dimanche 18 novembre 2012

L'Absent, la brûlure, ou celui qui n'existait pas

Parlons-en donc.

Nous sommes en décembre 2010. Je suis en pleine idolâtrie pour la série "Glee", je ne pense qu'à ça, et je m'inscris sur un forum regroupant une communauté d'autres fans.
Pendant quelques deux semaines, rien ne se passe de particulièrement notable, jusqu'au 10 janvier, où je fais connaissance via la Chat-Box de l'Absent, internaute fort sympathique.
Le soir-même, de fil en aiguille, nous sommes amenés à nous échanger nos adresses msn et à dialoguer amicalement sur plusieurs sujets, et ce jusque tard dans la soirée.
Mais moi, andouille que j'étais (que je suis?), au bout de quelques jours, je commence à ressentir autre chose pour cet internaute, plus que des sentiments purement amicaux, et ce même au bout d'une petite semaine, de la façon la plus prématurée.
Sauf qu'en fait, voilà, je vous le donne en mille.
L'absent était complètement gay.


Alors on va me dire "haaaan, c'est vraiment pas de chance!", "il aurait pu mettre les choses au clair plus tôt!" (oui mais là on on en était, s'il avait dû me le dire plus tôt, il aurait VRAIMENT dû viser TRES tôt, genre avant même qu'on commence à se causer, et d'un point de vue physique, c'était pas possible), et ceux qui réfléchissent normalement diront "en attendant, le mec, tu le connais pas, donc tu l'as bien cherché, erf erf erf".

Nan, en fait, si on veut aller plus loin dans la débilité de la situation, c'est que l'Absent, il assumait tellement son homosexualité que c'était flagrant avant même de lui adresser la parole.
Donc en fait, je me suis pigeonnée toute seule en connaissance de cause.


S'en est suivi une période de pur bonheur et de joie intense où quelques membres du forum, dont l'Absent et moi, passions nos soirées sur la ChatBox à raconter nos journées et à délirer dans une ambiance propice à la camaraderie la plus franche *vomit*.
Et l'Absent a très vite appris la Veritey.
J'ai eu la bonne idée d'entrer en confidences avec les autres membres du forum.
Sur la ChatBox.
Publique.
Avec aucun modo pour effacer les messages ensuite.
Et l'Absent qui se connecte 5 minutes plus tard et commence tranquillement à lire les archives de la journée depuis le début en prenant son temps, et ce jusqu'à tomber sur le message où j'avouais mes sentiments les plus débiles et globuleux.
Longue, l'attente.
Il l'a bien pris.
Non, en fait, il voulait se pendre.
Je l'ai pas lâché avant un an et un mois à penser à lui sans cesse et à faire râger Mercutio qui en avait sa claque d'entendre le prénom de cet énergumène que je n'avais jamais rencontré.

Après quelques mois, l'ambiance du forum a commencé à s'émousser. Un "arrivage" de nouveau a changé l'ambiance du tout au tout, que ce soit dans les sujets de discussion constellant les catégories du site à la ChatBox dont le ton avait fort changé.
J'avais quitté ce forum en juin 2011, et lorsque je revins à la rentrée, je constatai tous ces changements, et le fait que l'Absent, avec qui j'étais assez proche auparavant (on était quand même bien potes), s'était lié d'amitié avec l'une des nouvelles, une jeune fille bien expansive qui lui hurlait un amour se voulant factice à chaque occasion.
D'un autre côté, les "anciens" et moi avons vite compris qu'elle s'était fourrée dans la même merde que moi, sentimentalement parlant, et ce fut la seule chose qui me consola lors de cette période de grande jalousie (MAIS LA VICIEUSE, QUOI!).

Dans mes soirées de désespoir gargantuesque, il m'arrivait de parler de mes sentiments avec l'Absent, qui s'est chaque fois montré extrêmement compréhensif, ce pourquoi je le remercie.
Et début 2012, je me souviens lui avoir envoyé un très long message que j'avais écrit au préalable dans un carnet.
C'était long de 6 pages et j'y vomissais tout ce que je pensais de ce qu'il s'était passé ces derniers temps, excuses, nouveaux membres et regrets compris.
Sa réponse n'était pas moins longue et m'a remonté le moral un petit temps.
Je l'ai encore collée dans mon journal, mais alors qu'auparavant, je me plaisais à la relire dès que je n'allais pas bien (ce qui ne faisait qu'aggraver mes regrets), quand j'ai voulu la relire la semaine passée, je n'ai pas pu.

En mars 2012, j'ai effacé chaque membre de ce forum de mes contacts Facebook, Twitter, blogger, etc.
Mais j'ai une nouvelle fois "followé" l'Absent sur Twitter, allez savoir pourquoi.

J'ai énormément de mal avec cette période de ma vie. Quand j'y pense, tout était absurde, les bons souvenirs comme les mauvais. Comme je ne parle strictement plus à quiconque ayant été membre de ce forum, j'ai l'impression que nous ne nous sommes jamais connus et que je les ai tous inventés.
Ils ont fini eux-aussi par me supprimer de leurs contact, sauf l'Absent qui ne m'a jamais "unfollowé", ce qui m'a peut-être poussée inconsciemment à le remettre dans ma liste d'abonnement.
Parfois, je me demande s'il lit le blog, comme je mets des liens d'articles de temps en temps sur Twitter. Mais il l'a connu quand c'était encore un ersatz de blog Beauté, donc il n'était pas très intéressé.
Je me demande s'il a remarqué le changement d'orientation et s'il clique sur les liens.
Je me demande s'il cliquera quand je partagerai cet article sur le site, s'il voit le lien dans sa Timeline.

Récemment, j'ai ressenti l'envie de lui envoyer un message, juste pour savoir comment il allait, pour avoir des nouvelles, ou tout simplement de lui demander pourquoi, bordel de merde, il avait arrêté de me parler, petit à petit.
Puis, je me dis que ce que je risque, c'est un message gentil, qui me fera repenser à cette année où on se parlait tout le temps, qui me fera penser à la lettre, et qui finalement rouvrira quelque chose qui s'était fermé.
Je n'en ai pas envie.

Ce que je ressens pour l'Absent, ce n'est pas de l'amour, de l'amitié, de la haine, rien. Juste de la tristesse.
C'était un passage de ma vie dont le souvenir me rend triste.
Pas juste embêtée, honteuse, ou quoi que ce soit, pa un minuscule sentiment de nostalgie bien discret.
Un truc qui fait mal quand j'y repense.
Pas quelque chose de peu propagé, où mettre le doigt dessus devient diffficile, qui provoque une douleur vive. Pas une sorte d'entaille faite de souvenirs misérables.
Quelque chose de répandu, où chaque détail de la vie quotidienne me rappelle cette période, qui ne provoque pas l'indifférence ni quelque chose qui me met les larmes aux yeux, mais qui laisse le coeur se serrer, pas assez fort pour être accusé mais assez sournoisement pour avoir son importance.
Une brûlure, quoi.


2 commentaires:

  1. j'ai envie de dire quelque chose mais je ne sais pas quoi (oui c'est du commentaire constructif ça!Bravo Cari!)
    tu te sens peut être triste parce que c'est une personne qui à vraiment compté à un moment de ta vie, dont tu étais vraiment raide. C'est un sentiment qui ne s'oublie pas facilement.

    j'arrive pas écrire ce que je pense et ça m'énerve!

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    1. Tu es en train d'essayer de me dire que ce que je ressens est tout à fait normal? :D

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