mercredi 31 octobre 2012

Signé Mercutio ~ Introduction au Voyage



Note de Decay: Bon, c'est pas une photo de bite, mais on est contents quand même.


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Salut, c'est Mercutio (again!) qui vient encore exploiter cette pauvre Decay et son blog. Je laisse ici l'introduction et une des nouvelles d'un recueil d'histoires fantastiques que je suis en train d'écrire. Les nouvelles seront transmises dans l'ordre, voilà voilà. C'est tout ce que j'ai a dire. Bisous bisous, joyeux Halloween, les banalités habituelles, toussa.
Amicalement, Mercutio


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Introduction
Lui, c’est le Voyageur. Il est endormi, en haut de cette dune. Il dort. Il ne connait pas encore le monde dans lequel il s’est plongé. Et vous non plus. Tant qu’il dort, je vais faire les présentations.
Je me présente; je suis Le Calice. Enfin, c’est l'un de mes noms, mais mon favori. Je vais vous raconter une longue histoire; celle d’un prodigieux voyage. Un voyage au cœur d’un autre monde, le Noir-Monde. Regardez autour de vous. Un horizon de dune, et là-bas, trois immenses tours noires. Je vous montrerai ce qu’il y a à l’intérieur. Vous entendez le ressac, au loin ? Parfait. Si le bruit des vagues vous berce, et que le soleil écrasant du désert tombe sur votre nuque, si la morsure du soleil vous assomme, alors vous êtes avec moi. Vous êtes dans le Noir-Monde. Le Noir-Monde est immense, et il reste beaucoup de choses à y découvrir. Nous allons suivre les aventures du Voyageur, dans une multitude de périples.  Vous allez découvrir un autre univers, d’autres paysages et d’autres cultures, toutes issues de mes rêves. Car c’est un rêve que je vais vous raconter.
Et le Voyageur, qui est-ce ?
Il est là-bas, sur le sable. Il porte des vêtements de deuil. Peut-être est-il mort, ou peut-être rêve-t-il. La différence est mince. Il n’a pas de visage propre; il peut être vous, votre voisin, n’importe qui. Peut-être êtes-vous le Voyageur, désormais. Il dort. C’est tranquille, un homme qui dort; tranquille mais pas serein. Une personne qui dort à toujours l’air à deux doigts de l’éveil, comme un équilibriste qui menacerait de tomber de son fil à chaque instant. Il est ainsi. Il savoure les quelques minutes d’innocence et de paix qui lui restent. Puis viendra le désert. Les horreurs qui sont cachées sous le sable. Les fous, l’obscurité, la mer. Le ciel voilé. Et les tours noires, là haut, si haut…
Je n’ai pas la prétention de vous faire rêver, je veux juste vous raconter une histoire. La Cité Morte, la Faille, les épreuves du démon, les rencontres avec ceux qui sont prisonniers de ce monde,  les Tours Noires, et d’autres. Une myriade d’histoires qui j’espère vous intéresseront.
Tiens, les paupières du Voyageur s’agitent. D’une seconde à l’autre, il se réveillera. Je vais vous laisser; vous ne me reverrez sans doute plus. Je serai là, toutefois. Dans les paysages, les grains de sable, les arbres morts, les monuments et ceux qui parsèmeront votre route, je serai là. Et au final, quand viendra l’heure de partir, peut-être vous emporterez avec vous un peu de moi. Un peu de rêve. Une image furtive, d’un paysage que vous aurez vu.
Il s’est relevé; je vous laisse. Bon voyage !

I-La Faille
Il ouvrit les yeux. Il lui avait semblé entendre une voix, et avoir vu une silhouette disparaître. Il se releva en titubant. Le désert s’étalait autour de lui. Le ciel nu tombait sur sa tête, comme un marteau incandescent  Il ne se souvenait pas de ce qu’il faisait là; tout juste se rappelait-il des échos d’une vie passée, comme les dernières miettes d’un rêve auxquelles on s’accrocherait avec désespoir.
Peut-être était-ce l’enfer; il y faisait chaud, il y était seul et il y avait peur. Il fit un tour sur lui-même. Rien, sauf le désert. Sauf là-bas, au Nord. Trois immenses tours noires grandissaient dans le lointain, jusqu’au ciel et peut être plus loin encore. Ses murs noirs semblaient aspirer la lumière.
Sans trop savoir pourquoi, il se mit à avancer vers elles. Peut-être était il intrigué; peut-être n’en avait-il pas peur; lui-même ne le savait pas.
Toutefois, il avança. Lentement d’abord, maladroitement, les chaussures trébuchantes contre le sable, puis d’un pas rapide et déterminé.
Il commença son périple.
Quand le soleil fut a son zénith, il trouva une faille. Elle était immense; le bout se perdait dans l’horizon. Elle formait comme une gueule dans la terre, et le sable s’y engouffrait à chaque coup de vent, pour se perdre dans les entrailles du monde. Quand il se penchait, il voyait en bas un chemin pavé, qui menait plus loin, vers le nord et la fin de la crevasse, qu’il ne parvenait pas à apercevoir.
Il décida de la suivre; après tout, peut être cette crevasse menait-elle vers les Tours. Au bout de quelques kilomètres elle s’agrandît subitement, et il pût voir.
Voir une immense cité, toute en hauteur, dont les strates pyramidales montaient le long de la faille jusqu’à sa hauteur, et qui étaient recouvertes d’habitations carrées, taillées à même la pierre. Des statues immenses et formidables se dressaient de parts et d’autres de la cité, et leurs bras se rejoignaient en des ponts de pierre qui formaient un enchevêtrement au dessus de la ville, comme une immense toile d’araignée sur laquelle pouvait circuler la population. Au centre, un immense palais aux multiples dômes montait plus haut que les autres, et était rejoint par trois ponts de pierre. De gigantesques colonnades soutenaient des voûtes et des vitres formidables, dont les reflets illuminaient la crevasse. Devant le palais était construite une place carrée, entièrement pavée; Au centre était construit un autel entouré de deux piliers de pierre.
Il voyait sur la place, sur les ponts qui la surplombaient, et sur les strates qui l’entouraient une foule silencieuse, constituée de milliers d’individus, qui étaient tournés comme un seul homme vers l’autel et les pylônes. Il s’arrêta, comme prétrifié par cette atmosphère d’attente, de ressentiment profond qui planait sur la faille.
Il sentait les prémices d’un désastre, d’une catastrophe si incroyable qu’elle paraîtrait n’être jamais arrivée. Il avait l’intuition que cette cité allait être détruite, allait s’écraser sur elle-même pour finir par disparaître dans le sable. La Faille se refermerait alors sur la ville, et ce monde oublierait son existence à jamais.
Et il eût raison.
Sans un mot, le peuple se mit à genoux, et chaque homme, femme et enfant présentèrent leur nuque à l’autel qui désormais resplendissait d’une lueur de plus en plus forte, dont l’éclat avait quelque chose de malsain. L’éclat s’intensifia, jusqu’à ce qu’il soit obligé de fermer les yeux. Les paupières closes, il attendît que la lumière décline. Une rumeur lui parvint, celle de la foule qui semblait prendre peur tout d’un coup. Puis la lumière disparût subitement, de même que le soleil, et un vent terriblement puissant se mit à souffler. Le vent se changea en tempête, et bientôt il dût chercher un abri. La dernière image qu’il eût de la ville fut celle de sa place enténébrée recouverte d’une foule en panique, et des ponts qui menaçaient de s’écrouler sous le pas de milliers d’individus terrifiés.
Il se mit en quête d’un endroit où se protéger, mais le vent était trop puissant, et il ne parvenait pas à faire face à son avancée. Derrière lui, il entendît soudain les hurlements de terreur du peuple de la Faille, puis des cris bestiaux,  dont la provenance ne pouvait être humaine. C’étaient des barrissements, des feulements, des grognements, un mélange de sons animaux qui provenaient de la crevasse, et qui parvenaient à couvrir le vacarme de la tempête. Il entendît des bruits de lutte, d’épées tirées aux clairs et de chairs tranchées, un dernier festival de bruits démoniaques, puis le silence. La tempête elle-même semblait faire le deuil de la cité. Il déduisît que l’autel impie de cet endroit avait invoqué des créatures surnaturelles et que la population avait fait office de sacrifice. Il sentait que les monstres en question rôdaient tout près de lui, et plusieurs fois il crut qu’il allait être découvert.  Une fois il pût, malgré le vent qui ne faiblissait pas, en apercevoir un : il vît une tête à mi-chemin entre le porc et la pieuvre, au corps énorme et velu posé maladroitement sur deux pattes porcines et malingres. Il vit à sa hanche un immense fourreau ouvragé, et une poignée imposante en dépasser. La bête était dos à lui, et semblait sentir l’air ambiant. Il se dégageait d’elle une agilité jurant avec sa carrure, mais il n’eut pas le temps de s’en émerveiller, car la bête se retourna soudain vers lui, fit un grognement de sanglier et s’avança vers lui. Cependant le vent devint plus fort et il le perdit de vue.
Puis la tempête se fit plus faible. A cet instant il s’endormît, et quand il se réveilla, le sable montait jusqu’à ses genoux. Il avait dormit debout, sa veste serrée contre lui, et –était-ce un hasard ?- il était tourné vers le Nord, et les terribles Tours Noires, qui paraissaient avoir organisé ce massacre, comme pour présenter au voyageur un avant-goût de cet univers fou dans lequel il avait plongé.
De la faille et de sa cité, il ne restait plus rien, pas même quelques débris. Il crut entendre un dernier gémissement humain, l’ignora et se releva.
Et il continua son périple, laissant la faille et son funeste destin derrière lui.

9 commentaires:

  1. Tu diras bravo à Mercutio pour ce texte! Je trouve qu'il a énormément de talent et une très belle écriture ^^ ! Et je parle en connaissance de cause, je suis une accro aux romans de SF et de Fantastique.

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    1. oh oui, continuez à flatter mon ego, j'aime ça. Plus humblement, merci pour ce commentaire ô combien encourageant, de la part d'une adepte de SF et de fantastique ça fais chaud au coeur. Tiens, prend donc cette carte de membre, tu fais désormais partie du club très select de mes amis et amies. Encore Merci!

      Amicalement, Mercutio

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    2. Mais de rien c'est sincère =) ! Et puis j'ai hâte de lire la suite du coup!

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  2. ahhhh j'ai pas laissé de commentaires? j'aurais juré pourtant.

    J'ai adoré j’attends la suite avec impatience :) C'est exactement le genre de récits que je ne lâchent plus.

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    1. ça fais plaisir de recevoir des commentaires aussi positif, comme dit plus haut. J'avais justement un peu peur que ce genre de format (nouvelles) ne plaise pas. Je tacherai de garder les éléments retrouvés ici, pour que ça reste sympa. Même si ça va pas être facile, au vu de la suite.
      Au fait, prend donc cette carte. Toi aussi tu fais partie de mes amis et amies désormais. Ce club grandit vite!à ce train je vais enfin pour mettre sur pieds mes projets de reconstructions terrestres démoniaques.
      merci beaucoup!

      Amicalement, Mercutio

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  3. Juste pour dire que ces textes pourraient se retrouver sur un blog personnel à l'avenir. M'enfin faut voir, la position des astres, tout ça...

    Amicalement, Mercutio

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    1. Eh bien tu ne manqueras pas de donner l'adresse j'espère hein, puisque je fais partie du club je veux être au courant ! ;)

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    2. Mais bien sur, car j'aime satisfaire mes braves adhérant(e)s. Même si à mon avis la cocotte aux cheveux roses (des calins pour toi) ne manquera pas de la signaler.Par contre ça va changer, j'vous l'fais pas dire. A très bientôt donc. ;)

      Amicalement,

      Mercutio

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    3. Tu sais ce qu'elle te dit, la cocotte, morbleu?

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