jeudi 1 novembre 2012

1er novembre

Je n'ai, au grand jamais, été dans un cimetière pour fleurir la tombe d'une connaissance ou d'un être cher. La Toussaint était une "fête" (aheum) qui ne me concernait pas, et tout était très bien ainsi.
Mais le 29 décembre dernier, ma tante est décédée d'un cancer du sein, après plusieurs mois à sentir la mort arriver et plusieurs semaines passées dans un hôpital, à sentir son corps se détruire littéralement sous la maladie.
Et durant ces mois et ces semaines, pas une fois je n'ai été la voir pour savoir comment elle allait.
Pas une fois.
Je ne la voyais jamais avant, je n'étais pas proche d'elle, et je ne sais pas pourquoi, j'avais une peur bleue de sa réaction. Je ne sais vraiment pas pourquoi.
Et pourtant, je l'adorais. Je la trouvais belle, forte, et elle avait cette mentalité à ne pas vouloir se laisser marcher sur les pieds qui me plaisait énormément.
Et ce 29 décembre, elle est morte, et comme je n'avais pas une fois assisté à sa descente aux Enfers, lorsque je l'ai vue au funérarium, j'ai demandé aux médecins s'ils ne s'étaient pas trompé de personne.
Idiote.
J'ai été à la cérémonie, mais je n'ai pas eu le courage d'aller à l'incinération.
Et aujourd'hui, alors que je devrais aller la voir, je n'ose pas.
J'ai peur de l'affronter, de me retrouver devant sa tombe et de me sentir coupable. Plus que maintenant, en tout cas.
Je n'ai pas le courage de la revoir, de dire quelque chose ou de simplement le penser. Je n'ai que le courage de rester chez moi et d'écrire ce bête article, juste pour me dire à moi-même que définitivement, je ne suis pas quelqu'un de terriblement bien, parce que j'ai vraiment l'impression d'avoir abandonné ma tante il y a de cela plus d'un an.




[A fait la Une Hellocoton le 3 novembre 2012]

2 commentaires:

  1. je ne sais pas quoi te dire pour t'aider ma belle. Sache qu'un mort, à mes yeux ne juge pas.

    J'ai eu le même sentiment avec mon grand père, décédé du cancer du foie, il y a 6 ans. Sauf que lui, je savais que j'avais fait ce que j'avais pu. Je l'avais conduit à ses séance de thérapie, j'avais été le voir le plus souvent que je le pouvais...

    Mais, cette personne qui ne sait vraiment pas fermer sa gueule dans mon entourage , m'a sorti un "si tu t'en était plus occupée tu aurais pu l'aider, il ne serai pas mort comme ça" Ca-m'a-détruite. Et je me suis dit que je n'oserai plus jamais aller lui rendre hommage.

    combien de temps m'a-t-il fallu pour me rendre compte qu'il était déjà bien heureux que je m'occupe de lui, que je me décarcasse pour le conduire et surtout...que je n'aurai jamais pu avoir d'emprise sur sa maladie, que je ne pourrais jamais changer le monde ? ( il y a deux ans que j'ai compris ça)

    Je ne sais pas comment t'expliquer ça, mais quand j'ai oser retourné sur sa tombe, ma culpabilité s'est envolée, j'ai apaisé ma conscience, je me suis dit qu'il ne me jugerai jamais.

    Je pense que ta tante, cela peut être pareil. tu n'en n'étais pas proche, mais je pense qu'elle était consciente que tout le monde ne sait pas affronter l'annonce d'une maladie. Tout les proches ne savent pas encaisser de la même manière. Peut être le fait d'aller ne fusse qu'une fois sur sa tombe te fera sentir mieux? Je ne sais pas, je ne suis pas dans ta tête. Mais il te faudra attendre le bon moment. il y a un temps pour chaque chose!

    C'est bête, on aurais pu en parler en face. J'aurai eu plus facile ;)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne pense pas que nous aurions pu, je n'y ai pas pensé une seule seconde, c'est juste ce matin où je me suis dit "eh mais c'est la Toussaint! Oh...Et merde..."

      Je trouve ça un peu beaucoup honteux que quelqu'un ait osé te balancer ça sans réfléchir. Est-ce que ça se dit, des choses pareilles? é.é

      Supprimer