais. Ça sera jamais concret.
Et j'ai peur que de nouveau, on me juge. Que l'Ange qui a pris mon cheval son son aile ne me toise en se disant "Mais qui est-elle, cette jeune personne qui n'est pas revenue voir son cheval depuis quatre ans? Qui est-elle?"

J'étais qui, quand j'avais 12 ans? Une victime. Une carpette. Une idiote, aussi, peut-être. Quelqu'un qui pensait plus à elle qu'à ses animaux.
Peut-être quelqu'un de fragilisé par les moqueries des Pimbêches, fragilisée par tous ces actes qui se passaient dans son dos et qu'elle avait peur de découvrir. Fragilisée par l'absence de sa mère qui ne venait jamais la voir monter.
Pourrie je l'étais et le suis toujours.
Mes yeux se posent sur Bess, elle, elle s'en, fout. Elle m'a oubliée. Pour elle, seul mon père existe. Mon père qui est devenu son maître. Pour lui, c'est son chat, et c'est pareil pour tout le monde.
Parfois, j'essaye de la caresser, mais elle se dérobe. Parfois pas. Et dans ces moments-là, je ne saisis pas l'occasion de lui faire plus de câlins. Et la fois suivante, elle se dérobe.
La semaine dernière, mon père est parti en week end. Il m'a dit "Tu pourras nourrir le chat? T'oublie pas, hein? Parce que tu sais, c'est ton chat."
Il a souri, Bess l'a regardé, l'air de dire "Dude, are you kidding?" et moi, j'avais les larmes aux yeux.
Je n'ai pas oublié. J'ai été la voir chaque jour.

Mais maintenant, j'ai compris. Vous savez, il y a cette race de chiens qui m'obsède. Des bergers Groenedael.

C'est beau, putain, ces chiens.
Dans mon quartier, il y en a un. Je le trouve magnifique.
Parfois, j'ai envie, un jour, d'en avoir un, quand je vivrai seule.
Sauf que non.
Sauf que non, parce que je ne sais pas m'occuper d'animaux.
J'ai enfin compris, et je pense qu'en écrivant ces mots, je me fais pardonner de Chatouilli, de Lilo, d'Aramis et de Liberty (Bess, elle s'en fout, elle est autiste). Parce que j'ai enfin compris. Il n'y en aura plus d'autres.
Plus jamais je n'abandonnerai mes animaux.
Peut-être me ferai-je bénévole dans un refuge, rien que pour, encore une fois, me faire pardonner de moi-même et des autres, mais jamais je ne prendrai de chien. Ni de chat. Ni d'hamster. Ni de poisson, bordel.
Voilà.
Je vivrai seule, et le chaton mignon d'étudiant, il peut rester où il est.
Bien.
Maintenant, je vais vous laisser, je vais aller faire un câlin à Bess.
Ça ne sera pas de trop.

mercredi 23 mai 2012

La FAQ de l'Enfer: les cheveux roses de l'extrême

Avoir les cheveux roses, c'est génial. Quoi que tu fasses, ton look, tu le gardes avec toi en toute circonstance. Tu peux te réveiller avec la pire loose du monde collée aux cernes, dès que tes veuch' apparaissent dans le miroir, c'est bon, ton humeur est regonflée à bloc et des poneys te coulent dans les veines.
C'est génial.
Sauf qu'il y a les Autres.
Et Sartre l'a très bien résumé: L'Enfer, c'est les Autres. Voilà.
Des autres, je me prends des remarques. Plein de remarques. Des tas de remarques. Et des questions, aussi, beaucoup de questions. Et je ne vous parle pas des bons conseils qu'on me sert à la pelle, alors que je les applique depuis l'an 9, et que du coup, j'ai bien l'impression qu'on me prend pour une idiote inconsciente.
Bref, cet article, ce sera du ras-le-bol par paquets de mille, avec des insultes faciles, de la méchanceté, de l'acidité...et des cheveux roses.
Florilège des répliques auxquelles j'ai droit chaque jour, plusieurs fois, répétées, et auxquelles je dois chaque fois répondre la même chose, tout le temps, en boucle, et ne jamais m'énerver.

1. Tu sais, ça va t'abîmer les cheveux!
Pas autant que le décapage que j'ai fait juste avant, ne t'inquiète pas. Par contre, ce qui me vexe, dans l'histoire, c'est que tu me prennes vraiment pour une idiote finie qui pense que changer la coloration de ses cheveux avec des produits over-chimique les rendra doux comme de la soie. Coconne, mais pas inconsciente.
Le nombre de fois où cette phrase m'a été dite dépasse le nombre de cheveux que j'ai perdu dans ma vie.

2. Pourquoi tu te teins en rose?
Pourquoi t'existes?
Non, franchement, on aura fait mieux niveau réponse. Mais c'est toujours ce qui me vient lorsqu'on me pose cette question. Est-ce que cette personne pense que je vais lui répondre qu'ainsi, j'affiche mon soutien à la communauté gay, car le rose rappelle la couleur du triangle qu'ils se tapaient sur la poitrine lorsqu'ils partaient pour Auschwitz? Ou est-ce qu'il pense que je vais lui dire que c'est mon père qui m'y oblige, sous peine de me déshériter?
Et si j'en ai juste envie?

3. Tu dois faire des soins, tu sais...
Ce "tu sais", c'est un poison.
TU SAIS, si je n'avais pas déjà fait mille-et-un soins, mes cheveux, ils seraient pas dans l'état dans lequel tu les vois, même s'ils te paraissent secs. Tu ne te souviens pas de moi, lorsque je me suis ramenée blonde après mon décapage? ÇA, c'est "abîmé"! ÇA, ce sont des cheveux sans soin.
Je connais par coeur la composition du Rafistoleur, je dors avec mon pot d'huile de coco, ma Wishlist affiche des bouteilles d'huile de ricin et d'olive, lorsque je vois un avocat, je pense à toutes les tambouilles que je pourrais faire avec.
Ne t'inquiète pas, des soins, j'en fait.

4. Ce qui je n'aime pas, c'est que...tu n'as pas le texture de cheveux pour les teindre. Ce doit être fait sur des cheveux lisses. Sinon, c'est moche...
JE CRIE AU RACISME CAPILLAIRE!

5. ...ou alors, tu dois avoir des cheveux parfaits, impeccables, en super bonne santé.
Je fais ce que je peux.

6. Mmh...tu as refais ta coloration? Je dis ça parce que...tu as des racines.
Je ne peux même pas répondre sèchement à ça, parce qu'en effet, le concept est curieux. En théorie, si je me reteins les cheveux, ça devrait tout recouvrir.
Eh ben non, ma bonne dame! Le blond cendré, c'est trop foncé pour le rose. Oui oui oui. Voilà voilà voilà.

7. Mais alors, pourquoi tu ne refais pas tes racines?
Là aussi, question pertinente, et la seule chose qui m'énerve, c'est qu'elle soit posée trop souvent.
Parce que déjà, me refaire les racines, ça me fait peur. Je ne sais pas comment m'y prendre, comment prendre mèche par mèche, ne pas oublier les racines dans la nuque, ne pas en mettre sur le cuir chevelu, et de plus, sans racine, on dirait que je porte une perruque. Ceci explique celà.

8. C'est moche.
Toi aussi, et pourtant je ne dis rien (non, je ne réponds pas ça, d'habitude. Je ne réponds rien de ce que je dis dans cet article. Parce que je n'ai pas les couilles nécessaire, et aussi parce qu'une telle dose d'agressivité me rendrait détestable. Du coup, je me contente de grincer des dents et de parler sushi avec Panda).

9. Tu as des racines.
(Mercutio, tu paieras pour cet affront) Ce qui change avec le point 7, c'est que justement, ce n'est pas une question que j'aurais pu moi aussi me poser sous un sol pleureur un beau jour d'été. C'est juste une observation. Une observation censée me renseigner, m'aider, pour qu'ainsi cette personne se sente utile et fine...observatrice, justement. Sauf que chez moi, il y a un miroir.

10. Ce sera quoi, la prochaine couleur?
Dit sur un ton goguenard et légèrement moqueur.
A vrai dire, je ne sais pas, je ne sais plus, je m'en fous, laissez-moi tranquille.

11. Tu as refait ta couleur? Mais pourquoi tu as encore fait rose?
Parce que ça ne fait que deux mois que j'arbore cette couleur, parce que je l'aime, parce que je n'ai pas l'intention de me redécaper les cheveux avant une bonne grosse année de bonheur et de magie.

12. Mais t'avais dit que tu voulais essayer toutes les couleurs!
J'ai 16 ans. Je dois encore en vivre 80. J'ai le temps, ne t'inquiète pas.

13. Anaïs, je t'en supplie, change de couleur! J'en ai marre du rose! Fais mauve!
Cette fille me le sort régulièrement, et je me demande si un jour, elle va se rendre compte que c'est vraiment, vraiment, vraiment agaçant. Je fais cette teinture pour moi et pour moi seule. Pas pour elle, pas pour les autres. Alors savoir qu'elle n'aime pas cette couleur, ou que m'avoir dans son champ de vision l'exècre, ça m'est bien égal. Je vois des cheveux bruns et des cheveux blonds tous les jours, et pourtant, je n'en ai pas plus marre qu'autre chose. Alors mes petits cheveux roses insignifiants qu'elle voit en classe, elle devrait savoir les ignorer.

14. Tu vas le regretter, plus tard.
Peut-être ne vivrai-je pas assez longtemps pour le vivre, ce plus tard. Je ne pense pas à "plus tard". Je m'en fiche, du "plus tard". Il y a toujours des solutions pour les cheveux abîmés. Et si "plus tard", je ne suis pas contente, je l'aurai au moins été "plus tôt".

15. Comment tu feras pour trouver un boulot?
Comme mes ambitions ne me mèneront de toute façon pas dans un milieu très stricts, je nourris l'espoir de, oui, réussir à trouver ce boulot. Sinon, j'ai des tonnes d'arguments, et la perruque en fait partie. C'est con, mais c'est une solution. Et sinon, je suis encore à l'école secondaire. Attends que je passe ma cinquième, que je finisse ma rhéto (j'aime bien vous balancer du système belge pour vous embrouiller) et que je termine mes études et nous en reparlerons, de ce boulot.

16. Ce n'est plus très rose. Tu devrais refaire ta couleur.
Tu sais dans quel état de loose extrême je me retrouve quand je refais ma colo? De la teinture parfois jusqu'au coude, les cheveux bien dégueulasses, le T-shirt large et immonde...ce moment de perdition, je préfère le retrouver toutes les trois semaines. Pas avant. Merci. Et même si t'aimes pas, même si du coup, tu trouves ça moche, ma teinture, je la réserve à quand j'en ai envie. Encore une fois, je ne ferai pas d'efforts parce que TU en as envie.

C'est bien de ce moment de perdition-là que je parle...


17. Pourquoi tu ne fais pas des études d'esthétisme au lieu de continuer la secondaire? Parce que tu sais, pour devenir coloriste, y a pas besoin de terminer l'école...
Je ne sais pas où est-ce que cette personne a vu que je voulais devenir coiffeuse coloriste. Déjà, tu passes plus de temps à faire des balayages platines que des colo bleues, et de plus, j'ai d'autres ambitions dans la vie que de finir dans un salon à malaxer les cheveux des autres.
Pas besoin de surkiffer la teinture pour avoir des cheveux roses.

Les gars. Je vais vous mettre dans une boîte. Puis je vais secouer la boîte. Et n'espérez même pas que j'ouvrirai cette boîte pour voir ce qui en sortira, non, je vous laisserai dans cette boîte toute votre vie, comme ça je ne vous verrai plus jamais. OUI, TOI AUSSI, MERCUTIO, TU RESTERAS DANS CETTE BOÎTE!

Ne vous inquiétez pas, à part ça, j'aime tout le monde. Je ne suis qu'amour.

lundi 21 mai 2012

C'était une journée de printemps. Ce titre envoie de la guimauve.



J'ai été chez Di me ravitailler en dentifrice, en déo et en cotons.
J'en ai profité pour acheter le cadeau pour ma mère. A la base, je voulais lui acheter deux vernis, un jaune fluo et un gris clair (vous m'avez dit gris clair, j'allais prendre gris clair), puis j'ai pensé à son copain, j'ai flippé, j'ai renoncé. Du coup, ce sera un mascara vert. Elle aime bien se maquiller les yeux en vert. Et elle voulait un mascara vert.
Je suis passée devant les épingles à cheveux. J'en ai pris.
Je suis passée devant un pinceau à poudre. je l'ai pris.
Je suis passée devant un vernis repéré il y a un moment, parce que c'est le frère jumeau du "Soleil Couchant" de ma nouvelle. Je ne l'ai pas pris.
Un jour, je viendrai le prendre.
Je suis passée à la caisse.
La vendeuse était jolie. Elle était toute en rondeur (oui, je préfère "ronde". C'est un joli mot, ça me fait sourire quand je le prononce, ça me met de bonne humeur, ça se rallonge quand on le clame, j'aime bien, je dis n'importe quoi, excusez-moi), elle avait les cheveux noirs, elle était bien maquillée, avait une très jolie voix, et était toute souriante et gentille.
Je lui ai dit qu'elle était jolie.
Elle a dit "eh bien...merci!"
Elle a sourit.
Du coup, j'ai souri aussi.
Je suis sortie.
Je suis passée à la librairie acheter un bloc de feuilles. Ça faisait plus d'un mois que je taxais la classe chaque jour pour me passer des feuilles. Un jour, faudra que les ordis soient autorisés en classe, ça économisera du papier, de l'argent, du temps et de l'arbre.
Je suis passée devant les livres de Balzac. J'ai pris "La Maison-du-Chat-qui-Pelote" parce que quand je l'avais lue, cette histoire m'avait plu.
J'ai regardé s'il n'y avait pas "Le Bal des Sceaux" ou "Mémoires de Deux Jeunes Mariées". Surtout "Mémoires de Deux Jeunes Mariées".
Ils ne les avaient pas.
J'ai regardé s'il n'y avait pas quelque chose d'Anaïs Nin.
Il n'y avait rien.
J'ai payé.
Le caissier ressemblait à Justin Bieber. Ça m'a fait penser à une amie.
J'ai souri.
Je suis sortie.
Je me suis acheté des Jelly Belly. A la myrtille, à la canelle, au pop corn au beurre, au mashmallow.
En chemin pour rentrer chez moi, j'ai croisé une dame qui promenait son chien.
J'ai caressé le chien, j'ai discuté avec la dame.
Je l'ai saluée, je suis partie.
Il y a eu un énorme rayon de soleil. J'ai voulu m'asseoir sur le bord du trottoir pour en profiter.
Le temps que je m'asseye, il était parti.
Je me suis relevée, je suis rentrée.
Oserais-je vous dire que j'ai passé une très agréable journée?

mardi 15 mai 2012

Plein la vue ~1

J'avais envie de créer une rubrique où je réunirais des photos trouvée sur Internet, que j'aurais aimé et donc eu envie de vous partager.
Pas beaucoup de texte, pas beaucoup de moi, juste quelques photos rapidement parcourues. mais peut-être y en aura-t-il qui vous donneront un peu d'inspiration ou juste vous plairont. Je ne peux que vous le souhaiter, d'ailleurs.

Aujourd'hui, vous aurez donc droit à des lèvres au sucre glace, une peinture nommée "Rescue", un sphinx choukapimimi (exploit!), une citation sur un coussin, des sushis et un gâteau bien casse-gueules à réaliser, Scarlett Johanson, Audrey Kitching, un peu de make up, le bijou de septum de mes rêves, et plus encore.
Bonne soirée à vous, en tout cas!

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mercredi 9 mai 2012

Maquillage du jour d'Hier (<--hu hu...)

A tout remettre à plus tard, on en oublie beaucoup. La preuve ici avec ce maquillage que j'avais réalisé il y a un petit temps et qui attendait patiemment dans mon dossier que je lui dédie un article de Maquillage d'Hier. Nom de rubrique qui n'a définitivement plus aucun sens, vu à quel point la chronologie est mise de côté.


Alors ouais, je pourrais très bien effacer ces images et ne pas vous les montrer, mais d'un côté, je l'aime bien, ce maquillage. Il est super discret,par rapport à ce que j'ai l'habitude de faire, et je trouve les traits d'eye liner bien foutus, pour une fille abonnée à l'énorme couche de liner bien inégale et bien grosse.



Je serais même incapable de vous dire quelle palette j'ai utilisée. La 15th Anniversary d'Urban Decay ou la palette de 58 couleurs d'Yves Rocher? 
Si! Ça me revient!
J'avais réalisé un makeup avec toutes les teintes un peu beiges-brunes-nudes de la 15th! Avec beaucoup de Chase, du Deeper dans le coin externe et M.I.A en liner (avant le véritable liner noir).
Rolala, je suis fière de moi.
Rolalalalaaaa!
Oui, bon, je sais, je suis inutile.
Vous me pardonnez, hein?

jeudi 3 mai 2012

Lettre ouverte à mes parents

Si je vous écris, alors que je pourrais très bien vous parler en face, c'est parce que je sais que si je le fais, soit vous m'interromprez, soit vous ne prendrez pas le temps de réfléchir à ce que je vous dirai, soit bêtement, je vais me mettre à pleurer en pleine explication, comme je le fais chaque fois que je suis en colère.
C'est même pas que je sois en colère en ce moment, je pense. On va plus dire que j'en ai assez.
Chaque fois que j'essaie de le dire, personne ne me prend au sérieux, parce que ça fait tellement cliché de dire ça!
J'ai toujours l'impression que le jumeau, c'est moi. Vous voyez, que Soeur est l'enfant, et moi la jumelle. Celle qu'il y avait en trop, qui s'est incrustée, quoi. Allez, vouloir un enfant, c'est normal. Mais avouez que le second, il n'est jamais prévu. Il est là, on sait pas pourquoi. Il pourrait prendre pas trop de place, mais non. Il a pas assez de pote, il sort pas assez, il (qui est dans notre cas un "she") n'a pas de copain (mais quand elle en a un, selon l'autre, *~Soeur~*, c'est pas un canon, alors limite c'est pire), elle étudie pas, elle abandonne tout ce qu'elle entreprend et en plus, cette conne, elle se permet de se teindre les cheveux en rose et de s'habiller bizarrement, et pas toujours avec le meileur goût. Et je sais bien que ça vous plait pas. 
Et Soeur elle a tout plein de potes, elle sort en permanence, elle fait de la flûte traversière et c'est trop cool, elle étudie tous les jours, elle est dans une meilleure école, en latin-science, en plus, et elle, au moins, elle se démarque PAS! Et voilà qu'elle se met à gagner des concours de théâtre. C'est le bouquet.
Après ça, j'arriverais presque à comprendre que vous la préfériez, ce que vous faites sans doute (et ça ne servira jamais à rien de dire le contraire, c'est pas possible autrement). Mais que tout le monde me mette au courant en lui donnant systématiquement raison, en m'engueulant moi lorsque je suis en colère contre elle, en me comparant à elle et en me demandant sans cesse "et toi, pourquoi tu n'y as pas participé, à ce concours?", là, je dis non. Désolée. J'en ai marre d'être écrasée. Je sais pas si vous êtes au courant, si ça passera mieux par écrit, mais il arrive qu'elle me frappe. Parce que vous ne lui avez jamais rien dit. Parce qu'elle avait une raison. C'était ma faute, après tout, je n'avais pas à faire ceci, je n'avais pas à faire cela, alors c'était moi qui me faisais engueuler. 


Je dois aller me coucher tôt parce que c'est comme ça, je dois manger à des heures "normales" parce que c'est comme ça, je dois pas faire trop d'ordi parce que c'est comme ça...
Je ne sais pas, mais si "parce que c'est comme ça" était permis dans un contrôle de math, je pense que j'aurais de bien meilleures notes que celles que je me ramasse en ce moment. Vous ne savez même plus pourquoi vous tenez tant à mener ce rythme de vie irréprochable. Et à quoi cela sert-il de m'y soumettre? Alors que vous êtes incapable de m'en dire la raison.
Ah mais si! Parce que c'est comme ça!
Vous savez, ce soir, j'ai descendu mes cours, avec la ferme intention de les retaper sur l'ordinateur et de pouvoir ainsi commencer des fiches pour les révisions. Puis, j'aurais sans doute été me coucher tôt.
J'ai croisé Soeur, qui m'a au cours d'une conversation balancé certains de mes défauts à la gueule, alors que je savais pertinemment bien que je ne les possédais pas, ces défauts. Mais elle m'embrouillait, m'interrompait encore et encore, jusqu'à ce que je ne sache plus ce que je voulais dire, et disait "Tu vois? T'es incapable de reconnaître que tu as tort!" (parce que oui, selon elle, c'était un de mes principaux défauts), et j'étais obligée de lui donner raison, juste pour qu'elle me fiche la paix.
Complètement écrasée, je vous dit.
J'ai passé la soirée à pleurer, alors que L'Artiste tentait de me remonter le moral sur Facebook à défaut de pouvoir se tenir en face de moi. Il avait déjà remarqué avant qu'il y avait sans doute un soucis de favoritisme. Il a dit que pour rééquilibrer la balance, il fallait que je fasse quelque chose d'énorme. Alors voilà, je suis rabaissée à devoir PROUVER que je suis digne. De quoi, au juste? 


Pour finir, j'ai éteint l'ordinateur à minuit, quand je me suis enfin calmée, et il ne doit pas être loin d'une heure du matin alors que je vous écrit. Et inutile de préciser que je n'étais plus d'humeur à toucher à mes cours. J'étais fermement décidée à reprendre ces études en main, pourtant. Peut-être que si je n'avais pas croisé Soeur, ou si j'avais pas tout ça à vous dire, j'aurais pu passer au dessus de tout ce qu'elle me disait, je ne me serais pas arrêtée sur de simples mots, et j'aurais été me coucher à 23:00, satisfaite de m'être enfin remise à bosser. Même pas en rêve.
Voilà, y a des moments où j'ai envie d'étudier, des moments où j'écoute les cours comme le messie, parce que j'ai juste envie d'apprendre.
Comme il y a des moment où je joue au pendu en cours de math et où je mange des Skittles en cours d'Histoire. Et ces moments-là, de bouffe, de jeu, ou même parfois d'apprentissage (remember les exemples deux lignes plus haut, ce n'est pas une fiction) seront sans doute les meilleurs que je garderai de mes années de lycée. 
Peut-être que laisser une ado vivre sa vie, c'est pas la pire des méthodes, en fait. Je sais que je suis une procrastinatrice en puissance, mais j'ai une tête, je sais quand il faut vraiment se mettre à bosser.


Au fait, vous ai-je dit ce que je faisais sur l'ordi, et pourquoi j'y passais autant de temps?
Je vais sur des forums, où je fais la connaissance de dizaines de personnes, pas toutes intéressantes, mais dont une partie m'a appris la majorité des choses que je sais aujourd'hui, et qui me lisent attentivement lorsque je vais pas bien. 
Puis, il y a ma nouvelle sur laquelle j'essaie d'avancer. Si un jour, j'arrive à finir une histoire, et que -bonheur immense- elle est publiée, est-ce que ça me fera regagner du crédit à vos yeux? Est-ce qu'enfin, vous aurez l'impression que je fais quelque chose de ma vie, que je SERS à quelque chose?
Et puis finalement, sur l'ordi, y a le blog. Excusez-moi du peu, mais c'est une de mes plus grandes fiertés. Je fais les photos, j'écris surtout des textes (les photos ne font qu'accompagner ces derniers) et si je peux parler statistiques, j'ai 80 visites en moyenne par jour (imaginez donc 80 personnes différentes), et parfois, un de mes articles fait la Une du site de référencement de blogs et ça fait tout de suite grimper les chiffres. Il y a deux semaines, je suis montée à 297 visites en un jour, et 173 le lendemain. Hier encore, un de mes articles a fait cette Une, et j'ai reçu 176 visites. J'ai commencé à bloguer sérieusement qu'en mars, et ça me semble énorme d'arriver à ce résultat. Les 30 derniers jours, j'ai reçu 2138 visites, avec 1944 en avril. Voilà. J'ai un blog, j'y bosse (mais vraiment du verbe "bosser"), j'y progresse, je reçois plus de visites qu'avec mes petits blogs pourris d'avant (Skyrock, mon amour...), et même Marine, une blogueuse influente (influente = coucou, mon blog est parfait, j'ai 1622 abonnées, 5000 visites par jour, mais à part ça, tout va bien) m'a citée dans ses blogs préférés lors d'une "interview". Et la liste n'était pas longue.
Et je sais pourquoi elle m'apprécie. Parce que "yé souis toute jeunette", parce que j'ai les cheveux roses, et du coup, ça la fait sourire parce que elle, ses cheveux, ils sont bleus. Et elle me l'a dit, ça l'épate de voir qu'à 16 ans, aux années lycées, quand les imbéciles sortent le plus de remarques, j'ose arborer des cheveux roses. Comme quoi, je suis peut-être pas une merde.
Par rapport à elle, je ne suis rien, mais par rapport à ce que j'étais avant, j'ai vraiment l'impression de m'être forgée, petit à petit, et ce grâce à cet Internet qui offre tant de choses.
Mais c'est du virtuel, hein? Ca compte pas.


Rajoutons à ça un truc aussi futile et idiot, que le combo tatouage + piercing. Ca vous plait pas, vous avez horreur de ça. Sauf que le soucis, c'est que ça fait partie intégrante d'une culture alternative qui me passionne, voilà pourquoi à chaque fois je vous demande pour en faire. Et encore, je retiens les rênes, parce que si vous saviez toutes les envies de perçage et de tatouage que j'aimerais accomplir, vous n'accepteriez même plus que j'en fasse un seul.
Mais voilà, comme je vous l'ai dit, ça me passionne, alors je sais plus trop comment faire pour vous le faire comprendre. La mode alternative, c'est ça, ma passion, et c'est dans ça que j'aimerais plonger toute ma vie. Peut-être plus tard poserai-je pour Hell Bunny, peut-être serai-je tellement tatouée que quand vous me verrez aux repas de famille, la question ne sera plus "et les amours?" mais "et les modif's?" et vous me demanderez combien j'en ai rajouté depuis votre dernière absence.
Sauf que là, maintenant, j'ai 16 ans, vous vous êtes mis martel en tête qu'il fallait m'éduquer (alors que je le suis déjà solidement, je trouve, excusez-moi du peu), et je n'ai plus qu'à ronger mon frein en grapillant ce que je peux faire. Trouver tous les arguments possibles et imaginables pour un piercing au visage, ou une teinture (bon, je vous avoue que pour la frange au Green Envy, j'ai pas trop d'idées pour vous avoir de mon côté), alors que j'aimerais juste, parfois, utiliser pour seul argument "J'en ai envie". "C'est comme ça".


En fait, comme ça, vous, savez. Lorsque je ne suis pas avec des potes ou avec Mercutio, je préfère rester sur l'ordi, parce que sur les sites où je vais, sur les blogs que je lis, il n'y a pas ma soeur pour me rappeler qu'elle reproduit tout ce que j'entreprends pour en plus le réussir mieux que moi (danse, vernis, piercing, théâtre), il n'y pas quelqu'un pour me dire "va étudier, go, arrête de t'amuser, c'est mieux de se forcer à se stresser pour des examens qui arrivent dans...un mois...et merde", je peux regarder les boutiques alternatives en faisant ma petit wish-list et en rêvant de ma majorité qui me permettra peut-être de trouver un boulot, d'avoir enfin assez d'argent et de pouvoir enfin arrêter de faire des plans de dingue pour une commande à 80 euros. Vous, vous sortez la carte. Moi, j'attends 3 semaines pour réunir l'argent.
J'aime bien être ado. Paraît que la vie est plus facile. Mais je suis bien placée pour vous dire qu'elle est vraiment, vraiment, vraiment chiante.


Bisous
Anaïs





Voilà (je dis beaucoup "voilà", dans mes articles, ces temps-ci, je trouve). C'était une impression que j'avais depuis un bon bout de temps déjà, et hier, je me suis disputée avec Soeur. Et y a tout qui est revenu d'un coup, et j'ai enfin pu mettre les mots sur ce qui me dérangeait, pour tout déballer à mes parents.
Et comme c'étaient des sentiments constants, que ça me chiffonnait à longueur de journée, j'en fais un article. Et je vous montre ce que je leur ai dit.
Vous vous dites, je n'ai aucune notion de la vie privée. En effet, je n'en ai pas. Je n'en ai pas parce que je ne comprends pas le concept. Je n'ai aucun mal à déballer mes sentiments et ma vie aux gens, même ceux que je connais à peine, du moment qu'ils me sont sympathiques. Pour moi, chaque élément de la vie forme une personne. Cette personne est un humain. Et parler de ma vie, même des choses personnelles, ne me dérange pas, me plaît, même, parce qu'il y a un côté justement plus humain qui est rajouté. Les gens savent comment je fonctionne, et du coup, il y a moins de malentendus. J'en arrive même à me demander si ce n'est pas à cause de ça que Mercutio a accepté de retourner vers moi. Parce qu'à force d'entendre parler de ma vie, il me connaît, il sait comment je fonctionne. Je me demande si cette non-discrétion ne me rend pas plus de service qu'elle ne me met dans des situations gênantes. Situations que je n'ai, entre nous, pas encore rencontrés. 
Je ne pense pas avoir dit quoi que ce soit de gênant pour quelqu'un dans cette lettre. Le sentiment de favoritisme, je le leur ai dit moi-même, il est humain, et personne n'a le droit de leur en vouloir.
Quand à ma soeur et aux épisodes de violence dont j'au eu droit, oui...ça pourrait la gêner que ça se sache. Mais l'air de rien, quand on sait que quelque chose est "honteux"...on évite de l'accomplir. Ça vaudra mieux pour tout le monde.

Je n'écris pas grand chose de gai, ces temps-ci, et je m'en excuse. On dit souvent que les états de tristesse aident à l'inspiration, donc je pense ne pas devoir m'étonner de cette pluie d'article tristounets. Mais vous savez autour de mes commentaires et de mes messages que je suis loin de déprimer lorsque je vous parle. Je ne suis pas quelqu'un de triste. Parfois, ça va mal, c'est tout. On est tous dans ce cas, non?

Mon père est venu me voir il y a une dizaine de minutes pour me dire qu'il avait lu le mail. Il a ajouté qu'il avait téléphoné à Mère pour lui dire de regarder ses mails. Je pense que ça veut dire qu'il le prend au sérieux. Ça me rassure déjà sur ce point, je craignais qu'il prenne mes états d'âme pour un caprice, une grosse crise d'adolescence, une connerie, quoi. Il y a peut-être un peu de ça,mais aussi beaucoup de sérieux dans ce que j'avance.

Je suis par contre un peu surprise de l'effet que me procure la partie sur le blog. Plein de statistiques. Mais bon, vous savez tout comme moi que les statistiques, c'est important. Ça dépend de la façon dont on les voit, en fait. Je culpabilisais de les zieuter autant, jusqu'à ce que je réfléchisse à la raison de ma curiosité. Me connaissant, et en analysant la façon dont je vois le nombre de visites depuis la création du blog, considérant chaque vue comme une personne à part entière qui aurait pris le temps de me lire, je pense que mon amour pour les statistiques viendrait d'une envie de communiquer, d'imaginer toutes ces lectrices qui ont cliqué sur le lien de ma page, qui ont peut-être aimé me lire, etc. Celles qui ne laissent pas de commentaire font l'objet d'une énorme part de mystère quant à leur identité, à leur façon de vivre et à la manière dont elles ont vu mon blog.
J'aime les statistiques parce que j'aime les gens qui font ces statistiques.
Génial, me revoilà en mode Little Miss Sunshine de l'amitié. Aight.
Même si j'ai l'impression que ce paragraphe ne veut rien dire.
Un jour, je ferai un shéma.

PS: Tête de Thon, la façon dont je t'ai mentionnée t'aura peut-être parue péjorative, amère, mais dans le ton que j'employais dans ma lettre, un peu de sarcasme entre parenthèses me paraissait juste, histoire de dédramatiser un grand coup. Peut-être être citée comme exemple auprès de mes parents te déplaira-t-il, mais tu es la première blogueuse non pas que j'aie lue, mais qui m'ait répondu. C'est pour ça que tu m'as marqué et que j'ai voulu t'utiliser comme image. BREF, je vais arrêter de faire ma sollicipute avec toi, parce que ça fait beaucoup de fois en peu de jours, et ça va devenir flippant, cette histoire.

mercredi 2 mai 2012

Une séance photo qui était censée saluer le soleil

Le week end dernier, Soeur et moi avions décidé de se faire une petite séance photo, toute les deux, s'immortalisant l'une l'autre à tour de rôle. Nous n'avons aucun talent en matière de photographie, nous n'avons rien de photographes, mais on aime bien, parfois, se mettre dans la peau de dingues de la gâchette et se prendre pour des Seraphine Strange* en puissance.
Donc, aujourd'hui, vous aurez droit à ma gueule, celle de Soeur et à celle de la pluie. Qui s'est invitée au bout de quelques minutes, la garce.
"Oh, il pleut!
-Mais non -_-'
*WROUCH*
-Ah...si."
Bref, c'est parti!

*mannequin alternative. J'aurais pu remplacer par "Kate Moss", mais je n'aime pas cette bonne femme.







Joie, fleurs et cheveux roses en vos coeurs, j'espère qu'il y a du soleil là où vous êtes et que votre semaine se passe comme vous aviez envie qu'elle se passe. 
J'ai été m'asseoir sur un banc avec Mercutio, il n'y avait pas des masses de soleil, mais il faisait chaud et on était bien. Chouette journée, vraiment!

mardi 1 mai 2012

Je vous demande de rester!


"Je me surprends à désirer de mourir à trente ans, dans toute la splendeur de la vie, dans les roses de l'amour, au sein des voluptés, de m'en aller rassasiée, sans mécompte, ayant vécu dans ce soleil, en plein dans l'éther, et même un peu tuée par l'amour, n'ayant rien perdu de ma couronne, pas même une feuille, et gardant toute mes illusions..." (1)



On va dire que ça ne va pas fort, depuis l'autre jour.
Je pense que la mort d'une blogueuse nous a toutes ébranlées, qu'on la connaisse ou non, qu'on l'aie déjà lue ou non.
Le soir où j'ai appris la nouvelle, je suis sortie dehors, dans la nuit, pour me promener. J'aime beaucoup ce moment-là, où je marche la musique à fond, seule dans la rue, sans personne pour me dévisager. Quarante minutes plus tard, lorsque je suis revenue devant la maison, j'ai attendu quelques secondes que Wilson, ce con de chat (oui, j'aimais bien l'appeler "ce con de chat". Il était benêt, c'était pas de sa faute), vienne me rejoindre pour qu'on rentre tous les deux en même temps.
Je me suis retournée, j'avais cru l'entendre. Il n'y avait rien.
Ah mais oui, juste.
D'un coup, j'ai été prise d'un drôle de malaise. J'ai pensé à Mercutio qui m'avait parlé le jour-même de la façon d'où il voulait mourir, concluant par un triste "Je vis pour mourir, en fait", j'ai pensé à une connaissance qui n'allait pas bien du tout, à Elena et à sa tentative de suicide, à ma tante décédée d'un cancer à Noël, à Wilson et finalement à cette blogueuse.
Alors qu'avant, je ne connaissais aucun décès, maintenant je me rends compte que la mort n'a jamais été aussi proche.
Sachez que je n'ai pas peur de la mort. Non. Je la déteste.


Vous n'êtes pas sans savoir que dans l'adolescence, il y a beaucoup de complexes, de mal-être, de problèmes, d'angoisses, de bridage, de frustrations, qui bout à bout amènent parfois, et si j'ose le dire, souvent, à une bonne grosse déprime.
Une bonne grosse déprime qui parfois reste.
Et ajoutez à ça un problème plus grave, rejet, harcèlement scolaire, tout ce que vous voulez, et vous obtenez une dépression. Quand on met le mot "adolescent" et "dépression" dans la même phrase, ça fait souvent rire les adultes, et même parfois les autres ados, ceux qui vont bien, qui ne se sentent pas concernés. Ça fait "attention whore", ça fait cliché, c'est mal vu, le plus souvent, le gosse, il passe jamais à l'action, mais parfois, il le fait.
Parfois, on sait pas pourquoi. Parfois on le sait, et on enrage.
Parce qu'à l'adolescence, parfois, c'est la faute des autres. Mais les Autres, ils s'en foutent. Alors que s'ils s'en rendaient compte, ça pourrait peut-être sauver ta copine.
Toi, t'es là, tu peux rien pour elle, et t'as juste à prier chaque jour pour que, si elle est encore en vie aujourd'hui, cela puisse durer encore longtemps.
J'en ai marre de voir les gens mourir autour de moi, sachez-le. Je me dis qu'il y en aura encore. Qu'il y aura encore des accidents, de la vieillesse, des suicides, et que j'y pourrai rien, et cette pensée me fait peur.
Je regarde chaque personne à qui je parle en me demandant si ce ne sera pas elle, la prochaine. Quand je lis les textes d'Elena, où elle s'ouvre, où elle dit ce qu'elle ressent, et que je me rends compte que les Autres n'ont toujours pas compris qu'ils la mettaient en danger, j'ai envie de pleurer. Quand mes yeux se posent sur Bess et que je calcule le nombre d'année que compte la longévité féline, je pose ma main sur sa tête en espérant que cela puisse lui insuffler plus de vie. Quand je regarde mes grands-parents, je panique. Quand Mercutio parle de mort, je sais qu'il ne plaisante qu'à moitié, et je me mords la joue.

J'en ai marre d'avoir le coeur qui se sert littéralement quand je pense à un "Avant" où chaque personne était encore là. Quand ma tante m'ordonnait presque de me teindre les cheveux en rose, parce qu'elle trouvait ça chouette chez les goths. D'ailleurs voyez, ça m'a obsédé à partir du moment où je l'ai vue au crématorium. Quand j'attends encore devant la porte d'entrée que Wilson me rejoigne. Quand j'allais voir Elena en métro parce qu'elle avait pas encore déménagé dans un autre pays, presque forcée par ces Autres qu'elle a finalement retrouvés, d'une certaine façon. Quand tout allait bien, en fait.

Je peux réussir à aller bien, à faire mon deuil de chacun d'entre eux. Je pourrai réussir à changer les idées de ceux qui vont pas bien. Mais je ne pourrai jamais faire face à ce qui nous attend tous.
Je pense que je vais perdre des dents, cette nuit.
S'il vous plait, profitez de votre vie.


(1) "Mémoire de Deux Jeunes Mariées", Honoré de Balzac


[A  fait la Une Hellocoton le mercredi 2 mai 2012]