mardi 6 mars 2012

Sincerely yours, Jonathan Harker. [+ blabla autobiographique, c'est cadeau]

Le titre de cet article pourrait laisser entendre que je m’apprête à vous pondre tout un texte ventant les mérites du groupe Schoolyard Heroes, ou encore, et en toute logique, sur le livre culte Dracula de Bram Stocker.
Sauf que pas du tout.
Même si ce livre était le meilleur que je n'ai jamais lu, que j'aimerais vous conter mon amour pour l'auteur et qu'ainsi vous ne douteriez point de mon dévouement sincère, cet article risquerait fort de ne finalement contenir qu'une phrase: "Harker prends-moi toute, je suis à toi, et oublie cette greluche de Mina bordel de merde!"
Bref, valait mieux que j'en fasse autre chose. Mais là, vite-fait, clac-clac:



Cet article, donc, c'est un truc que je voulais faire depuis quelques mois. Mais chaque fois, je le reportais à plus tard. Puis, c'était sorti de ma tête. C'était une idée, comme ça, qui était restée foetus un bon bout de temps avant que je ne décide de mettre la main au chapeau.

Ce chapeau, donc.

Quand j'avais 11 ans, je me suis coupé les cheveux pour la première fois de ma courte vie. Avant, mes cheveux tombaient dans une forme bizarre jusqu'en bas de mon dos. Ils étaient un peu bizarre. Ils bouclaient sur certaines mèches et étaient raides sur d'autres.
Et donc, pour une raison obscure que je ne citerai pas (DES POUX PENDANT DEUX ANS!!) (oups), je suis passée sur le billard sous les ciseaux. La coiffeuse a gémi (bordel, des cheveux aussi longs...), a fait une tresse, a pris ses ciseaux et CLAC, en une fois, elle avait cette tresse dans la main.
Même qu'elle l'a mis dans un sac pour qu'on puisse la garder ou la vendre (surtout la vendre). On ne l'a jamais fait, tiens, maintenant que j'y pense.

J'ai terminé ma sixième primaire (l'équivalent de la 6ème "tout court" en France, je précise vite-vite avant de continuer) peinarde, puis j'ai débarqué en secondaire.
La secondaire. La première secondaire. Genre le stéréotype du "si tu t'habilles pas bien, t'es morte", en somme. Pour me placer dans le décor, on va dire que je n'ai pas changé de garde-robe pendant 2 ans, et vu ma petite taille, je m'habillais donc avec du 8 ans. C'était moche, ça ressemblait à rien, en plus je n'étais pas féminine pour 3 sous. Autant vous dire que j'ai vite été prise en grippe, dans le même panier que la meilleure amie. On se moquait de nous, on nous humiliait, on nous fracassait poussait contre le mur (j'ai perdu quelques neurones quand j'avais 12 ans, hu hu). Ça fait très "petite ado martyre et traumatisée la pauvre louloute", quand je l'écris comme ça, mais honnêtement, entre nous, quand j'y repense maintenant, ça me semble tellement loin que je n'ai même pas l'impression que ce soit réellement de moi qu'il s'agit. Pour tout vous dire, je n'en ai strictement plus rien à foutre.
Donc, revenons à nos biquettes: ma coupe. Elle était donc très courte, et bouclait d'une façon telle que la majorité de la population me prenait pour un mec. D'abord, je l'ai très mal pris, mais au bout d'un an, nom de dieu qu'est-ce que ça m'amusait! J'ai commencé à acheter des vêtements qui se voulaient masculins, je parlais avec la voix la plus grave possible, et il m'arrivait même parfois, lorsque je rencontrais de nouvelles têtes, de donner un faux nom pour voir combien de temps ils arrivaient à gober mon nouveau sexe.
Cas social, vous avez dit?
Vers mes 14 ans, ça a vraiment commencé à me trotter dans la tête. "J'étais si bien en garçon, alors POURQUOI, bordel de merde, suis-je une fille?" Pendant toute une période, ça m'a fait énormément déprimer. A mes yeux, les hommes étaient plus cool, plus charismatiques et avaient nettement plus d'allure que leurs amies les femmes. D'ailleurs, je ne me souviens pas m'être attachée à une fille dans un roman ou un film. Ah si, Amber (Bleus Cauchemars). Mais elle c'était pas une femme. C'était un ovni.
Et encore, parfois, il arrive que je me pose de temps en temps LA question, pour un évènement X ou Y de ma vie. Mais je le vis bien, à part ça.

Parfois, quand j'entre dans un magasin de vêtements, je fais une halte au rayon Men, histoire de voir s'il n'y a pas une veste de costard qui pourrait être chouette. Mais elles sont toujours trop grandes, donc je me rabats chez les femmes (thank you fucking mode androgyne).
Non, Anaïs, tu ne gagneras pas 5 cm d'épaules en un mois, non. Ni en un mois, d'ailleurs, ni en toute une vie, c'est NIET!
Je collectionne les chemises, les perfecto (parce qu'au rayon Women, on ne dit pas "veste de costard", on dit PERFECTO, d'abord, Mademoiselle!), et parfois, j'enfile le tout, je sors le chapeau et je débarque dans la rue fringuée comme ça, et l'espace d'une journée, ben je kiffe.

Avant, je culpabilisais en me disant "C'est c'la, tu finiras chaussée de baskets avec un pull informe sur le dos, tu feras une opération qui te coûtera des centaines d'euros et tu finiras malheureuse parce que c'était une connerie due à une envie passagère et tu te suicideras à 23 ans".

Maintenant, j'ai ce blog. J'ai ce blog, et je suis des blogs. Et ça va paraître étrange, mais c'est comme si j'avais découvert un monde qui, avant, n'aurait jamais eu sa place. Allez! Je ne savais même pas que ça existait, des serres-têtes avec des gros noeuds de 30 cm! J'ai appris à prendre des photos "pour mon blog, allez quoi attends, Coco! [Oui, j'appelle ma soeur Coco] Ça pourrait faire un chouette article!", à m'extasier devant une palette de fards à paupière comme si c'était le Pontife, à cultiver une bonne humeur nourrie d'une multitude de futilités du quotidien qui me font plaisir. A inventer les looks les plus fous, parce que sans ça, la vie, elle a pas assez de couleurs. A mixer des choses improbables, à avoir mon petit carnet d'inspiration partout avec moi alors que mon blog, il vient à peine de commencer, c'est qu'un bébé!
Maintenant, quand j'enfile mon "perfecto", je ne me dis pas "Putain, j'ai un look de mec", je passe un coup de noir à lèvre et je me dis "M'en branle [bad réflexe], c'est MON look et le premier qu'est pas content, ben...il s'ra pas content!"

Cet article, c'est avant tout un remerciement, à toutes les blogueuses qui créent chaque jour une nouvelle oeuvre d'art (j'suis pas difficile, t'as vu), qui vendent du rêve en ne capturant de leur vie que le meilleur (parce qu'on sait que PERSONNE n'a une vie totalement parfaite et sans soucis) et en envoyant plein de bonne humeur en dedans de moi.

5 commentaires:

  1. Sympa comme article, j'aime bien lire des tranches de vie comme ça, ça permet d'apprendre (ne serait-ce qu'un peu) à connaître les gens que l'on côtoie sur le net.

    Par contre, étrangement, internet en général et le fait de surfer sur des blogs beauté, n'a pas du tout le même effet sur moi.

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    1. Et je comprends tout à fait! C'est, comme pour chaque chose, une question de goûts, de fonctionnement...les mêmes choses ne me mettront pas et ne te mettront pas de bonne humeur. :)

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  2. "A mes yeux, les hommes étaient plus cool, plus charismatiques et avaient nettement plus d'allure que leurs amies les femmes"

    Naaaaaaannnn!! Tu mens *-*

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    1. On va dire que ça dépend des situations et des personnes. ^^

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  3. J'adore, parfois , m’attifer avec des allure de mec (que tu as bien vu d'ailleur) certes j'ai un visage trop féminin, mais j'aime d'amour mes deux cravates et mon haut type gilet d'homme. Et mon blazer ^^

    Moi aussi je vais faire un tour chez les hommes, des fois que je tombe sur ce pull rayée noir/ mauve que je chercher depuis 3 ans!

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