lundi 23 avril 2012

Il y a des trésors d'affection dans cet homme. Chronique d'une sympathique connasse.

"Chère, cet homme est une énigme indéchiffrable. Il semblait se demander si mes paroles étaient une déclaration; il y avait dans son regard un bonheur, une fierté, une angoisse d'incertitude qui m'ont étreint le coeur. [...] Je suis rentrée un peu sotte dans ma coquille. En finissant la leçon, il m'a saluée en me jetant un regard plein de prières humbles, et qui disait "Ne vous jouez pas d'un malheureux!" Ce contraste subit avec ses façons graves et dignes m'a fait une vive impression. N'est-ce pas horrible à penser et à dire? Il me semble qu'il y a des trésors d'affection dans cet homme." (1)




Aujourd'hui, tous ensemble, dans la joie et le bonheur, nous allons apprendre à froisser une relation, à la mâchouiller, à la dégommer, et après, nous essayerons de lui rendre son état initial. Bien évidemment, il reste des traces.


Vous vous souvenez de cet article? Cette histoire en deux temps? Aujourd'hui, je vous conte la troisième partie, celle où tout fini bien, où le prince et la princesse sont heureux (oui, je suis une princesse. Moins que Soeur, mais je suis quand même une princesse), et où avant d'en arriver à ce résultat, la princesse, elle a solidement merdé. 

Je suis quelqu'un de très indécis, c'est ce que j'ai retenu de cette histoire. Lundi, je fais ma mangouste, je regrette, je me dis que je devrais retourner avec Mercutio, et ces trois jours ne seraient qu'un mauvais souvenir, un chewing gum sur le trottoir, une fissure de la taille d'une pièce de 2 euros sur un pare-brise.
Je fais part de ma pensée à Mercutio. Lui, mille fois plus intelligents que moi, me dit de réfléchir. Il me dit qu'il n'a pas envie que je retourne avec lui si c'est pour le quitter toutes les deux semaines. Je lui donne raison et rentre chez moi.
Une personne normale serait arrivée le lendemain pour lui sauter dans les bras. Bah non, pas moi. Moi, j'ai de nouveau regretté. J'ai donc regretté d'avoir regretté (d'avoir regretté, du coup, si on compte le fait de l'avoir quitté parce que je le sentais plus du tout). Déjà, ça, c'est pas bien glorieux.
Je n'oublierai jamais ce mardi où je l'ai rejoint pour lui dire que non, non, je ne me faisais pas confiance, je sentais que ça ne tiendrait pas, sorry pour les faux espoirs et au revoir.
Je pense que les larmes que j'ai vues dans ses yeux ne sont pas prêtes de quitter ma mémoire de si tôt, écrites dans mon journal ou non. 
Je me suis haïe, si vous saviez. Je suis rentrée chez moi, je pleurais, j'avais envie de disparaître pour l'avoir peiné à ce point. Dans ma tête, j'ai brisé des millions de miroirs, j'avais envie de ne plus jamais avoir à supporter mon propre reflet, ma propre personne.  Je ne me supportais plus, moi, mon égoïsme et mon manque flagrant de réflexion. Avais-je été obligée de lui donner autant de faux espoirs? Bête fille.


Et ça ne me quittait pas, je continuais de penser à lui, j'avais envie de l'embrasser encore une fois, mais une petite voix dans ma tête me disait que non. Que là, j'avais juste à fermer ma gueule. Que j'étais bien trop girouette pour espérer un jour de nouveau tourner les talons. Alors quand l'envie me prenait de regretter d'avoir regretté d'avoir regretté d'avoir regretté (chaud...), je m'accrochais à ma raison, cette Raison qui me disait "ne retourne plus JAMAIS vers lui! Jamais! Tu t'es vue ces derniers jours, tu changes d'avis toutes les heures, t'es qu'une pauvre conne instable, et c'est tout. Maintenant, pense à autre chose."


Mais je ne pensais pas à autre chose. Je ne pensais qu'à lui, en permanence. Pas une minute c'est parti. Et mes potes me disaient "t'es un peu coconne, en fait. Pourquoi tu l'as quitté, déjà? Ah ouiiii, parce que tu pensais ne plus l'aimer! Ah mais oui! ...dis, t'as rêvé de qui, cette nuit, encore, que je me rappelle? Ah mais oui..."
Ah mais oui.
Et tout ce qui m'empêchait d'accepter  ça, que peut-être m'étais-je trompée qu'une seule fois, au tout début, ce vendredi, en croyant que je ne l'aimais plus, c'était cette putain de conscience qui était persuadée que je changerais d'avis encore une fois.
Mais bordel, tu m'as vue, cette semaine? Tu m'as vue, ce samedi où j'ai supplié presque L'Artiste (BOOM, pote en plus, surnom en plus, c'est cadeau) de venir passer la soirée avec moi, qu'on mange des spaghettis et des muffins crème brûlée pour m'éviter de rester seule et de déprimer.
J'étais triste comme un caillou, et c'était de ma faute.
Je ne voulais même plus me lever le matin, j'avais juste envie que tout redevienne comme avant, quand on était encore ensemble et qu'aucun de nous deux ne puait le malheur.
J'ai attendu, un jour, deux jours, trois jours. C'était toujours là, et c'était de plus en plus palpable, voire étouffant. Quitter Mercutio, c'était une énorme erreur.
Et je lui ai dit. Again. Et again il m'a dit de réfléchir, parce qu'il savait que ça allait foirer, ce qui était tout à fait compréhensible vu ma capacité inexistante à rester sur mes décision.
Le week end est passé, et ça n'a pas changé.
Je me suis ramenée ce matin, je lui ai dit, je lui ai dit que ça allait pas le faire sans lui, que j'avais passé une semaine horrible, et que je savais pas comment lui dire que je l'aimais parce que de toute façon il ne le croirait pas. Parce que je le lui avais dit bien des fois avant de le quitter, et qu'ainsi ces mots sonnaient de travers. Ça ne voulait plus rien dire.
Il a dit qu'il ne voulait pas que ça se finisse une semaine plus tard. Je lui ai dit que ça ne se finira pas une semaine plus tard, parce que définitivement, je ne voulais pas revivre cette semaine sans lui.
Et il m'a embrassée.
Et j'étais contente. Parce que ça faisait une semaine que ça me faisait pleurer, ce baiser qui ne venait plus.
Et définitivement, Mercutio m'a prouvé qu'il m'aimait. Lui. Genre vraiment.




Je prie pour qu'il n'y ait pas de quatrième article, que rien ne change plus jamais et que je n'aie plus à me haïr comme je me suis haï mardi.

(1) "Mémoires de Deux Jeunes Mariées", Honoré de Balzac (je kiffe citer Balzac, mais chut)

10 commentaires:

  1. Ben écoute, très franchement, je te le souhaite ce manque de quatrième article.

    Ça va mieux toi du coup, libérée ? ;)

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    1. Y a encore plein d'angoisses qui me volent autour, mais dans l'immédiat, nom de dieu, je me sens cosy.

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  2. ... en même temps, si on savait tout, tout de suite et sans se tromper, la vie serait moins passionnante, non ?
    Bref, se poser beaucoup de questions AVANT, c'est mieux que de ne pas s'en poser et de foncer tête baissée, et de se ramasser APRES.
    Bonne continuation ;)

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    1. (Un peu comme moi j'ai fait, du coup, pour le coup des questions après? :D)

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  3. j'ai fait pareil avec Luc... le lendemain je regrettais déjà sauf que moi j'ai pas passé une semaine sans mais...un an et demi. On avait décider de rester ami quand même. Parce que c'était quand même mon seul pote, confident et tout le tralala. Puis un jour je me suis regarder dans le miroir et me suis dit que s'il y avait une reine des débile attardée mentale indécise, j"en serai une dans mon genre. Et je l'ai embrasser. Et on est toujours ensemble.
    Quand j'y pense, si j'avais pas merder, ca ferai 8 ans et pas 6! Quand j'y repense, j'ai le gros "conne" qui me traverse l'esprit. Je ne suis pas une lumière.

    Et moi non plus, je ne sais pas tenir une décision. (tu serai pas gémeaux par hasard?)

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    1. Rien du tout, je suis scorpion, connus pour être de grands manipulateurs sexuels près à tous les vices et à toutes les débauches --> ça ne m'aide pas.

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  4. J’espère que le 4eme article ne viendras jamais, JamaIs, JAMAIS ^^!
    Je e souhaite plein de bonheur, et puis tu sais, l'amour c'est frivole, ça vient, ça part mais il y'à l'attachement, la tendresse, la complicité, toutes ces choses qui te montre que même si l'amour n'est plus passionnel , il est encore présent ;)

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    1. C'est exactement ce que j'ai pensé. La passion est vite passée, et partons du principe que "Quand un homme est à vos genoux, vous ne pouvez vous mettre aux siens" (Balzac power), addition de fifou --> pas de panique si tu le regardes pas avec plein de coeurs dans les yeux et en gémissant de tristesse quand il est pas là.

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  5. Il m'a quand même l'air d'être sacrément gentil et patient ce garçon, c'est pas si courant que ça. ;)

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    1. D'où le (début du) titre, que j'aurais bien pu souligner trois fois si j'avais pu. Ce coup-ci, il m'a tuée ._.

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