dimanche 15 avril 2012

Adriàn, n'oublie jamais que je suis désolée.

Bien. Comment écrire cet article?
Parce qu'il faut bien que je vous l'avoue. Et pas quelques mois plus tard, comme l'idée venait de me frôler ce matin, non.
Ou après 45 articles, histoire de donner l'illusion que l'eau a coulé sous les ponts depuis l'écriture du billet précédent. Ne faisons pas l'autruche, comme ça!
J'en ai bien envie, pourtant.
Quand j'ai raconté cette histoire, après trois semaines, je n'avais pas prévu que cet article vous plairait autant, que vous trouveriez ça aussi choupimimi, et encore moins que Lolaa et Zoh le mettraient dans leur sélection de la semaine.
Après cette exhibition de palmarès, je vous pointe le soucis: cette histoire remontait en fait à un mois, et comble de malchance, le soir-même, juste après avoir enfin envoyé cet article, j'ai quitté Mercutio.
Ces mois-ci, je cultivais cette envie de ne pas sortir avec le premier venu, de trouver le bon, de passer le moins possible par la case "souffrances", et bordel de merde, pas de relation de deux mois, quoi!
Fallait croire que quand on est ado, on a une malédiction qui plâne au dessus de notre tête. C'est jamais le bon. Quand on me demandait, pour rire, de décrire 'l'homme de mes rêves", je disais toujours un truc bien compliqué. "J'aimerais qu'il soit vraiment amoureux, gentil, calme, un brin cynique, qu'il soit intellectuel, qu'il aime lire des classiques, que je puisse débattre de tout et de rien avec lui, et si je peux me permettre de t'achever dans la notion de l'impossible, s'il pouvait avoir les cheveux longs et frisés, faire exactement ma taille et que notre différence d'âge soit faible, ce serait parfait".
Je ne pensais pas un traître mot de ce que je disais. Oui, le portrait me plaisait, mais franchement, allais-je m'amuser à sélectionner les hommes (je préfère ce terme au "garçon", qui sonne faux, et au "mec" qui est carrément péjoratif) en checkant ma petite liste pour être sûre que tout correspondait? Non merci, je n'étais pas encore assez chiante.
Sauf que Mercutio, il ne me disait jamais rien de méchant, même pas pour plaisanter. Il ne s'énervait presque jamais, il aimait faire tourner les autres en bourrique à grands coups d'ironie et de sarcasme, il lisait Camus, il refusait de se couper les cheveux qui bouclaient d'une façon tout à fait spéciale et étrange, il ne me dépassait pas d'un demi-centimètre (et moi non plus), et nous étions nés avec exactement 12 heures de différence.
Tu pouvais pas test' la check list. Et je viens à peine de m'en rendre compte.
Mercutio était parfait, mais je n'étais pas amoureuse. Et je suis désolée de le dire maintenant, je suis désolée de vous le dire maintenant, et j'ai été désolée de le lui dire vendredi soir. Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis désolée.

Alors, pourquoi ne me suis-je pas précipitée sur l'article pour l'effacer? Pourquoi n'ai-je pas tenté de tout effacer?
Peut-être parce que ça s'est vraiment passé, que j'ai vraiment douté, vraiment pleuré, et sans doute vraiment aimé, un court instant, l'espace d'une semaine, le temps d'espérer, le temps de LUI faire espérer.
Alors non, je n'effacerai pas cet article, comme je n'arracherai pas les pages de mon journal, comme je ne supprimerai pas ses sms.
J'ai vraiment été heureuse avec lui, un court instant. Et j'espère que lui aussi a cru un instant toucher au bonheur. Maintenant, c'est à moi de l'aider à se relever.


[A fait la Une Hellocoton le lundi 16 avril 2012]

2 commentaires:

  1. Ben tu sais quoi ?
    (bon, déjà, j'ai lu cet article une seule fois, comparé aux trois fois de l'autre ^^)
    Cet article est une belle suite au précédent, même si ça se termine aussi vite que ça a commencé... c'est une belle preuve de maturité que de laisser l'histoire telle qu'elle a été écrite et de savoir peut-être parfois la relire (ne serait-ce que dans votre tête à tous les deux) pour apprendre de vous-même et avancer ainsi, avec toujours à l'esprit que quelque chose s'est passé, a été... et restera toujours un peu.

    Bref cela ne me laisse pas de goût amer comme peuvent m'en laisser certaines histoires mal racontées, car mal vécues... et j'espère que vous ne sentez pas d'amertume non plus.
    L'histoire était belle, et peut le rester.
    Et d'autres histoires plus belles encore se profileront, allez hop !

    (dans les histoires "plus belles", je ne classe pas celle où tu voulais te faire boulotter le mollet par Psycho, HEIN ^^)

    Coeur, love, etc <3

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    1. Oh si, je suis sûre que me faire boulotter le molet par Psycho, comme tu dis, aurait été des plus enrichissantes histoires de ma vie!

      Comme tu dis, même si cette histoire n'est pas des plus longues (une partie de moi me regarde haut en murmurant "un mois...tss tss tss..."), elle n'en aura pas été des plus amères. Je vasi tout faire pour que ça se termine "bien". Y aura bien des pots cassés à réparés.

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